Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /2009 17:25


Unborn  (by Etienne sans Vincent)

 

De David S. Goyer avec Odette Yustman, Gary Oldman

Durée 1h25

 

Alors le film du mois, Unborn…. Laissez moi rire. Ou plutôt ce mois ci nous pourrions le nommer le plus mauvais film sois disant d’horreur du mois.

Alors Unborn est le dernier né… (Notez l’humour) de David S Goyer connu surtout pour avoir réalisé le dernier volet Blade et d’avoir écrit les scénarios de Dark City et  de Batman Begins. Meilleur scénariste que réalisateur et Unborn est la pour nous confirmer la règle. Le prochain projet du réalisateur est le Spin off de X-Men Magnéto (oui alors pour Sébastien qui ne s’en est pas remis de pas avoir fait la blague la semaine dernière…Magnéto Serge.Voilà c’est fait). Espérons que Magneto sera l’exception qui confirmera la règle Goyer.

Goyer tente donc de mener une carrière de réalisateur, ambition pour laquelle il semble avoir moins de prédispositions. Produit par le finaud Michael Bay, Unborn, nouveau film de commande et production calibrée pour ramasser le  maximum avec un minimum d’efforts (et ça c’est le moins qu’on puisse dire) et qui, à force de prendre le spectateur pour plus bête qu’il ne l’est, fini par l’énerver vraiment.

Alors un petit résumé de l’histoire :

Jeune étudiante, Casey Bell (Odette Yustman) est soudainement tourmentée par d’effrayantes visions : celles d’un enfant maléfique. Peu à peu, son quotidien se dérègle, jusqu’à ce que Casey apprenne qu’elle eut autrefois un frère jumeau, mort à la naissance. Dès lors, la jeune femme vient réclamer de l’aide auprès de Sendak (Gary Oldman), un expert en sciences occultes qui devra traduire un mystérieux livre pour pouvoir libérer Casey de ses hantises.

A ce moment là j’ai envie de me dire oui pourquoi pas ? Gary Oldman d’habitude gage de qualité ici s’est fourvoyé dans un des plus grands navets de films d’horreur trompés par le  chant des sirènes du compte en banque.

Un parc désert, une banlieue tranquille, des visions cauchemardesques : l'environnement de cet Unborn est vite posé. Trop vite, tant le film parait enchaîner les situations à toute allure, ne laissant jamais la place à une éventuelle pesanteur de s’installer. Des incohérences énormes tout au long du film. Pire que ça, des ellipses incompréhensibles. Un montage haché et de mauvaise facture. On est là…on se retrouve ailleurs. Il n’y a véritablement aucune cohérence entre les séquences, et même entre les scènes.

Se réclamant des films ésotériques les plus connus, le film de David Goyer tombe totalement  sous le coup de son public, visé, ciblé, harponné, à savoir les adolescents en quête d'une seconde partie de soirée. Affligeant, grotesque et mauvais.

Un film d'horreur purement et simplement "Teenage", ne cherchant jamais à impliquer le spectateur dans l'action ni même à le troubler : Goyer est frontal, fonçant tête baissé dans les raccourcis douteux d'un scénario trop banal. David S Goyer nous montre qu’il est le Paul W.S Anderson du film d’horreur. Le film ne cherche même pas à établir un climat de tension ou de peur. Dans un premier temps parce que ça passe trop vite mais aussi et surtout parce que c’est très mauvais. Le film annonce qu’il dure 1h25 faux ! Il ne dure qu’une heure et quart le reste étant le générique. J’ose et j’assume crier au scandale. Je sais que c’est la crise mais même avec peu de budget on peut faire des choses bien à condition que l’on  soit motivé et ayant un œil cinématographique, ce que Goyer n’avait ni l’un ni l’autre.

Emmené par Odette Yustman (Ersatz de Megan Fox vue dans Cloverfield l’an dernier), le scénario ne parvient jamais à offrir au personnage une quelconque profondeur ou dimension, laissant une Odette livrée à elle même et incapable de donner corps à Casey. On se demande  presque alors à savoir les véritables intentions de Goyer, tant celui-ci se prend les pied dans chaque tapis se présentant devant lui. Et je peut vous dire que le film est un défilé de tapis, présenté par devinez quoi un marchand de tapis !

 Si la volonté de faire de ce Unborn une série B totale est manifeste (effets à outrances, personnages lisses et stéréotypés, séquences exutoires de mauvaises qualités il faut le dire), le ton du film paraît balancer entre pastiche et hommage.

 Le film balance sans cesse sur la corde raide, plongeant toujours plus profond vers l’abîme du genre. Un genre régit par des codes certes, mais dont l’abus est dangereux et pour la santé du spectateur et pour le film lui-même. Goyer, en cinéaste boulimique, cite à n’en plus pouvoir, il prend tout ce qui lui passe par la main, ne cherchant jamais l’originalité en se réfugiant derrière des poncifs sans jamais tenter de les réinventer.

Libre aux courageux de dresser le nombre incalculable  des impressions de « déjà-vu » ressentis au cours du film. Optant pour la figure de la gémellité, le scénario de Goyer en oublie le malaise, offrant un métrage trop lisse et jamais dérangeant.  Même lors de l’exorcisme final, la scène la plus importante… Elle est d’une pauvreté scénaristique, graphique, de mise en scène grave. Il n’y a rien à en tirer. On n’a jamais peur, on n’est jamais surpris, on ne frissonne pas. Pire on se retient de rire

Si les productions de Michael Bay s’orientent vers le remake (le Massacre à la Tronçonneuse de Marcus Niespel), Unborn pourrait se voir quant à lui comme un immense pot-pourri, plagiant et récupérant à son compte  sans jamais les lier mais plutôt à les emmêler les ficelles classiques du cinéma d’horreur.

Casey est alors traquée par un gamin tout droit tiré de la Malédiction, évitant les miroirs de Mirrors, protégée par des Dreamcatcher et soutenu par un Exorciste amateur. Rien que là je viens de vous citer 4 films du pas mal au grandiose que Unborn réclame comme filiation.

Aux commandes de cet exorcisme nous retrouvons un Gary Oldman avec stupeur et effroi, présent dans le film a peine une dizaine de minutes…

 En conclusion on peut dire que David S Goyer accouche dans la douleur de cet Unborn, produit de consommation courante sans saveur ni texture, ni identité. Difficile en effet de trouver une autre justification au projet que celle purement commerciale et financière, ébahi que nous sommes devant cette série B en forme de compilation ratée. Une parodie de série B, oui on en est là.

Et lorsque l’on sait que Goyer s’apprête à réaliser Magneto, (non pas celui de Serge) spin-off centré sur Erik Magnus Lehnsherr, là Goyer parvient véritablement a nous faire trembler de peur… !

Goromètre : 0 !! Oui le Goromètre est impitoyable, il n’a aucune pitié.

 

Par SeBastien - Publié dans : Le film d'horreur du mois
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