Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /2009 11:59

La pesante légèreté des femmes au cinéma prend souvent des aspects inattendus et parfois inquiétants dans la malfaçon cinématographique. De la comédie légère de « THE WOMEN » à l’exercice fastidieux de « NE TE RETOURNE PAS », le superficiel prend du poids chez les dames dans le domaine facile et néanmoins ardu du mauvais film où l’on s’ennuie. À mon grand regret, l’apanage du navet n’est plus une panacée masculine et en faisant déroger cette règle, vous vous exposez, Mesdames aux ricanements misogynes de quelques critiques avisées.

 

 

 

Ne te retourne pas

 

De Marina De Van

Avec Sophie Marceau, Monica Bellucci, Andrea Di Stephano, Thierry Neuvic

 

Genre cinématographique : introspection à la Houelbecq.

 


Le talent de la réalisatrice est de ne pas avoir choisi clairement le genre cinématographique de son œuvre. Le film oscille constamment entre le mode fantastique et le fantasme psychiatrique du dédoublement de la personnalité. Quatre acteurs talentueux pour incarner deux personnages sans envergure, plongés dans les affres du quotidien ; telle est la donne de départ pour un film qui n’en est plus un, à la fin, mais qui relève d’un assemblage maladroit de quatre historiettes. L’écheveau de l’histoire est compliqué. Une femme voit sa réalité se déformer et son corps se transformer à l’insu de son entourage pour une autre réalité et pour une autre personne, en des lieux et des espaces différents, dans une course où le présent et le passé du personnage ne se rencontrent jamais, tout en se côtoyant. Le dénouement de l’intrigue tombe sur la réunion de deux sœurs que le destin a séparées. Le personnage et son double se promènent dans une réalité qui elle aussi est schizophrène. Vous ajouterez quelques effets de maquillage et de caméra pour lier le scénario et vous aurez une intrigue tirée par les cheveux, dont vous aurez bien du mal à suivre le fil.

Le scénario est confus. L’évolution et la transformation du personnage vers son double n’ont pas un déroulement cohérent. Les scènes ne sont pas liées, mais collées, elles ne se découlent pas d’entre elles. L’installation de l’intrigue est trop longue. Il faut attendre dix minutes pour que l’intrigue démarre enfin. Les rebours non explicatifs sont fréquents et tombent chaque fois comme un cheveux dans la soupe. Si le thème de l’enfance traumatisée est récurrent, sous la forme d’une fillette errante et qui apparaît sous la forme d’hallucinations, au gré des vaticinations du personnage de Jeanne, on ne découvre qu’à la fin du film, ce qu’elle représente comme réalité oubliée. La juxtaposition de deux actrices si dissemblables telles que Sophie Marceau et Monica Bellucci pour le même personnage, rajoute à la confusion de l’histoire et le passage de l’une à l’autre n’est guère convaincant pour la compréhension de l’intrigue. On remarquera le même défaut pour les rôles masculins de Théo, le compagnon potiche de Jeanne.

L’interprétation du personnage de Jeanne et de son double est de bonne facture. L’ambiguïté  psychologique et le réalisme de la folie sont finement joués par Sophie Marceau et Monica Belucci. À ceci près, que le traitement de l’univers de la schizophrénie reste dans le domaine du superficiel sous sa forme symptomatique la plus commune. Ne faisant pas une œuvre de psychiatre, la réalisatrice n’a pas cherché la crédibilité du personnage, mais elle a plutôt privilégié l’errance intuitive de la psychologie féminine. On notera au passage l’utilisation fréquente des miroirs qui déforment la réalité des choses et des personnages, comme des pis-aller à l’avancement de l’action et cela tout au long du film. Le procédé est facile, mais il n’apporte rien à la compréhension de l’histoire.

  La photo est belle, mais si elle est une qualité pour d’autres œuvres, ici le souci du détail ou du gros plan qui traîne, nuit singulièrement au rythme du film. Pour ce qui est de donner des reflets esthétisants à la folie, cela atténue l’aspect dramatique du film et renforce son côté digressif. Ici la caméra est à contre-emploi et dilue l’intensité de l’action.

Pour une histoire de femme, je n’ose imaginer une telle complexité de scénario sans avoir la profondeur des personnages dans leur cérébralité, ce qui aurait rendu le film crédible, si elle avait été présente. J’aurais aimé une sensitivité rythmée, ordonné dans une logique implacable du cheminement vers la folie pour l’héroïne du film. Pour le fantastique, j’aurais aimé la présence des portes qui permettent de franchir les réalités. Je n’ai rien eu de tout cela.

 

The women

 

De Diane English

 

Avec Meg Ryan, Candice Bergen, Annette Bening, Eva Mendes, Jada Pinkett Smith et Debra Messing

 

Genre cinématographique : film de copines, dictionnaire imagé à l’usage des misogynes

 


Il y a t-il un homme dans ce film ? non, pas un seul !. Même les chiens sont des chiennes. Le distribution du film est exclusivement féminine, des actrices aux figurantes.

Il y a t-il des femmes dans la salle pour regarder le film ?. Non, pas une seule !. le public est exclusivement masculin, à l’image de vieux barbons pas propre sur eux, ou à la mine de puceaux attardés. Au mieux, ils ont une tête de célibataires renfrognés et ils prennent des notes.

De quoi parle le film ?. Des femmes ?. Sûrement pas !. Il évoquerait plutôt leurs petites manies, leurs petits travers, leurs petites préoccupations, leurs petites affaires, leurs petits shoppings, leur petite beauté, leurs petits amours, leurs petits maris, leurs petites amies, leurs petits riens, leur petit tout. En fait le film n’évoque rien, si ce n’est l’existence diserte et futile d’une communauté de femmes s’acharnant à sauver le mariage d’une des leurs. Au travers de ce prétexte, la réalisatrice, Diane English, dresse le portrait de la femme moderne au moyen de toute la clichetterie et de tous les poncifs caractérisant la femme américaine branchée de luxe.

Au trait forcé de l’exagération, cette comédie légère confine très vite à la balourdise. Aux répétitions des mêmes scènes, aux mêmes tons, au même comique de situations, les sourires se font très vite rares et font très tôt place à l’ennui et à la grimace de déplaisir.

Je soupçonne volontiers la réalisatrice d’avoir dépeint un poulailler rempli de volailles caquetantes, où le coq est absent. Si tel est le cas, l’exercice est réussi. Cependant le maniement du superficiel requiert tout un art de la mise en scène. Or ici, il n’existe pas et le film n’est jamais rien d’autre qu’un feuilleton télévisuel dont on aurait rassemblé les tranches de saucisson.

Que dire de la prestation des actrices ?. Si ce n’est un jeu facile, convenu et à dessein caricatural, il ne relève pas de la performance.

Que dire de la photo, si ce n’est une caméra baladeuse aux plans bâclés qui se promène au gré des happenings d’une mise en scène approximative.

Trouver une qualité à ce film reste une gageure qui demanderait plusieurs visionnages et des efforts de patience titanesque, sachant que j’ai eu beaucoup de mal à rester jusqu’à la fin de la projection.

 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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