Donnie Darko de Richard Kelly avec Jake Gyllenhaal, Drew Barrymore, Patrick Swayze, Noah Wyle (2002)
Donnie n’est pas un adolescent ordinaire, intelligent mais perturbé, il a pour ami imaginaire Frank : un lapin géant. Lorsqu’un jour Donnie échappe in extremis à la mort, Frank lui annonce que la fin du monde est proche et que Donnie doit accomplir sa destinée.
En 2001 Richard Kelly, tout jeune cinéaste, nous surprend avec film au nom intrigant : Donnie Darko. Le film est présenté au Festival de Gérardmer et boum 3 prix ; comme à Sundance il est rare que ce festival se trompe et donc pas loupé moi j’ai envie de dire film culte !!
Effectivement Kelly nous propose une vision décalée du monde des ados voyant avec curiosité et parfois dégoût le comportement des adultes. Certes l’histoire n’a pas pour but de crier révolution ni d’envoyer balader les règles, cependant le réalisateur utilise les codes cinématographiques pour mieux les détourner et emmener le spectateur à sa guise sans jamais se foutre de lui.
Le réalisateur a choisi Jake Gyllenhaal dans le rôle principal, son interprétation est à couper le souffle et fout un peu les boulles, cependant on comprend pourquoi sa carrière brille de milles feux au regard de ses choix toujours très intelligents et parfois surprenant (Jarhead, Brockeback Mountain). L’acteur nous dévoile un personnage doué mais légèrement atteint du ciboulot, qui a pour mission de sauver le monde… ou plutôt son monde à lui.
Richard Kelly crée dans son film une atmosphère pesante mais jamais oppressante ou se rencontrent le fantastique, le suspens, l’humour noir, et l’amour sans jamais se perdre ; il nous montre avec maestria que ce genre d’œuvre n’a pas besoin d’une dose d’effets spéciaux poussée à l’overdose mais juste la touche nécessaire pour bien faire évoluer l’histoire. Celle-ci mêlant Dieu, la quête de la vérité, l’existentialisme, et le voyage dans le temps nous emmène tout droit vers une réflexion divertissante pendant le film, mais très philosophique en prenant du recul.
De plus le réalisateur à eu le nez creux en demandant à Michael Andrews de composer la musique de Donnie Darko, le musicien pose une mélodie douce-amère tout le long de l’œuvre, et surtout avec le titre phare Mad World qu’il a emprunté au groupe Tears for Fears en soignant le ton pour être en totale adéquation avec l’image avec la voix vibrante de Gary Jules. Il utilise également des titres de différents groupes tels que Joy Division, Duran Duran, ou encore INXS, toujours en respectant cet univers très nuageux et psychologique.
Encore une fois je salue le casting, autour de Jake Gyllenhaal on retrouve sa sœur Maggie Gyllenhaal qui joue… sa sœur, Patrick Swayze en chaman anti-peur qui nous montre que son talent est toujours aussi surprenant après des films aux antipodes les uns des autres comme Dirty Dancing ou Point Break, on retrouve également Mary McDonnell vue dans Independance Day. Bref des choix surprenants mais tous juste car chaque interprétation est au diapason de l’histoire.
On peut donc dire que ce film est l’une des bonnes surprises de ce début de siècle, une œuvre cinématographique à part qui réinvente le thriller psychologique sous l’angle de la science-fiction.
Enfin voila je blablate mais j’espère que vous salivez à l’idée de voir cette pépite du cinéma d’auteur ; de plus une version director’s cut vient de sortir alors autant profiter des commentaires d’un petit génie en matant sa nouvelle création.
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