Vendredi 21 novembre 2008

The visitor      by Tsipy

 

De Thomas Mc Carthy

 

Avec Richard Jenkins, Haaz Sleiman et Danai Jekesai Gurira

 

 

Walter est professeur dans une université américaine. Il tente d’apprendre le piano en vain. Il écrit sans écrire un livre, il s’ennuit. Alors qu’il se voit contraint de partir à New York pour un colloque. Il doit lire devant une assemblée un article qu’il n’a fait que signer. Arrivée à New York, il se rend dans son appartement, mais ce dernier est habité. Un couple y vit tranquillement. Les deux squatteurs sont tout d’abord choqués. Pensant être dans la légalité, ils se mettent en colère et comprennent qu’on leur a mentit et quittent l’appartement. Walter intrigué par ce couple, leur propose de rester vivre chez lui en attendant de trouver un autre logement. S’en suit une relation autour de la musique entre deux hommes que tout semble éloigné.

Les acteurs jouent magnifiquement bien. Des acteurs peu connus avec un charisme qui éclate à l’écran. Chaque personnages cachent une histoire, un passé mystérieux et ordinaire à la fois, peu importe nous on s’en fiche ce qui nous intéresse c’est leur présent. Mac Carthy n’introduit pas de héros, les personnages sont des personnes que l’on peut croiser tous les jours dans les rues de New York.  Que ce soit les personnages principaux ou des visages que l’on croise à l’écran, le spectateur est amené à imaginer leur passé, leur histoire personnelle.

Walter qui s’accroche au piano pour continuer à vivre avec le fantôme de sa défunte femme,  va alors s’intéresser à Tarek et son Djem bé. Les sons varient, le rythme s’accélère et la vie de Walter devient plus passionnante.  Walter dans le deuil vivait une vie calme et ennuyeuse, avec Tarek, il semble apprendre et découvrir la vie. Il abandonne son passé en suivant ce jeune qui vit au jour le jour.

Mac Carthy nous peint dans la première partie un monde magique où tout nous semble possible, où il n’y a ni barrières ni frontières. Accepteriez-vous un couple chez vous sans lui poser de questions ? Et bien Walter lui oui et il le fait sans se poser une question. Les personnages sont libres et la caméra est mouvante. Les habitants de new York vivent ensemble sans même apercevoir la différence de l’autre. C’est la tolérance qui règne dans ce monde. Il filme un New York non communautaire, libre.  Dans la seconde partie, le réalisateur enferme ses personnages dans des endroits clos, des miroirs, des cadres de fenêtres ou des portes. Les personnages tentent alors de s’évader de  ce New York aux lignes rectilignes qui les surplombent. La caméra se pose et devient de plus en plus fixe. Les personnages qui ne faisait pas attention à la nationalité de l’autre lui renvoie alors à la figure comme si cela était trop visible. Mac Carthy nous  a fait rêver dans la première partie et dans la seconde le spectateur regrette d’avoir été aussi naïf. Le réalisateur nous plonge dans la cruelle réalité où tout est structuré. Les personnages ne sont plus des êtres vivants libres de circuler, ils deviennent les habitants appartenant à un pays ou à un autre. Tarek mérite-t-il de vivre sur le sol américain ? Oui sans aucun doute. Mais la loi ne lui permet pas.  Il es alors réduit  à l’état de clandestin présent illégalement sur le sol américain et non un musicien doué et passionné. Mac Carthy nous explique que la justice n’est pas juste mais durement droite.

La musique n’est pas seulement l’accompagnement de l’image, elle est un personnage à part entière. C’est elle qui va lier les deux hommes. Elle va changer la vie de Walter en lui permettant de revivre et de construire la mémoire de femme. Le rythme du Djem bé et de la musique classique vont permettre aux personnages de différentes générations et de différentes cultures de se rapprocher et d’acceptez leurs différences. La musique très présente dans la première partie du film permet au réalisateur d’instaurer un monde harmonieux. Lorsque Tarek est détenu, la musique disparait et les personnages ne peuvent plus communiquer entre eux. Plus les personnages ne peuvent jouer plus ils s’éloignent.

Mac Carthy, selon moi, signe ici un chef d’œuvre à l’américaine. Un film sans cascades, ni héros, où les personnages peuvent être nous même. Alors qui est donc the Visitor ? Le spectateur ne peut répondre avec exactitude à cette question. Ce peut être Tarek qui vient chambouler Walter et qui vient vivre chez lui. Ce peut être Walter qui s’immisce dans la vie de Tarek, et tant d’autres personnages du film. Peut importe au fond, ce peut être aussi le spectateur qui assiste à cet extrait de vie passivement assis sur son fauteuil sans aucune honte. Le réalisateur nous renvoie à notre passivité de spectateur mais aussi à notre passivité de citoyen. Mais ce peut être aussi nous même, qui nous aussi, croisons des personnes dans notre vie et qui les changeons, en bien ou en mal, et qui repartons contraint ou non construire notre vie. Mac Carthy filme la vie telle qu’elle est aujourd’hui, en nous exposant qu’elle pourrait être autrement.

 

 

La bande à Baader      by Hélène

 

De Uli Edel

 

Avec Martina Gedeck, Alexandra Maria Lara et Bruno Ganz

 

 

Sous la réalisation de Uli Edel le producteur Bernd Eichinger a réussit un casting avec les acteurs les plus marquants de ces dernières années. Entre autre Moritz Bleibtreu, Martina Gedeck et Bruno Ganz.
Le film commence en 1967 avec les manifestations contre la visite du Chah d'Iran à Berlin. Pendant ces manifestations, un étudiant pacifiste est tué. Pour finir en 1977 après la mort des détenus en prison, donc Gudrun Ensslin, Andreas Baader et Jan-Carl Raspe, puis le lendemain l'assassinat de Hans Martin Schleyer, un des otages de la RAF.
Pendant ces dix ans, la RAF a plongé l'Allemagne dans la peur. Ce qui ne s'arrête pas jusqu'au début des années 90.
Ils commencent par des attentats comme, par exemple placer des bombes dans des supermarchés.
Leur motivation est de manifester contre l'impérialisme américain, contre la guerre de Viêtnam, mais aussi et surtout un proteste contre la société allemande, qui tolère son passé nazi et qui les tolère dans ses plus hauts rangs. Au début leurs actes ne sont pas destinés à tuer des gens, mais ils deviennent de plus en plus extrêmes.
Le film est long si on regarde la durée, mais il n'y a pas une seconde où on pense à regarder l'heure. Une action est chassée par l'autre... peut être à certains moments c'est un peu trop et nous nous perdons dans les événements.
Mais à part cela le film es très bien réussit, surtout grâce à ses acteurs formidable!
Le film montre la RAF sans jugement, il ne la condamne pas, mais il ne la félicite pas non plus.

 

 

 

par SeBastien publié dans : Chaplinomètre
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Mardi 18 novembre 2008

The Usual suspects de Bryan Singer avec Gabriel Byrne, Kevin Spacey, Benicio Del Toro, Stephen Baldwin et Pete Postlethwaite (1995)

 

 

Cinq malfrats sont arrêtes pour un braquage qu’ils auraient commis, durant leur garde à vue ils décident de monter un nouveau coup pour se venger de la police. Cependant leur plan parfait les mènera bien plus loin qu’ils ne l’imaginaient.

Un film de gangster à la base ça me met la puce à l’oreille, mais là je dois bien l’avouer ça ma carrément foutu les nerfs en ébullition !!

Tout d’abord si on se penche sur le casting on peut se dire « bah merde alors », parce que franchement entre Kevin Spacey, Gabriel Byrne, Stephen Baldwin, Benicio Del Toro, et le regretté Pete Postlethwaite, on a de quoi se frotter les mains et on peut tranquillement se caler dans le canap’ parce qu’on sait que le spectacle va être au rendez-vous !!

Mais en plus si je vous qu’il y a du suspens, de l’énigme, des gros mots, et une fin à vous couper la chique ; et ben quoi allez y les gars… valeur sure je vous dit, ça déménage façon grand huit sans que vous ayez à sortir de chez vous et sans l’envie de vomir à la fin.

Que demande le peuple ? Bon ok c’est un peu court comme dissertation, mais un bon Duke n’est jamais à court d’argument, foi de Raoul !!!

Si on regarde l’intrigue, on se dit ouh lala ça sent le nœud de matelot façon fidjien !! Et bien nan ; Singer a l’intelligence de prendre son temps dans sa mise en scène, il prend la spectateur par la main et le pose dans un coin de la pièce à chaque nouvelle scène afin de lui laissé ingurgiter. Cependant pas de quoi s’endormir malheureux !! Car le fil conducteur reste inspiré, les nouvelles séquences rebondissent encore plus haut que les précédentes afin de tenir en haleine le spectateur. On est bien loin des grosses fusillades, des bombes qui pétouillent toutes les trente secondes ; on assiste tout simplement à un film âpre et brut, sans concession mais avec une touche d’humour bien calé.

De plus on se réjoui de la prestation de Kevin Spacey en homme secret et manipulateur, ou encore de celle de Gabriel Byrne parfait en ex-flic rattrapé par son passé et tiraillé entre l’amour et la vengeance ; je pourrais facilement faire une ode à chaque personnage de ce film culte mais mon esprit diabolique (et tordu il faut bien le dire) me pousse à vous laissez déguster ce film tout seul. Et pourtant, et pourtant… je n’ose vous dire à quel point la manipulation est jouissive dans ce bijou filmique ; Singer nous plonge dans un huis clos à espace large ou chaque personnage tourne comme un lion en cage pour savoir qui va craquer ou se faire tuer en premier, ceci accompagné d’une musique douce amère et de dialogue ping-pong ciselés façon coupe jambon à 100km/h. Le réalisateur et le scénariste s’ingénient, dans ce polar tortueux et passionnant, à multiplier les faux-semblants sans perdre le spectateur en cour de route avec un montage épileptique et brouillon. Le travail est méticuleux, sombre, et intelligent, et chaque plan où dialogue a son importance pour élucider, avant la police, l’intrigue de ce film tel un Cluedo vivant.

Mon seul regret est pour Brian Singer qui, mis à part ce chef d’œuvre, n’aura fait que des films sans intérêt comme l’incompréhensible Ennemi Public, ainsi que le plus beau nanar volant Superman Returns. Mais bon c’est déjà mieux que rien ; comme quoi parfois la créativité c’est comme la foudre ça ne retombe pas deux fois au même endroit.

 

par SeBastien publié dans : Focus Sur...la Raoulothèque
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