Pendant Ce Temps Là, sort cette semaine Le ruban blanc palme d’or au dernier festival de Cannes.
Une récompense très prisée par les réalisateurs mais qui n’est pas forcément gage de succès au box-office. Alors on pourrait engager le débat sur le fait que les bons films ne marchent pas
forcément, alors que les mauvais oui. Mais on va plutôt voir quel destin fut réservé au palme d’or depuis 50 ans.
Comme je suis positif, je vais démarrer par les succès. Et le carton d’une palme d’or au box office date de 1953, Henri-Georges Clouzot et son salaire de la peur ont totalisé un peu plus
de 7 millions d’entrées.
4 ans auparavant, Carol Reed avec Le troisième homme ont rencontré 5,6 millions de spectateurs.
Et en regardant les chiffres on constate qu’entre 1950 et 1980, les palmes d’or qui ont marché ont
très bien marché.
En dehors des deux énormes succès cités auparavant, on trouve avec en moyenne 4 à 5 millions d’entrées : Quand passent les cigognes, La dolce vita de Fellini, Le
guépard de Visconti, Un homme et une femme de Lelouch, M.A.S.H de Robert Altman et Apocalypse Now de Francis Ford Coppola.
Depuis, les succès des palmes d’or se limitent à 3 millions d’entrées maximum, on citera La leçon de piano, Pulp Fiction ou encore Le pianiste.
Mais les dernières palmes d’or qui ont connu le succès n’ont pas vraiment fait un carton à proprement parler. Fahrenheit 9/11 a été vu par 2 millions de spectateurs, c’est le double de
Le vent se lève de Ken Loach. Enfin, l’année dernière Entre les murs de Laurent Cantet à réuni 1,5 millions d’entrées dans les salles.
A l’autre bout de l’échelle, il y a bon nombre de palmes qui ont subi un échec au box office, les derniers en date étant à mettre au crédit de Cristian Mungiu avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours qui a fait 297 558 entrées, L’enfant des frères Dardenne : 360 000 entrées ou encore Elephant de Gus Van Sant 617 000 entrées (c’est quand même un peu mieux).
Au palmarès des échecs, on pourra attribuer la palme d’or Aux meilleures intentions de
Bille August (moins de 100 000 entrées), sur la deuxième marche on retrouve L’anguille de Imamura et Le gout de la cerise de Kiarostami (160 000 entrées) et à la
troisième place La classe ouvrière va au paradis d’Elio Petri (183 000 entrées)°.
Certains noms de réalisateur que je viens de vous citer ne vous disent sans doute rien, et encore j’ai cité les plus connus, et c’est normal. Car finalement c’est plutôt le nom du réalisateur qui
fait que le film est un succès. Car dans les échecs, à part Kusturica, Van Sant ou Bunuel, les autres sont de parfaits inconnus.
Et du coté des succès c’est l’inverse aucun nom n’est inconnu aux cinéphiles.
A priori donc, la palme d’or ne fait pas tout, c’est surtout la renommée du réalisateur qui fait le succès d’un film.
Le nom de Michael Haneke, sera-t-il assez porteur pour amener son film en haut des marches ? Réponse dans quelques semaines.