Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /2009 11:38


Comme le disait le grand philosophe Zinedine Zidane : « Et ouais, c’est la reprise ». Et pour une reprise en fanfare, rien de tel qu’une comédie musicale ! Alors vite, les filles sortent les parapluies, les gars remontent leurs bretelles et tous ensemble dans la machine à remonter le temps, direction les chantantes et joviales sixties. Alors oui, j’aurais pu vous parler d’un film de Jacques Demy dans la grande tradition de la comédie musicale à la française (c'est-à-dire celle qui veut que  Catherine Deneuve fasse du playback accoutrée comme une mendiante pendant que c’est Anne Germain qui chante en studio du fait qu’elle soit bien trop laide pour passer à l’écran), mais j’ai préféré filer outre-Atlantique pour un film beaucoup plus récent et surtout bien plus rock’n’roll. Fini les robes à pois et les rubans dans les cheveux, bonjour les riffs de guitare sauvages et les t-shirts à l’effigie de groupes de metal morts depuis des décennies. Bienvenue à Hollywood, où l’océan rencontre le désert, mais où s’est également formé le plus grand et gros groupe de rock de tous les temps : Tenacious D. Pour ceux qui ne les connaitraient pas encore, je ne peux que vous conseiller de voir en urgence Tenacious D in The Pick of Destiny, et ceux pour moult raisons.

La première, c’est que ce film raconte une histoire vraie, mais de manière totalement fantasmée. Vous ne pourrez donc pas découvrir la vraie histoire de comment nos deux protagonistes se sont rencontrer et comment ils sont devenus les meilleurs amis ainsi que les meilleurs compositeurs du monde, mais vous pourrez en revanche découvrir ce qui se cache dans l’esprit dément de chacun de nos deux héros, puisqu’ils sont également les scénaristes du film avec Liam Lynch (le réalisateur), mais je vous en reparlerais plus tard. Le scénario, pour faire simple est le suivant : JB, rockeur dans l’âme, a quitté sa famille hyper catho sur les ordres de Ronnie James Dio lui-même (pour ceux qui ne le connaitraient pas, il s’agit du chanteur du groupe Dio mais aussi de Black Sabbath durant les années quatre-vingt) pour rejoindre Hollywood afin d’y trouver un compagnon qui lui apprendra le rock dans les moindres détails. A peine arriver, il tombe sur KG est reste totalement pantois devant les talent de guitariste de ce dernier. Ils décident très vite de former le groupe Tenacious D dont ils sont les deux uniques membres, mais pour atteindre la gloire et surtout payer le loyer, ils doivent écrire rapidement un chef-d’œuvre. En panne d’inspiration, ils se lancent finalement à la recherche du médiator de la destinée, objet mythique permettant à quiconque de jouer de la guitare comme un dieu, mais qui paradoxalement, se trouvait appartenir à l’origine à l’ennemi le plus terrible de tous l’univers et même au-delà : Satan. Je vous laisse le soin de découvrir la suite par vous-même, car il est maintenant d’ôter le voile mystérieux qui recouvrait jusqu’alors cette chronique.

Mais qui sont donc KG et JB ? Et bien ils répondent respectivement aux patronymes de Kyle Gass et Jack Black. Si le premier ne vous dit sans doute strictement rien, le second vous est forcément familier puisqu’il s’est peu à peu affirmé comme une valeur « presque » sûr dans le domaine de la comédie totalement déjantée. Les deux sont en fait comédiens et ont créé Tenacious D en 1994 pour faire du rock et délirer. Sorti en 2007, il faut savoir que ce film constitue à la fois un prolongement et un prequel, puisqu’il raconte la création du groupe mais est sorti après la série Tenacious D diffusée sur HBO à la fin des années quatre-vingt dix, série qui présentait le quotidien de nos deux rockeurs barrés. On retrouve de ce fait dans ce film « familial » (dans le sens où ce sont la famille artistique et les proches de Tenacious D qui sont aux commandes) des compères de Jack Black, dont certains sont tout aussi excellent dans l’humour débile (Ben Stiller et John C. Reilly entres autres) mais également d’autres moins habitués à ce registre, avec en particulier l’excellent Tim Robins (dont l’on a pu apprécier la prestation dans Mystic River par exemple), la très jolie Amy Adams et surtout Dave Grohl, qui ne passera malheureusement pas à la postérité pour ses talents de comédiens puisqu’il est l’actuel chanteur des Foo Fighters et ex-batteur de Nirvana. Autant dire que tout ce petit monde ne se prend pas du tout au sérieux et que même si Jack Black constitue le véritable performer du film avec une interprétation tonitruante, on sent véritablement que le mot d’ordre aura été l’éclate avant tout. Mais quel est le paramètre qui fait passer cette comédie totalement loufoque vers le statut de film culte.

Et bien il s’agit tout simplement de la bande-son, chose à ne pas négliger quand il s’agit d’une comédie musicale. Constituant seulement le deuxième album du groupe en quinze ans d’existence, elle est tout simplement parfaite, avec des riffs énormes quand il le faut mais également de la guitare acoustique, instrument de prédilection de nos deux compères. Je ne m’étendrais pas plus sur ce sujet puisque nous inaugurerons la semaine prochaine une nouvelle chronique ayant pour objet les bandes-originales et musiques additionnelles et que cette grande première sera consacrée à Tenacious D in the Pick of Destiny. Pour les impatients, je leur conseille d’aller voir le clip du morceau Tribute, extrait de leur premier album éponyme et réalisé par Liam Lynch, tant ce clip constitue une sorte de bande-annonce du film et présente parfaitement l’univers du groupe. Pour les autres, on se retrouve la semaine prochaine avec des extraits musicaux en veux-tu, en voilà. Bonne semaine à tous.

Par SeBastien - Publié dans : La nouvelle séance de M. Rémi
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