Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 12:00

2012     by Vincent

 

De Roland Emmercih

 

Avec John Cusack, Chiwetel Ejiofor et Amanda Peet

 

 

Un des films les plus attendus de l’année (juste derrière le très attendu Avatar). Mais il n’était pas nécessaire de faire autant de foin pour si peu de chose. Non pas que le film est d’une nullité totale, il faut surtout dire qu’il n’est pas une réussite totale, loin de là.

Résumé :

2012 raconte l’histoire de la fin du monde comme le prédit le calendrier Maya, l’une des plus anciennes civilisations du monde. En effet, ce dernier s’achève le 21 Décembre 2012. Afin de vérifier si ces dires sont exactes, les astrologues, les numérologues, les géophysiciens et toutes sortent d’experts gouvernementaux valident cette théorie. Malheureusement, il est trop tard pour chercher à sauver tout le monde. Lorsque les plaques tectoniques se mettent à bouger et à créer des séismes d’une amplitude telle que des villes comme Los Angeles sont rasées en quelques minutes, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se lancent à corps perdus dans un voyage désespéré…

Après Independance Day et Le jour d’après, Roland Emmerich revient sur nos écrans avec un nouveau film catastrophe, mettant en scène l’Apocalypse avec un grand A. En effet, 2012, se base sur un fait réel : la prédiction de la fin du monde en 2012 selon le calendrier Maya. Cette théorie étant encore à l’étude (puisque le NASA réfute cette thèse tandis que des chercheurs l’approuvent) on est en droit de se demander « A quoi ça va ressembler ? ». A travers des effets spéciaux époustouflants, Emmerich tente de nous montrer sa vision de la chose. Jusque là, c’est plutôt bon comme idée. Mais ça se complique lorsque le scénario nous présente un écrivain divorcé, tout ce qu’il y a de plus banal, du nom de Jackson Curtis (John Cusack) qui part sauver ses gosses et sa femme du cataclysme. L’action, plutôt dramatique à première vu, semble amuser les personnages tout au long du film. Depuis la course en voiture dans Los Angeles contre le méchant séisme, jusqu’au tsunami de dans le Tibet, en passant par des zigzags en avion entre des immeubles qui s’effondrent et une pluie de boules de feu sur le Wisconsin, nos « héros » trouve le temps de se lancer des petites blagues (américaines bien sûr) et d’admirer des voitures de collections. Bref, deux scénar’ pour le prix d’un ; manque de bol, le deuxième vient pourrir le premier.

Passons maintenant du côté des acteurs, avec le vrai-faux retour de John Cusack qui ne trouve toujours pas de rôle qui puisse nous faire oublier le pitoyable Chambre 1408 de 2007. Dommage, car l’acteur joue bien, mais le personnage qu’il incarne est affligeant de banalité. A noter que l’on retrouve également l’acteur Chiwetel Ejiofor (Inside Man, Les Fils de l’Homme, American Gangster), Thandie Newton (Entretien avec un Vampire, Mission Impossible 2 et W.) et Danny Glover (L’arme fatale, Soyez sympas, rembobinez !) dans le rôle du Président des Etats-Unis, ni plus, ni moins.

Voilà. En bref, 2012 n’offre pas beaucoup plus à en dire que le scénario et les acteurs, sinon que les effets spéciaux sont vraiment très réussis, au point d’en être frissonnants par moments. Un film qui se laisse voir, mais qui au final, n’apporte pas grande satisfaction. Espérons que les gros films de fin d’année ne sont pas tous de cette trempe.

 

A l’origine     by Tsipy

 

De Xavier Giannoli

 

Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos et Gérard Depardieu

 

 

Un film avec un projet bien ambitieux, tiré d’une histoire vraie, il relate la vie d’un petit escroc, arrivant dans un village du nord de la France affaiblit par le chômage et l’absence de perspective. De petit escroc, il passe à chef de travaux d’une parcelle d’autoroute qui ne vient et ne va de nulle part, gérée par une entreprise qui n’existe pas. Ce qui aurait pu être son plus grand coup devient son entreprise qu’il gère avec les tripes. Le village entier adopte cet homme qui leur promet monts et merveilles, sans douter de lui, ils lui offrent tout : hospitalité, amitié et argent. Le village qui aurait pu être une croix sur sa « carte de chasse » devient son village, dont il est le sauveur. Les habitants qui auraient pu être des victimes parmi d’autres deviennent sa famille, ses amis… Le personnage principal, grand solitaire semble avoir trouvé où poser ses valises. Le tout est de savoir comment cet homme dont les intentions premières étaient plus que malsaines va pouvoir sortir de ce cercle vicieux sans autres solutions que de fuir et quitter sa famille adoptive.

À l’origine de ce film, de bonnes intentions, l’histoire d’un escroc repentit sans rentrer dans le mélodrame est très intéressante. D’ailleurs, le réalisateur le fait très bien. Nous suivons ce Mr Miller du début à la fin, dans ces craintes, ces espoirs… la psychologie du personnage est très bien faite et ne contient aucune contradiction.

Le réalisateur met en scène son récit dans le nord de la France. Le tableau réaliste de cette région est suivi du début à la fin. Y est peint, une population pleine d’espoir et de rêve qui subit la crise économique de la région qu’ils ne quitteront jamais car ils ne connaissent qu’elle. Des personnes très attachantes, en passant par la jeune mère, le jeune dealer et papa, la maire veuve et désemparée… Une peinture de la société actuelle sans stéréotypes, ni clichés qu’il montre ni bête, ni idiote mais simplement pauvre, non pas de culture mais de vice. Ils offrent tout à cet homme qu’ils ne connaissent ni d’Eve ni d’Adam. Et bien qu’il puisse être un escroc, tant pis, le tout est de croire.

A l’origine de ce film, de très bons acteurs. Le rôle de Mr Miller, interprété par Cluzet est une très grande réussite. Il faut dire que cela tient plus de la performance pour ce comédien, qui occupe les 99% du film. Du début à la fin, Cluzet est Mr Miller et prouve son talent dans l’expression de son visage mais aussi jusque dans ses respirations. Quant à Emmanuelle Devos, jouant le maire du village qui s’amourache avec Cluzet, elle est attachante et son regard interprète bien la femme qui possède une longue histoire.

Mais au final, car il est bien d’avoir de bonnes intentions, mais le film possède de nombreuses lacunes et cela est bien dommage.

Beaucoup de scènes sont inutiles, le film donne l’impression que le réalisateur a souhaité insérer dans son film toutes celles qu’il a tournées. Certaines scènes métaphoriques sont beaucoup trop longues et pas forcément nécessaires au récit. Elles coupent le rythme au film et c’est cela qui manque le plus : du rythme. Ce dernier est beaucoup trop saccadé : une séquence lente, puis une haletante suivie d’une scène ordinaire… Quant à Soko, une chanteuse formidable que j’aime beaucoup, un conseil : reste à la chanson et arrête de suite a comédie. C’est pitoyable.

J’irai même plus loin, je pense que la première partie qui nous raconte qu’il s’agit bien d’un escroc, ces quarante premières minutes ne sont pas indispensables au film. Il aurait été plus intrigant de ne pas savoir si ce mystérieux Mr Miller était un escroc.

Donner toutes les clés au spectateur n’est pas essentiel, au contraire il est beaucoup plus appréciable pour ce dernier d’être plongé dans le doute. Selon moi, sans cette première partie, je ne me serai pas assoupie, chose que j’ai déjà faite une fois et c’était pour Scary Movie III. Entre les intentions merveilleuses, le récit à l’origine remarquable et le résultat sans rythme, sans fond, lourd, le spectateur s’y perd et s’endort. DOMMAGE.

 

L’enfer d’Henri-Georges Clouzot     by Rémi

 

De Serge Bromberg et Ruxandra Medrea

 

Avec Romy Schneider, Serge Regiani, Berenice Béjo et Jacques Gamblin

 

 

Le cinéma est truffé de projets avortés car trop ambitieux, irréalisables, ou juste à cause d’un concours de circonstance. L’enfer fait partie de ceux-là, et un peu pour toutes les raisons précédemment citées. L’enfer, c’est l’expression la plus pure du génie filmique d’Henri-Georges Clouzot, génie à la fois créateur et destructeur qui conduira le projet à sa perte. L’enfer, c’est un brasier, un abîme brulant dont le feu a couvé sous la cendre pendant près d’un demi-siècle et qui n’attendait que d’être exhumer par Serge Bromberg et Ruxandra Medrea pour brûler à nouveau. Histoire d’une belle au bois dormant réveillée par le plus grand des hasards. Serge Bromberg, figure de la cinéphilie française, se retrouve un jour coincé dans un ascenseur avec Inès Clouzot, veuve du cinéaste disparu en 1977. En résulte une ouverture des archives personnelles du réalisateur et la découverte émue de non pas dix ou vingt mais bien cent quatre-vingt-cinq bobines, soit seize heures de film en parfait état tournées durant le printemps et l’été 1964. Il apparaît alors comme une évidence que cette exhumation ne peut rester dans le cadre uniquement privé, et Bromberg de monter un projet pour faire rejaillir au grand jour le talent du réalisateur français.

Le résultat est tout simplement unique. Pas tout à fait un documentaire, L’enfer d’Henri-Georges Clouzot (puisque c’est bien de ce film-ci qu’il faut parler) ressemble plus à une recomposition, à une reconstruction d’un  puzzle constitué de tout ce qu’aura été le film de Clouzot, mais également de tout ce qu’il aurait put être. Si la vision d’ensemble offre un rendu homogène et passionnant, il faut tout de même distinguer différents types parmi les pièces composant le puzzle. En premier lieu, il y a les pièces d’origines, celles qui constituent à la fois la substantifique moelle mais également l’ossature du film, à savoir les fameuses images extraites des 185 bobines. Tout le génie de Clouzot nous saute alors à la figure pour mieux nous prendre à la gorge. Non content de montrer une véritable science du cadrage dans les scènes de réalité, le cinéaste français s’était permis toutes les audaces visuelles et esthétiques pour rendre compte au mieux de la névrose pathologique de Marcel Prieur (un Serge Reggiani époustouflant), jaloux maladif convaincu d’être trompé par sa femme Odette. On ne peut que rester béat d’admiration devant ces plans fantasmés et fantasmagoriques où l’omniprésence du  mouvement dans l’image n’a d’égal que la fixité du plan. Les lumières changeantes tournoient, l’image s’autorise à revenir en arrière, les corps se déforment, et tout cela pour mieux permettre à  la beauté de venir s’imprimer sur le film. Pour ne citer qu’un exemple, la simple émotion esthétique provoquée par trois points lumineux qui viennent tourner sur l’iris de Romy Schneider est déjà à mon sens sans équivalence, si ce n’est Romy elle-même, tout simplement somptueuse, à l’instar de l’autre second rôle féminin interprété par Dany Carrel. Tout ne fonctionne évidemment pas aussi bien (je pense en particulier à la récurrence du rouge à lèvre bleu) mais l’ensemble du travail filmique et des trouvailles de Clouzot constitue sans doute possible un véritable régal pour cinéphile. Après, ce puzzle se compose aussi de pièces rapportées, c’est-à-dire de témoignages des différents collaborateurs de Clouzot présents avec lui sur le tournage, Costa-Gavras et Jacques Douy en tête. Se dessine alors avec ces différents récits la figure du génie tyrannique obsédé par une perfection inatteignable et incapable de déléguer malgré les trois équipes de tournage présentes. On comprend aussi que le budget illimité ainsi que l’absence d’un véritable producteur n’ont finalement fait que précipiter le projet dans la tombe. Enfin, dernier type de pièce de ce puzzle somme, les pièces détachées, c’est-à-dire des séquences crées pour combler les vides laissés par les bobines d’origines. Jacques Gamblin et Bérénice Bejo reprennent donc les rôles de Marcel et Odette avec justesse. Néanmoins, le fait que les acteurs jouent scénario en main et dans un espace totalement neutre et vide laisse une désagréable sensation d’inachevé, comme si des pièces à l’image correspondante mais à la forme inadaptée avaient été intégré de force dans le puzzle.

Mais comme je l’ai dit précédemment, l’image globale est elle parfaite et ce petit défaut disparait bien vite dès que l’on prend le recul nécessaire. Monsieur Bromberg a déjà reçu le prix Jean Mitry en 1997, prix décerné tous les ans et qui récompense une personne pour son implication dans la sauvegarde du cinéma ancien. Qu’on lui apporte vite une deuxième médaille, il l’a mérite amplement. 


 

 


 

Par SeBastien - Publié dans : Chaplinomètre
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