Papa de Maurice Barthélémy avec Alain Chabat, Martin Combes, Yaël Abecassis et Judith Godrèche
Louis et son père sont sur la route qui les ramène chez eux, malgré l’humeur toujours joviale du père l’ambiance est hantée par une histoire. Au fur et a mesure des kilomètres, des blagues et des arrêts dans des hôtels sans couleurs, ces deux bonshommes vont apprendre à se parler et à surmonter leur chagrin.
Mon premier est un petit schtroumf portant un maillot de foot, mon second est un gamin d’au moins 40 ans qui adore les petits princes dans le café, mon troisième est un gars avec le crâne rasé qui s’est dit que ce n’était pas si mal d’être derrière la camera ; mon tout est un film qui doit être associé avec kleenex…résultat Papa. Papa est donc la petite perle qui m’a fait chialer pendant 75minutes, est pourtant non je ne suis pas une madeleine mais je dois avouer que ma carapace s’est un peu craquelée au fur et a mesure du film.
Le schtroumpf de tout à l’heure c’est Louis, interprété avec beaucoup de sincérité par le jeune Martin Combes ; Louis il a 11 ans et il « péte les couilles » à son père comme le dit l’intéressé. Ce père pitre, blagueur, est incarné par Alain Chabat qui, je l’avoue sincèrement, m’a scotché. Il ne joue pas ce père, il le vit et nous le fait ressentir à chaque minute. Il dévoile une facette de jeu inconnue jusque là : l’homme sensible ; évidemment le comique est toujours présent mais en parfait équilibre avec cette faiblesse qu’il essaie de cacher sous une série de monologues qui ennuies son fils mais pas le spectateur.
Pour en revenir au troisième élément de mon énigme, il s’agit de Maurice Barthélemy, vous savez le mec des Robins des bois, le petit avec un corps de moustique. Vous voyez ? Et ben lui c’est celui qui jouait dans Casablanca Driver, son premier film comme réalisateur. Apres ce film sur l’histoire d’un mec qui veut être boxeur, il nous offre avec Papa un film généreux en émotion, doux et réaliste à la fois sur une qui pourrait très bien nous arriver. Ce road-movie à la française comme il aime l’appeler, nous montre que le mélange des genres n’est pas si compliqué que ça si on arrive à canaliser toutes ces influences : entre drame et comédie, en passant par le documentaire ; Barthélemy nous prouve qu’il sait jongler avec intelligence et humour.
On voit également que sa sensibilité ne s’arrête pas là lorsqu’il intègre le personnage de Léa, interprété par Yael Abecassis, tel un ange au dessus de ces voyageurs plein de secret.
Le réalisateur ne fait pas l’erreur de nous montrer ce « couple » avec une gentillesse niaise, il nous montre simplement le lien qui les unit avec fragilité. Cette complicité il nous la dévoile sur la route du nord au sud, une histoire accompagnée par des paysages, à première vue, sans intérêts, mais qui au finale collent exactement à l’atmosphère du film. On vit cette histoire avec le regard de Louis, le regard d’un enfant admiratif vis-à-vis de son père mais gêné par un secret qu’il a du mal à avouer.
Bref c’est ce que j’appellerai un petit film de poche, un beau film qu’on a envie de garder rien que pour nous mais qu’on ne peut s’empêcher de montrer à ceux qu’on aime tout simplement parce qu’il est beau.
Et voila mon humour a foutu le camp !!! Mon coté fleur bleu s’est imposé tel un doudou mammouth, alors avant que je devienne une guimauve je ne peux que vous dire de voir ce film seul ou à plusieurs mais surtout avec vos mouchoirs et votre sensibilité à portée de main.
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