Michael Jackson’s This is it by Vincent
De Kenny Ortega
Avec Michael Jackson
Avec Michael Jackson’s This Is It, il n’est pas question de vous parler d’un bon film ou d’un mauvais film, mais plutôt d’expliquer ce qu’est This Is It. Car, en effet, il ne s’agit pas vraiment d’un film au sens propre du terme, ni d’un documentaire sur les dernières répétitions du King of Pop.
Kenny Ortega nous propose, avec ce « montage vidéo », un grand Making Of de 2h qui aurait parfaitement pris sa place en tant que bonus d’un DVD. D’où la question : peut-on dire que This Is It est un film ? Le débat pourrait durer des heures, et chacun aurait de bonnes raisons de défendre son opinion quand à ce « film ». Examinons donc le contenu de la chose.
Pour les fans de MJ, This Is It est la possibilité inespérée de voir une partie du spectacle qu’il aurait du donner à Londres, dans le courant de l’été, lors de la grande tournée qu’il avait annoncé comme étant sa dernière. Une occasion, donc, de pouvoir admirer ses performances une dernière fois et de lui rendre un dernier hommage.
Malheureusement, This Is It, n’apporte rien de nouveau aux spectateurs. Rien à apprendre, sinon la constatation que Michael Jackson, derrière son éternel sourire, semblait très fatigué et très stressé par ce spectacle. Pour les curieux qui ne portent pas plus d’intérêt que ça à MJ, ce « film » ne présente donc aucun intérêt.
Outre les performances artistiques de la star et de ses techniciens (qui lui volent la vedette par moment), Kenny Ortega ne met pas en avant un réel hommage à Michael. Il s’agit surtout de passer à l’écran la quasi-totalité du spectacle dans l’ordre chronologique à travers les rushs des différentes répétitions. Avec parfois quelques interventions de ses musiciens et de ses danseurs.
A noter une séquence particulièrement sublime et poignante lors de la répétition de la chanson Smooth Criminal. A ce moment précis du film, le montage des rushs pris lors des répétitions sur scènes et du clip (spécialement revisité pour la tournée) donnent un rendu visuel exceptionnel. This Is It, devient (à mon sens) un véritable hommage lors de ce seul instant. C’est d’ailleurs ce passage qui fait apprécier au spectateur la vision de ce « film » sur grand écran.
En bref, This Is It laisse un petit peu perplexe quand à son statut de « film documentaire », ce qui lui fait perdre de sa saveur. Dommage, car le fait de voir Michael danser une dernière fois et sur grand écran est un pur moment de plaisir. Le mieux est que vous fassiez votre avis.
Le concert by Tsipy
De Radu Mihaileanu
Avec Mélanie Laurent, Aleksei Guskov et Dimitry Nazarov
Ce film peut paraître tiré par les cheveux, trop gras, voire grossier, on pourrait penser que le réalisateur n’est pas fin, ni intelligent, qu’il utilise beaucoup trop de clichés, de préjugés.
Mais cela est faux, Radu Mihaïleanu réalise son quatrième film avec Le concert et il faut connaître l’homme et sa filmographie pour juger ce film.
Ce réalisateur né en Roumanie, d’un père juif qui a réussi à s’échapper des camps de concentration. Après la guerre sous un faux nom : Ian Mihaileanu, il devient journaliste sous la dictature de Ceacescu. Radu Mihaileanu veut faire du cinéma et en France, seulement le blocus entre les deux mondes (Communiste et capitaliste), l’en empêche. Il passe par Israël grâce à son judaïsme pour rejoindre Paris et la Femis. Un homme a plusieurs identités, plusieurs nationalités et plusieurs cultures.
Train de vie son second film, sur le génocide juif en utilisant le genre comique, c’est une réussite et reste selon moi la référence qui prouve que l’on peut rire de la Shoah et dépasse très largement La vie est belle.
Il réalise ensuite Va vis et deviens qui le fait connaître tant ce film est un chef d’œuvre sur les Falashas et l’opération Moïse.
Dans le concert il met en scène une histoire improbable :
Andreï Filipov est l’homme de ménage du célèbre Bolchoï, mais pas n’importe lequel car trente ans auparavant il était le célèbre chef de cet orchestre. Alors qu’il refuse de se séparer de ces musiciens juifs, il est licencié en pleine gloire.
Un soir, alors qu’il fait le ménage dans le bureau du directeur, il tombe sur un fax adressé au directeur du Bolchoï : une invitation du théâtre du châtelet conviant l’orchestre à venir jouer à Paris. Andreï arrache le fax, et décide de réunir tous ces vieux amis pour usurper l’identité de l’orchestre actuel et partir à Paris pour faire ce qu’il fait de mieux : la musique de Tchaïkovski.
Le film divisé en deux parties dure deux heures que l’on ne voit pas passer. Dans un premier temps, le réalisateur nous plonge dans la Russie actuelle : à la fois pauvre et à la fois riche de par son histoire. Le communisme est mort et les ruines sont les vies détruites des personnages. Des hommes et femmes nostalgiques du temps où ils soufflaient dans leurs instruments, Andreï leur apporte la possibilité de se venger du temps qui est passé avec l’Histoire mais sans eux.
Mihaïleanu nous laisse visiter Paris avec la troupe, et dans la ville « lumière », là où tout n’est que rêve, les musiciens se laissent vivre.
L’interprétation de Mélanie Laurent est renversante. Décidemment cette étoile montant mérite sa gloire, elle est belle, attachante, surprenante… Elle tient son rôle du début à la fin. Elle interprète une jeune musicienne et apporte au personnage une douceur et une angoisse pesantes. Les autres acteurs sont aussi surprenants et attachants, mais il est vrai que Mélanie Laurent les dépasse de très loin. Cette actrice est vraiment formidable.
La musique est formidable, toujours bien placée, jamais trop présente, elle ets un personnage à part entière, elle possède elle aussi un passé, des origines et une gloire, elle est comme les personnages, son voyage à Paris lui permet de revivre, de renaître.
Nous ne pouvons oublier la scène finale : la scène du concert. Elle est fantastique, emmenés dans cet élan de joie, de talent et de beauté, les spectateurs vivent le concert comme si ils y étaient. Cette scène pleine d’émotion nous amène presque à vouloir applaudir avec le public du théâtre.
Le concert est loin d’être son meilleur film, il est sans aucun doute son plus mauvais, et ceci n’est pas une critique, au contraire. Il a fait mieux cela est vrai, mais je reste convaincu que ce jeune réalisateur nous promet bien des surprises et des chefs d’œuvre dans l’avenir. Et pourquoi pas un film plus dramatique et plus critique sur notre société actuelle ? Dans tous les cas, je reste persuadé qu’il s’agit d’un bon divertissement qu’il faut aller voir, sans oublier de regarder : Va vis et deviens et Train de vie.
Jennifer’s body by Vincent
De Karyn Kusama
Avec Megan Fox, Amanda Seyfried et Johnny Simmons
Quel claque ! Oui, j’ai bien pris une grosse claque en allant voir Jennifer’s Body. Non pas parce que le film est bon, mais justement parce qu’il ne l’est pas, au point d’en être affligeant de nullité. Très vite fait, un petit résumé de cette atrocité de la réalisatrice Karyn Kusama.
Résumé :
Needy et Jennifer sont les meilleures amies du monde. Toutes les deux lycéennes, elles passent leur vie à se préoccuper de leurs problèmes existentiels d’adolescentes : la première, n’étant pas un modèle d’esthétique, cherche à découvrir l’amour avec son petit ami ; tandis que l’autre, bombe sexuelle à plein temps, cherche un encas sexuel pour combler ses heures creuses. Un jour, Jennifer invite Needy à un concert de rock d’un groupe local. Durant la fête, un incendie se déclenche et Jennifer se fait embarquer par les membres du groupe de rock. Lorsqu’elle réapparaît, Jennifer n’a plus rien d’humain. Needy s’aperçoit alors que sa meilleure amie est devenue un monstre qui a besoin de dévorer des humains pour rester belle… Elle part donc à la recherche d’indices sur ce qui s’est passé durant la soirée du concert.
Après avoir été ouvertement approuvé par la critique et les spectateurs, avant même sa sortie, je m’attendais vraiment à une bonne surprise avec ce film. Il est vrai que, depuis quelques temps, les films de vampires sont en net baisse de régime sur nos écrans. J’attendais donc avec impatience un vrai renouveau du genre. Et bien non ! Décidemment, ça ne vient pas. Cette fois-ci, nous avons vraiment touché le fond. Avec un scénario cul-cul à souhait, sinon lamentable, qui réunis les éléments les plus inattendus, mais aussi les plus incompatibles, Jennifer’s Body n’est rien de plus qu’un grand cocktail de « déjà vu » et de « on ne veut plus voir ». Je vous donne la recette :
- Pressez un zeste de l’humour de Hannah Montana
- Epluchez grossièrement une trame d’American Pie
- Versez quelques effets gore de la trilogie Blade
- Saupoudrez cela d’une touche de Marc Dorcel
- Mélangez tout cela dans un grand mixeur
- Et avalez cette douloureuse pilule en grimaçant au goût de ce potage infect
Ca, c’est pour le scénar’. Ca fait peur, hein ? Pour le reste, ce n’est pas beaucoup plus reluisant. A commencer par les décors et les effets spéciaux. Lorsque j’ai vu le film, j’ai tout de suite pensé à Etienne qui aurait probablement quitté la salle devant cette ignominie, et à Céline qui se serait fendue une côté à force de rire. Oui, parce que les décors et les effets spéciaux sont tout simplement sortis d’un autre siècle. A ce stade là, ce n’est même plus du carton pâte, mais du papier mâché. Et je pense fortement, que le réalisateur aurait du laisser les câbles à l’image lorsque les personnages s’élèvent dans les airs, ça aurait parut un peu plus naturel je pense.
Du côté du casting, rien de bien terrible. Une Megan Fox fade qui remplie bien le décolleté de la vampire-poufiasse. Certes, c’est une jolie fille, mais elle se fait piquer la vedette par Amanda Seyfried, qui se révèle être une magnifique actrice dans les rares scènes durant lesquelles elle n’est pas grimée par ces horribles culs de bouteilles et sa demi couette. A noter, le petit rôle de « rockeur sataniste » (minable), tenu pat Adam Brody, révélé dans la série TV Newport Beach.
Pour terminer, j’aimerais juste dire que ce film est affligeant de préjugés et de stéréotypes en tous genres, et plus particulièrement sur la jeunesse américaine et sur le rock en général. J’en appelle à tous ceux qui ne supportent pas le snobisme des adolescents surfaits ou encore à ceux qui savent où se situent les vraies valeurs du rock de ne pas perdre votre temps avec ce navet de première catégorie.
Bref, Jennifer’s Body est bel est bien un film à ne voir sous aucun prétexte, sous peine de pleurer votre porte-monnaie à la fin de la séance.
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