Mars 2009 : une entrée remarquée
Et oui, depuis février 2009, une nouvelle publication a fait son apparition dans les rayonnages de tous les buralistes de France et de Navarre. Nouvelle ? Pas tout a fait. En effet il s’agit plutôt d’une fusion, d’une compression de personnels entre deux rédactions bien connues des amateurs de la presse spécialisée en cinéma. A ma droite, l’institution, le magazine du glamour, de la classe, du champagne, du caviar, des paillettes, du smoking, du tapis rouge, le champion en titre : STUDIO. A ma gauche, l’irrévérencieux, l’impertinent, le souvent pas pertinent du tout, le pop corn, les chips, l’eau gazeuse, le challenger : CINE LIVE. On aurait put penser que suite à cette association je serai K.O. dès la première reprise, mais non, Studio Ciné Live se révèle être plutôt une bonne surprise.
Tout d’abord une couverture très sobre mais classe et efficace, avec Brad Pitt en gros plan. Cette couverture rappelle un peu celle de Première le mois dernier avec Guillaume Canet, mais en mieux. En même temps faire mieux que Première ; mais je m’égare. Studio Ciné Live annonce donc tout de suite la couleur, celle du « choc Benjamin Button ». Egalement mis en exergue, l’interview hors promo, l’enquête et les différentes rencontres présentes dans ce numéro. Mais la phrase qui tue, c’est quand même le surtitre : « Un nouveau magazine pour tous les cinémas ». Dans le genre phrase qui veut rien dire si ce n’est une magnifique tentative d’aguichage totalement subtile, puisqu’à la fois « Eh, salut toi, le spectateur lambda, ouvre-moi, j’ai tout ce qu’il te faut à l’intérieur », mais également « Bonjour cinéphile confirmé, tu peux regarder mes enquêtes approfondies si tu veux ».
Mais quand est-il du contenu ? Après un édito où Fabrice Leclerc nous explique que cette
fusion entre les deux rédactions est sans doute ce qui pouvait arriver de mieux à l’univers cette année, on peut maintenant rentrer dans le vif du sujet. Et c’est partie pour des news qui
présentent souvent un intérêt (ce qui est déjà pas mal) mais aussi pour quelques classements et top 5 complètement gratuits qui nous rappelle que Ciné Live fait bien partie de la nouvelle
rédaction. Hommage à Claude Berri (comme tout le monde) et petit résumé des Goldens Globes sont également au programme. Le dernier article de cette rubrique est sans aucun doute le plus
intéressant puisqu’il s’agit d’un zoom sur la nouvelle institution hollywoodienne qu’est devenu le festival de Sundance.
On regrette juste que ce sujet ne soit pas était traité avec plus de profondeur tant il mériterait que l’on s’y attarde, mais Studio Ciné Live privilégie les films avant le cinéma. Je passe rapidement sur les critiques, la maquette originale de Studio ayant ici été conservée, maquette que j’apprécie plutôt pour ses possibilités de mise en avant, d’argumentation et sa clarté immédiate grâce au célèbre système de notation par étoiles.
Nous arrivons maintenant au cœur du magazine, avec un dossier de 14 pages sur L’étrange
histoire de Benjamin Button.
De là à dire que sait gens ont tout compris au cinéma, il y a un pas que je ne franchirai pas, mais tout de même, des gens qui font preuve d’autant de bon goût, c’est appréciable. Agrémenté de très belles photos, dont une ou deux semblent inédites de part leur probable absence dans le film, ce dossier revient sur la carrière de Brad Pitt et comment il a sut gérer son image jusqu’au point d’orgue qu’est Benjamin Button. On trouve ensuite une interview de David Fincher plutôt bien mené par Fabrice Leclerc et pour finir un article sur cet incroyable projet qu’est le film et la quasi vingtaine d’année qu’il aura fallut pour qu’il arrive à terme.
La suite du magazine présente encore de bons moments, avec par exemple l’interview de Maïwenn
et Joey Starr, les focus sur la prise de fonction du nouveau pape de Disney Animation et ancien gourou de Pixar John Lasseter et la cinémathèque idéale du très cinéphile Nicolas Saada. On frôle
quand même l’escroquerie avec l’interview hors promo de Marion Cotillard, puisque bien que revenant sur une année 2008 haute en couleur et auréolée d’un Oscar, la belle ne se prive pas de
rappeler qu’elle a tournée aux Etats-Unis et qu’elle sera bientôt à l’affiche des prochains Michael Mann et Rob Marshall. Idem avec un portfolio magnifique mais sans aucun intérêt des prénommés
au César du meilleur espoir.
Mais Studio Ciné Live n’a pas encore tiré toutes ses cartouches, puisqu’il dégaine une enquête sur Tom Cruise et pose la question de sa toute-puissance à Hollywood. On peut déjà raisonnablement penser qu’il n’est pas impuissant (ce qui reste peut-être à vérifier au près de Nicole Kidman et Katie Holmes), le reste des réponses se trouve dans l’article. Présents également, les rapports sur les films en tournage, avec notamment le très alléchant Mr. Nobody et pour ceux qui aiment François Ozon, il nous donne sa leçon de cinéma. J’en passe pour arriver à la fin, constituée du billet d’humeur de Pierre Lescure, intitulé La chronique de Monsieur +. Si ce dernier nous livre un texte pas franchement génial, on espère qu’il va vite trouver ses marques dans ce nouvel exercice.
En conclusion, Studio Ciné Live se révèle être une très bonne surprise de par sa très forte densité et son contenu soigné, à la fois sérieux et décontracté. Un mélange réussi mi-Studio, mi-Ciné Live, et re-mi-Studio derrière qui fait de ce nouveau magazine une référence aussi bien pour les novices que pour les lecteurs cinéphiles à l’exigence modérée.
| Juillet 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||||||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | ||||
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | ||||
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | ||||
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |||||
|
||||||||||