The Usual suspects de Bryan Singer avec Gabriel Byrne, Kevin Spacey, Benicio Del Toro, Stephen Baldwin et Pete Postlethwaite (1995)
Cinq malfrats sont arrêtes pour un braquage qu’ils auraient commis, durant leur garde à vue ils décident de monter un nouveau coup pour se venger de la police. Cependant leur plan parfait les mènera bien plus loin qu’ils ne l’imaginaient.
Un film de gangster à la base ça me met la puce à l’oreille, mais là je dois bien l’avouer ça ma carrément foutu les nerfs en ébullition !!
Tout d’abord si on se penche sur le casting on peut se dire « bah merde alors », parce que franchement entre Kevin Spacey, Gabriel Byrne, Stephen Baldwin, Benicio Del Toro, et le regretté Pete Postlethwaite, on a de quoi se frotter les mains et on peut tranquillement se caler dans le canap’ parce qu’on sait que le spectacle va être au rendez-vous !!
Mais en plus si je vous qu’il y a du suspens, de l’énigme, des gros mots, et une fin à vous couper la chique ; et ben quoi allez y les gars… valeur sure je vous dit, ça déménage façon grand huit sans que vous ayez à sortir de chez vous et sans l’envie de vomir à la fin.
Que demande le peuple ? Bon ok c’est un peu court comme dissertation, mais un bon Duke n’est jamais à court d’argument, foi de Raoul !!!
Si on regarde l’intrigue, on se dit ouh lala ça sent le nœud de matelot façon fidjien !! Et bien nan ; Singer a l’intelligence de prendre son temps dans sa mise en scène, il prend la spectateur par la main et le pose dans un coin de la pièce à chaque nouvelle scène afin de lui laissé ingurgiter. Cependant pas de quoi s’endormir malheureux !! Car le fil conducteur reste inspiré, les nouvelles séquences rebondissent encore plus haut que les précédentes afin de tenir en haleine le spectateur. On est bien loin des grosses fusillades, des bombes qui pétouillent toutes les trente secondes ; on assiste tout simplement à un film âpre et brut, sans concession mais avec une touche d’humour bien calé.
De plus on se réjoui de la prestation de Kevin Spacey en homme secret et manipulateur, ou encore de celle de Gabriel Byrne parfait en ex-flic rattrapé par son passé et tiraillé entre l’amour et la vengeance ; je pourrais facilement faire une ode à chaque personnage de ce film culte mais mon esprit diabolique (et tordu il faut bien le dire) me pousse à vous laissez déguster ce film tout seul. Et pourtant, et pourtant… je n’ose vous dire à quel point la manipulation est jouissive dans ce bijou filmique ; Singer nous plonge dans un huis clos à espace large ou chaque personnage tourne comme un lion en cage pour savoir qui va craquer ou se faire tuer en premier, ceci accompagné d’une musique douce amère et de dialogue ping-pong ciselés façon coupe jambon à 100km/h. Le réalisateur et le scénariste s’ingénient, dans ce polar tortueux et passionnant, à multiplier les faux-semblants sans perdre le spectateur en cour de route avec un montage épileptique et brouillon. Le travail est méticuleux, sombre, et intelligent, et chaque plan où dialogue a son importance pour élucider, avant la police, l’intrigue de ce film tel un Cluedo vivant.
Mon seul regret est pour Brian Singer qui, mis à part ce chef d’œuvre, n’aura fait que des films sans intérêt comme l’incompréhensible Ennemi Public, ainsi que le plus beau nanar volant Superman Returns. Mais bon c’est déjà mieux que rien ; comme quoi parfois la créativité c’est comme la foudre ça ne retombe pas deux fois au même endroit.
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