Funny People by Rémi
De Judd Apatow
Avec Adam Sandler, Seth Rogen, Jonah Hill, Leslie Mann, Jason Schwartzman
Funny people, les gens marrants. Annoncé brut comme cela, on pourrait penser que le film de Judd Apatow est consacré à l’équipe de Pendant Ce Temps Là… A dire vrai, nous aurions parfaitement put être les personnages de chacun des précédents films estampillés Apatow (qu’ils le soient au niveau de l’écriture, de la réalisation ou de la production), et ce grâce au fait que chaque personne présente dans ce studio est, quelque part au moins, un adulte qui a refusé de devenir grand (métaphoriquement bien sûr, mais également littéralement pour l’un d’entre eux). Oui, nous aurions put. Mais voilà, Funny People marque un tournant dans la filmographie du pape de la nouvelle comédie hollywoodienne, tournant qui fait que les grands enfants un peu (ou parfois carrément) débiles ont perdu leur place de protagoniste principal. Le nouveau apato-héros n’a rien du loser attachant mais lorgne plutôt du côté du self-made man désabusé. Maturité du personnage principal, film de la maturité pour la seulement troisième réalisation de Judd Apatow. Oui, Funny People c’est tout cela, mais plus encore.
George Simmons, star du stand up devenu également acteur dans des comédies alimentaires proches du niveau zéro, apprend qu’il est atteint d’une forme très rare et agressive de leucémie. C’est à ce même moment qu’il rencontre Ira Wright, jeune comique qui passe régulièrement dans un club et qui survit en travaillant chez un traiteur de centre commercial. George va engager Ira pour lui écrire des vannes, mais pas seulement. Comme vous l’entendez, nous sommes désormais très loin des scénarios habituels de l’écurie Apatow, puisque cette fois-ci la question de vie et de mort est bien réelle. Oui, parce qu’elle était quand même présente avant mais de manière plus métaphorique, par exemple dans SuperGrave, qui mettait en exergue la seule véritable question de vie de mort pour un lycéen de dernière année : le faire avant d’arriver à l’université. L’autre évolution principale, qui représente sans doute également la plus grande réussite du film, c’est de nous plonger dans l’univers des funny people, de partager le quotidien des professionnels de l’humour, et ce à différents échelons de célébrité, c’est-à-dire de l’illustre inconnu à la superstar. En effet, si les protagonistes des précédents films se vannaient en permanence (où étaient tellement débiles que la vanne était inutile), nous avons ici à faire à de véritables vanneurs professionnels, ce qui donne lieu à des scènes vraiment hilarantes, mais sans qu’elles reposent systématiquement sur le même procédé comique, ce qui est plus qu’appréciable.
De ce fait, si à l’instar des autres films Apatow, les joutes verbales et le comique de situation sont évidemment présents, on trouve également des sketches de stand up écrits pour le film. Ainsi, un nouvel univers comique s’installe, univers empreint d’une certaine angoisse : celle de la page blanche, mais aussi et surtout celle du bide total. Il est à noter que cette angoisse est inexistante au sein de l’équipe de Pendant Ce Temps Là…, puisque ici l’on assume tout, chose pour laquelle nous avons sans doute tort. Passons. Cette tension sous-jacente de la peur du bide, qui est principalement présente chez Ira, fonctionne de pair avec la tension enveloppant la maladie de George.
Cette conjugaison d’humour nécessaire et d’humour gratuit, sous-tendue par une noirceur omniprésente (notamment chez George), donne au film un ton vraiment particulier voir unique. La fascination de Judd Apatow pour le monde du stand up le pousse à peut-être réaliser son film le moins drôle, mais également le plus touchant voir carrément le meilleur. La qualité du film revient d’une autre manière aux acteurs, puisque quasiment toute la famille a été réunie, aussi bien celle de sang (Madame et Mesdemoiselles Apatow étant présentes au générique) que celle de cœur : Jonah Hill, Jason Schwartzman, Seth Rogen et surtout Adam Sandler qui trouve ici son meilleur rôle. Vous pourrez même voir des images de ce dernier à l’université, images filmées par son colocataire de l’époque, un certain Judd Apatow. La famille est donc primordiale dans le monde de Judd Apatow, et si elle est toujours triomphante, elle n’a pas l’exclusivité des liens du sang. Apatow fait donc qui lui ressemblent, qui ressemblent à sa vie, et bon sang on a vraiment envie d’en faire partie.
En conclusion, Judd Apatow réalise avec Funny People un film hybride entre ses œuvres habituelles et ce que pourrait offrir n’importe quel bon film indépendant américain (Juno s’il ne devait en rester qu’un). Il n’y a d’ailleurs qu’à écouter la bande-son composée par Jason Schwartzman pour s’en convaincre. C’est donc avec un film plus sombre plus sérieux mais paradoxalement toujours aussi drôle que Judd Apatow s’est ouvert à un plus grand public. C’est en s’ouvrant à un plus grand public qu’il a essuyé son premier échec. Un paradoxe en chasse un autre
500 jours ensemble by Tsipy
De Marc Webb
Avec Zoey Deschanel et Joseph Gordon-Levitt
Un film réalisé par Marc Webb, le réalisateur de clips qui ici tente son premier long métrage cinématographique.
500 jours ensemble est un film assez étrange et très simple. Il prend le genre de comédie romantique pour détourner le genre en comédie non romantique. Tom est fou amoureux de Summer et cela depuis plus de 500 jours. Le film raconte du point de vue de Tom les jours de leur non romance. Car oui il s’agit d’amour mais loin d’être une histoire d’amour, Tom lui est amoureux, mais Summer ne l’a jamais été.
Le rythme du film est complètement déstructuré grâce à un chapitrage très bien fait, on passe du premier jour idyllique de leur rencontre au dernier jour correspondant à leur séparation. Toutes les images et toute la narration est subjective car c’est Tom qui raconte l’histoire selon ses souvenirs quelque peu effacés des point négatif et révélateur du non-amour de Summer.
Tom est un looser, il croit en l’amour et reste persuadé malgré la rupture que Summer est la femme de sa vie. Un looser est toujours accompagné par une bande d’amis de looser. Ses deux amis de toujours sont très touchant : l’un a connu sa femme à la maternelle et pour lui l’amour n’est pas une quête mais a toujours été acquis. L’autre, à l’inverse, a rejeté l’amour de sa vie car personne n’a jamais voulu de lui. Un personnage remet Tom à sa place, c’est à dire dans la réalité, il s’agit de sa sœur âgée de 10 ans, qui, très lucide, donne des leçons sur l’amour.
Le tout se passe bien sûr à New-York dans la ville où les Américains vont chercher du travail mais aussi l’amour et qui reste éternellement la ville des célibataires.
Les acteurs, Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschannel, sont époustouflants, leur douceur visuelle et reflètent bien la violence psychologique qu’ils s’infligent.
Marc Webb met en place une musique, qui n’est pas seulement accompagnatrice mais une narratrice. Il instaure plusieurs narrations. Une voix-off en anglais représentant le personnage principal. Une voix-off omnisciente, en français, comme si le français était la voix narratrice de l’amour, qui nous écarte de ce regard subjectif, elle n’est pas moralisatrice au contraire, elle n’hésite pas à humilier les personnages.
Le réalisateur mélange les genres. On assiste à une scène très drôle, le lendemain de la première nuit des deux personnages, Tom part au travail en affichant un sourire béat. Puis se met en place le genre de la comédie musicale, le personnage danse et chante avec les figurants. Cette scène très surprenante fait rire et reflète bien l’état d’esprit du personnage et rappelle peut-être aux spectateurs certains souvenirs.
Il prouve ici qu’il manie très bien la caméra. Une scène est très belle, Tome est invité chez Summer alors qu’ils se sont quittés. Un split screen se met en place avec deux titres : « attentes » pour l’un « réalité » pour l’autre. Cette scène accompagnée d’une musique superbe est très émouvant et superbement filmée.
Cependant le réalisateur n’ose pas et les quelques scènes de folie qui décalent le film sont géniales, j’aurais aimé qu’il tente plus et que le film soit entièrement décalé, mais je pense que le second sera plus culotté et donc plus réussit. Marc Webb est donc un réalisateur qui prouve dès son premier film qu’il est un réalisateur doué qui promet de belles choses pour l’avenir de la comédie indépendante américaine.
La vida loca by Céline
De Christian Poveda
A venir