Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 03:05
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Rec 2 (by Vincent et Etienne)

 

Film d’horreur/épouvante de Jaume Balagueró et Paco Plaza, avec Manuela Velasco, Óscar Sánchez Zafra et Ariel Casas. (2009)

 

Vincent :

 

L’action de [Rec 2] se déroule 2 heures après les évènements du premier opus. Souvenez-vous, la jeune journaliste Ángela Vidal et son caméraman Pablo étaient partis réaliser un reportage sur une intervention de pompiers. Ils s’étaient alors retrouvés enfermés dans un immeuble du centre de Madrid avec pour seul compagnons une horde d’habitants contaminés par un « étrange virus ». Deux heures ont passés depuis le début du blocus sur le bâtiment, par les forces sanitaires gouvernementales. Il n’y a plus de contact avec les occupants de l’immeuble mis en quarantaine. Une brigade d’intervention spéciale, équipée de caméras, est chargée de pénétrer dans le bâtiment afin d’analyser la situation. Ils doivent amener avec eux un soi-disant « responsable des autorités sanitaires ». Mais cet homme semble en connaître plus que quiconque sur cette menace décidemment bien réelle…

 

J’ai envie de dire que l’année 2010 commence bien, et même très bien avec la sortie de [REC 2] sur nos écrans. Mais comme le film est sorti en 2009, on dira que c’est l’année dernière qui finissait bien, et même très bien. Tout d’abord parce que l’affront fait aux spectateurs (et même au monde du cinéma) avec la sortie de Paranormal Activity fait déjà partie de l’histoire ancienne. Les films d’horreur ont enfin retrouvés un niveau acceptable, largement acceptable avec cette suite du film le plus marquant de l’année 2007 (en termes de cinéma d’horreur). Tout d’abord, il faut éclaircir un point sur « Le cinéma d’horreur ».

J’ai remarqué cela depuis un petit bout de temps, et j’avoue que ce que j’entends m’agace profondément. Le cinéma d’horreur n’a pas vocation à faire mourir de peur le spectateur à chaque film du genre : d’une part parce que, si cela avait été le cas, il n’y aurait plus grand monde sur la planète, et d’une autre part parce que plus personne n’irait voir ces films. Si vous voulez sursauter et mouiller votre pantalon, c’est vers le cinéma d’épouvante qu’il faut se tourner.

La différence ? Le cinéma d’horreur est un genre qui englobe tous les films à caractère horrifiques (donc, tout ce qui révèle de « l’horrible »), alors que le cinéma d’épouvante est un sous-genre du film d’horreur. Vous me direz donc, « oui, mais au début de ta chronique tu disais qu’il s’agissait d’un film d’horreur/épouvante ». Bingo ! Vous avez tapé dans le mille. A l’exception près que vous n’avez pas pris en compte le paramètre je-fais-ma-chronique-avec-les-éléments-que-je-trouve-auprès-des-spécialistes. Ainsi donc, si vous jugez que le film [REC 2] n’est pas digne d’un film d’épouvante, arrangez-vous avec les spécialistes ! En tout cas, [REC2] appartient bien au répertoire film d’horreur, cela ne fait aucun doute.

 

A commencer par le scénario, certes basique, mais franchement : ça fait du bien d’arrêter d’innover pour faire du neuf avec du vieux ! Ainsi, le scénario de [REC 2] reprend en grande partie les éléments du premier volet : une trame narrative que l’on suit grâce caméras fixés dans les casques des membres de la brigade spéciale (et autres…), une action qui se déroule en huis-clos dans un immeuble plus fermé qu’un camp militaire nord-coréen, et une horde de créatures contrôlés par, non pas un virus, mais une entité démoniaque. Et oui ! Quand je vous parlais de refaire du neuf avec du vieux, il s’agissait bien de ce point précis. Depuis combien de temps n’avions nous pas eu de bon film qui traite de la possession démoniaque ?

 

A moins depuis L’Exorciste. Je n’irais pas jusqu’à dire que [REC 2] rivalise avec ce dernier, mais il on y retrouve à coup sûr des grand clins d’œil de la part des réalisateurs. Au programme, créatures qui rampent au plafond, voix sinistres sorties de nulle part, rituels d’exorcisme et surtout le soulèvement d’une question clé : Sommes-nous sûr que notre société est bien libérée et indépendante du joug de l’Eglise ? Tant de points qui font plaisir à retrouver et qui paraissent même étonnant venant d’auteurs espagnols, qui sont pourtant réputés comme ultra-religieux. Enfin, encore une fois, je préfère ne pas vous en dire plus, cela révèlerait du spoiler.

Passons maintenant aux acteurs qui, comme dans le premier, sont tout simplement bluffant de sincérité. Je ne sais pas si il est utile de les citer, car la plupart sont inconnus (pour ne pas dire la totalité), exception faite de Manuela Velasco (que l’on avait déjà vu dans le premier épisode) qui faut son grand retour. Certains ne seront pas d’accord avec moi sur les performances de l’acteur Jonathan Mellor dans le rôle du Dr Owen (le curé), mais je l’ai trouvé particulièrement bluffant dans son rôle d’envoyé de l’Eglise plus effrayant que les suppôts de Satan. Encore une question qui mérite qu’on y porte plus d’intérêt quand à la place de la vraie terreur entre les démons de l’Enfer et les gardiens du Paradis.

Pour ce qui est des effets spéciaux et de l’ambiance du film, il est évident que ces deux points sont très réussis. On a même le droit à un grand clin d’œil à L’exorciste avec la marche des créatures au plafond. Bref, une ambiance à la [REC] avec comme seul défaut le fait que l’on sait à quoi s’attendre.

 

Pour conclure, je dirais que [REC 2] est un très bon film d’horreur, mais qui se révèle être quand même un petit peu en deçà de son aîné. La grande déception du film vient de l’annonce d’un 3ème épisode qui pourrait très bien compromettre le succès de la saga. Alors, quand on sait que les réalisateurs ont déjà prévus des idées pour aller jusqu’au 6ème volet, on ne peut s’empêcher de croiser les doigts en espérant que la licence ne tombera pas dans les abysses de la redondance déjà sillonnées par de nombreux films d’horreurs, à l’image de la saga Saw.

 

 

Etienne :

 

Je serais un petit peu moins catégorique que Vincent  dans l’affirmation que Rec2 est un bon film, certes le film présente quelques bonne idées narrative et de mise en scène telle que la multiplication des points de vue et ce grâce aux changements de caméras, ainsi que la multiplication des points de vue en direct grâce aux caméras fixées sur les casques des agents de police.

La vision infra rouge  qui révèle certaines choses invisibles à l’œil nu, les enfants zombies à quatre pattes dans les conduits d’aération-par exemple qui se révèle très efficace et certaines séquences inquiétantes mais qui, au final, sont trop peu ou trop mal exploités et ne suffisent à faire de ce REC 2 une suite solide.

De plus alors que le premier film reposait en grande partie sur le mystère de la contamination, ici les réponses sont clairement données dès le début du deuxième film ce qui en atténue considérablement le propos ainsi que le côté angoissant que le premier pouvait se targuer de faire ressentir.

La justification de la contamination qui reste superficielle et reste une immonde réécriture d’un film culte des années 70 réalisé par William Friedkine, vous voyez de quels films je veux parler… !

Au-delà du second degré maladroit vient se greffer des comédiens hystériques et qui en rajoutent des quantités considérables, en devenant rapidement insupportable et surtout vraiment pas crédible en ligne de mire le groupe d’agent du GIGN ils sont trois (en plus de celui qui tient la caméra), ce sont les trois mêmes, petit trapu et chauve va les distinguer dans la pénombre de l’immeuble !! Et juste derrière le groupe de 3 jeunes également difficilement supportable et surtout pu crédible dans ce qui leur arrive. Je rejoins Vincent dans le fait que l’acteur qui joue le prêtre reste véritablement le seul acteur qui se démarque du lot et qui je doit dire apparait assez crédible dans le rôle de l’exorciste, cet homme a une gueule c’est sur !!

Malgré quelques bonnes idées, REC 2 est une suite décevante, trop hystérique et axée sur la dimension fun de l’expérience. Relevant davantage du shoot em up que du film d’horreur efficace, les fans du premier s’abstiendront, en espérant que Rec 3 n’aura pas lieu malgré la scène de fin qui laisse malheureusement présager du pire et pas cinématographiquement parlant.

 

 

 

 

Par Etienne et Vincent - Publié dans : Le film d'horreur du mois
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