Blindés by Vincent
De Nimrod Antal
Avec Matt Dillon, Colombus Short, Jean Reno
Après la mort de ses parents, Ty rentre d’Irak où il était soldat, pour s’occuper de son petit frère. Pour faire face aux factures, il accepte de travailler comme convoyeur de fonds pour la société qui employait son père. Au dernier jour d’essai, Ty se voit proposer par Cochrane, son chef d’équipe, de voler 42 millions de dollars qu’ils doivent bientôt transporter. Le plan est simple : pas d’armes, pas de victimes, pas de violence et aucune preuve…Toute l’équipe est dans le coup. D’abord réticent, Ty finit par accepter. Le jour J, le plan se déroule sans accros, jusqu’à ce qu’un imprévu fasse tout déraper…
S’il y a bien un film qu’il faut ABSOLUMENT éviter, c’est bien Blindés. Je vous avoue avoir grandement souffert lors de la projection. Mais avec un peu de recul, on peut faire passer cela pour une séance comique. Tout d’abord, il faut noter l’absence d’un grand héros du cinéma d’action, qui a une place particulière dans notre émission. Je veux bien sûr parler de l’incontournable Jason Statham…Mais ne soyez pas déçus, fans de Mr Cellule-grise, le film Blindés apporte largement son lot d’acteurs dépourvus de finesse. A commencer par le désormais célèbre Matt Dillon, qui n’a jamais rien fait d’autre que ce genre de rôles et qui semble à chaque fois plus mauvais que la fois précédente. Dans Blindés, il incarne le chef de l’équipe des convoyeurs de fonds. Bref, une interprétation minable pour un rôle creux. J’ai juste envie de dire : Bravo ! Mais si cela avait été le pire, le film aurait pu passer. Mais non ! Il a fallut qu’ils nous collent le grand Laurence Fishburne. L’homme qui n’a été capable de remplir correctement qu’un seul rôle dans toute sa carrière : celui de Morpheus dans Matrix (et encore, s’il avait été convaincant…). Et là, vous devez penser que j’en ai finit avec un casting décidemment pourri. Mais encore une fois, non ! C’était sans compter sur notre Jean Reno national, qui se révèle parfaitement inutile et quasi-muet (peut-être la seule bonne initiative du film. Afin de terminer cette vision d’horreur, ajoutez un Amaury Nolasco (Prison Break) inutile et fade au possible et Columbus Short dans le rôle principal, qui nous offre une profondeur de personnage aussi profond que le contenu d’une cuillère à café.
Mais j’en oublie de parler du film avec tout ça. Et me voilà face à un nouveau dilemme : le film. Qu’est-il possible d’en dire ? Rien. Absolument rien si ce n’est un scénario fade et stupide au possible. Passe encore l’idée d’un détournement de fond orchestré par une équipe de convoyeurs. Passe encore que l’un des convoyeurs se rebelle contre ses collègues pour des questions d’éthique. Mais que les 1h30 de film tourne autour d’un mec enfermé dans son propre camion pendant que les autres (qui veulent lui faire la peau) s’acharnent sur 2 pauvres charnières de portes, alors là non !
Enfin bref, Blindés est un film minable dont le niveau n’est même pas relevé par les décors (un hangar désaffecté, super original et esthétique…) et surtout pas par sa bande-son (on passera sur ce sujet). Avec des dialogues d’une profondeur extrême et dont la phrase la plus marquante est (accrochez-vous !) digne des grands philosophes : « Si vous pensez arriver en retard, arrivez en avance ». C’est dans le film, c’est véridique. Un film nul à l’image de la nullité de son réalisateur qui nous promet encore un chef-d’œuvre cette année avec la réalisation de Predators dans le courant de l’année.
Mr. Nobody by Etienne
De Jaco Von Dormael
Avec Jared Leto, Sarah Polley, Diane Kruger, Rhys Ifans
Six mois de tournage, un budget de 33 millions d’euros, un an de montage et une sortie sans cesse repoussée, la réputation du dernier film de Jaco Van Dormael le précédait de beaucoup. Un film dont la production est un événement en soi puisque le film compte parmi les plus importants projets cinématographiques mis en place en Europe depuis des années.
Un film international : français, britannique, belge, et canadien.
Un film qui pousse encore Jared Leto à jouer les caméléons, lui qui affectionne les défis dramatiques comme il l’avait déjà prouvé dans Chapitre 27 (film sur Mark Chapman, l’assassin de John Lenon). Un comédien alternant toujours entre cinéma indépendant et grosses machines hollywoodiennes et pour qui Mr. Nobody constituera sans doute l’une de pierres angulaires de sa filmographie.
En 2092, un centenaire du nom de Nobody (Jared Leto) se trouve être le dernier mortel sur Terre. Au terme de son existence, l'homme raconte sa vie mouvementée à un journaliste en quête de réponses. Mais le récit de Nobody ne cesse de se contredire en partant de la séparation entre ses parents ? Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d'être vécues. De hasards en rencontres, le destin de Nobody devient de plus en plus nébuleux.
Plonger dans Mr. Nobody, c’est explorer la vie, des vies, celles de Nemo Nobody, l’homme sans identité, le Monsieur Tout-le-Monde devenu à 118 ans le doyen d’une humanité qui a trouvé la recette pour échapper à la mort et est ainsi devenu la bête de foire des journalistes, d'un monde qui retient son souffle pour mieux observer le dernier de ce Nobody.
Le parti pris de ce Mr. Nobody est celui de donner à voir la vie comme une gigantesque arborescence de possibilités, de rencontres, de choix. Les thématiques y sont multiples, tant qu’elles finiraient presque par étouffer le récit sous une montagne d’idées et d’envies. Récit sur l’amour, la physique quantique, l’effet papillon, le temps, la mort, le scénario de Van Dormael est tout ça à la fois. Une sorte d’effet papillon poétique et lyrique.
Sans doute que le fait que la version que nous ayons ne rend pas justice et grâce au fourmillement artistique a l’œuvre de Jaco Von Dormael, (la version Director's Cut dure 3h).
Pourtant les récits filmiques sur les probabilités et le temps ne date pas d’hier, on se souvient de Cours Lola Cours de Tom Tykwer, Eternal Sunshine Of The Spotless Mind de Michel Gondry ou encore The Fountain de Darren Aronofsky. Mais Mr. Nobody est à voir comme une boite en carton dans laquelle Jaco Van Dormael aurait tassé le plus possible de choses. Un film parfois redondant et minutieux qui pourra rebuter plus d’un spectateur par sa forme étirée qui allonge un scénario où évidement l’action n’est pas le maitre mot.
La mise en scène et le montage de ce Mr. Nobody sont à la hauteur des sept ans de préparation, chaque plan paraît longuement mûri, pesé au maximum. Car aucune des vies de Nobody ne pourrait exister visuellement sans les autres, tant Van Dormael joue à trouver la transition la plus efficace, à briser les codes narratifs éclatant son récit sur un temps indéterminé, à utiliser sa caméra de manière la plus parlante possible.
Une démonstration théorique portée par des séquences splendides, un découpage
millimétré.
Un film où les acteurs ont la part belle, une belle prestation de Jared Leto qui confirme tout le talent qu’il a, aussi crédible à 30 ans qu’à 120 ans. L’acteur qui joue son rôle adolescent est promis a un véritable et brillant avenir cinématographique tant sa performance éblouie !
Des seconds rôles investit tels que Rhys Ifans (Good Morning England), ou encore Sarah Polley.
Mister Nobody est un magma visuel et émotionnel, le film nous laisse avec l'étrange impression d'avoir visionné un film trop plein ou finalement trop vide. On y voit un poème filmique magnifique extrêmement inspiré mais aussi une coquille meublée d'un best of graphique résultant des dix dernières années de cinéma. Oscillant entre la simplicité d'une histoire d'amour et le grandiose d'une réflexion sur la création, Mr. Nobody n'est pas pour autant un film malade, plutôt une expérimentation audacieuse sur la narration. Quelle véritable interprétation est la bonne pour Mister Nobody ? Quelle voie choisir ? Comme le dit Nemo Nobody : elles sont toutes les bonnes. Et elle vous conseille ardemment d’aller apprécier ce film peut être rebutant par sa structure mais d’une telle réflexion philosophique sur la création et la vie que l’on est prêt a pardonner a Jaco les quelques longueurs ou les quelques absences scénaristiques qui ponctuent le récit ! Probablement encore que la version Director’s Cut sera nécessaire pour appréhender aux dimensions réelles la qualité de cette œuvre philosophique.
Invictus by Tsipy
De Clint Eastwood
Avec Morgan Freeman, Matt Damon
Et voilà, le dernier Clint Eastwood sort dans nos salles alors que le dernier s’installe tout juste dans les kiosques (Gran Torino). Il est décidemment un réalisateur hyperactif, (30 films) et de ceux qui arrive à sortir deux films par an et toujours de grande qualité.
Clint Eastwood quitte son Amérique profonde et pour mon plus grand plaisir, Gran Torino m’avait beaucoup déçu avec son image christique. Il met donc en scène la coupe du Monde de rugby de 1995 en Afrique du Sud sous la présidence de Nelson Mandela. Loin d’être un biopic « à la mode » sur le Président mythique, il met en scène comment l’équipe nationale est arrivée à la victoire et comment le tout nouveau Président vit cette compétition.
Dans cette frénésie de réalisation, se dessine le héro à la Clint Eastwood. Un héro bien particulier que l’on aime sans l’adorer, que l’on pardonne sans vraiment comprendre pourquoi. Un peu à l’image du cow-boy des westerns dans lequel l’acteur a brillé, le héro du réalisateur est un solitaire malgré lui. En passant par Gran Torino, Sur la route de Madison, Million Dollars Baby et Invictus, son héros est un écorché vif, éloigné de femme et enfant(s). Pas tout jeune, son histoire reste une énigme dont il ne donnera que quelques clés. Toujours un peu grincheux et brute de décoffrage, il semble vouloir se faire pardonner en se donnant à l’autre. Malgré tout, cet homme restera toujours seul, mais repartira avec un sentiment de satisfaction.
Le film est sans nul doute, signé Clint Eastwood. On retrouve ces notes aiguës de Million Dollars Baby, la musque étant signé Clint Eastwood et Kyle Eastwood tout comme dans Gran Torino. Une musique pas envahissante mais qui révèle certaines parties importantes du récit.
Sans être très dur avec ce réalisateur que j’admire, j’ai depuis Million Dollars Baby, été déçue par ce metteur en scène, qui nous avait habitué à mettre l’émotion au premier plan de son film. Dans L’échange, le rouge à lèvre et le mascara d’Angelina Jolie étaient passés avant. Dans Gran Torino, où la musique transportait le spectateur, le grognement de l’acteur et l’image finale christique m’avaient désenchanté. Bien que nous ayons ici un changement majeur de style, il s’attaque aux faits et aux hommes historiques, mais l’explosion d’émotion ne fonctionne pas. Bien que Morgan Freeman joue un Mandela plus que semblable, on en oublie son visage, sans ajouter l’interprétation très juste de Matt Damon en capitaine et de tous les acteurs, ils livrent tous de très belles prestations. Mais, le réalisateur s’éparpille entre l’Histoire, les matchs et les histoires. L’ouverture du film qui débute avec les gardes du corps de Mandela était très prometteur mais on s’en échappe, on passe très vite sur Mandela et sa solitude puis ce côté s’envole et la caméra va faire un tour vers le capitaine. Il a, selon mon avis, tout voulu filmer sans pouvoir faire de choix au montage. Le récit se retrouve multiple sans que cela semble être l’intention de l’auteur. Un film qui avait un humanisme poignant se retrouve être un ensemble de confettis qui perd de son but. De plus, le réalisateur ne nous avait pas habitué à cela, on retrouve une foule de clichés : l’apartheid prend fin dès la victoire de son équipe nationale, les policiers blancs prennent des enfants noirs dans leurs bras…
Mais Clint Eastwood en relatant une histoire vieille de 15
ans, prouve que le sport est indéniablement lié à la politique. L’actualité, hélas, appuie son propos, 2 footballeurs togolais sont morts suite à une fusillade de leur bus, alors qu’il se rendait
à un match.
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