Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /2010 23:47

4chap-avec-affichebadlieutenant.jpg Bad Lieutenant : Escale à la nouvelle Orléans    by  Etienne

 

De Werner Herzog

 

 

 

 

 

 

 

Avec  Nicolas Cage, Eva Mendes, Val Kilmer, Xzibit

 

Je suis allé voir pour vous le dernier film en date de notre testeur professionnel de moumoute inconcevable, j’ai bien sur nommé Nicolas Cage dans Bad Lieutenant: escale a la nouvelle Orléans, dernière réalisation de Werner Herzog.

Bad Lieutenant et là ce titre de film vous trotte dans la tête et vous vous dites j’ai déjà entendu ça quelque part. Et oui en 1992, Abbel Ferrara autre grand réalisateur de talent signait un film choc avec un Harvey Keitel plus fou que jamais en lieutenant de police complètement déglingué et cocaïné enquêtant sur le viol/meurtre d’une religieuse dans une Eglise.

Terence McDonagh (Nicolas Cage) est inspecteur dans la police criminelle de la Nouvelle-Orléans. En sauvant un détenu de la noyade dans un cachot  pendant l'ouragan Katrin, il s'est blessé au dos. Désormais, pour ne pas trop souffrir, il prend des médicaments puissants, souvent, trop souvent... Déterminé à faire son travail du mieux qu'il peut, il doit faire face à une criminalité qui envahit toutes les vies, même la sienne. Sa compagne, dont il est éperdument amoureux, est une prostituée.

Pour la protéger, Terence est obligé de prendre des risques. Parce qu'il est sur les traces d'un gros dealer, sa vie est en jeu.

Parce qu'il doit enquêter sur l'assassinat d'une famille d'immigrants africains, il doit mener une enquête impossible. En quelques heures, tous les enjeux de sa carrière et de sa vie vont se combiner et se mélanger pour devenir sa pire épreuve. S'il s'en sort, Terence saura enfin qui il est vraiment...

Commençons par les quelques « défauts » du film, certes il s’agit encore d’un polar, d’un film noir, donc les histoires qu’il raconte ont un parfum de déjà-vu, certes Eva Mendes, toujours aussi jolie, semble rejouer le même rôle (celui de la compagne douce, sexy et obéissante) que dans l’excellent La Nuit nous appartient, de James Gray et certes il s’agit encore de la Nouvelle-Orléans, qu’on vient de  quitter avec Dans la Brume électrique de Tavernier et L’Etrange histoire de Benjamin Button de Fincher.

On pourrait alors se dire que ce nouveau long métrage va rentrer dans le moule de la continuité cinématographique américaine c’est à dire un film hollywoodien de plus. Heureusement Werner Herzog est derrière la caméra mais et il imprime a son métrage une esthétique particulière, racé, qui a sa propre musicalité, un véritable supplément d’âme qui fait de ce Bad lieutenant bien plus que ce qu’e l’on pourrait croire au départ.

Autre point noir du film pour moi l’ambivalence de jeu de Nicolas Cage, et je m’explique de par son rôle il se doit d’être complètement allumé (médocs, + drogues aidant), il n’hésite pas a détourner de la drogue des scellés pour sa propre consommation personnelle mais va bien se conduire avec un témoin en salle d’interrogation, il ne va pas hésiter a violenter une vielle femme en lui débranchant son oxygène pour avoir des informations pour son enquête, et reste un bon flic face au dealer de drogues.

Mais Bad Lieutenant version nouvelle Orléans, version Herzog n’a pas a rougir de son illustre ancêtre bien loin de là. Voilà un film comme on aimerait en voir plus souvent dans la marée cinématographique américaine de ces dernières années. On sent derrière chaque plan, la patte d’un grand cinéaste. Une réalisation et une mise en scène efficace et sublime, là où la plupart des tâcherons actuels à Hollywood et autres auraient multiplié les angles de caméra, confondant vitesse et précipitation, afin de soi-disant capter au plus près les bas-fonds de la Louisiane, Herzog, lui, ne découpe pas trop son film, il filme en plans longs, presque des plans séquences  sachant faire confiance aux acteurs pour habiter le lieu et accrocher notre regard.

Et c’est ce qui caractérise le film, cette explosion continue de Nicolas Cage, avec son personnage déglingué, drogué, parieur invétéré et irrésistiblement attiré par les clubs de la nouvelle Orléans où il ne cesse de parier a perte.

Cage, certes, en fait des caisses voir des tonneaux, il ne tient pas en place, il est en totale roue libre (plié en deux tout au long du film  a cause de son dos) il a les yeux hallucinés, voire révulsés, coups de colère au bord de la folie dangereuse,

Il n’a pas abordé ce rôle en l’intériorisant au contraire, mais il parvient à changer si rapidement, et parfois dans le même plan, de rythme désamorçant ses plages de folies presque meurtrières grâce a l’humour dont il fait preuve.

Même s’il ne peut faire oublier le corps massif et musclé d’Harvey Keitel, Nicolas Cage imprime son propre style au personnage du Bad lieutenant.

Ses méthodes d’investigation ? Brouillonnes, brutales... Comme je l’ai déjà dit plut tôt. Pour pousser à la confidence la grand-mère d'un témoin, il ne trouve rien que de mieux que de retirer son appareil respiratoire à une octogénaire. Constamment en manque, il détourne la drogue réquisitionnée par des collègues.

A part ça, lorsqu’il ne se dépatouille pas dans des affaires personnelles, McDonagh recherche les responsables du massacre d’une famille de cinq personnes. Une affaire de trafic de drogue, dont, par négligence, il laisse filer le témoin clef, un gamin de quinze ans, à l’étranger. L’affaire criminelle est véritablement reléguée au second plan comme dans le film d’origine.

Les coupables, l’enquête, le motif… Rien dans l’aspect purement policier du scénario qui n’intéresse vraiment le réalisateur. Qu’est ce qui l’intéresse alors ? C’est Le Bad Lieutenant et ses travers, ses combines, ses mesquineries, sa fragilité, ses faiblesses… sa descente aux enfers et surtout sa rédemption.

Il faut voir le Cage, un Magnum 44 à la main, en train de lancer à des gros durs, mi-sérieux mi rigolos, un « Je vous tuerai tous. Jusqu’au dernier, mes cocos ! » et il faut le voir également, à la fin, inviter ces mêmes tueurs à tirer encore et encore sur un corps de gangster pourtant déjà refroidi parce que… « son âme danse encore » propice au décor de la nouvelle Orléans.

Herzog parvient à nous entrainer dans un film sombre, sale et violent proche de l’état de la Nouvelle Orléans avec un bouffon aux commandes, un Nicolas Cage allumé, camé complètement déjanté faisant fi de toute morale et de raison se laissant aller aux plus bas et vils instincts de l’homme.

Herzog nous gratifie également de séquence complètement hallucinées où à l’aide de deux scènes caméras épaules on embarque dans une vision de Cage qui voit des iguanes partout, et une autre vue semi subjective d’un alligator sur le bord de la route.

Une folie qui envahit McDonagh de plus en plus. 

Ca fait plaisir de voir Nicolas Cage aussi investit dans un rôle depuis bien longtemps Enchainant les nanars: Ghost rider, Next, Bangkok Dangerous, Benjamin Gates 2, Predictions,

Cela faisait donc quelques années que l'on ne lavait pas vu dans un bon rôle depuis lord of war en 2006

La rédemption pour Cage ? Peut être pas non plus il a toujours pas saisi que les moumouttes c’est à proscrire autant que certain films et il est un des acteurs a avoir une actualité relativement chargée : on le verra a laffiche de kick ass le 21 Avril, l’apprenti sorcier le 11 aout, plus 13 autres films dans les cartons dont deux suites et la pour le plus grand plaisirs des afficionados de nanars (Ghost rider2, et benjamin gates3)

 

2chap-avec-affichelarnacoeur.jpg L’arnacoeur    by Tsipy

 

De Pascal Chaumeil

 

Avec Romain Duris, Vanessa Paradis, Julie Ferrier, François Damiens

 

Si la sortie de l’Arnacoeur met plus en lumière Vanessa Paradis, notre petite frenchy qui vit le rêve hollywoodien, on en oublie presque le scénario assez explicité dans le titre. Alors le voici, dans toute sa simplicité :

Alex, Romain Duris, a un métier : briseur de couple. En inventant plusieurs stratagèmes aussi burlesques qu’absurdes, il use de la séduction pour que les petits amis deviennent  ex tout en donnant espoir à la jeune femme. Nouvelle mission : Alex doit détruire le couple de Juliette et Jonathan heureux et bientôt mariés car il doit encore beaucoup d’argent à un mafieux.   Mais que va-t-il se passer ?

Le suspense n’est pas au rendez-vous, si l’on sait d’avance que le jeune briseur de cœur va se le briser à son tour, l’intérêt du film est dans le comment il va arriver à être enfin heureux. Enchaînant les histoires sans lendemain, il rêve de connaître l’amour.  

Si le tout est assez bien construit, l’histoire d’amour m’a un peu fatigué. Vanessa Paradis, il est vrai, est magnifique, mais si elle avait été autre chose je ne sais pas moi, juste intelligente et moins niaise, la romance aurait été plus croustillante.

Le film mêle histoire amour, action et comédie dans un rythme effréné, on s’ennui peu et on ne voit pas le temps passé. Tout s’enchaîne à toute allure.

Le scénario est cependant assez drôle dans les stratèges inventés par l’équipe des personnages secondaires composée de Julie Ferrier et François Damiens qui sont parfois, juste par leur présence en arrière plan, hilarants. Ils prouvent alors dans ce film leurs talents d’acteur et loin devant les deux acteurs principaux. 

A la fin du film on est heureux, mais on oublie vite cette histoire. J’aurai aimé voir le personnage de Vanessa Paradis se révéler être une garce briseuse de cœur envoyée par les ex délaissés pour se venger. Ce film est loin d’être révolutionnaire, il est très classique mais a du charme.  Pascal Chaumeil, réalisateur de série télé, montre qu’il est capable de mettre en scène un film pétillant mais pas surprenant.

 

 

 

The Ghost Writer by Cyril

 

De Roman Polanski

 

Avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Kim Catrall, Olivia Willams

 


 

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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /2010 12:03
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L’édito d'Etienne sur le duo Tim Burton/Johnny Depp
A retrouver de manière complète dans la rubrique du même nom


Le panorama des sorties de la semaine
Une semaine dont il ne faudra pas attendre monts et merveilles et particulièrement avec Tim Burton qui nous convie à rejoindre son Alice au pays des merveilles. Cette dernière, incarnée par la jeune australienne Mia Wasikowska, revient à Underland (et non pas Wonderland) afin de triompher de la Reine rouge (Helena Bonham Carter) avec l’aide, entre autres, du chapelier fou (ben oui, il fallait bien créer un rôle masculin un peu conséquent sous peine de voir Johnny Depp jouer la Reine blanche). Si certains oiseaux se cachent pour mourir, les oiseaux de mauvaise augure sont quand à eux bien présents et tourne autours de la dépouille de Jean Reno. En effet, ce dernier à beau être L’immortel dans le dernier film de Richard Berry aux cotés de Kad Merad et Jean-Pierre Daroussin, il est indéniable que le grand acteur Jean Reno nous a quitté depuis bien longtemps. Il semble néanmoins qu’il remporte cette semaine son duel face à Paul Bettany, puisque dans le genre « Moi, Dieu, je lui met bien profond », l’acteur britannique n’a apparemment pas su égaler le grand barbu et a ainsi céder face à l’autre grand barbu et sa Légion d’anges exterminateurs, le tout sous la houlette du réalisateur Scott Charles Stewart. Les voix du Seigneur sont donc impénétrables, sauf peut-être pour ceux qui rêvent. Parmi ceux-là, on trouve ce mercredi le sud-coréen Kim Ki-duk est son drame intitulé Dream ainsi que les frères et sœurs Carline et Eric du Potet pour leur thriller noctambule avec Anne Parillaud et Thierry Frémont justement nommé Dans ton sommeil. Le cinéma français ne s’est d’ailleurs pas endormi, et notamment les comédies, puisque sortent également aujourd’hui Tout ce qui brille de Géraldine Nakache et Hervé Mimran avec Leïla Bekhti (ils seront nos invités dans quelques instants), Mumu de Joël Seria avec Sylvie Testud en institutrice acariâtre et une comédie un peu plus dramatique, White Material de Claire Denis avec Isabelle Huppert, Isaach de Bankolé, Christophe Lambert et Nicolas Duvauchelle. Les comédies extra-hexagonales ne sont pas non plus en reste cette semaine avec All About Steve de Phil Traill avec Bradley Cooper et Sandra Bullock (cette dernière ayant obtenu le Razzie et non pas l’Oscar grâce à sa performance dans ce film) et Cok Film Hareketler Bunlar d’Ozan Açiktan. Enfin, trois documentaires. Bernard, ni Dieu ni chaussettes de Pascal Boucher, Crossdresser de Chantal Poupaud et The Soldier's Tale de Penny Allen sur la confrontation entre deux visions opposées d’une même guerre.
Voilà pour le panorama des sorties de la semaine, il ne vous reste plus qu’à faire votre choix.


Im(presse)ion sur pellicule
A retrouver de manière complète dans la rubrique du même nom



Le focus de la semaine :
Nous accueillons Géraldine Nakache, Hervé Mimran et Leïla Bekhti à l'occasion de la sortie du film Tout ce qui brille
A retrouver de manière complète dans la rubrique du même nom


On a vu pour vous :

         
Etienne a vu pour vous Bad Lieutenant : escale à la Nouvelle-Orléans de Werner Herzog

         
Tsipy a vu pour vous L'arnacoeur de Pascal Chaumeil

         
Cyril a vu pour vous The Ghost Writer de Roman Polanski

A retrouver de manière complète dans la rubrique Chaplinomètre


Du grand au petit écran, la sélection ciné à la télé d’Etienne
A retrouver de manière complète dans la rubrique du même nom


Le rendez-vous de la semaine


 

La playlist de l’émission

Julien Pras – Comfortably Stranded

These New Puritans – Attack Music

Par Rémi - Publié dans : Pendant Ce Temps Là, l'émission - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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