Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /2010 17:01

            Nous sommes désormais à moins de quatre jours des élections régionales et vous aurez sans doute remarqué que la plupart des partis tente des surfer sur la vague de bons résultats précédents. Pour le Parti Socialiste il s’agit de leur bilan à la tête des régions, pour Europe Ecologie il s’agit de leurs derniers résultats convaincants aux élections européennes tout en continuer à prêcher partout que l’écologie ça a du bon. Bizarrement, ils ne semblent pas les seuls à tenir ce discours puisqu’un petit malin, en l’occurrence l’éditeur Warner Home Vidéo, surfe lui aussi sur la vague écolo et nous assaille aujourd’hui même avec minimum une bonne quarantaine de DVD dans un packaging recyclé, recyclable et à l’encre 100% végétale. Et oui, l’écologie ça a vraiment du bon parce que maintenant faire des jaquettes ça coute moins cher, mais surtout cela permet à Warner de recycler la quasi intégralité de son catalogue et ainsi continuer à s’en mettre plein les fouilles sans se ruiner. Et quand je vous dis la quasi intégralité, je ne suis vraiment pas loin de la vérité. Quoi ? Vous voulez des preuves ? Très bien, c’est parti.

 

            Donc voilà, sauf annulation ou retard, vous pourrez trouver dès aujourd’hui chez vos vendeurs préférés et dans des éditions Warner Bros. Environmental à bas prix les films 10 000, 30 jours de nuit, 300, A vif, L'affaire, Les affranchis, Amadeus, L'arme fatale, L'arme fatale 2, L'arme fatale 3, L'arme fatale 4, L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, L'associé du diable, Autant en emporte le vent, Batman, Batman Begins, The Dark Knight, Beetlejuice, Ben-Hur, Blood Diamond, Casablanca, Les cheyennes, La cité interdite, Coast Guards, Le Come Back, Constantine, La couleur pourpre , Dans la vallée d'Elah, Le dernier des Mohicans, Le dernier samouraï, La dernière cible, Devilman, Le docteur Jivago, Doomsday, L'ennemi intime, Entre deux rives, Entretien avec un vampire, L'étrange histoire de Benjamin Button, L'exorciste, L'exorciste : au commencement, Full Metal Jacket, Gangs of New York, Ghost Rider, Gran Torino, Gremlins, Gremlins 2 : la nouvelle génération, Heat, Hitcher, Impitoyable, L'incroyable Hulk, L'inspecteur ne renonce jamais, Iron Man, The Island, Je suis une légende, La jeune fille de l'eau, La jeune fille et les loups, Josey Wales : hors-la-loi, La légende de Beowulf, Lettres d'Iwo Jima, La ligne verte, Live !, Lord Of War, Mad Max, Mad Max 2, Mad Max : au delà du dôme du tonnerre, Magnum Force, La maison de cire, Matrix, Mémoires de nos pères, Mensonges d'état, Michael Clayton, Mission, Mr. & Mrs. Smith, Mystic River, Les noces funèbres, Nos jours heureux, Ocean's Eleven, Ocean's Twelve, Ocean's Thirteen, P.S. : I Love You, Pale Rider, Poséidon, Le prestige, The Restless, Le retour de l'inspecteur Harry, Seuls Two, Shining, Superman Returns, Sur la route de Madison, Sweeney Todd : le diabolique barbier de Fleet Street, Syriana, Training Day, Troie, Underworld, Underworld 2 : Evolution, V pour Vendetta, Vol au-dessus d'un nid de coucou et Zodiac.

            La vraie question est désormais de savoir quels autres DVD noyés dans la masse irez-vous chercher ce mois-ci ? S’il ne devait y en avoir qu’un seul, ce serait surement la dernière Palme d’Or cannoise puisque Le ruban blanc sort en DVD chez TF1 Vidéo uniquement dans une édition collector deux DVD, même si cette dernière est apparemment plus qu’avare de bonus. Pour les fans de violence un peu moins sublime et réfléchie, on a beau avoir tout fait pour ne pas tirer, elle est quand même arrivée. En effet, ho ! hisse ! la Saw VI débarque dans les bacs dans une édition director’s cut mais aussi dans un coffret hexalogie avec cette fois-ci uniquement les versions cinéma. On continue dans la finesse puisque qu’à l’occasion de la sortie de 2012 ressortent deux autres chefs d’œuvres emmerichiens, en l’occurrence Independence Day et Le jour d’après, chacun dans des éditions collector double DVD. Quitte à poursuivre avec les films inutiles, on notera également la sortie de Twilight Chapitre II : Tentation et de This Is It.

            Enfin, dans une veine plus qualitative, on soulignera les rééditions d’Au nom du père histoire d’effacer la déception Brothers, de La collectionneuse en hommage à Eric Rohmer et non pour célébrer l’anniversaire de la fin de la carrière pornographique de Clara Morgane et l’on notera la sortie de Morse ou comment reléguer encore plus Twilight au rang d’étron cinématographique grâce à ce très beau film danois ainsi que celle du coffret des téléfilms de Channel Four devenus films, à savoir The Red Riding Trilogy.

 

            En conclusion, un mois chargé mais pourtant remarquablement creux. Du coup, moi qui ne pensais pas en parler au vu du remarquable flop qu’il fut (et à mon sens de manière plutôt injuste), je signale à tous ceux qui ne l’aurait pas vu et aux rares personnes qui l’ont vu et apprécié que le Cinéman de l’insupportable Yann Moix est disponible dans toutes les bonnes crèmeries. A la prochaine.
Par Rémi - Publié dans : Les DVD sont de sortie - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /2010 17:00

http://www.kelfilm.com/bibliotheque/Un_Prophete_affiche.jpg

 

 

            L’académie des Césars a rendu son verdict samedi dernier et vous aurez surement remarqué que contrairement à l’année dernière, l’équipe n’a pas souhaité se frotter à nouveau au jeu des pronostics tant ils furent peu prophétiques l’an passé. Et pourtant, il ne fallait vraiment pas être médium pour deviner qu’Un prophète allait être largement plébiscité. Seulement voilà, une question demeure dans mon esprit fâcheux et polémiste : le dernier film de Jacques Audiard a-t-il opérée cette razzia méritée de statuettes parce qu’il est un véritable chef d’œuvre ou simplement parce qu’il est un peu au-dessus de l’intégralité de la navrante production cinématographique française. Vous aurez compris que c’est bien la deuxième solution qui à la faveur de ma réflexion et si nous allons aujourd’hui parler d’Un prophète, rattrapant ainsi au passage la deuxième absence estivale et radiophonique de l’émission (un article étant en effet paru sur le blog lors de sa sortie), se serra avant tout pour montrer que le film est à mon sens loin d’être exempt de défauts, ce qui ne l’empêche pas d’être néanmoins un bon film.

 

            Commençons donc par les points positifs et en particulier le plus évident, les acteurs. Désormais doublement césarisé (meilleur espoir et meilleur acteur), Tahar Rahim semble avoir déjà céder aux suppliques de l’étranger. Attention tout de même de ne pas trop s’emballer puisque même si le jeune homme campe parfaitement ce personnage ambigu dont la naïveté s’affiche en permanence, le rôle reste quand même un peu monolithique et seul l’avenir nous dira la capacité de Tahar à évoluer et passer au niveau supérieur. A l’inverse, Niels Arestrup ne laisse aucun doute sur son avenir, il va continuer à faire les plus beaux jours du cinéma français pour encore quelques années, années qui seront pour sûr remplies d’interprétations tourbillonnantes tant le grand bonhomme est capable de sauter d’une émotion à son parfait antipode en un quart de seconde tout en restant vrai. Autant dire qu’il est a mon sens celui qui n’a vraiment pas volé son César, ou plutôt qui le méritait le plus. Le reste du casting est cohérent dans cette lignée qualitative, en particulier Reda Kateb dont le personnage nature fait véritablement du bien. Puisque j’ai rapidement les rôles de chacun, il est naturel de s’attacher au scénario, lui aussi récompensé et à juste titre puisque c’est surement sur ce point que j’aurais le moins de réserve à émettre. Traitant de l’univers carcéral avec justesse (il me semble), le film évite tout manichéisme et surtout l’archétype du caïd de quartier pour préférer une lutte intestine et sous-jacente entre clans qui ne sont finalement pas si différents. Seulement voilà, le parti pris du scénario et du film, s’il est parfaitement traité, n’est pas forcément la chose la plus admissible. Pour être clair, le film pose une règle simple : dans un univers clos, un microcosme régi par le communautarisme, devenir maître de son destin s’est aussi et surtout se destiner à devenir maître. Sans parler d’amoralité, et même si c’était le cas ce serait toujours mieux que les discours moralisateurs d’à peu près toutes les autres productions, cette vision fluctuante est par nature condamnée à ne pas satisfaire tout le monde (notamment dans le fait de montrer l’incapacité des deux côtés des barreaux à penser et réussir la réinsertion). Et fatalement l’on en arrive donc à la réalisation et le travail de Jacques Audiard. Je confesse tout de suite, monsieur Audiard n’est pas spécialement ma tasse de thé et si je lui reconnais un véritable talent de metteur en scène, je trouve généralement cette réalisation assez ennuyeuse. Pour être tout à fait précis, je n’arrive jamais à être totalement pris par un Audiard, la désagréable sensation d’ennui restant en permanence tapis dans l’ombre et surgissant à la moindre baisse de régime. Malheureusement, Un prophète ne fait pas exception à la règle. Filmant l’univers carcéral avec force et talent (sans jamais dépasser néanmoins le travail de Steve McQueen dans Hunger), Jacques Audiard ne le rend jamais étouffant, suffoquant, ce qui ne l’empêche pas pourtant d’intercaler des petites respirations. Si certaines sont salutaires car reposant sur la réalité parfois clémente à l’intérieur de la prison, chaque plongée dans l’onirisme et le fantastique transforme la bouffée d’air pur en bouffée d’hélium. Tout devient ainsi suraigu, presque faux à mesure que ces fantaisies se reproduisent, de plus en plus longues et poussives. Jacques Audiard réalise donc un film trop long sans pouvoir véritablement faire autrement, la nécessité d’une histoire, d’une narration devenant ainsi un possible surplus à un univers suffisamment profond et puissant pour se soutenir de lui-même.

 

            Avant de me retrouver sous le feu des critiques et des adorateurs du film et du cinéaste, je conclurais juste par dire que sans être un mauvais film (il en est même très loin), Un prophète montre avec force la plaie qui ronge un cinéma français de ce fait moribond, à savoir la catégorisation. Vous êtes vous déjà demander à quoi ressemblerait le palmarès des Césars si par exemple Jacques Audiard, Abdelatif Kechiche et Martin Provost sortaient chacun un film la même année ? Une dizaine de Césars ex-æquo peut-être. Le cinéma français est donc pourri par un establishment qui voue une vénération à un nombre limité de personnes et ne laisse aucune chances aux autres. Et quand Dany Boon se trompe de sujet en réclamant un César du public ou de la comédie, il pose en revanche la vraie question de cette oligarchie toute puissante qui façonne le cinéma français en tirant seulement quelques uns vers le haut pour mieux laisser les autres s’enfoncer. Pendant ce temps là… 59ème, c’est parti générique. Ah non, c’est vrai, j’ai bien donné mon petit coup de gueule mais ce n’était pas l’éditorial. C’était juste un plus, pour vous à qui je ne peux rien cacher. Mais j’entends déjà le chant du cygne, les contradicteurs m’entourent, fusil à l’épaule. Allez-y messieurs, je vous attends. Feu.
Par Rémi - Publié dans : La nouvelle séance de M. Rémi - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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