Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 16:59
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            Parmi les nombreuses, que dis-je, les innombrables séries qui ont poussé tels des champignons sur nos tubes cathodiques depuis la fin du vingt-et-unième siècle, certaines se sont grandement inspirées du grand écran pour offrir finalement des constructions hybrides à la narration fractionnée mais surtout à la réalisation cinématographique et plus généralement habituées au format 42 minutes. Et puis il y a les autres, celles dont les inspirations sont, semble-t-il, un peu moins nobles et dont l’unique finalité est d’être le quart d’heure comique des américains, leur moment de pur divertissement. Si l’on est en droit d’espérer une connexion plus importante entre cinéma et le premier type de série, penser que les sitcoms n’ont rien amené à l’univers cinématographique serait quand même exagérer. Nous en avons aujourd’hui même un exemple puisque Mila Kunis trouve avec Le livre d’Eli son premier rôle important dans une superproduction en attendant la sortie du prochain film de Darren Aronofsky. Or, pour tous les adeptes de la fabuleuse sitcom qu’était That 70’s Show, Mila Kunis restera à tout jamais la minuscule et horripilante Jackie Burkhart.

 

                Alors à tous ceux pour qui Jackie, Donna, Eric, Hyde, Kelso et Fez sont d’obscurs personnages ou/et aussi d’improbables prénoms, That 70’s Show est une série se déroulant sur 8 saisons durant lesquelles nous avons put suivre les aventures et pérégrinations d’un groupe d’adolescents perdus dans un bled tout aussi paumé au fin fond du Wisconsin. Sauf que ces aventures se déroulent de 1976 à 1980, d’où le nom de la série crée par Bonnie et Terry Turner avec l’apport de Mark Brazill, tous trois anciens piliers de la série alfesque 3ème planète après le soleil. Si la série possède nombre de qualités, celle qui fit indéniablement son succès fut cette recréation idéale des 70’s, puisque toute à fait crédible sans être totalement véridique, en accentuant notamment sur tous les aspects considérés aujourd’hui comme comble du kitsch. Si vous êtes fan des canapés vert kaki totalement sublimés car posés sur une moquette à la teinte moutarde du plus bel effet, alors That 70’s Show est fait pour vous.

L’autre grande force de la série se situe dans sa galerie de personnages ainsi que le casting qui les interprète, puisque la sitcom de la Fox reste peut-être celle, avec Freaks and Geeks dans une mesure plus importante, qui a constitué le plus grand vivier de jeunes acteurs talentueux. On commence donc avec Mila Kunis, qui est désormais celle qui tourne le plus et le mieux au cinéma, et ce en particulier depuis son rôle dans l’excellent Sans Sarah, rien ne va !. Comme il en a été question un peu plus tôt, elle fut castée (casting où elle fit un tout petit mensonge sur son âge, puisqu’à cette question elle répondit qu’elle allait sur ses 18 ans rapidement, ce qui est vrai mais d’une manière plutôt relative quand on a en réalité 14 ans) et retenue pour interpréter le rôle de Jackie la cheerleader légèrement peste et dont l’histoire d’amour avec Mickael Kelso constituera un fil rouge pendant environ les quatre premières saisons. Ah, Mickael Keslo, brillant personnage de l’idiot magnifique, et cette fois-ci au sens littéral puisqu’incarné par Ashton Kutcher, M. Demi Moore. Peu d’acteurs ont touché à ce point la perfection dans cette capacité à jouer la bêtise profonde associée à une maladresse quasi mythique, mais Ashton Kutcher est de ceux-là, voir même le meilleur devant Richard Kind. Il incarne donc ici cet idiot du village hilarant mais toujours attachant dont le plus grand plaisir est de griller ses meilleurs amis, dont le personnage central de la série Eric Forman, joué par Topher Grace. Il est à souligner que si ces deux acteurs ont été les premiers à céder aux chants des sirènes cinématographiques (la dernière saison, de ce fait orpheline de deux personnages primordiaux, s’en retrouve d’ailleurs bien appauvrie), Topher a lui laissé sa carrière au point mort en 2007, après son rôle dans Spider-Man 3 de Sam Raimi. Bien que 2010 semble être l’année du comeback pour lui (on le verra notamment dans Predators aux côtés d’Adrien Brody et Danny Trejo), il ne parviendra jamais à enlever aux fans cet image d’adolescent moyen, fan de Star Wars et dont la mère ultra-protectrice et le père tyrannique lui pourrissent gentiment la vie, même s’il s’en console parfaitement dans les bras de sa voisine Donna. Cette fameuse girl next door, prototype de la rousse incendiaire version bucheronne comme le rappelle souvent Jackie, est interprété par Laura Prepon, qui n’est-elle toujours pas parvenue à arriver sur le grand écran. Autre acteur dont les apparitions sur grand écran sont beaucoup plus rares que dans la boite à image, Danny Masterson, frère de Christopher Masterson (Francis dans Malcolm) et interprète de Steven Hyde, le cynique et rebelle de la bande. Dans le genre de l’étudiant étranger naïf et amateur de sucreries portant le doux nom de Fez, on trouve l’incroyable Wilmer Valderrama qui s’est maintenant fait un nom sur la chaine MTV (tout comme son compère Ashton Kutcher) en créant, animant et produisant l’émission Yo Momma. Enfin, je me devais de citer Debra Jo Rupp et Kurtwood Smith pour leur fabuleuse prestation dans le rôle des parents d’Eric, rôle véritablement essentiel dans une série pourtant centrée sur les adolescents.

 

                Je pourrais encore vous raconter tout plein de choses sur cette série, que ce soit l’humour incroyable et touche-à-tout, les inventions formelles de la mises en scène ou encore les nombreux clins d’œil, références et hommages (en particulier cinématographiques) qui constituent l’âme de That 70’s Show. Mais croyez-moi, ce sera encore meilleur si vous découvrez tout cela par vous-même. Une série à découvrir pour certains, un régal pour tous les autres.

Par Rémi - Publié dans : Cinéma en série
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