Two lovers by Tsipy
De James Gray
Avec Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow et Vinessa Shaw
Depuis que sa fiancée l’a quitté du jour au lendemain, Léonard est retourné vivre chez ses parents. Il a peu d’intérêt pour la vie. Toujours bipolaire, sa vie n’est pas trépidante, il travaille
dans le pressing des son père, rentre chez lui (son père) le soir dans sa chambre d’adolescent. Il rencontre Sandre, fille de l’ami de son père, elle représente la sérénité. Sandra est belle,
patiente te très intéressée par Léonard. Quant à lui, il apprécie la jeune fille qui semble accepter sa personnalité, ses doutes et son passé. Tout se passe très bien, il se laisse bercer dans
cette relation. Il rencontre un soir, sa voisine, Michelle. Elle aussi très belle, franche et très instable, elle lui plait dès le premier regard.
Bien qu’elles soient diamétralement opposées, les vies futures que ces deux femmes peuvent lui offrir lui plaisent tout autant. Il dit pourtant faire un choix.
L’histoire bien qu’elle parait très simple ne l’est pas pour autant. Travaillant beaucoup plus sur la psychologie du personnage que sur ses problèmes de cœur, James Gray évite le mélo américain.
Le scénario est parfaitement rythmé. Entre Michelle, Sandra et la vie de famille, le personnage se promène et nous entraine dans ces différents univers.
Chaque personnage a bien sa place, aucun ne vient écraser l’autre. C’est grâce aux personnages des deux femmes que la mise en scène permet au spectateur de ne pas s’ennuyer.
Quant aux acteurs, Joaquim Phoenix joue à la perfection le bipolaire suicidaire amoureux. Gwyneth Paltrow m’a énormément déçu. Tout au long du film, le spectateur ne voit pas Michelle mais l’actrice interprétant un personnage. Dans le rôle d la déséquilibrée, elle en fait beaucoup trop et n’est pas assez crédible à mon goût. C’est Vinessa Shaw qui éclate à l’écran. Elle est belle, avec son interprétation d’une douceur, elle parait à la fois ordinaire et extraordinaire. Elle est, dans ce film une révélation. Merci à elle et j’espère la revoir très bientôt dans un rôle principal et surprenant.
Certains plans restent très simple et d’autres exceptionnels. Les deux révèle la beauté soit des personnages soit des paysages. On sent la minutie du réalisateur, quelques plans semblent être un arrêt sur image et devenir des tableaux animés. La musique est splendide, elle ne vient pas sur l’image mais l’accompagne.
Superbement manié, les acteurs, la musique, la lumière, la couleur tout est disposés justement dans l’image.
La première séquence subjugue le spectateur et lui annonce d’emblée qu’il entre dans l’univers à la fois réaliste
et fantastique. Dès la première image, James Gray nous annonce que Two Lovers est loin d’être un mélo ordinaire mais une œuvre cinématographique à part entière dont l’artiste a eu plaisir de
tourné et détourné une histoire magnifiquement ordinaire.
Johnny Mad Dog
by Rémi
De Jean-Stéphane Sauvaire
Avec Christopher Minie, Victoria Vandy, Tagbeh Tweh et Barry Chernoh
Afrique, pays non défini, époque contemporaine. Johnny, dont le nom guerrier est Mad Dog ("chien enragé" pour les non aguerris à la langue de Shakespeare) est à la tête d'un petit commando de rebelles uniquement composé d'enfants soldats. La révolution est proche. Dans la capitale, Laokole, jeune fille de seize ans assume seule la responsabilité de faire survivre sa famille composée de son jeune frère et de son père amputé des deux jambes.
Johnny Mad Dog, quatrième réalisation de Jean Stéphane Sauvaire, produit par Mathieu Kassovitz et inspiré du roman Johnny chien méchant de l'écrivain congolais Emmanuel Dongala, constitue donc la chronique de ces deux destins se croisant dans les tumultes d'un conflit ethnique comme il en a existé, en existe malheureusement encore et on l'espère n'en existera plus. Pour définir un film, on peut dire qu'il est bon, excellent, absolument brillantissime ou alors qu'il est bof, mauvais, nullissime, que c'est un navet (spéciale dédicace à Jean-Marie) ou encore une immonde bouse cinématographique informe et malodorante. Cette liste est bien évidemment non exhaustive. Et puis il y a le film "choc", celui pour lequel l'âme naïve et guillerette rentre dans la salle la fleur au fusil et ressort avec les yeux qui piquent et un petit filet de sang au coin des lèvres, conséquence de la gifle intersidérale qu'elle vient de prendre. Et je dois dire que pour ma part, bien que spectateur averti, le retour à la lumière du jour fut brutal.
En effet, dès les premières secondes ce qui saute aux yeux, c'est l'absurdité absolue de la situation dans laquelle Jean Stéphane Sauvaire nous plonge immédiatement et qui va perdurer tout au long du film. Par exemple, l'impuissance des casques bleus face aux provocations des jeunes rebelles, un enfant qui court avec des ailes de papillon dans le dos un gros calibre à la main, un soldat en robe de mariée ou encore ne serait-ce qu'une adolescente enterrant son père. Tous ces éléments distillés dans l'image comme dans le discours installe un malaise permanent chez le spectateur. Mais ce n'est pas tout, et là les enfants, c'est l'heure de se souvenir de ce qu'on a appris pendant son catéchisme et de faire ce que Jésus ferait.
Et bien oui, il tendrait l'autre joue, et ce geste est salvateur pour recevoir la gifle esthétique que nous inflige Johnny Mad Dog. La photographie est sublime, la mise en scène n'est pas en reste, notamment la composition du cadre et les décors naturels de la République du Libéria qui sont encore terriblement marqués par les guerres civiles (qui ont ravagé les pays jusqu'en 2003) servent parfaitement le film. Petit mot pour les acteurs qui sont tous amateurs (la plupart étant de vrais ex-enfants soldats ne sachant pas lire et improvisant) et offrent une magnifique performance collective sans aucune fausse note avec une mention spéciale pour les deux acteurs principaux (Christopher Minie et Daisy Victoria Vandy) ainsi que pour Dagbeh Tweh exceptionnel en gamin fou furieux.
Et puis j'ai pris également un léger coup de boule personnel, parce que je n'ai de mon point de vue constaté aucune volonté de la part de Jean Stéphane Sauvaire d'excuser les enfants soldats. C'est là pour moi que ce situe la grande force du film, c'est que bien qu'il montre l'embrigadement orchestré par les adultes, il n'en excuse pas pour autant le comportement violent et destructeur d'enfants qui ne sont pas différents des autres si ce n'est qu'ils ont la croyance de détenir un pouvoir de vie ou de mort sur quiconque. Enfin, je situerai un unique point noir sur le scénario qui constitue plus une succession de séquences qu'une vraie histoire, mais la première séquence est tellement poignante et nous emporte si profondément dans l'univers du film que cette faiblesse scénaristique transparaît finalement très peu à l'écran. Donc pour tous ceux qui n'ont pas envie d'aller voir un film d'horreur habituel (et ce malgré les brillants conseils d'Etienne et Vincent), mais aussi et surtout pour tous les autres, aller voir Johnny Mad Dog pour découvrir que l'horreur la plus insupportable est celle qui possède un visage d'enfant.
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Le roi et l’oiseau
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