Chaplinomètre

Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 16:55

4chap-avec-affichebrightstar.jpg Bright Star   by Cyril

 

De Jane Campion

 

Avec Abbie Cornish, Ben Wishaw, Paul Schneider

 

Le nouveau film de la réalisatrice néo-zélandaise que l’on avait plus vu depuis In The Cut en 2003. Campion qui reste à ce jour la seule femme à avoir reçu la palme d’or, c’était pour La leçon de piano en 93 et qui nous revient avec le récit des dernières années de la vie du poète romantique anglais John Keats et de l’éclatant amour qu’il vécut avec Fanny Brawne, une jeune bourgeoise qui deviendra sa muse et qui est passée maître dans l’art de la couture et de la mode. Ce dernier point pourrait s’avérer un détail mais dans Bright Star les détails ont valeurs d’oracles, de moyen d’expression le plus pur.

Je m’explique, l’Angleterre de 1817 c’est le pays de Dickens où la condition sociale est un héritage familial. Keats est orphelin et désœuvré, il vit auprès de son ami, lui-même poète, Charles Brown duquel il dépend et qui le considère à ses cotés car il est au fait de son talent. Or ce n’est pas le cas de tous, le poète anglais dans son entité à l’époque, a un statut particulier. Les mots sont chéris plus que tout, la création nécessite un état de quiétude qu’il ne faut pas troubler, les critiques pèsent lourdement sur la réussite d’un artiste.

Keats n’étant pas reconnu à la mesure de sa postérité, l’écriture devient une nécessité chez lui et son infortune le contraint à la vie de bohème. Fanny Brawne, fille de famille aisée tombe sous le charme un peu enfantin de Keats mais rien n’est montré de ce moment. Chaque palpitation et élans du cœur n’est pas l’objet d’une exubérance mais plutôt un fardeau à porter tantôt lourd tantôt plus léger, tout est vécu à travers les sensations physiques et visuelles que leur procure leur environnement.

Les plus belles scènes du film sont silencieuses, le vent qui soulève le rideau de la chambre de Fanny, étendue, et ballait les plis de sa robe ; Keats qui se hisse au sommet d’un arbre pour s’allonger sur sa cime. Ces moments de pur félicité ne sont pas gratuits, ils ne sont que le répit d’un amour continuellement en sursis. Marqué par la convention financière que je citais et les limites de la sensibilisation au Beau, qui serait innée chez le poète, Fanny comprend l’impossibilité de son apprentissage.

Le personnage de Brown est symptomatique de cet état de solitude, inhérent au poète, cet intime échange avec le monde qui le prive de sa liberté ordinaire. Brown agace tout le long du film, il irrite par son coté pédant qui écarte Fanny de leur compagnie pour privilégier leur création. Il ne voit en la demoiselle qu’un amusement paresseux de Keats. Or à la fin du film il trahit auprès d’elle l’amour profond et sincère qu’il portait à son compagnon et fait tomber le cynisme de façade qu’il démontrait jusque alors.

Brown est joué par Paul Schneider, extraordinaire comédien tout en contradictions et que l’on avait déjà vu dans le Jesse James d’Andrew Dominik. Parlons-en justement de la distribution, Ben Wishaw, le Jean-Baptiste Grenouille de Süskind qui, après I’m not there et son incarnation d’Arthur Rimbaud, reprend le rôle d’un poète maudit avec réussite. Du coté féminin Abbie Cornish est également très juste en Fanny Brawne, mais paradoxalement ce sont les ainés, cantonnés aux seconds rôles qui obsèdent. Paul Schneider mais également Kerry Fox, tenant le rôle de la mère de Fanny, est troublante.

Personnage ambiguë qui retient sa fille de ce Keats sans argent et la laisse se consumer quand elle sait Keats condamné, tout cela malgré toute la bienveillance qu’elle accorde à ce dernier.

Alors oui je me perds en éloges, les bémols seraient vicieux mais ils se trouvent en cherchant bien. Le rythme du récit, posé, contient cette contemplation un peu béate et la multiplication des plans sublimes noie un peu le poisson. La règle tacite actuelle qui veut qu’un grand film fasse ses deux heures ne joue pas vraiment en faveur de celui-ci.  Voit-on aujourd’hui souvent une histoire d’amour sans sexe ou seules surgissent fugacement dans cette passion quelques baisers mesurés.

Un peu de mauvaise foi pour calmer l’enivrante récréation de cette sortie, peu être le meilleur film de ce début d’année et qui entraine un constat en forme d’interrogation. Le film d’époque serait-t-il le mieux à même de relayer ce mysticisme de l’amour, délesté de la complexité contemporaine et de ses chimères.  Car s’il ne vous touche pas au cœur, dévorez tout de même ce Bright Star des yeux, l’un de ses arguments incontestables.

 

 

 


 


3chap-avec-affiche-le-livre-deli.jpg Le Livre d’Eli     by Vincent

 

De Albert Hugues et Allen Hugues

 

Avec Denzel Washington, Mila Kunis, Gary Oldman

 

Dans un futur proche, le monde n'est plus qu'une terre désolée dont les villes sont des ruines et les routes autant de pièges infestés de bandes criminelles. Depuis des années, Eli voyage seul, se protégeant des attaques et se battant pour trouver de quoi survivre. Mais plus que ça, Eli protège un précieux livre depuis plus de 30 ans, au péril de sa vie. Lorsqu'il arrive dans ce qui fut autrefois la Californie, Eli se heurte au redoutable Carnegie, un homme qui ne recule devant rien pour imposer sa volonté à la petite communauté qu'il contrôle. Eli fait aussi la connaissance de la belle Solara et découvre que Carnegie compte bien étendre sa domination à toute la région. Mais ce dernier, en découvrant l’existence du livre d’Eli, décide de mettre tout en œuvre pour se l’approprier…


            Entre Mad Max et Ken, le Survivant, le dernier film des frères Hughes ne mérite pas les huées de la presse écrite. Certes ce n’est pas le film de l’année, mais de là à dire qu’il est mauvais, il y a une marge. Le Livre d’Eli est le cinquième film des frères Hughes, dont le dernier succès en date est From Hell avec Johnny Depp. L’action du film se déroule dans un futur alternatif proche, sur un Terre ravagée depuis une trentaine d’années. On en apprend peut sur les origines de la guerre qui aurait provoquée le « Flash » qui dévasta la Terre. C’est d’ailleurs un des points forts du film : le mystère sur les évènements qui ont réduits la planète à cet état désertique. Les dialogues évoquent vaguement la dévastation de la planète par une guerre qui aurait « ouvert le ciel », ce qui aurait anéantit la quasi-totalité de l’espèce humaine. Rares sont les survivants du Cataclysme. D’ailleurs, on apprend qu’il reste très peu de « gens d’avant ». Les personnages incarnés par Denzel Washington et Gary Oldman, sont des survivants de cette catastrophe. Le scénario est donc très travaillé, surtout sur la mise en place de la nouvelle civilisation humaine et la remise en question de l’homme quand à son rapport avec son entourage. Cependant, le film pêche par son côté parfois trop moralisateur quant à nos comportements actuels (gâchis de nourriture et de matières premières) et surtout par son côté ultra américain-conservateur religieux. A mon sens, c’est le seul gros point faible du scénario. Ce qui est d’ailleurs dommage, car sans ce côté chrétien, le film serait excellent. Afin de ne pas spoiler, je n’en dis pas plus.

           Du côté de la mise en scène et de la réalisation, le film est tout simplement magnifique. Les frères Hughes se sont appliqués à produire une image dure et froide, en adéquation avec le mythe du film. L’image est terne, ce qui renforce le côté post-apocalyptique du film. On est à un niveau bien au-delà de Mad Max. Ajoutez à cela de superbes plans d’ensemble et plans séquences. Les scènes d’action ne sont pas très nombreuses, ni très longues, ce qui permet au spectateur d’apprécier l’histoire à sa juste valeur. On regrettera seulement quelques scènes trop dans l’esprit américain, à mon goût. En gros, on peut dire que Jason Statham n’aurait jamais eu sa place dans un tel film.

De plus, les décors sont très réussis. Le film fait presque penser à une BD tant le rendu graphique a été travaillé.

           Passons maintenant du côté des acteurs pour retrouver un Denzel Washington encore une fois remarquable. On sent qu’il est imprégné du personnage. Dommage que le côté religieux de son personnage vienne ternir sa prestation. De son côté, Gary Oldman fait encore des merveilles dans son rôle de méchant calculateur ambitieux et perfide. A croire que cet homme est né pour incarner les forces du Mal. En revanche, Mila Kunis ne crève pas l’écran. Elle s’en tient à son modeste rôle, ni plus, ni moins et paraît même décevante en tout fin de film lorsqu’elle doit reprendre le flambeau d’Eli. Mais on admettra tout de même qu’elle a un joli minois. Enfin, c’est avec plaisir, lors d’une scène de règlement de compte à O.K. Corral, que l’on retrouve l’acteur Michael Gambon et l’actrice Frances de la Tour, que l’on a pu voir dans les Harry Potter.


            Voilà pour ce film. Le Livre d’Eli est un donc un bon film de SF qui pourrait très bien relancer le genre du « western post-apocalyptique », pour le plus grand bonheur des fans du genre (dont je fais partie). Seul point négatif : l’empreinte ultra-américaine, qui décidément pourri tout à chaque fois qu’on y a affaire.

 

 

 

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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 16:23

1-chap-avec-afficheBlindes.jpg Blindés    by  Vincent

 

De Nimrod Antal

 

Avec  Matt Dillon, Colombus Short, Jean Reno

 

Après la mort de ses parents, Ty rentre d’Irak où il était soldat, pour s’occuper de son petit frère. Pour faire face aux factures, il accepte de travailler comme convoyeur de fonds pour la société qui employait son père. Au dernier jour d’essai, Ty se voit proposer par Cochrane, son chef d’équipe, de voler 42 millions de dollars qu’ils doivent bientôt transporter. Le plan est simple : pas d’armes, pas de victimes, pas de violence et aucune preuve…Toute l’équipe est dans le coup. D’abord réticent, Ty finit par accepter. Le jour J, le plan se déroule sans accros, jusqu’à ce qu’un imprévu fasse tout déraper…

S’il y a bien un film qu’il faut ABSOLUMENT éviter, c’est bien Blindés. Je vous avoue avoir grandement souffert lors de la projection. Mais avec un peu de recul, on peut faire passer cela pour une séance comique. Tout d’abord, il faut noter l’absence d’un grand héros du cinéma d’action, qui a une place particulière dans notre émission. Je veux bien sûr parler de l’incontournable Jason Statham…Mais ne soyez pas déçus, fans de Mr Cellule-grise, le film Blindés apporte largement son lot d’acteurs dépourvus de finesse. A commencer par le désormais célèbre Matt Dillon, qui n’a jamais rien fait d’autre que ce genre de rôles et qui semble à chaque fois plus mauvais que la fois précédente. Dans Blindés, il incarne le chef de l’équipe des convoyeurs de fonds. Bref, une interprétation minable pour un rôle creux. J’ai juste envie de dire : Bravo ! Mais si cela avait été le pire, le film aurait pu passer. Mais non ! Il a fallut qu’ils nous collent le grand Laurence Fishburne. L’homme qui n’a été capable de remplir correctement qu’un seul rôle dans toute sa carrière : celui de Morpheus dans Matrix (et encore, s’il avait été convaincant…). Et là, vous devez penser que j’en ai finit avec un casting décidemment pourri. Mais encore une fois, non ! C’était sans compter sur notre Jean Reno national, qui se révèle parfaitement inutile et quasi-muet (peut-être la seule bonne initiative du film. Afin de terminer cette vision d’horreur, ajoutez un Amaury Nolasco (Prison Break) inutile et fade au possible et Columbus Short dans le rôle principal, qui nous offre une profondeur de personnage aussi profond que le contenu d’une cuillère à café.

Mais j’en oublie de parler du film avec tout ça. Et me voilà face à un nouveau dilemme : le film. Qu’est-il possible d’en dire ? Rien. Absolument rien si ce n’est un scénario fade et stupide au possible. Passe encore l’idée d’un détournement de fond orchestré par une équipe de convoyeurs. Passe encore que l’un des convoyeurs se rebelle contre ses collègues pour des questions d’éthique. Mais que les 1h30 de film tourne autour d’un mec enfermé dans son propre camion pendant que les autres (qui veulent lui faire la peau) s’acharnent sur 2 pauvres charnières de portes, alors là non ! 

Enfin bref, Blindés est un film minable dont le niveau n’est même pas relevé par les décors (un hangar désaffecté, super original et esthétique…) et surtout pas par sa bande-son (on passera sur ce sujet). Avec des dialogues d’une profondeur extrême et dont la phrase la plus marquante est (accrochez-vous !) digne des grands philosophes : « Si vous pensez arriver en retard, arrivez en avance ». C’est dans le film, c’est véridique. Un film nul à l’image de la nullité de son réalisateur qui nous promet encore un chef-d’œuvre cette année avec la réalisation de Predators dans le courant de l’année.

 

 

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Mr. Nobody  by Etienne

 

De Jaco Von Dormael

 

Avec Jared Leto, Sarah Polley, Diane Kruger, Rhys Ifans

 

Six mois de tournage, un budget de 33 millions d’euros, un an de montage et une sortie sans cesse repoussée, la réputation du dernier film de Jaco Van Dormael le précédait de beaucoup. Un film dont la production est un événement en soi puisque le film compte parmi les plus importants projets cinématographiques mis en place en Europe depuis des années.

Un film international : français, britannique, belge, et canadien.

Un film qui pousse encore Jared Leto à jouer les caméléons, lui qui affectionne les défis dramatiques comme il l’avait déjà prouvé dans Chapitre 27 (film sur Mark Chapman, l’assassin de John Lenon). Un comédien alternant toujours entre cinéma indépendant et grosses machines hollywoodiennes et pour qui Mr. Nobody constituera sans doute l’une de pierres angulaires de sa filmographie.

En 2092, un centenaire du nom de Nobody (Jared Leto) se trouve être le dernier mortel sur Terre. Au terme de son existence, l'homme raconte sa vie mouvementée à un journaliste en quête de réponses. Mais le récit de Nobody ne cesse de se contredire en partant de la séparation entre ses parents ? Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d'être vécues. De hasards en rencontres, le destin de Nobody devient de plus en plus nébuleux. 

Plonger dans Mr. Nobody, c’est explorer la vie, des vies, celles de Nemo Nobody, l’homme sans identité, le Monsieur Tout-le-Monde devenu à 118 ans le doyen d’une humanité qui a trouvé la recette pour échapper à la mort et est ainsi devenu la bête de foire des journalistes, d'un monde qui retient son souffle pour mieux observer le dernier de ce Nobody.

Le parti pris de ce Mr. Nobody est celui de donner à voir la vie comme une gigantesque arborescence de possibilités, de rencontres, de choix. Les thématiques y sont multiples, tant  qu’elles finiraient presque par étouffer le récit sous une montagne d’idées et d’envies. Récit sur l’amour, la physique quantique, l’effet papillon, le temps, la mort, le scénario de Van Dormael est tout ça à la fois. Une sorte d’effet papillon poétique et lyrique.

Sans doute que le fait que la version que nous ayons ne rend pas justice et grâce au fourmillement artistique a l’œuvre de Jaco Von Dormael, (la version Director's Cut dure 3h).

Pourtant les récits filmiques sur les probabilités et le temps ne date pas d’hier, on se souvient de Cours Lola Cours de Tom Tykwer, Eternal Sunshine Of The Spotless Mind de Michel Gondry ou encore The Fountain de Darren Aronofsky. Mais Mr. Nobody est à voir comme une boite en carton dans laquelle Jaco Van Dormael aurait tassé le plus possible de choses. Un film parfois redondant et minutieux qui pourra rebuter plus d’un spectateur par sa forme étirée qui allonge un scénario où évidement l’action n’est pas le maitre mot.

La mise en scène et le montage de ce Mr. Nobody sont à la hauteur des sept ans de préparation, chaque plan paraît longuement mûri, pesé au maximum. Car aucune des vies de Nobody ne pourrait exister visuellement sans les autres, tant Van Dormael joue à trouver la transition la plus efficace, à briser les codes narratifs éclatant son récit sur un temps indéterminé, à utiliser sa caméra de manière la plus parlante possible.

Une démonstration théorique portée par des séquences splendides, un découpage millimétré.

Un film où les acteurs ont la part belle, une belle prestation de Jared Leto qui confirme tout le talent qu’il a, aussi crédible à 30 ans qu’à 120 ans. L’acteur qui joue son rôle adolescent est promis a un véritable et brillant avenir cinématographique tant sa performance éblouie !

Des seconds rôles investit tels que Rhys Ifans (Good Morning England), ou encore Sarah Polley.

Mister Nobody est un magma visuel et émotionnel, le film nous laisse avec l'étrange impression d'avoir visionné un film trop plein ou finalement trop vide. On y voit un poème filmique magnifique extrêmement inspiré mais aussi une coquille meublée d'un best of graphique résultant des dix dernières années de cinéma. Oscillant entre la simplicité d'une histoire d'amour et le grandiose d'une réflexion sur la création, Mr. Nobody n'est pas pour autant un film malade, plutôt une expérimentation audacieuse sur la narration. Quelle véritable interprétation est la bonne pour Mister Nobody ? Quelle voie choisir ? Comme le dit Nemo Nobody : elles sont toutes les bonnes. Et elle vous conseille ardemment d’aller apprécier ce film peut être rebutant par sa structure mais d’une telle réflexion philosophique sur la création et la vie que l’on est prêt a pardonner a Jaco les quelques longueurs ou les quelques absences scénaristiques qui ponctuent le récit ! Probablement encore que la version Director’s Cut sera nécessaire pour appréhender aux dimensions réelles la qualité de cette œuvre philosophique.

 


3chap-avec-afficheinvictus.jpg Invictus by Tsipy

 

De Clint Eastwood

 

Avec Morgan Freeman, Matt Damon

 

Et voilà, le dernier Clint Eastwood sort dans nos salles alors que le dernier s’installe tout juste dans les kiosques (Gran Torino). Il est décidemment un réalisateur hyperactif, (30 films) et de ceux qui arrive à sortir deux films par an et toujours de grande qualité.

Clint Eastwood quitte son Amérique profonde et pour mon plus grand plaisir, Gran Torino m’avait beaucoup déçu avec son image christique. Il met donc en scène la coupe du Monde de rugby de 1995 en Afrique du Sud sous la présidence de Nelson Mandela. Loin d’être un biopic « à la mode » sur le Président mythique, il met en scène comment l’équipe nationale est arrivée à la victoire et comment le tout nouveau Président vit cette compétition.

Dans cette frénésie de réalisation, se dessine le héro à la Clint Eastwood. Un héro bien particulier que l’on aime sans l’adorer, que l’on pardonne sans vraiment comprendre pourquoi. Un peu à l’image du cow-boy des westerns dans lequel l’acteur a brillé, le héro du réalisateur est un solitaire malgré lui. En passant par Gran Torino, Sur la route de Madison, Million Dollars Baby et Invictus, son héros est un écorché vif, éloigné de femme et enfant(s). Pas tout jeune, son histoire reste une énigme dont il ne donnera que quelques clés. Toujours un peu grincheux et brute de décoffrage, il semble vouloir se faire pardonner en se donnant à l’autre. Malgré tout, cet homme restera toujours seul, mais repartira avec un sentiment de satisfaction.

Le film est sans nul doute, signé Clint Eastwood. On retrouve ces notes aiguës de Million Dollars Baby, la musque étant signé Clint Eastwood et Kyle Eastwood tout comme dans Gran Torino. Une musique pas envahissante mais qui révèle certaines parties importantes du récit.

Sans être très dur avec ce réalisateur que j’admire, j’ai depuis Million Dollars Baby, été déçue par ce metteur en scène, qui nous avait habitué à mettre l’émotion au premier plan de son film. Dans L’échange, le rouge à lèvre et le mascara d’Angelina Jolie étaient passés avant. Dans Gran Torino, où la musique transportait le spectateur, le grognement de l’acteur et l’image finale christique m’avaient désenchanté. Bien que nous ayons ici un changement majeur de style, il s’attaque aux faits et aux hommes historiques, mais l’explosion d’émotion ne fonctionne pas. Bien que Morgan Freeman joue un Mandela plus que semblable, on en oublie son visage, sans ajouter l’interprétation très juste de Matt Damon en capitaine et de tous les acteurs, ils livrent tous de très belles prestations. Mais, le réalisateur s’éparpille entre l’Histoire, les matchs et les histoires. L’ouverture du film qui débute avec les gardes du corps de Mandela était très prometteur mais on s’en échappe, on passe très vite sur Mandela et sa solitude puis ce côté s’envole et la caméra va faire un tour vers le capitaine. Il a, selon mon avis, tout voulu filmer sans pouvoir faire de choix au montage. Le récit se retrouve multiple sans que cela semble être l’intention de l’auteur. Un film qui avait un humanisme poignant se retrouve être un ensemble de confettis qui perd de son but. De plus, le réalisateur ne nous avait pas habitué à cela, on retrouve une foule de clichés : l’apartheid prend fin dès la victoire de son équipe nationale, les policiers blancs prennent des enfants noirs dans leurs bras… 

Mais Clint Eastwood en relatant une histoire vieille de 15 ans, prouve que le sport est indéniablement lié à la politique. L’actualité, hélas, appuie son propos, 2 footballeurs togolais sont morts suite à une fusillade de leur bus, alors qu’il se rendait à un match.

Par Rémi - Publié dans : Chaplinomètre
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 17:33

3chap-avec-affichebliss.jpg Bliss   by  Tsipy

 

De Drew Barrymore

 

Avec Ellen Page, Drew Barrymore, Juliette Lewis

 

Bliss est une jeune fille adorable, jolie, loin d’être la plus populaire du lycée, néanmoins, elle n’est pas « la bizut de service », elle est juste une de celle dont on ne se souvient pas aux réunions d’anciens élèves. Venant d’un village paumé au fin fond du Texas, là où rien ne se passe, excepté un bus une fois par jour, et où l’on ne devient personne. Bliss, elle ne veut pas être mère au foyer et rêve de devenir quelqu’un d’autre que sa mère.

Pour faire plaisir à sa mère, Bliss participe au concours de beauté dont elle a horreur. La journée, elle travaille au fast-food du village avec sa meilleure amie. C’est décidemment la vie qu’elle redoutait qu’elle est en train d’approcher. Alors que sa meilleure amie ne rêve que de l’université, Bliss découvre le roller-derby, un sport de combat en roller uniquement féminin. Un univers où elle semble être elle-même et laisser place à sa vraie personnalité, auxquelles elle veut à tout prix appartenir même si ses parents n’approuvent pas. Elle entre alors dans une équipe de looseuses attachantes coachées par un entraîneur sans charisme. Chaque soir, elle troque son tablier pour ses rollers, la petite Bliss à sa maman devient alors Barbie Destroy.

Voilà donc le scénario du premier film de l’actrice Drew Barrymore, qui a eu l’intelligence de se doter de l’excellente Ellen Page mais qui a su donner, comme de nombreux films d’actrices, une place importante aux seconds rôles. Bien que tout le récit tourne autour de Bliss, les personnages secondaires sont très travaillés et les actrices (et le peu d’acteurs) sont remarquables. En passant par la mère qui vit son rêve à travers sa fille, la jeune pom-pom girl que personne ne comprend, la casse-cou bagarreuse qui arrive toujours en retard, la meilleure amie un peu allumeuse, la jeune mère… Il est vrai qu’il s’agit en grosse majorité de vie de femme et d’un film de femme. Chaque personnage féminin est l’héroïne d’une autre. Mais Drew Barrymore soigne aussi les hommes avec l’image des pères héroïques avec le père et l’entraîneur. Au fond personne ne domine personne, chacun et chacune à leur manière triomphe sans écraser l’autre.

Le récit est bien construit, tout découle quoique sans grande surprise avec délicatesse. Les décors du Texas, en passant par le village, le restaurant, le terrain, la maison, les rues et véhicule… tout est extrêmement travaillé. Chaque détail a son importance, les couleurs sont à la fois vives et pastelles.

Pas de voyeurisme dans la caméra de la réalisatrice, les scènes d’amour sont filmées avec pudeur et même les personnages. On n’en sait pas plus que ce qui est utile au scénario, reste au spectateur de faire travailler son imagination. Et c’est de là que vient la force du film, on nous laisse nous faire les dix autres films où chaque personnage est l’héroïne.

Quoique bien gentillet, le film est pétillant, loin d’être surprenant, Drew Barrymore est resté dans ce premier film un peu timide, mais promet un second film plus explosif. 

 

 

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Agora     by Vincent

 

De Alejandro Amenabar

 

Avec Rachel Weisz, Max Minghella, Oscar Isaac, Ashraf Barhom et Rupert Evans.

 

Au IVème siècle après J.C., L’Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande Bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l'aide de ses disciples. Parmi eux, deux hommes se disputent l'amour d'Hypatie : Oreste et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants...

Ce film, trop sous-estimé à mon goût, est un véritable plaisir et il mérite d’être reconsidéré. On disait, avant sa sortie, qu’un péplum traitant de la christianisation et dont le personnage principal était une femme, serait forcément mauvais. Mais qui ose dire ça ? Qui peut dire cela sans avoir vu le film ? Des ignares. Il n’y a pas d’autres mots. Agora est un film aux antipodes des ses prédécesseurs, dans le genre du péplum. Ici, pas de grands champs de bataille avec des milliers de soldats réunis dans le seul but de s’écharper la gueule entre copains. Agora est un film plus historique qu’épique. Le scénario est basé sur des faits réels : la révolte et la prise de pouvoir des chrétiens à Alexandrie. Avec adresse, le réalisateur Alejandro Amenábar nous entraîne dans cette guerre religieuse entre les païens et les chrétiens, en suivant la vie d’Hypatie, une célèbre mathématicienne et philosophe grecque. Cette dernière n’a que faire des religions et prône l’éveil aux sciences et à la philosophie. Notre héroïne se retrouve impliquée dans cette guerre ethnique contre son grès et fait également l’objet des convoitises de son élève Oreste (futur préfet d’Alexandrie) et de son esclave Davus, qui va devenir un fanatique religieux eu service de chrétienté.

Les thèmes sont vraiment très bien traités. Le film met en avant la soif de pouvoir et l’extrémisme fanatique de cette religion qu’est la culture du Christ. C’est à penser que le Christianisme n’a plus vraiment la cote au cinéma (cf. la chronique sur [REC 2]).

Pour ce qui est des acteurs, ils sont tout simplement excellents. A commencer par Rachel Weisz qui est tout à fait sublime dans le rôle d’Hypatie (alors que c’est Nicole Kidman qui avait été pressentie), et que nous retrouverons à l’affiche du prochain film de Peter Jackson : Lovely Bones. Agora est également l’occasion de révéler 3 talents très prometteurs que sont Max Minghella (l’esclave/fanatique Davus), Oscar Isaac (Oreste) et le surprenant Ashraf Barhom (Ammonius le fanatique). Enfin, il faut saluer les performances de Rupert Evans (Synesius), que l’on a pu voir dans Hellboy, qui ressemble étrangement à Brad Pitt (en plus jeune) dans le film, et aussi Sami Samir (Munich) qui incarne le terrible évêque Cyril.

Enfin, j’aimerai ajouter un petit mot sur les décors qui sont tout simplement magnifiques. Il faut beaucoup de talent et de savoir faire pour reconstituer ainsi la Grande Bibliothèque d’Alexandrie.

Mes seuls regrets résident dans l’utilisation de certains plans vu de l’espace (ce qui nous fait penser à un film de Nicolas Hulot) et les plusieurs erreurs historiques, volontaires et involontaires, présents dans le film. Comme, par exemple, le fait qu’Hypatie meurt aux environs de la quarantaine alors qu’en réalité elle a vécue jusqu’à 65 ans ; le fait que Synesius survive à Hypatie, alors que l’Histoire nous dit qu’il est décédé 2 ans avant elle ; enfin, le fait qu’Hypatie soit décrite comme une astronome alors qu’elle était surtout connue pour ses travaux en mathématiques et en philosophie.

           En bref, Agora est un très bon film historique qui mérite d’être vu, ne serait-ce que pour la culture générale, mais surtout parce qu’il y a fort à parier qu’Alejandro Amenábar (déjà réalisateur du film The Others, avec Nicole Kidman) nous réserve un avenir prometteur.

 

 

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Les chats persans by Rémi

 

De Bahman Ghobadi

 

Avec Negar Shaghaghi, Ashkan Koshanejad, Hamed Behdad

 

                Le cinéma peut avoir nombre de vertus, la principale pour la plupart des gens étant celle de faire voyager le spectateur vers l’inconnu, de le confronter à un exotisme qu’il serait incapable d’atteindre pour la (pas si modique que ça) somme de 8 €. Si cette vertu n’est pas ma favorite, il faut néanmoins lui reconnaitre le mérite de parfois permettre à des films plus ou moins réussis et plus ou moins réfléchis d’offrir de véritable bons moments de cinéma, moments marqués par une vision qui n’est forcément pas la nôtre. Vainqueur du prix spécial Un certain regard à Cannes en 2009, le dernier film de Bahman Ghobadi est évidemment de ceux-là, mais c’est avant tout pour un voyage musical dans Téhéran et de fait à travers l’Iran que nous entraîne Les chats persans.

 

Sans trop entrer dans les détails, le film relate l’histoire de deux jeunes Iraniens, Negar et Ashkan, musiciens qui cherche à monter un groupe d’indie rock et surtout à quitter l’Iran pour commencer une carrière dans la musique, cette dernière étant plus qu’encadrée par le régime. Cette dernière phrase est bien évidemment un euphémisme et il suffit de voir le film pour le comprendre, film qui s’est lui-même tourner dans le dos de l’Etat, musique et cinéma étant logés à la même enseigne dans la République islamique du Président Mahmoud Ahmadinejad. Les chats persans est donc marqué par cette urgence de tous les instants, aussi bien narrativement que formellement, et c’est bien ce niveau formel qui va nous intéressé le plus puisque pour un film tourné sans autorisation et donc avec cette menace permanente liée à la clandestinité, Bahman Ghobadi parvient néanmoins à donner un rythme et une atmosphère au film en totale adéquation avec son sujet, mais surtout il le dote d’une grande beauté esthétique, ce qui constitue un véritable tour de force pour un tournage de 17 jours. Les acteurs entre dans ce même ordre d’idée puisque jouant plus ou moins leur propre rôle mais toujours avec cette urgence, cette appréhension (réelle) sur le visage sauf quand il s’exprime à travers le musique, comportement paradoxal dut à un axe à la fois dangereux et libérateur. Il me faut absolument souligner la prestation d’Hamed Behdad, tout simplement incroyable dans ce rôle d’agent foufou et courage incarné par cet Eric Bana à l’iranienne. C’est donc avec un réel plaisir que nous suivons les pérégrinations de ce trio à la recherche de musiciens susceptibles de les rejoindre, découvrant ainsi un Téhéran vibrant des ses soubassements jusqu’à la campagne grâce à des styles musicaux à chaque fois différents. Dans ces moments musicaux, le film devient clip, et si le genre musical change à chaque fois, l’Iran qui nous est présenté l’est également, se révélant comme pays aux multiples facettes. Véritables respirations, prises de recul dans une narration emprisonnée dans les méandres de la médina, ces séquences clip sont véritablement très réussies.

 

                Le film n’est évidemment pas exempt de défauts, et notamment cette réalisation qui perdure même lors des séquences narratives. Néanmoins, Les chats persans de Bahman Ghobadi possède nombre de mérites surpassant bien vite ses petits défauts pour finalement les annihiler a posteriori. Un film à voir, sans hésiter, ne serait que pour comprendre en quoi le cinéma est avant tout un certain regard.










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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 15:26

4chap-avec-affichetetro.jpg Tetro     by Rémi

 

De Francis Ford Coppola

 

Avec  Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu

 

            Parmi les réalisateurs du Nouvel Hollywood, il en est un qui ces dernières années fut un peu moins prolifique qu’un Scorsese et surtout qui avait axé sa carrière de façon moins blockbusterienne qu’un Spielberg. De ce fait, et au grand malheur de certains dont je fais partie, Francis Ford Coppola s’est fait peu à peu oublié, est devenu un producteur touche-à-tout et surtout un réalisateur plus rare a l’instar de son public depuis la trilogie du Parrain. Après dix ans d’absence et un retour en 2007 avec L’homme sans âge, un amer constat financier s’impose : le réalisateur d’Apocalypse Now ne fait plus recette. Cette vérité est d’autant plus effrayante que Francis Ford Coppola fait parti des ces grands chefs de la cuisine cinématographique, connaissant toutes les recettes sur le bout des doigts et pourtant capable de les réinventer à chaque fois. C’est dans cette dynamique d’inspirations multiples et de création totalement originale que Tetro se pose comme chef d’œuvre.

 

            Le dernier film de Francis Ford Coppola est tout simplement incroyable et dès les premières minutes nous plonge dans un univers esthétique à couper le souffle. Une photographie véritablement exceptionnelle et le plus beau noir et blanc que je n’ai jamais vu donne à Tetro une atmosphère particulière, comme une réécriture de tous les classiques hollywoodiens. Bennie marchant dans les rues de Buenos Aires, c’est Orson Welles dans La soif du mal, c’est Brando Sur les quais, c’est Bogart arpentant les rues de Casablanca. Si la couleur est devenu le standard au cinéma, il est troublant de voir à quel point le noir et blanc lui est encore supérieur aujourd’hui en terme de simple beauté esthétique mais surtout de narration. Choisir de tourner un film en noir et blanc, c’est déjà raconter une histoire, c’est se revendiquer du même cinéma que Kazan ou Antonioni, réalisateurs dont Francis Ford Coppola s’est esthétiquement inspiré. Après Rusty James, Coppola revient donc sur des terres sans couleurs mais où le cadre est au millimètre et surtout la lumière, sublime, est avant tout là pour renforcer la présence de l’ombre. La lumière est même tellement importante qu’elle arrive à contaminer le jeu des acteurs, puisque pour ma part j’ai vu Vincent Gallo pousser l’intensité de son interprétation jusqu’au niveau de dilatation de ses pupilles. Bon, j’ai sans doute était le seul le voir, mais il n’empêche que le casting est impressionnant, avec un Vincent Gallo lunaire dans le rôle de Tetro (rôle à l’origine écrit pour Matt Dillon, le Rusty James) mais surtout un Alden Ehrenreich extraordinaire dans le rôle de Bennie, frère de Tetro qu’il retrouve à Buenos Aires après que ce dernier est coupé les ponts il y dix ans avec toute sa famille et en particulier son père, chef d’orchestre génial et parent incapable. Pour son premier long-métrage, le jeune acteur de 20 ans crève littéralement l’écran à la manière de ce qu’a put faire James Dean dans La fureur de vivre, effet qui était recherché par Francis Ford Coppola. Nous lui souhaitons évidemment un moins funeste destin. S’il présente des personnages hauts en couleurs et des acteurs de qualité, le reste du casting, principalement argentin, reste tout de même un ton en deçà des deux acteurs principaux.

            Premier scénario original écrit par Coppola depuis Conversation secrète sorti en 1974, vainqueur de la Palme d’Or à Cannes et qui à cette occasion ressort aujourd’hui en France dans deux cinémas, Tetro rassemble tous les thèmes chers à son auteur, en particulier la rivalité et la famille. C’est en cherchant à comprendre, à découvrir son passé que Bennie va rouvrir les plaies non cicatrisées de Tetro. C’est par ce même biais que le spectateur apprendra l’histoire de cette famille et les raisons du départ de Tetro. Scénario à tiroirs dont la forme semble sans cesse se répéter, l’histoire de Tetro s’organise comme une réflexion sur le lien unissant les frères ainsi que la propension de temps à se répéter inlassablement, refaisant à l’infini les mêmes erreurs.

 

            L’on peut évidemment critiquer le système hollywoodien qui veut que les réalisateurs doivent d’abord réaliser des films de commande, autrement dit ce que les studios supposent comme une attente de la part des spectateurs. On peut  déplorer que ce système fonctionne à terme comme une essoreuse renouvelant de plus en plus rapidement le cheptel de réalisateurs. Mais quand l’un d’entre eux survit à tout ça, il devient intouchable et peut enfin réaliser les films qu’il voulait faire à ses débuts. Vu l’ambition et la profondeur dont Tetro fait preuve, je ne peux finalement que saluer le système hollywoodien. Je pense en effet que c’est grâce à ce parcours quelque peu chaotique et à ce recul dernièrement prit par Francis Ford Coppola que ce dernier peut nous livrer aujourd’hui un film à la fois personnel et universel, un film qui ne livre pas tout dès la première vision, un film qui doit être muri par le spectateur autant qu’il le fut par son auteur. En d’autres termes, un grand film à aller voir d’urgence si ce n’est pas déjà fait.

 

 

 

1-chap-avec-affiche-copie-3.jpg Alvin et les chipmunks 2     by Etienne

 

De Betty Thomas

 

Avec Jason Lee, Justin Long, Jesse McCartney, Zachary Levi, Matthew Gray Gubbler, Anna Faris

 

 

 «À cause d’un accident impliquant Alvin et Dave Seville, ils vont vivre chez Toby le cousin cool de Dave Seville. Les Chipmunks doivent s’inscrire à l’école comme chaque enfant, ce qui présente de nouveaux défis à ces rock stars, comme traiter avec leur pair, la pression, le sport scolaire et bien sûr, des filles! Par « filles » nous voulons dire les Chipettes qui sont gérées par Ian Hawke, l’ancien manager avide Des Chipmunks qui veut les faire accéder au sommet. Dès lors, le trio de chanteurs devra faire face à des rivales très séduisantes pour remporter les 25 000 dollars qui sont à la clé pour sauver le programme de musique de leur établissement en participant au concours.

Voilà je vous livre le scénario de ce nouvel opus sans présentation et surtout sans ménagement, et là j’en suis peut être un peu plus coupable…

Personne ne les attendait. Et pourtant, les voici qui reviennent. Plus insupportables que jamais. Le premier épisode fit son apparition sur nos écrans il y a maintenant deux ans, sous la direction de Tim Hill, véritable spécialiste en la matière puisqu'il signa également Bob l'éponge le film en 2005, puis Garfield 2 en 2006. Et contre toute-attente, Alvin et les chipmunks rencontra un certain succès, toutefois aléatoire selon les pays il eu plus de succès auprès des petits français que les américains (incroyable non ?)

Ainsi donc, une suite semblait inévitable. Mais la charge en revient désormais à Betty Thomas, ancienne productrice devenue réalisatrice, notamment en 2006 avec John Tucker doit mourir qui est une véritable référence cinématographique….

On a beau savoir que le film s'adresse principalement aux enfants, on ne peut que pleurer devant tant de médiocrité et de simplicité. Alvin et les chipmunks 2 ne raconte rien.

Pire encore, il accumule les clichés les plus éhontés généralement propre à une suite indigne de ce nom.

Après avoir consacré un long-métrage aux trois petits écureuils dont on se serait bien passé, voici qu'on les affuble de tous nouveaux partenaires, qui plus est de sexe opposé. Car l'histoire ne présente qu'une succession de séquences « musicales », durant lesquelles les Chipmunks et les Chipettes poussent la chansonnette.

Difficile de s'en contenter. Bien sûr, les puristes nous rappelleront que ce film pourrait en fait apparaître comme un hommage, puisqu'à l'origine ces personnages ont « véritablement » existé, créés dans les années 50, et qu'une trentaine d'albums sortirent sur leur nom, connaissant alors un immense succès. Leur particularité était d'avoir une voix très aiguë, résultat d'une accélération des enregistrements des comédiens les doublant (aujourd'hui Justin Long, Jesse McCartney, Matthew Gray Gubler, Anna Faris, Christina Applegate et Amy Poehler prennent le relais). Ils s'en servaient alors pour détourner des chansons à succès sur un ton bien évidemment humoristique.

Sur ce même principe, Alvin et les chipmunks 2propose une série de tubes plus ou moins récents, de Stayin' Alive à No One (d’alia Keys).

Le long-métrage se présente alors comme un dérivé, certes plus enfantin, des récents Dance et autre High School Musical, où l'on découvre nos écureuils chanter et danser sous les yeux ébahis de centaines de fans.

Au delà de ce scénario inexistant, on ne retiendra que la performance des animateurs qui permet d’intégrer les Chipmunks aux images dites réelles.

Mais le jeu des dits vrais acteurs est a chaque fois exaspérant. David Cross joue de nouveau le méchant de service avec un manque de conviction et de crédibilité toujours aussi déconcertant. De son côté, Jason Lee, également présent dans le précédent épisode, retrouve son personnage de « Papa des Chipmunks » mais n'offre ici que le minimum syndical (victime d'un accident, il apparaît dans trois scènes (du a un accident il se retrouve bloqué à l'hôpital, quel idée scénaristique majeure !!) tandis que Zachary Levi (l’acteur inspiré et hilarant « Chuck » devient la « star humaine » de ce nouvel opus pour un rôle hélas sans saveur (il incarne un jeune looser traumatisé par l'école), aussi insipide et fade qu’un rôle d’Anna Faris (tient ce n’est pas elle qui double une des Chipettes… ?).

Un film d’une platitude consternante qui ne parvient a aucun moment à sauver quoi que ce soit de l’intérêt inexistant de cette niaiserie intersidérale.

A noter que ce film prendra une place importante dans ma filmographie, oui il fera partie de l’un des très rare film devant lequel je me sois endormi un moment (peut être que la nuit blanche de la veille y est pour quelque chose, je me demande si l’intérêt immense de ce film aurait pu m’endormir quand même.

Le soucis principal est que ce genre de film destiné au plus jeunes cinéphiles de la population risque d’attirer un nombre suffisant d’entrées pour pousser des producteurs aussi intéressés et inspirés que le « méchant de service » pour lancer la production d’un troisième opus.

Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 16:39

mensch.jpgMensch     by Tsipy

 

De Steve Suissa

 

Avec  Nicolas Cazalé, Sara Martins, Anthony Delon

 

C’était un dimanche, il faisait froid, après un déjeuner avec des amis qui traînait, j’eus l’idée de les inciter à aller au cinéma. Alors quand cela arrive, il est très difficile de trouver un consensus sur le film. On trouve tous, sous mon idée, de partir voir Mensch, malgré les réticences de certains.

Pour ceux qui ne connaissent pas Mensch, il s’agit d’un film de Steve Suissa, un acteur français qui se lance dans la réalisation de son second film. Alors qu’est ce que Mensch, et bien il s’agit d’un grand-père qui n’a cessé de dire à son petit-fils : « Tiens toi droit, mets ta cravate et soit un Mensch »  Malgré les conseils de son grand-père, qui le souhaitait voir reprendre l’entreprise familiale, Sam est un braqueur hors pair, sa spécialité : casseur de coffre-fort en tout genre. Mais entre sa vie de braqueur, Sam doit gérer le fait d’être papa. Si son fils doute encore du métier de son père, la petite amie de Sam, elle, se lasse de ses mensonges. Mais entre toutes ses vies, Sam tente de devenir un Mensch, un homme bien.

Le récit est en effet assez original et le scénario à peu près bien ficelé. Sam va s’embourber dans une affaire avec le mafieux du coin et apprendre certaines choses sur sa famille. On retrouve un casseur perdu et douteux, profondément bon, mais le réalisateur ne tombe pas dans le vice de nous amener à approuver ses actes. Le contexte et le décor sont eux aussi assez originaux : plongés dans le quartier juif de Paris où la famille est à la fois une prison et un foyer, les personnages sont crédibles et les paysages très réalistes. Tout semble avoir été travaillé de façon minutieuse.

Un film très rythmé, on ne s’ennuie pas et les bouleversements scénaristiques s’enchaînent de façon intelligente et surprenante.

Alors en bref un film qui se regarde mais « aïe, aïe, aïe » qui ne s’écoute pas. Les acteurs sont catastrophiques. On n’y croit pas et je pense que, eux non plus. Les intonations de l’acteur principal, Nicolas Cazalé, sonnent fausses. Peut-être dû à sa voie particulière mais cela devient vite lourd voire carrément pénible. On n’arrive pas à plonger dans le récit de façon correcte tant les acteurs jouent mal. Malgré leurs gueules, comme on dit, la mise en scène est froide. Cette fausseté apporte au film un manque d’émotion. On en finit par rire dès qu’un acteur ouvre la bouche et en ressort déçus car les acteurs semblent même après le film, avoir du talent mais avoir prouver exactement l’inverse.

Tout ça pour vous dire que je me rappellerai longtemps de ce Mensch indigeste. J’en ai perdu toute ma crédibilité auprès de mes amis et n’est plus le droit de proposer un film pendant quelques mois au risque que l’on me jette un regard agressif ou que l’on m’éternue de cette façon au visage : « Mensch ! »

Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 20:13

4chap-avec-affichela-route.jpg La route   by Etienne


De John Hillcoat


Avec Vigo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Robert Duval, Charlize Theron, Guy Pearce

 

Dernier film en date de  John Hillcoat, réalisateur peu connu pour ne pas dire totalement inconnu de nos contrées européennes. Alors stop la fin du monde aurait on envie de dire entre Les fils de l’homme, 28 jours plus tard, 28 semaines plus tard, Je suis une légende, Le jour d’après, et bien d’autres. Il est fort probable que les gens se souviennent des années 2000 comme étant celles où Hollywood n’avait que l’apocalypse comme base de 80% de ses scénarios au même titre que la guerre du Viet Nam lors des années 70. Certes, certains de ces films sont d’excellents films de science-fiction comme Les fils de l’homme considéré comme l’un des meilleurs films de SF de ces 10 dernières années.

The Road réalisé par John Hillcoat est adapté du roman éponyme récompensé du prix Pulitzer de Cormack McCarthy paru en 2007. Auteur connu pour avoir également écrit No Country For Old Men. Donc dans un univers ravagé, un homme Vigo Mortensen et son fils interprété par Cody Smit McPhee marche cote à cote avec seulement un caddie de supermarché contenant toutes leurs affaires. Sur leur chemin ils feront la rencontre de plusieurs personnages aussi étranges que dangereux et devront lutter pour survivre contre les éléments. On notera une information importante, The Road n’a évidement rien à voir avec un blockbuster a grand spectacle à la 2012 aux effets spéciaux tant présent. The Road est probablement le film le plus réaliste et le plus sombre des films de genre.

En effet point de tsunami, de tremblements de terre dévastateurs ou d’éruptions solaires. Ce film est un film d’anticipation post apocalyptique. On apprend qu’un éclair a crée un véritable chaos sur Terre. Le film se situe dix ans après le changement brutal de la terre.
La première grande qualité du film réside dans les décors, on a véritablement l’impression d’être dans un monde dévasté où la vie a quasiment disparu de la surface de la terre. Le soleil n’arrive plus à passer car il est obstrué par des nuages de cendres.

Il n’y a plus de vie animale ni végétale, ainsi a plusieurs reprises on voit des arbres qui se dessèchent et qui tombent. Il y’ a également des secousses sismiques qui sont la pour indiquer que ce monde est vraiment proche de la fin. Le film est entrecoupé de flashbacks se situant avant le cataclysme que l’on suppose nucléaire puis les flashbacks se rapprochent de plus en plus du temps de l’histoire actuelle. C’est un film d’une gravité et d’une tension rarement évoquée dans un film, rare sont les films montrant un père pointant un révolver sur la tempe de son fils afin de le protéger. En effet dans cet univers post apocalyptique toute forme de nourriture ayant quasiment disparu et le cannibalisme s’est répandu et il est donc nécessaire pour les deux héros de ne pas se laisser prendre par des groupes armés sillonnant les routes. Le père cherche à conserver l’humanité qu’il reste, il cherche à éduquer son fils qui n’a jamais connu autre chose que ce monde en ruine. C’est donc un film mettant en avant la relation père-fils où le premier désabusé par ce monde qui s’écroule et par la réaction des survivants qui sont quasiment tous devenus des personnes sanguinaire anthropophages ou encore des voleurs cherche coute que coute à défendre son fils dans cet environnement ou la survie est une difficulté de tout les instants. Le second a savoir son fils aime son père mais reste le personnage qui garde un espoir en l’homme et qui n’hésite pas a donner une boîte de conserve, chose devenue rare et convoitée ou a solliciter son père pour qu’il fasse de plus grande pitié envers certains personnages comme le vieil homme interprété par Robert Duval. Le film est sans conteste l’un des meilleurs films de SF de ces dernières années parce que nul sauveur de l’humanité, nul moment de bravoure ultime du héros simplement des épisodes de vies dans un monde dévasté font du personnage principal ordinaire un père exceptionnel qui depuis 8ans protège son fils de cette terre hostile.
Ce qui renforce encore la qualité de ce film c’est sans conteste le choix des décors, un travail hallucinant de recherches le film met en scène des décors naturels dévastés et fait de cette nature hostile un personnage a part entière. Une photographie vraiment sublime avec des décors de désolation, d’abandon, de destruction qui renforcent cette sensation désagréable que le monde n’est plus qu’un immense champ dévasté. A noter également la performance impressionnante de justesse des deux acteurs principaux, un Vigo Mortensen qu’on connait pour un être un acteur investi dans ses rôles et dans The Road c’est à nouveau le cas, il incarne a la perfection un personnage ayant survécut 8ans dans un monde en ruine. Vigo incarne un être décharné, squelettique. Et l’acteur qui joue le fils que l’on ne connaît pas en Europe surtout connu en Australie est véritablement bouleversant. On notera qu’une véritable relation s’est instaurée entre les deux acteurs.
Le film porte un regard très pessimiste sur l’avenir de l’homme sur la terre, beaucoup plus crédible et grave et beaucoup plus apeurant que tout les 2012 que l’industrie Hollywoodienne pourra produire. Toujours très juste dans le temps le film livre une réflexion sur une possible évolution de notre monde si on continue à le souiller sur le plan environnemental.
The Road se place en étendard d’un futur de plus en plus possible.

Voila un beau film qui bénéficie de bons acteurs, d’une magnifique photographie, et d’une bande son qui colle à la peau du film et d’un scénario qui adapte le roman à succès de Cormack McCarthy. Le peut être bémol du film seront pour ceux qui ont adoré le film qui ne retrouveront peut être pas l’ambiance aussi noire et pesante qu’ils ont connu dans le livre.


 

 

4chap-avec-affichethelimitsofcontrol.jpg The Limits Of Control   by Rémi


De Jim Jarmush


Avec Isaach de Bankolé, Alex Descas, Jean François Stevenin


            Il y a des jours comme ça. Pas trop de temps, pas trop l’envie non plus d’écrire une introduction de quinze lignes qui n’a quasiment rien à voir avec le film si ce n’est à la lumière d’un petit switch final de derrière les fagots. Je me dis que ce n’est pas bien grave et que personne ne m’en voudras si pour une fois je me cantonne uniquement au traditionnel résumé. Et là pas de bol, je tombe sur un film pas impossible à résumer mais franchement pas loin. Allez, je me lance. Un homme se voit apparemment confié une mission par un autre homme. Cette mission dont on verra la finalité mais pas la nécessité va mener l’homme en Espagne, et plus particulièrement à Madrid et Séville. Il rencontrera en chemin différents personnages, tous plus étranges les uns que les autres et surtout constituant chacun un maillon de la chaîne se resserrant autour du cou de la victime du complot, de la mission de l’homme seul. Oui, je sais, comme ça, ça ne paraît pas être clair, et encore dites-vous que je vous en raconte sans doute plus que ce Jim Jarmusch a mis dans The Limits of Control. Pas de nom pour les personnages, une continuité temporelle et narrative entrecoupée de nombreuses ellipses. Voilà tous les éléments qui compromettent de façon irrémédiable la compréhension et surtout l’affirmation d’une vérité unique au profit de la multitude d’interprétations et de conjectures possibles, et qui font de The Limits of Control un formidable film sur la liberté.

 

            Des acteurs libres pour commencer. En effet, contrairement à son habitude, Jarmusch a cette fois-ci travaillé avec un scénario très mince et n’écrivait les dialogues que quelques secondes avant que les acteurs ne jouent les scènes, laissant ainsi place à l’improvisation. Le film part donc un peu où il veut, tantôt thriller calme tantôt comédie new-yorkaise dans les rares scènes de dialogues qui sont finalement des monologues. Des acteurs libres donc, à la performance minimale mais juste, à l’exception d’Isaach de Bankolé, tout bonnement exceptionnel dans un rôle principal quasi muet mais diablement intense. Mais la vraie liberté, c’est évidemment avec Jim Jarmusch qu’elle s’exprime pleinement. Tout d’abord au niveau formel. En effet, Jarmusch semble totalement libre d’offrir une mise en scène où il peut démontrer tout son talent. Chaque plan est différent du précédent, sauf quand le réalisateur veut jouer sur un effet de répétition et reprend alors un plan à l’image près. Toute la palette du procédé filmique est utilisée sans jamais faire catalogue ou bariolage. The Limits of Control s’apparente bien plus à une toile de maître composée de chaque couleur existante à ce jour sur Terre et dont le figuralisme est pourtant opérant, tout en gardant une part de liberté avec la forme conventionnel de ce qui est représenté. Pour être plus parlant, le film de Jarmusch, c’est à mon sens un portrait cubiste d’un complot politico-financier, tableau ainsi comparable à celui que va observer l’homme seul au Reina Sofía lorsqu’il se trouve à Madrid. Cubiste car plus ou moins déstructuré. Si la chronologie est respecté dans son mouvement (c’est-à-dire pas de flashback ni de projection), elle l’est moins dans sa continuité. Les ellipses, parfois minimes, parfois énormes, peuvent accélérer mais surtout rendre le film opaque à la compréhension de l’histoire et non pas du propos. A l’instar de l’homme seul, qui questionné sur la manière dont il a pénétré dans une sorte de bunker hyper-sécurisé sans éveillé l’attention des gardes répond qu’il a utilisé son imagination, le spectateur devra faire de même pour trouver la réponse au « comment ? ». Cette question du « comment ? », Jim Jarmusch a préféré ne pas s’en soucier, pas plus que celle du « pourquoi ? », pour la simple et bonne raison que le film se libère ainsi de la causalité, chaîne pourtant sensée être inaliénable.

 

            Il me faut avouer qu’il m’a vraiment été difficile de parler de ce film déroutant. Véritable road movie inversé, The Limits of Control nous amène effectivement à destination, mais cette dernière ne présente finalement aucun intérêt par la finalité qu’elle apporte. Dans le film de Jarmusch, ce qui importe n’est pas la fin, ce qui importe c’est le trajet, les escales, toutes ses choses apparemment inutiles mais qui font qu’au final, le terminus ne semble n’être rien d’autre qu’une nouvelle halte avant le prochain départ. Pas de limite, pas de contrôle, mais la liberté absolue. Vous aurez donc compris que l’important n’est pas d’avoir aimé ou non ce film, l’important c’est de le voir, l’important c’est de parcourir librement la route cinématographique tracée par Jim Jarmusch. D’ailleurs j’y retourne. A bientôt.




2chap-avec-affichescrooge-.jpg Le drôle de Noël de Scrooge    by Tsipy


De Robert Zemeckis


Avec Jim Carrey, Gary Oldman, Colin Firth

 

Scrooge est un affreux personnage dans l’univers parfait de Noël by Walt Disney. En effet ce vieil homme aigrit est en plus d’être laid, avare et insensible. Il ne vit que pour son livre de compte et n’offre d’importance qu’à l’argent. Ni la mort de son associé Marley, ni la misérable vie de son employé, Bob Cratchit n’ont réussit à l’émouvoir. Les enfants comme els adultes ont peur d’Ebenezer Scrooge, le plus riche et le le plus avare marchand de Londres. Et l’époque que Scrooge déteste le plus est celle de Noël : il ne peut supporter la joie et la bonne humeur qui remplissent les rues et ruelles de Londres malgré la misère. Mais c’est durant ce Noël que Scrooge va vivre une histoire qu’il n’est pas prêt d’oublier. En rentrant chez lui, le fantôme de son associé, Marley va lui apparaître et lui annoncer la visite de trois esprits. Dans la nuit il va faire la rencontre des Esprits de Noël. Ils vont le hanter les uns après les autres et lui montrer ce qu’il a vecut, ce qu’il vit et ce qu’il pourrait vivre.

Si Walt Disney sort l’histoire de Scrooge, c’est bien parce que c’est Noël et l’auteur original de ce conte leur assure un récit actuel et universel. Il s’agit bien du génie de Dickens encore une fois montré sur grand écran. Et si c’est lui c’est bien parce qu’il tient la route depuis près d’un siècle et demi. Une histoire que l’on conte aux petits et que l’on a conté. Ce film leur assure un public divers et varié.

Mais Disney met plusieurs flèches à son arc. Il utilise la 3D, pour innover et des acteurs, des vrais et des supers star. Scrooge est donc Jim Carrey.

L’histoire de Dickens est très loin de décevoir, ce récit est fantastique d’inventivité. À la fois terrifiant, magique et émouvant, il séduit le spectateur. La morale très basique, le destin n’existe pas, c’est l’homme qui crée sa propre vie, et nous avons tous une influence sur la vie des autres, découle d’une histoire originale et belle.

Le réalisateur, Zemeckis, met en scène la pauvreté de Londres. Dans chaque recoin de l’image, on peut apercevoir un gavroche à la Oliver Twist. Les personnages secondaires et même les figurants ne sont pas mal traités, leur visage est travaillé, à tel point que l’on peut leur imaginer une histoire propre. Les rues de Londres sont fidèles à celles de son époque et l’on y voit le travail des auteurs. Les paysages sont toujours d’une perspective renversante. Une ligne de fuite infinie qui image l’état d’esprit que l’on devrait avoir. Et Zemeckis n’a pas enlevé les parties les plus sombres du conte. Scrooge est effrayant et pas du tout attendrissant, quant à Londres, elle est une ville sans pitié avec les plus démunis. Et c’est peut-être pour cela que le film est interdit aux moins de 10 ans. Il peut en être réellement effrayant pour les plus petits, notamment, l’apparition de Marley qui est tout simplement monstrueux, attaché par de longues chaînes au bout desquelles de lourds blocs de pierres, il apparaît à Scrooge en colère et vengeresse.

Tout était là, les clés d’un bon film d’animation. Mais Disney s’est vu obligé d’y insérer de la 3D selon moi inutile et Jim Carrey, que l’on ne reconnaît pas sauf lorsqu’il grimace et enlève le charme de Scrooge. Des bonnes blagues lourdes à l’Américaine détruisent le charme du conte. De longs travellings sans fins et rapides où le spectateur n’a pas le temps d’observer les décors anéantissent le travail des décorateurs. Cela fatigue les yeux et c’est un vrai repos lorsque la caméra se pose, enfin du calme, on se retrouve dans notre état de spectateur, on regarde partout mais quelques secondes plus tard, on nous ré emmène dans les cieux, sous terre à toute vitesse. Qu’est ce que cela peut être épuisant et décevant.

Le récit impérissable de Dickens travaillé dans la modernité c’est-à-dire la 3D et celle de réels acteurs est selon moi une énorme erreur. Cependant Disney semble être attaché à l’authenticité et sort bientôt La princesse et la grenouille, esthétique travaillée à l’ancienne, qui me semble être beaucoup plus réussi que Scrooge. Mais quel dommage. 

Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 17:34

5chap avec affichevincere Vincere by Rémi



Réalisé par Marco Bellochio



Avec Giovanna Mezzogiorno, Filipo Timi, Fausto Russo Alesi

Faire confiance aux professionnels. Si cette phrase peut sembler totalement vide de sens aux obsessionnels de l’agissement, elle représente en revanche tout l’inverse pour ceux qui savent se laisser bercer par le doux chant de l’oisiveté. C’est donc à l’instar de toi, auditeur suivant aveuglément les conseils de Pendant ce temps là…, que j’ai décidé d’aller voir Vincere suite à l’article paru dans la revue Positif du mois dernier, et bien m’en aura pris. C’est en effet conforté par des précédents plus que concluants que j’ai décidé de faire une fois de plus uniquement confiance à la critique, même si je parle ici plus précisément de critique « référence », c’est-à-dire celle dont je sais les affinités et inclinaisons, puisque ces affinités et inclinaisons nous sont communes. Après le trop attendu Quatre nuits avec Anna et le monument 24 City, le film de Marco Bellocchio rentre donc lui aussi dans cette catégorie d’œuvres majeures dont la méconnaissance de l’auteur apparait après vision comme inacceptable. Tout comme j’étais passé à côté de Jerzy Skolimowski et Jia Zhang Ke jusqu’à ce que je soit conduit dans les salles obscures par un sentiment de devoir, sentiment né à la lecture d’un papier ou à l’écoute d’une intervention élogieuse, Vincere m’a permis d’apporter à ma cinéphilie une nouvelle pierre dont l’absence jusqu’alors insoupçonnée ne fait que renforcer sa présence désormais indispensable. Mais puisque c’est maintenant à mon tour de provoquer cette irrépressible envie, ce besoin de voir, et que pour cela la bonne foi ne suffit pas toujours, parlons plus précisément de ce qu’est Vincere.

A Trente, lors d’une étreinte volatile, une femme tombe éperdument amoureuse d’un homme qu’elle ne reverra que sept ans plus tard à Milan et à la tête d’une manifestation socialiste mais également du journal l’Avanti. Cette femme, c’est Ida Dalser, et cet homme, c’est Benito Mussolini. Elle ira jusqu’à sacrifier tous ses biens matériels pour permettre à son amant de fonder son nouveau journal, Il Popolo d’Italia. De leur amour naîtra un enfant, Benito Albino, enfant dont Mussolini ne verra quasiment pas la petite enfance puisqu’il s’engage dans l’armée dès l’entrée en guerre de l’Italie. C’est à ce moment qu’Ida va découvrir que Mussolini est déjà marié et surtout que ce dernier ne compte rien faire pour entériner cette liaison ni même reconnaître son fils aîné. Tandis qu’il se transforme, qu’il devient el Duce, Ida va elle crier à tous cette union qu’elle sait légitime, son amour, sa vérité, jusqu’à être considérée comme dangereuse par les Chemises Noires et internée.

Vous l’aurez compris, Vincere est profondément marqué par la passion. La passion du Duce pour le pouvoir bien sûr, mais surtout la passion d’Ida pour cet homme perdu, pour cet homme qui n’est plus, cet amour pour Benito et non pas pour le Duce, amour pour la seule partie de lui qui a survécu, c’est-à-dire Benito Albino. Tout le film est transporté par cette passion, tout est vu à travers le prisme de cette passion, de cette force que possède Ida et qui reste debout envers et contre tous. Giovanna Mezzogiorno est réellement époustouflante, car malgré un rôle assez monochromatique, elle incarne une Ida bouleversante de bout en bout, toujours juste que l’émotion soit violente ou introvertie.

Quand à Filippo Timi, malgré une ressemblance avec Mussolini parfaitement inexistante, il interprète pourtant un Benito Mussolini (et non pas le Duce) incroyable, auquel l’on croit, notamment dans deux dernières apparitions mémorables. En ce qui concerne la réalisation, Marco Bellocchio offre (et je pèse mes mots) une réalisation de toute beauté, dont les plans sont construits sans jamais le laisser voir. Le réalisateur se sert en particulier des codes du cinéma d’époque et notamment du cinéma de propagande pour montrer la violence infligée à cette mère courage, que ce soit avec de vraies images d’archives ou bien en utilisant les codes de l’époque, et parmi eux les titres martelés à l’image. Cependant, Marco Bellocchio reste un cinéaste encrée dans une modernité classique. Je pense par exemple à une contre-plongée avec un paysage parfaitement cloisonné car derrière des barreaux mais en même temps lumineux et ouvert car sous la neige tombante dans la nuit, plan monter en accolade avec des plans de ce fils seul qui possède pour unique compagnie une tête en béton du Duce, de cet homme qui n’est plus son père. Et ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres des trésors contenus dans Vincere.

Voilà, j’espère vraiment vous avoir non pas convaincu, mais vous avoir fait ressentir le besoin de voir Vincere. Marco Bellocchio vient d’avoir 70 ans le mois dernier et je trouve quand même dommage qu’il m’est fallu attendre autant de temps pour le découvrir. Si vous êtes dans ce même cas de figure, n’hésitez pas et courrez voir Vincere. Vous ne le regretterez pas.



4chap-avec-affiche-copie-7.jpg Bienvenue à Zombieland     by  Etienne

 

De Ruben Fleischer

 

Avec Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Abigail Breslin, Emma Stone



Bienvenue a Zombieland est donc le dernier film en date à sortir sur nos écrans et à parler de… Beh de zombis pardi ! Depuis les films du maître et théoricien du genre George Romero nombre de films sur le sujet ont vu le jour et même la nuit. Bon et moins bons se sont partagés le haut de l’affiche ainsi que le bas de l’échelle pour certains.

D’emblée Zombieland, oui j’ai décidé d’enlever le Bienvenue (désormais indispensable en France sans doute l’effet Ch’tis). Donc d’emblée Zombieland s’inscrit dans la lignée de son cousin britannique Shaun of the Dead  et loin de souffrir de la comparaison il s’en détache même pour imposer ici un style plus américain certes mais pas dénués de qualités loin de là même si Shaun of the Dead se révèle plus aboutit.

Si le pitch du film n’est pas à se rouler par terre et ne recevra probablement pas l’oscar du meilleur scénario, il a le mérite de présenter un genre désormais convenu et prévisible sous un genre nouveau et ce pour le plaisir de tous.

Donc dans un monde infesté de zombies, deux hommes essayent de survivre, Colombus le plus jeune est terrorisé à l’idée d’être dévoré, c’est une poule mouillé mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie. Tallahassee lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne armé d’un fusil d’assaut il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui trouver les derniers exemplaires encore disponible sur terre de ses biscuits préférés les fameux Twinkies. Mais le temps est compté hé oui date limite de consommation oblige. Dans leur périple les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossible a relever affronter les zombies et apprendre à s’entendre et surtout a se faire confiance.

Zombieland est la première réalisation de Ruben Fleischer et non des moindre, elle marque le grand retour en haut de l’affiche de l’immense Woody Harelson (Tueurs nés, Larry Flint) et l’on retrouve la jeune Abigail Breslin (Little Miss Sunshine ou le plus récent Ma vie pour la tienne), et on dévore des yeux la jolie Emma Stone (aperçue dans Supergrave).

Finalement cette apocalypse dont on ne saura rien  si ce n’est qu’elle est apparue dans un hamburger contaminé ne chose pas grand-chose pour Colombus. Le monde réel était déjà dangereux avant que la terre ne se transforme en un champ de bataille rangé pour zombies. La seule différence est que désormais les autres (les zombies) veulent le dévorer dans le sens littéral du terme.

C’est en errant dans cet univers dévasté que Colombus a appris à dominer en établissant des règles précises telles qu’avoir une bonne condition physique, tirer toujours deux fois, se méfier des endroits où l’on se retrouve vulnérable (les toilettes), ne pas jouer les héros, vérifier la banquette arrière, etc. Tout un véritable manuel du petit survivant. Zombieland aurait pu être une des nombreuses œuvres surfant sur la mode des comédies horrifiques à base de zombies ce genre de film sympathique mais vite oublié une fois le générique de fin déroulé. On n’y trouve en effet tout les éléments de genre emprunté au Road Movie et au film gore. Oui parce qu’avant tout Zombieland est un Road Movie.

A notez une magnifique séquence guest où BM (oui je ne voudrais pas spoiler pour ceux qui ne l’aurez pas vu) nous rejoue une de ces plus grandes scènes qui ont fait son succès cinématographiques, allez petit indice, il avait un aspirateur un peu particulier.

Bref ajoutez a cette comédie horrifique un peu déjantée une B.O parfaite (Allant de Blue Oyster Cult a Metric, de Van Halen Billy Dean, de Paul Anka a Willie Nelson).

Ajoutez des passages de maitrise graphique impressionnante notamment dans les phases de ralenti (dans le générique). Où le travail sur l’image durant ces phases est tout bonnement bluffant.

Ajoutez a ce Zombieland un casting relativement hétéroclite et crédible, Zombieland se révèle être la comédie de cette fin d’année mais aussi le film d’horreur de cette fin d’année, je dirais même plus cette comédie horrifique de cette fin d’année.

Un film en somme drôle, aux touches d’humour omniprésente qui parvient à faire de ce film un véritable succès non seulement auprès du public mais aussi auprès des critiques presses (ce qui est plus rare).
Bref Zombieland une comédie à dévorer tout en essayant de pas l’être soit même.

A noter que le film fut un tel succès aux Etats Unis que la suite est déjà en production et en 3D.

Par Rémi - Publié dans : Chaplinomètre
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 12:00

2012     by Vincent

 

De Roland Emmercih

 

Avec John Cusack, Chiwetel Ejiofor et Amanda Peet

 

 

Un des films les plus attendus de l’année (juste derrière le très attendu Avatar). Mais il n’était pas nécessaire de faire autant de foin pour si peu de chose. Non pas que le film est d’une nullité totale, il faut surtout dire qu’il n’est pas une réussite totale, loin de là.

Résumé :

2012 raconte l’histoire de la fin du monde comme le prédit le calendrier Maya, l’une des plus anciennes civilisations du monde. En effet, ce dernier s’achève le 21 Décembre 2012. Afin de vérifier si ces dires sont exactes, les astrologues, les numérologues, les géophysiciens et toutes sortent d’experts gouvernementaux valident cette théorie. Malheureusement, il est trop tard pour chercher à sauver tout le monde. Lorsque les plaques tectoniques se mettent à bouger et à créer des séismes d’une amplitude telle que des villes comme Los Angeles sont rasées en quelques minutes, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se lancent à corps perdus dans un voyage désespéré…

Après Independance Day et Le jour d’après, Roland Emmerich revient sur nos écrans avec un nouveau film catastrophe, mettant en scène l’Apocalypse avec un grand A. En effet, 2012, se base sur un fait réel : la prédiction de la fin du monde en 2012 selon le calendrier Maya. Cette théorie étant encore à l’étude (puisque le NASA réfute cette thèse tandis que des chercheurs l’approuvent) on est en droit de se demander « A quoi ça va ressembler ? ». A travers des effets spéciaux époustouflants, Emmerich tente de nous montrer sa vision de la chose. Jusque là, c’est plutôt bon comme idée. Mais ça se complique lorsque le scénario nous présente un écrivain divorcé, tout ce qu’il y a de plus banal, du nom de Jackson Curtis (John Cusack) qui part sauver ses gosses et sa femme du cataclysme. L’action, plutôt dramatique à première vu, semble amuser les personnages tout au long du film. Depuis la course en voiture dans Los Angeles contre le méchant séisme, jusqu’au tsunami de dans le Tibet, en passant par des zigzags en avion entre des immeubles qui s’effondrent et une pluie de boules de feu sur le Wisconsin, nos « héros » trouve le temps de se lancer des petites blagues (américaines bien sûr) et d’admirer des voitures de collections. Bref, deux scénar’ pour le prix d’un ; manque de bol, le deuxième vient pourrir le premier.

Passons maintenant du côté des acteurs, avec le vrai-faux retour de John Cusack qui ne trouve toujours pas de rôle qui puisse nous faire oublier le pitoyable Chambre 1408 de 2007. Dommage, car l’acteur joue bien, mais le personnage qu’il incarne est affligeant de banalité. A noter que l’on retrouve également l’acteur Chiwetel Ejiofor (Inside Man, Les Fils de l’Homme, American Gangster), Thandie Newton (Entretien avec un Vampire, Mission Impossible 2 et W.) et Danny Glover (L’arme fatale, Soyez sympas, rembobinez !) dans le rôle du Président des Etats-Unis, ni plus, ni moins.

Voilà. En bref, 2012 n’offre pas beaucoup plus à en dire que le scénario et les acteurs, sinon que les effets spéciaux sont vraiment très réussis, au point d’en être frissonnants par moments. Un film qui se laisse voir, mais qui au final, n’apporte pas grande satisfaction. Espérons que les gros films de fin d’année ne sont pas tous de cette trempe.

 

A l’origine     by Tsipy

 

De Xavier Giannoli

 

Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos et Gérard Depardieu

 

 

Un film avec un projet bien ambitieux, tiré d’une histoire vraie, il relate la vie d’un petit escroc, arrivant dans un village du nord de la France affaiblit par le chômage et l’absence de perspective. De petit escroc, il passe à chef de travaux d’une parcelle d’autoroute qui ne vient et ne va de nulle part, gérée par une entreprise qui n’existe pas. Ce qui aurait pu être son plus grand coup devient son entreprise qu’il gère avec les tripes. Le village entier adopte cet homme qui leur promet monts et merveilles, sans douter de lui, ils lui offrent tout : hospitalité, amitié et argent. Le village qui aurait pu être une croix sur sa « carte de chasse » devient son village, dont il est le sauveur. Les habitants qui auraient pu être des victimes parmi d’autres deviennent sa famille, ses amis… Le personnage principal, grand solitaire semble avoir trouvé où poser ses valises. Le tout est de savoir comment cet homme dont les intentions premières étaient plus que malsaines va pouvoir sortir de ce cercle vicieux sans autres solutions que de fuir et quitter sa famille adoptive.

À l’origine de ce film, de bonnes intentions, l’histoire d’un escroc repentit sans rentrer dans le mélodrame est très intéressante. D’ailleurs, le réalisateur le fait très bien. Nous suivons ce Mr Miller du début à la fin, dans ces craintes, ces espoirs… la psychologie du personnage est très bien faite et ne contient aucune contradiction.

Le réalisateur met en scène son récit dans le nord de la France. Le tableau réaliste de cette région est suivi du début à la fin. Y est peint, une population pleine d’espoir et de rêve qui subit la crise économique de la région qu’ils ne quitteront jamais car ils ne connaissent qu’elle. Des personnes très attachantes, en passant par la jeune mère, le jeune dealer et papa, la maire veuve et désemparée… Une peinture de la société actuelle sans stéréotypes, ni clichés qu’il montre ni bête, ni idiote mais simplement pauvre, non pas de culture mais de vice. Ils offrent tout à cet homme qu’ils ne connaissent ni d’Eve ni d’Adam. Et bien qu’il puisse être un escroc, tant pis, le tout est de croire.

A l’origine de ce film, de très bons acteurs. Le rôle de Mr Miller, interprété par Cluzet est une très grande réussite. Il faut dire que cela tient plus de la performance pour ce comédien, qui occupe les 99% du film. Du début à la fin, Cluzet est Mr Miller et prouve son talent dans l’expression de son visage mais aussi jusque dans ses respirations. Quant à Emmanuelle Devos, jouant le maire du village qui s’amourache avec Cluzet, elle est attachante et son regard interprète bien la femme qui possède une longue histoire.

Mais au final, car il est bien d’avoir de bonnes intentions, mais le film possède de nombreuses lacunes et cela est bien dommage.

Beaucoup de scènes sont inutiles, le film donne l’impression que le réalisateur a souhaité insérer dans son film toutes celles qu’il a tournées. Certaines scènes métaphoriques sont beaucoup trop longues et pas forcément nécessaires au récit. Elles coupent le rythme au film et c’est cela qui manque le plus : du rythme. Ce dernier est beaucoup trop saccadé : une séquence lente, puis une haletante suivie d’une scène ordinaire… Quant à Soko, une chanteuse formidable que j’aime beaucoup, un conseil : reste à la chanson et arrête de suite a comédie. C’est pitoyable.

J’irai même plus loin, je pense que la première partie qui nous raconte qu’il s’agit bien d’un escroc, ces quarante premières minutes ne sont pas indispensables au film. Il aurait été plus intrigant de ne pas savoir si ce mystérieux Mr Miller était un escroc.

Donner toutes les clés au spectateur n’est pas essentiel, au contraire il est beaucoup plus appréciable pour ce dernier d’être plongé dans le doute. Selon moi, sans cette première partie, je ne me serai pas assoupie, chose que j’ai déjà faite une fois et c’était pour Scary Movie III. Entre les intentions merveilleuses, le récit à l’origine remarquable et le résultat sans rythme, sans fond, lourd, le spectateur s’y perd et s’endort. DOMMAGE.

 

L’enfer d’Henri-Georges Clouzot     by Rémi

 

De Serge Bromberg et Ruxandra Medrea

 

Avec Romy Schneider, Serge Regiani, Berenice Béjo et Jacques Gamblin

 

 

Le cinéma est truffé de projets avortés car trop ambitieux, irréalisables, ou juste à cause d’un concours de circonstance. L’enfer fait partie de ceux-là, et un peu pour toutes les raisons précédemment citées. L’enfer, c’est l’expression la plus pure du génie filmique d’Henri-Georges Clouzot, génie à la fois créateur et destructeur qui conduira le projet à sa perte. L’enfer, c’est un brasier, un abîme brulant dont le feu a couvé sous la cendre pendant près d’un demi-siècle et qui n’attendait que d’être exhumer par Serge Bromberg et Ruxandra Medrea pour brûler à nouveau. Histoire d’une belle au bois dormant réveillée par le plus grand des hasards. Serge Bromberg, figure de la cinéphilie française, se retrouve un jour coincé dans un ascenseur avec Inès Clouzot, veuve du cinéaste disparu en 1977. En résulte une ouverture des archives personnelles du réalisateur et la découverte émue de non pas dix ou vingt mais bien cent quatre-vingt-cinq bobines, soit seize heures de film en parfait état tournées durant le printemps et l’été 1964. Il apparaît alors comme une évidence que cette exhumation ne peut rester dans le cadre uniquement privé, et Bromberg de monter un projet pour faire rejaillir au grand jour le talent du réalisateur français.

Le résultat est tout simplement unique. Pas tout à fait un documentaire, L’enfer d’Henri-Georges Clouzot (puisque c’est bien de ce film-ci qu’il faut parler) ressemble plus à une recomposition, à une reconstruction d’un  puzzle constitué de tout ce qu’aura été le film de Clouzot, mais également de tout ce qu’il aurait put être. Si la vision d’ensemble offre un rendu homogène et passionnant, il faut tout de même distinguer différents types parmi les pièces composant le puzzle. En premier lieu, il y a les pièces d’origines, celles qui constituent à la fois la substantifique moelle mais également l’ossature du film, à savoir les fameuses images extraites des 185 bobines. Tout le génie de Clouzot nous saute alors à la figure pour mieux nous prendre à la gorge. Non content de montrer une véritable science du cadrage dans les scènes de réalité, le cinéaste français s’était permis toutes les audaces visuelles et esthétiques pour rendre compte au mieux de la névrose pathologique de Marcel Prieur (un Serge Reggiani époustouflant), jaloux maladif convaincu d’être trompé par sa femme Odette. On ne peut que rester béat d’admiration devant ces plans fantasmés et fantasmagoriques où l’omniprésence du  mouvement dans l’image n’a d’égal que la fixité du plan. Les lumières changeantes tournoient, l’image s’autorise à revenir en arrière, les corps se déforment, et tout cela pour mieux permettre à  la beauté de venir s’imprimer sur le film. Pour ne citer qu’un exemple, la simple émotion esthétique provoquée par trois points lumineux qui viennent tourner sur l’iris de Romy Schneider est déjà à mon sens sans équivalence, si ce n’est Romy elle-même, tout simplement somptueuse, à l’instar de l’autre second rôle féminin interprété par Dany Carrel. Tout ne fonctionne évidemment pas aussi bien (je pense en particulier à la récurrence du rouge à lèvre bleu) mais l’ensemble du travail filmique et des trouvailles de Clouzot constitue sans doute possible un véritable régal pour cinéphile. Après, ce puzzle se compose aussi de pièces rapportées, c’est-à-dire de témoignages des différents collaborateurs de Clouzot présents avec lui sur le tournage, Costa-Gavras et Jacques Douy en tête. Se dessine alors avec ces différents récits la figure du génie tyrannique obsédé par une perfection inatteignable et incapable de déléguer malgré les trois équipes de tournage présentes. On comprend aussi que le budget illimité ainsi que l’absence d’un véritable producteur n’ont finalement fait que précipiter le projet dans la tombe. Enfin, dernier type de pièce de ce puzzle somme, les pièces détachées, c’est-à-dire des séquences crées pour combler les vides laissés par les bobines d’origines. Jacques Gamblin et Bérénice Bejo reprennent donc les rôles de Marcel et Odette avec justesse. Néanmoins, le fait que les acteurs jouent scénario en main et dans un espace totalement neutre et vide laisse une désagréable sensation d’inachevé, comme si des pièces à l’image correspondante mais à la forme inadaptée avaient été intégré de force dans le puzzle.

Mais comme je l’ai dit précédemment, l’image globale est elle parfaite et ce petit défaut disparait bien vite dès que l’on prend le recul nécessaire. Monsieur Bromberg a déjà reçu le prix Jean Mitry en 1997, prix décerné tous les ans et qui récompense une personne pour son implication dans la sauvegarde du cinéma ancien. Qu’on lui apporte vite une deuxième médaille, il l’a mérite amplement. 


 

 


 

Par SeBastien - Publié dans : Chaplinomètre
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 18:05

Michael Jackson’s This is it     by Vincent

 

De Kenny Ortega

 

Avec Michael Jackson

 

 

Avec Michael Jackson’s This Is It, il n’est pas question de vous parler d’un bon film ou d’un mauvais film, mais plutôt d’expliquer ce qu’est This Is It. Car, en effet, il ne s’agit pas vraiment d’un film au sens propre du terme, ni d’un documentaire sur les dernières répétitions du King of Pop.

Kenny Ortega nous propose, avec ce « montage vidéo », un grand Making Of de 2h qui aurait parfaitement pris sa place en tant que bonus d’un DVD. D’où la question : peut-on dire que This Is It est un film ? Le débat pourrait durer des heures, et chacun aurait de bonnes raisons de défendre son opinion quand à ce « film ». Examinons donc le contenu de la chose.

Pour les fans de MJ, This Is It est la possibilité inespérée de voir une partie du spectacle qu’il aurait du donner à Londres, dans le courant de l’été, lors de la grande tournée qu’il avait annoncé comme étant sa dernière.  Une occasion, donc, de pouvoir admirer ses performances une dernière fois et de lui rendre un dernier hommage.

Malheureusement, This Is It, n’apporte rien de nouveau aux spectateurs. Rien à apprendre, sinon la constatation que Michael Jackson, derrière son éternel sourire, semblait très fatigué et très stressé par ce spectacle. Pour les curieux qui ne portent pas plus d’intérêt que ça à MJ, ce « film » ne présente donc aucun intérêt.

Outre les performances artistiques de la star et de ses techniciens (qui lui volent la vedette par moment), Kenny Ortega ne met pas en avant un réel hommage à Michael. Il s’agit surtout de passer à l’écran la quasi-totalité du spectacle dans l’ordre chronologique à travers les rushs des différentes répétitions. Avec parfois quelques interventions de ses musiciens et de ses danseurs.

A noter une séquence particulièrement sublime et poignante lors de la répétition de la chanson Smooth Criminal. A ce moment précis du film, le montage des rushs pris lors des répétitions sur scènes et du clip (spécialement revisité pour la tournée) donnent un rendu visuel exceptionnel. This Is It, devient (à mon sens) un véritable hommage lors de ce seul instant. C’est d’ailleurs ce passage qui fait apprécier au spectateur la vision de ce « film » sur grand écran.

En bref, This Is It laisse un petit peu perplexe quand à son statut de « film documentaire », ce qui lui fait perdre de sa saveur. Dommage, car le fait de voir Michael danser une dernière fois et sur grand écran est un pur moment de plaisir. Le mieux est que vous fassiez votre avis.

 

Le concert     by Tsipy

 

De Radu Mihaileanu

 

Avec Mélanie Laurent, Aleksei Guskov et Dimitry Nazarov

 

  

Ce film peut paraître tiré par les cheveux, trop gras, voire grossier, on pourrait penser que le réalisateur n’est pas fin, ni intelligent, qu’il utilise beaucoup trop de clichés, de préjugés.

Mais cela est faux, Radu Mihaïleanu réalise son quatrième film avec Le concert et il faut connaître l’homme et sa filmographie pour juger ce film.

Ce réalisateur né en Roumanie, d’un père juif qui a réussi à s’échapper des camps de concentration. Après la guerre sous un faux nom : Ian Mihaileanu, il devient journaliste sous la dictature de Ceacescu. Radu Mihaileanu veut faire du cinéma et en France, seulement le blocus entre les deux mondes (Communiste et capitaliste), l’en empêche. Il passe par Israël grâce à son judaïsme pour rejoindre Paris et la Femis. Un homme a plusieurs identités, plusieurs nationalités et plusieurs cultures.

Train de vie son second film, sur le génocide juif en utilisant le genre comique, c’est une réussite et reste selon moi la référence qui prouve que l’on peut rire de la Shoah et dépasse très largement La vie est belle.

Il réalise ensuite Va vis et deviens qui le fait connaître tant ce film est un chef d’œuvre sur les Falashas et l’opération Moïse.

Dans le concert il met en scène une histoire improbable :

Andreï Filipov est l’homme de ménage du célèbre Bolchoï, mais pas n’importe lequel car trente ans auparavant il était le célèbre chef de cet orchestre. Alors qu’il refuse de se séparer de ces musiciens juifs, il est licencié en pleine gloire.

Un soir, alors qu’il fait le ménage dans le bureau du directeur, il tombe sur un fax adressé au directeur du Bolchoï : une invitation du théâtre du châtelet conviant l’orchestre à venir jouer à Paris. Andreï arrache le fax, et décide de réunir tous ces vieux amis pour usurper l’identité de l’orchestre actuel et partir à Paris pour faire ce qu’il fait de mieux : la musique de Tchaïkovski.

Le film divisé en deux parties dure deux heures que l’on ne voit pas passer. Dans un premier temps, le réalisateur nous plonge dans la Russie actuelle : à la fois pauvre et à la fois riche de par son histoire. Le communisme est mort et les ruines sont les vies détruites des personnages. Des hommes et femmes nostalgiques du temps où ils soufflaient dans leurs instruments, Andreï leur apporte la possibilité de se venger du temps qui est passé avec l’Histoire mais sans eux.

Mihaïleanu nous laisse visiter Paris avec la troupe, et dans la ville « lumière », là où tout n’est que rêve, les musiciens se laissent vivre.

L’interprétation de Mélanie Laurent est renversante. Décidemment cette étoile montant mérite sa gloire, elle est belle, attachante, surprenante… Elle tient son rôle du début à la fin. Elle interprète une jeune musicienne et apporte au personnage une douceur et une angoisse pesantes. Les autres acteurs sont aussi surprenants et attachants, mais il est vrai que Mélanie Laurent les dépasse de très loin. Cette actrice est vraiment formidable.

La musique est formidable, toujours bien placée, jamais trop présente, elle ets un personnage à part entière, elle possède elle aussi un passé, des origines et une gloire, elle est comme les personnages, son voyage à Paris lui permet de revivre, de renaître.

Nous ne pouvons oublier la scène finale : la scène du concert. Elle est fantastique, emmenés dans cet élan de joie, de talent et de beauté, les spectateurs vivent le concert comme si ils y étaient. Cette scène pleine d’émotion nous amène presque à vouloir applaudir avec le public du théâtre.

Le concert est loin d’être son meilleur film, il est sans aucun doute son plus mauvais, et ceci n’est pas une critique, au contraire. Il a fait mieux cela est vrai, mais je reste convaincu que ce jeune réalisateur nous promet bien des surprises et des chefs d’œuvre dans l’avenir. Et pourquoi pas un film plus dramatique et plus critique sur notre société actuelle ? Dans tous les cas, je reste persuadé qu’il s’agit d’un bon divertissement qu’il faut aller voir, sans oublier de regarder : Va vis et deviens et Train de vie.


Jennifer’s body     by Vincent

 

 

De Karyn Kusama

 

Avec Megan Fox, Amanda Seyfried et Johnny Simmons

 

 

Quel claque ! Oui, j’ai bien pris une grosse claque en allant voir Jennifer’s Body. Non pas parce que le film est bon, mais justement parce qu’il ne l’est pas, au point d’en être affligeant de nullité. Très vite fait, un petit résumé de cette atrocité de la réalisatrice Karyn Kusama.

Résumé :

Needy et Jennifer sont les meilleures amies du monde. Toutes les deux lycéennes, elles passent leur vie à se préoccuper de leurs problèmes existentiels d’adolescentes : la première, n’étant pas un modèle d’esthétique, cherche à découvrir l’amour avec son petit ami ; tandis que l’autre, bombe sexuelle à plein temps, cherche un encas sexuel pour combler ses heures creuses. Un jour, Jennifer invite Needy à un concert de rock d’un groupe local. Durant la fête, un incendie se déclenche et Jennifer se fait embarquer par les membres du groupe de rock. Lorsqu’elle réapparaît, Jennifer n’a plus rien d’humain. Needy s’aperçoit alors que sa meilleure amie est devenue un monstre qui a besoin de dévorer des humains pour rester belle… Elle part donc à la recherche d’indices sur ce qui s’est passé durant la soirée du concert.

Après avoir été ouvertement approuvé par la critique et les spectateurs, avant même sa sortie, je m’attendais vraiment à une bonne surprise avec ce film. Il est vrai que, depuis quelques temps, les films de vampires sont en net baisse de régime sur nos écrans. J’attendais donc avec impatience un vrai renouveau du genre. Et bien non ! Décidemment, ça ne vient pas. Cette fois-ci, nous avons vraiment touché le fond. Avec un scénario cul-cul à souhait, sinon lamentable, qui réunis les éléments les plus inattendus, mais aussi les plus incompatibles, Jennifer’s Body n’est rien de plus qu’un grand cocktail de « déjà vu » et de « on ne veut plus voir ». Je vous donne la recette :

 

- Pressez un zeste de l’humour de Hannah Montana

 - Epluchez grossièrement une trame d’American Pie

- Versez quelques effets gore de la trilogie Blade

- Saupoudrez cela d’une touche de Marc Dorcel

- Mélangez tout cela dans un grand mixeur

- Et avalez cette douloureuse pilule en grimaçant au goût de ce potage infect


 Ca, c’est pour le scénar’. Ca fait peur, hein ? Pour le reste, ce n’est pas beaucoup plus reluisant. A commencer par les décors et les effets spéciaux. Lorsque j’ai vu le film, j’ai tout de suite pensé à Etienne qui aurait probablement quitté la salle devant cette ignominie, et à Céline qui se serait fendue une côté à force de rire. Oui, parce que les décors et les effets spéciaux sont tout simplement sortis d’un autre siècle. A ce stade là, ce n’est même plus du carton pâte, mais du papier mâché. Et je pense fortement, que le réalisateur aurait du laisser les câbles à l’image lorsque les personnages s’élèvent dans les airs, ça aurait parut un peu plus naturel je pense.

Du côté du casting, rien de bien terrible. Une Megan Fox fade qui remplie bien le décolleté de la vampire-poufiasse. Certes, c’est une jolie fille, mais elle se fait piquer la vedette par Amanda Seyfried, qui se révèle être une magnifique actrice dans les rares scènes durant lesquelles elle n’est pas grimée par ces horribles culs de bouteilles et sa demi couette. A noter, le petit rôle de « rockeur sataniste » (minable), tenu pat Adam Brody, révélé dans la série TV Newport Beach.

Pour terminer, j’aimerais juste dire que ce film est affligeant de préjugés et de stéréotypes en tous genres, et plus particulièrement sur la jeunesse américaine et sur le rock en général. J’en appelle à tous ceux qui ne supportent pas le snobisme des adolescents surfaits ou encore à ceux qui savent où se situent les vraies valeurs du rock de ne pas perdre votre temps avec ce navet de première catégorie.

Bref, Jennifer’s Body est bel est bien un film à ne voir sous aucun prétexte, sous peine de pleurer votre porte-monnaie à la fin de la séance.

 

 

 

 

Par SeBastien - Publié dans : Chaplinomètre
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 18:36

1-chap-avec-affiche-Clones.jpg Clones   by Etienne


De Jonathan Mostow


Avec Bruce Willis, Rosamund Pike, Radha Mitchell, Ving Rhames

 

Clint Eastwood, Orson Wells, David Lynch, Stanley Kubrick, Ridley Scott, Quentin Tarantino, David Fincher, Darren Aronofsky, Martin Scorcèse, Spielberg Peter Jackson. Tous ces noms évoquent aujourd’hui pour vous qualité, chef d’œuvre et émotions. Et bien à partir de maintenant il faudra compter sur Jonathan Mostow. Non jrigoles c’était pour lui  offrir la seule chance qu’il aurait d’être associé avec ces réalisateurs et la notion de grands films.

 

Jonathan Mostow c’est qui ? Et bien pour resituer un peu. Le réalisateur eu la lourde tache de succéder à James Cameron pour Terminator 3 et d’en assurer la débâcle.

Il faut quand même expliquer a Mr Mostow que le cinéma, a fortiori quand on veut faire un bon film il ne suffit pas de balancer les codes et les références à la va vite.

Deux agents du FBI enquêtent sur le meurtre mystérieux d'un étudiant, qui semble lié à l'homme qui a contribué à mettre au point une invention qui s'est imposée dans toute la société : les gens peuvent désormais acheter des versions robotisées d'eux-mêmes, des doubles sans défaut qui, commandés à distance, effectuent leurs tâches à leur place et leur permettent de vivre par procuration sans quitter le confort et la sécurité de leur domicile.
Cette révolution technologique soulève beaucoup de questions, dont la première va vite devenir préoccupante : dans un monde d'apparences qui est réel, à qui peut-on faire confiance ?

 

Alors tout d’abord Clones est la magnifique traduction du titre américain Surrogates…soit Substituts dans le texte. Mostow semble être un fan de Cameron, il réalise avant lui son avatar…Et pour ça quoi de mieux d’adapter un roman graphique. Et attention Mostow réalise le plus grand patchwork cinématographique américain  de l’année.

Comme dans le film la fin des temps avec Schwarzenegger, Mostow insiste sur le passé douloureux et tourmenté du héros à cause décès de son fils, On s’inspirera de la femme de Tom Cruise dans Minority Report en déni et bourrée de cachetons anti-dépresseurs. ? Notre héros se projette dans un clone cybernétique en s’asseyant dans un fauteuil futuriste comme dans Bé Matrix !

Jonathan Mostow fait des références à tout bout de champ par exemple il s’est demandé comment rendre hommage a Nicholas Cage dans sa recherche perpétuelle de la coiffure la plus improbable. Il colle donc une magnifique moumoute blonde a Bruce. Ce qui nous permet de nous replonger dans la série Clair de lune.

Comment faire pour le méchant…. ? Et bien on pique un clone (saisissez  la référence) de Max Von Sydow de Minority Report , j'ai nommé James Cromwell qui jouait déjà l’inventeur des robots de I Robot…oui je vous l’avez dit Mostow prend des références partout.

Ensuite Mostow s’est dit qu’il avait déjà amputé une belle partie de son budget et s’est demandé comment allons nous faire pour la déco et les costumes ? Pour l'usine de robot, il doit rester quelques stock d’images d'I-Robot en stock et pour la tenue de Bruce, dites lui de ramener le superbe blouson en cuir qu'il avait dans Die Hard 4. Pas plus compliqué que ça !

 

Et nous pauvre spectateur (amateur) de ce chaos S.F, on n'a plus grand chose à ajouter. Clones est l'une des pires daubes de l'année. Une sorte d' A l'aube du 6eme jour avec Bruce Willis. La meilleure séquence reste encore ce générique d'ouverture illustrant en montage "à rebours" les événements qui ont conduit à la présence prédominante des robots dans notre société en appuyant sur  le fait que au début cette nouvelle technologie avait été inventée pour les handicapés, une entreprise humaniste qui se sera pervertie.

Sauf qu'après ça il n'y a rien. A contrario, la fin est prévisible au bout de 10 minutes de film (si vous tenez jusque là). Et Mostow de faire sortir les humains au grand jour en les libérant de leur aliénation de leur  après les avoir enfermés dans le final de Terminator 3. Symbolique quand tu nous tiens...

Un scénario donc prévisible bien qu’assez embrouillé, je suis le méchant mais en fait je cherche le bien de l’humanité.

On retrouve exactement les mêmes effets spéciaux que dans Terminator 3. Il faut accorder aux maquilleurs un boulot exceptionnel sur les acteurs, un Bruce Willis tantôt home plastique avec une balayette a chiottes sur le crâne, tantôt flic mal rasé, alcoolique désabusé de l’autre.

A force d'accumuler honteusement et maladroitement les références aux oeuvres littéraires (K.Dick, Asimov) et la relecture des films de S.F (I Robot, Matrix, Intelligence Artificielle, Minority Report, Termiantor 3), le film Surrogates, se plante dans les grandes largeurs dans un final convenu et prévisible qui ne fait que renforcer notre sentiment initial quant a l’absurdité du film et c’est dommage. Car encore une fois le sujet méritait un meilleur traitement, avec un scénario de qualité et plus inspiré. Le film ne dure qu’une heure et  25minutes et on se dit que c’est pas assez pour un bon film de science fiction qui se respecte mais que c’est largement trop pour le plus grand patchwork représentant le plus manque d’inspiration de l’année.

 

On se consolera en se disant qu’Hollywood  aime une chose encore plus  forte que de produire des adaptations ratées, doublée d’un sujet de science fiction. Les remakes !!

Espérons qu’un jour ce thème aura l’honneur d’être mis à l’écran par un réalisateur inspiré tel qu’un Richard Kelly, un Ridley Scott, Neil Blomkamp ou un James Cameron tout simplement.

 

 

3chap-avec-affichecineman.jpg Cinéman   by Rémi


De Yann Moix


Avec Franck Dubosc, Lucy Gordon, Pierre François Martin Laval, Pierre Richard


            Parmi les questions qu’il arrive à l’homme de se poser au cours de sa vie, on cite en premier lieu les fameuses questions existentielles telles que : « Qui suis-je ? Où vais-je ? Pourquoi ? Dans quel état j’erre ?», évidemment sans oublier le primordial « Chérie, qu’est-ce qu’on bouffe ce soir ? ». Mais lorsqu’il n’en est encore qu’à son stade juvénile, les questions existentielles de l’homme se résument souvent en une seule et même interrogation : « Quand c’est Noël ? ». Eh bien, il me faut l’avouer, cette question au combien métaphysique est revenu hanté mon esprit ces derniers temps. En effet, et ce malgré le fait que nous ne soyons que début novembre, les bonnes surprises cinématographiques s’enchainent. Après que Le ruban blanc met permis d’inaugurer ma toute nouvelle réconciliation avec Michael Haneke, après avoir retrouvé l’essence du King of Pop sur grand écran grâce à Kenny Ortega, c’est maintenant au tour du film quasiment le plus mal vendu de tous les temps de se révéler comme joyau unique de la couronne cinématographique, puisqu’à la fois contrefaçon et néanmoins totalement authentique. Bon, comme vous allez pouvoir le constater par la suite, j’exagère en utilisant joyau, alors rectifiant tout de suite en qualifiant le deuxième long-métrage de Yann Moix de pierre précieuse mal dégrossie.

 

            On commence tout de suite par ce qui fâche, c'est-à-dire le scénario. Sans être totalement dénué d’intérêt, ce dernier comporte malheureusement plus de lacunes que de véritables trouvailles. Si l’idée de base de pouvoir voyager dans le cinéma au sein même des films est évidemment plus qu’attrayante, Yann Moix ne fait finalement que pousser à l’extrême l’idée lancée par Buster Keaton dans son Sherlock Junior de 1924 où un projectionniste s’endort et se retrouve plongé dans un film. Pour Cinéman, le réalisateur de Podium a décidé de s’éloigner de l’onirisme du film de Keaton et a donc du trouver un moyen de rendre ça tangible et réel. Oh, mon dieu, que ce passe-t-il ? Tout le studio tremble ! Et oui, ce sont les licences scénaristiques qui arrivent avec leurs gros sabots. Pour rentrer dans le film, Régis Deloux doit embrasser une broche qui est on ne sait comment sortie de la diégèse cinématographique pour atterrir dans le monde réel. Mieux, pour revenir dans le monde réel, Régis doit simplement être mouillé. Pourquoi, comment ? Mais bon, des ficelles scénaristiques similaires ont déjà été utilisées par le passé avec une efficacité et un succès certains (rappelez-vous Gremlins). Ce ne sont malheureusement que quelques des nombreuses failles d’un scénario à trous voir gouffres, gouffres que l’on parvient paradoxalement à enjamber aisément durant le film. Je crois que je peux voler. Autre point noir sur la face d’adolescent boutonneux de Cinéman, le casting. Si la de plus en plus convaincante Anne Marivin est remarquablement sous-exploitée, que dire en revanche de faire de Pierre Richard le gardien du temple cinématographique. Alors oui, André Bazin est indisponible depuis plus de cinquante ans et Godard aurait sans doute refusé, mais de là à choisir la Chèvre ? Dans un autre registre, hommage à Lucy Gordon qui est parti trop tôt et qui va sans doute le prouver avec encore plus de force début 2010 dans Gainsbourg (vie héroïque).

 

Et nous voilà maintenant arriver au nœud du problème puisqu’il est temps de parler de Franck Dubosc, interprète principal et humoriste. C’est bien dans cette dualité que repose tout le problème de Cinéman puisqu’il vous serra impossible d’apprécier le film en étant réfractaire à l’humour Dubosc, tout simplement puisque Régis Deloux n’est autre que le Franck Dubosc de la scène transposé dans un prof de mathématiques benêt. Si Franck Dubosc tient un minimum le personnage de Régis Deloux dans le monde réel du film, il redevient totalement le performer dès qu’il pénètre dans un film. Et c’est ici que tout ce joue puisque ceux exaspérer par les pitreries et facéties de Frankie passeront forcément à côté de l’indescriptible réussite de film, c’est-à-dire la déclaration d’amour de Yann Moix au cinéma. Certains réalisateurs murmurent à l’oreille des cinéphiles, d’autres (à l’instar de Michel Gondry) préfèrent écrire une lettre ouverte. Quand à Yann Moix, il a lui choisi d’hurler cet amour, de le chanter sur tous les toits, tous les tons et tous les genres. On passe donc des de chefs d’œuvre en chefs d’œuvre, sur une période allant des débuts du cinéma avec Méliès aux années soixante-dix de Kubrick et Scorsese en passant par l’âge d’or du muet et les classiques hollywoodiens du milieu d’un siècle de cinéma bien rempli. L’on est forcé de reconnaitre la maestria dont a fait preuve Moix pour recréer quasi parfaitement des monuments tels que Safety Last, qui constitue une magnifique séquence d’ouverture absolument bluffante, ou encore les plans revisités de L’aurore de Murnau. Si Yann Moix livre un film grand public, les références cinématographiques sont elles vraiment pointues, affutant un peu plus la lame à double tranchant servant au film pour se défendre mais également se suicider. Cinéman s’adresse en effet à un public qui ne connait sans doute pas le tiers des films visités par Régis Deloux, tiers qui est de plus le mieux réalisé et emporte définitivement le spectateur averti tout en laissant l’autre au bord de la route.

 

En conclusion, Cinéman est un film bourré de défauts mais qui parvient néanmoins à nous entraîner dans le monde merveilleux du septième art. Ne serait-ce cela que l’on appelle la magie du cinéma ?




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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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