Trahison by Etienne
De Jeffrey Nachmanoff
Avec Don Cheadle, Guy Pearce, Neal McDonough
Alors je suis allé voir pour vous le film Trahison (Traitor en vo) réalisé par Jeffrey Nachmaoff, surtout connu pour avoir été le scénariste du film Le jour d’après. Avec Trahison, Jeffrey signe son premier long métrage et l’on peut dire qu’il s’en sort avec les honneurs. Il met en scène Don Cheadle, Guy Pearce et Saïd Tagmaoui.
Alors que dire… ? Déjà que ça fait plus d’un an que le film est sortit au Etats-Unis et qu’il n’est déjà plus à l’affiche après seulement une semaine d’exploitation en France.
Force est de constater avec Trahison que l’Amérique, l’Amérique, si c’est un rêve je le ferais, non plus sérieusement que le cinéma américain n’en a pas finit avec le secret d’état, les mensonges et les manipulations gouvernementaux. Après le Mensonge d’état de Ridley Scott l’an dernier et le Royaume de Peter Berg c’est au tour de Trahison de faire son entrée dans les salles obscures.
Il faut constater que ce film aurait très bien pu ne jamais voir le jour en France, déjà parce que les têtes d’affiches ne sont pas vraiment des têtes d’affiche sur le vieux continent, que le film a été tourné en 48 jours pour un budget de 22 millions de dollars ce qui est relativement peu pour un film hollywoodien et dont le producteur exécutif est…Steeve Martin oui oui vous m’avez bien entendu celui qui joue dans la panthère rose. Comme quoi on peut tourner dans des films de merde et produire des films un peu engagés.
Et avec ces paramètres on pouvait s’attendre au déluge du jour d’après mais non le film parvient à garder la tête hors de l’eau.
L'agent du FBI Roy Clayton enquête sur un complot international. Tout semble accuser l'ancien officier des
opérations spéciales US Samir Horn, personnage mystérieux aux relations inquiétantes. Horn a le don étrange de surgir juste avant qu'une opération n'échoue, et de prendre le large avant qu'on ait
pu l'interroger.
La section inter agences chargée de l'appréhender rencontre le vétéran Carter, un freelance de la vieille école qui loue ses services à la CIA et semble en savoir long, et l'agent du FBI Max
Archer. L'équipe croit découvrir la preuve des activités illicites de Horn au Yémen, à Nice et à Londres, mais de nouvelles et surprenantes révélations amènent Clayton à s'interroger sur les
motivations de Horn. Est-il un traître, ou la vérité ne serait-elle pas plus compliquée ?
Déterminé à résoudre cette énigme, Clayton talonne Horn de ville en ville, de pays en pays, l'obligeant à s'enfoncer chaque jour davantage dans un monde ténébreux de secrets et de
mensonges...
Le film se laisse regarder même si l’on sent constamment les influences de ses ancêtres cinématographiques,
supportant de se voir resservie encore et toujours des thèmes a la mode (tel que le terrorisme et les missions gouvernementales américaines) En suivant ce personnage de Samir, homme trouble impliqué de plus en plus en profondeur dans les rouages de cette organisation terroriste.
Si le film parvient à bien fonctionner c’est tout d’abord dans le choix original de la part du réalisateur de choisir un de point de vue inédit, à savoir celui du « terroriste ». Car bien évidemment il s’agit là d’une affaire d’infiltration et Samir se retrouvera bientôt confronté à sa conscience face a ces actions ou exactions. Don Cheadle se révèle parfaitement crédible aussi bien grâce à sa maîtrise de la langue arabe que par sa prestation, ce qui traduit toute l’ambiguïté de son personnage.
Trahison fonctionne donc parfaitement dans ce projet d’immersion en milieu terroriste, analysant le processus de fanatisation et le phénomène des martyrs. Une première partie, dans laquelle on regarde, on admire la prestation de jeu de Saïd Tagmaoui (La Haine, Les Rois du Désert) qui se révèle vraiment inquiétant en leader religieux. Saïd est le personnage le plus sombre et le plus profond du film, il éclipse le rôle de Guy Pearce (Roy Clayton) relégué au troisième plan. Il interprète malheureusement un rôle de chasseur sans véritable saveur…Il peine a donner vie et intérêt a son personnage et c’est vraiment dommage. Car le système de point de vue alternée (Clayton/Samir), devient vite lassant tant le rôle de l’agent du FBI semble fade comparé aux autres. Dommage car pour faire un bon film de traque, pour avoir une bonne proie il faut un bon chasseur. Tel Tommy Lee Jones face a Harrison Ford dans Le fugitif
Le réalisateur conscient de ses limites budgétaires parvient tout de même à mettre en scène un film crédible, ou le suspens règne. Tout en ne négligeant pas les scènes d’actions… A défaut d’être le film de l’année, loin de là, Trahison se révèle (jeu de mot), être un divertissement intelligent au scénario crédible qui emprunte un peu à divers autres films tels que les infiltrés ou mensonge d’état. Les principaux regrets viendront sans doute du jeu des agents du FBI. Pour une fois que les parties les plus crédibles du film se situe du coté des terroristes… Un film intéressant et à voir qui donne une vision nouvelle du terrorisme international. A voir également et je l’ai déjà dit pour la prestation de Don Cheadle et De Saïd Tagmaoui véritablement habité par leur rôles.
Eden à l’ouest by Jean-Marie
De Costa Gavras
Avec Riccardo Scamarccio, Eric Caravaca et Ulrick Tukur
Genre cinématographique : road movies de sans-papiers
Le sujet est grave et il est traité sur un mode léger. Costa Gavras sort quelque peu de son pathos dramatique et l’humour ici présent dans le film, tranche sur la gravité du sujet abordé. L’histoire se résume sur les pérégrinations d’un clandestin tombé de son bateau et en route pour Paris où croit-il se trouve l’Eldorado. Deux thèmes principaux se dégagent du film :
- La fuite à travers l’Europe du protagoniste de l’histoire. Celle-ci est organisée autour de la peur de se faire arrêter ou de se faire stopper avant l’achèvement du périple, qui doit conduire le clandestin vers la terre promise. Cette errance le conduit à fréquenter au fil du hasard plusieurs milieux sociaux ; des bourgeois en vacances, des Bobos en goguettes, une fermière, des chauffeurs routiers, des gitans, des Sans Domicile Fixes, et par-dessus tout des exploiteurs et parfois quelques policiers. Chaque saynète est menée à son terme et Costa Gavras a mis un point d’honneur à conclure les histoires courtes d’Elias le clandestin, comme étant autant d’écueils à sa fuite et cela comme un zappage permanent. Les situations que rencontre notre routard paraissent souvent cocasses, mais ne peuvent se départir de l’humour froid qu’affectionne le réalisateur.
- L’autre thème abordé par Costa Gavras est sans doute celui de l’enfermement et de la solitude. Le personnage principal est prisonnier de sa condition et ses rencontres successives sont autant de prisons ; celle de son bateau de clandestin, celle du palace doré ou celle de la ferme, ou il a été recueilli, ou encore celle de l’usine où il est obligé de travailler pour des clopinettes, avec comme thème récurrent si cher au réalisateur de l’exploitation de l’homme par l’homme. Elias le clandestin n’a de cesse de se faire dépouiller, où de son argent, où de ses vêtements, où de son travail, où de son corps, mais jamais de sa dignité.
Dans une rhétorique de l’être simple confronté aux turpitudes de la société occidentale, le réalisateur a montré que l’enfermement se trouve surtout chez ses geôliers, emprisonnés dans leur milieu et dans leur condition et leur mode de vie. Le corollaire de la solitude éprouvée par le fuyard dans son isolement dû à sa fuite et le refus de l’attachement à quoi que se soit, montre surtout la solitude des autres ; de ceux qui profitent de sa présence comme alibi, comme compagnon de leur bonne conscience. La caméra de Costa Gavras la montre sous un jour cru, mais avec un voile pudique. Et c’est tout le charme du film.
Si le scénario est riche, les épisodes ne sont pas tous traités avec la même valeur ou la même importance. L’épisode du palace au bord de la mer est quelque peu longuet et l’on regrette le dénouement trop rapide de la rencontre avec la fermière. Le tout est emmené avec une mise en scène irréprochable et avec une interprétation remarquable des personnages, de la part des acteurs. De la fixité du regard d’Elias, confit dans sa peur et jouant les Buster Keaton de la fuite, jusqu’aux rôles des personnages féminins, les acteurs ont su rendre l’histoire réaliste, voire crédible. Ce film, quelque peu déroutant, mérite un détour, ne serait-ce que par la fraîcheur donnée pour un tel sujet.
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