Gainsbourg (vie héroïque)
De Joann Sfar
Avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon, Laetitia Casta, Doug Jones, Anna Mouglalis, Phillipe
Katerine, Yolande Moreau, Claude Chabrol
Durée 2h10
Vincent
Joann Sfar a su réaliser avec brio son premier long métrage. Un véritable conte qui met en image un Serge Gainsbourg exceptionnel, tel
que le voit le réalisateur. La force du film réside dans la capacité de Sfar à éviter le biopic. Ajoutez à cela l’immense talent du réalisateur/dessinateur qui passe avec une facilité
déconcertante du rêve à la réalité.
Eric Elmosnino est tout simplement gigantesque dans le rôle titre, tout comme l’est la flopée d’acteurs et actrices à couper le souffle (à l’image de Laetitia Casta en Brigitte Bardot, Lucy Gordon en Jane Birkin, Anna Mouglalis en Juliette Gréco, etc…). Ce film donne une autre dimension au cinéma français. Espérons qu’il inspirera un nouvel élan cinématographique dans notre pays…Mon seul regret sur le film concerne la dernière demi-heure. Comme si l’aventure s’était finie brutalement pour Gainsbourg, Joann Sfar semble être tombé en panne d’idée sur cette fin, même si la dernière scène (la Marseillaise) offre un rendu filmique exceptionnel.
Rémi
Il
existe parfois des films dont l’affection unanime ne s’opère pas aux premiers abords mais bien a posteriori. Gainsbourg (vie
héroïque) est évidemment de ceux-là, et semble désormais incarner l’élan nouveau d’un cinéma hexagonal moribond. Cet élan se traduit sous la plume de Joann Sfar, conteur et
dessinateur d’une œuvre en pleins et en déliés, œuvre virevoltante pour un homme à la fois rêveur et ancré dans la réalité de son monde. Oui, le Serge Gainsbourg sfarien est tout cela, et même
plus encore, rendant son personnage quasi mystique, sorte d’évolution finale d’un être humain jusqu’alors inabouti. Et oui, messieurs les darwinistes, le futur de l’homme, c’est l’homme à tête de
chou. Trêve de plaisanterie potagère, et n’ayant rien à rajouter de plus que mes brillants compagnons n’aient déjà mentionné, je vais vous laisser avec un dernier conseil, allez voir le premier
film de Joann Sfar, tout simplement parce que je vous parie le bonhomme va nous enchanter pendant encore de longues années.
Etienne
Pour un premier long métrage Joann Sfar passe a..deux cases de bd de réussir un chef d’œuvre. Loin de lui la volonté de faire un Biopic
classique sur la vie de Serge Gainsbourg il le transcende. Venant du monde de la B.D Joann Sfar voit le monde et le cinéma en couleur, mais et surtout une manière de raconter et dans le mot
raconter, il y a conter, la vie d’un homme.
Il ne raconte pas la vie de Gainsbourg, il conte la vision qu’il a de la vie de Gainsbourg. Joann Sfar nous plonge dans un récit, dans un conte ou Lucien Ginsburg devient Serge Gainsbourg. Joann Sfar a l’intelligence d’opposer à Gainsbourg un Gainsbarre sous la forme d’une gueule (Doug Jones génial).
Tout au long de l’histoire on voit défiler les femmes qui ont côtoyées l’homme de Gréco à Bardot en passant par Jane Birkin en finissant par Bambou. Et on appréciera les nombreuses apparitions telles que Philipe Katerine en Boris Vian, ou Claude Chabrol en producteur.
De plus on retrouve en permanence la patte du dessinateur Sfar dans le film véritable BD graphique de la vie de Gainsbourg
Impossible également de passer à côté du rôle titre, Eric Elsmonino tout simplement impressionnant de justesse tant sur le physique que sur la voix, que sur les intonations, le jeu,…et pourtant il n’est pas Gainsbourg mai il interprète sa vision de l’homme conté par Sfar.
Un film fleuve qui parcourt l’ensemble de la vie de l’homme de sa jeunesse profondément marqué par l’image du juif, et d’un dégout qu’il a pour lui-même. Homme à tête de chou, séducteur pourtant, Gainsbourg est fait de contradiction et de génie tout comme Joann Sfar qui livre une œuvre presque indescriptible mélancolique et humaniste, enveloppée de la musique des grands jours de Serge mais également de ses ouvres les plus méconnues.
Un petit bémol tout de même a cette œuvre forte, une fin de film en demi teinte qui alourdit un petit peu l’ensemble parce que tout simplement ça se traine un peu trop. Mais pourtant la mise en scène de Sfar lors du concert de Gainsbourg sur sa reprise de la marseillaise est d’une telle justesse, d’une telle maitrise et d’une telle inspiration qu’on ne peut s’empêcher de se dire que l’on devra désormais compter ou conter, l’un ou l’autre les notions sont proches dans le cas présent sur un cinéaste inattendu mais prometteur Joann Sfar.
Pour finir Gainsbourg (vie héroïque) n’est pas forcément la vraie vie de Serge Gainsbourg mais c’est le véritable conte de qu’elle aurait pu être.
Tsipy
Joann Sfar, le dessinateur du Chat du rabbin, a eu le culot et le génie de signer son premier film par un biopic sur la vie de Gainsbourg. Il avait toutes les clés pour se casser la tête sur un trop plein d’images d’archives, de chansons, mais Sfar prouve dès son premier film qu’il sait filmer et mettre en image sa vision des choses et des personnes. L’acteur principal est éblouissant, son interprétation est d’un tel mimétisme que l’on en oublie l’acteur. Tout comme Gainsbourg, le film est un film à femmes, les actrices sont toutes plus belles et charismatiques que les personnes réelles, tout en étant différentes, elles font elle aussi part d’une interprétation surprenante. Tout est splendide dans ce film, les acteurs, les décors, la musique…
Le réalisateur ajoute sa touche d’interprétation et de magie, en créant un conte de la vie de Gainsbourg. Nous avons affaire à un réalisateur français qui filme la musique comme on l’a vu rarement au cinéma. Un cinéma français original, prodigieux qui nous promet de très belles œuvres prochaines (Le Chat du rabbin en juin prochain), un réalisateur qui nous plonge dans son univers comme on le voit rarement en France. Gainsbourg (vie héroïque) est sans doute un des grands films de cette nouvelle année.
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