Daybreakers by Etienne
De Michael Spierig, Peter Spierig
Avec Ethan Hawke, Sam Neil, Willem Dafoe
Je suis donc allé voir pour vous chers auditeurs le film Daybreakers réalisé par les frangins Spierig inconnus pour avoir réalisé le série B Direct to DVD Undead où ils officiaient en 2004 aux postes de réalisateur, scénariste, producteur, monteur, rien que ça. Et ils nous reviennent en 2010 pour nous livrer un nouveau film de vampires étant donné que la vague des suceurs de sang aux canines bien pointues marche bien ces derniers temps. Rassure toi cher auditeur apeuré c’est tout de même bien meilleur que le fade Twilight.
Bref avec près d’un an de retard par rapport a sa sortie américaine, Daybreakers va tenter de se frayer une petite place au soleil….ou pas.
En 2019, les vampires ont pris le contrôle de notre planète. Les humains ne sont plus qu'une petite minorité, entretenue uniquement pour nourrir la population dominante. Edward Dalton est un vampire qui travaille dans la recherche. Il refuse de se nourrir de sang humain et œuvre sans relâche à la mise au point d'un substitut qui pourrait à la fois nourrir ses semblables et sauver les derniers spécimens d'hommes. Lorsqu'il rencontre Audrey, une jeune survivante humaine, il va découvrir un secret biologique qui peut tout changer. Désormais, fort d'un savoir que vampires et humains veulent s'approprier à tout prix, Edward va se retrouver au centre d'un affrontement absolu dont l'enjeu décidera de l'avenir des deux espèces...
Et lorsque l’on regarde le casting ainsi que le pitch, on se dit que les frangins, réals, scénaristes, monteurs, réalisateurs cherchent a surfer sur un peu tout les domaines, Mr Jurassik Park (Sam Neil), en grand chef de la société distributrice de sang, Mr Gattaca (Ethan Hawke) en vampire scientifique humaniste…(mouais bof) et un Willem Dafoe en leader de la résistance humaine. Au vu de tous ces éléments le petit Daybreakers s’annonce plutôt mal…
Tout de suite on pouvait et on était en droit de s’attendre au plus pur exercice de style de la série B ou des stars cherchent un second souffle pour leur carrière (n’est ce pas Mr Neil ?).
Et pourtant a eux trois on les retrouve dans Platoon, l’antre de la folie, et Gattaca.
Il est pourtant évident que les frères Spierig ne manquent pas d’idées, et ne rechigne pas à aller repiquer quelques idées ici et là. Comme la phrase d’accroche de l’affiche le dit : « Prenez Matrix et 28 jours plus tard et vous aurez Daybreakers ».
Et l’on pourra même pendant le premier quart d’heure avoir l’impression d’assister a une resucée de Gattaca tant les choix de cadrage de plans, de lumière, d’idées de scénarios et même d’acteur emprunte a son illustre ancêtre.
Pourtant dès que les bases sont posés et l’élément déclencheur enclenché, on ne boude pas son plaisir face a ce film dont la maitrise aussi bien technique que graphique remplis a la perfection son rôle. Malgré une évidente production a moindre budget, le film ne s’en tire pas mal du tout présentant même ici un film de bonne facture.
Le film déroule les poncifs du genre vampirique transposé en 2019, et mettant en avant une idée peu exploitée, celle de la suprématie de la race vampire sur la terre. Les habitants de la terre sont quasi essentiellement des vampires, et les derniers humains servant de garde manger.
Le film alterne intelligemment entre ce déroulement des poncifs des films de vampires, avec une mythologie Moyen âgeuse alliée aux technologies High Tech, voitures aux vitres fumées pour sortir le jour.
Les scènes d’actions et de poursuites restent crédibles et marchent plutôt bien
En ce qui concerne le jeu des acteurs on appréciera le jeu d’Ethan Hawke toujours aussi sobre et puissant face à un Sam Neil froid et macabre. En revanche on peut se demander ce qu’est venu foutre Willem Dafoe, bouffon vert spidermanien en chasseur de vampire a l’arbalète.
Il en fait trop ce qui rend pénible ses scènes ce qui altère la qualité générale du long métrage. Jusqu’ici le film revêtait un habit sombre et inquiétant et a partir de son arrivée on vire dans le film plus jouissifs presque proche du Tallahasse de Woody Harrelson dans Bienvenue à Zombieland.
Daybreakers place Ethan Hawke en sauveur de l’humanité, sacrifiant son frère et trahissant sa race pour rejoindre le camp des hommes.
La machinerie du film révélera des rouages peu subtils qui plombent au final un récit pourtant ponctué de séquences vraiment originales.
On aura apprécié notamment la course poursuite entre l'armée vampire et la voiture anti-UV de Hawke en plein jour durant laquelle les rayons du soleil filtrent par les trous des impacts de balles dans les vitres fumées avec un Ethan Hawke se faisant rôtir par les sillons de lumière.
Difficile pour autant d’élever Daybreakers au-delà de ce qu’il est (un bon film fantastique mais qui s’arrête là) la faute évident et grossière a un final granguignolesque qui saborde définitivement la finesse des débuts du film très portée sur la froideur et la maîtrise graphique du cadre ce que les réalisateurs on l’air d’avoir complètement mis de côté à la fin nous laissant sur une scène digne de Roméro.
Sur un postulat véritablement original doublement intéressant, Daybreakers s'offre quelques biens belles intentions et séquences malheureusement vite ternies par un scénario trop simpliste et irrégulier. Dommage, tant le début du film offrait de bien belles promesses pour la suite du métrage et nous laisser presque augurer être face à La bonne surprise de ce début d’année.
Nine by Rémi
De Rob Marshall
Avec Daniel Day Lewis, Marion Cotilalrd, Penélope Cruz, Sophia Loren, Nicole Kidman, Judi Dench, Kate Hudson,
A venir
Sans laisser de traces by Etienne
De Grégoire Vigneron
Avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison, Julie Gayet.
C’est donc la première fois que Grégoire Vigneron le réalisateur saute le pas en tant que chef d’orchestre sur un film. Et lui qui vient plutôt du monde de la comédie (avec son alter ego Laurent Tirard) s’essaye au thriller et il s’en sort pas trop mal. Les acteurs sont crédibles et on sent que les thèmes abordés dans le film, comme la deuxième chance, ou la culpabilité sont des thèmes chers au réalisateur.
Ce sans laisser de traces est un pur thriller policer, ce
qui est une référence française, ce film là a les défauts de ses qualités et manque un peu de profondeur dramatique, mais ce premier essai est véritablement encourageant. On souhaite à Grégoire
Vigneron de continuer sur cette lancée et a défaut de son personnage de laisser des traces dans le cinéma français.
Une éducation by Cyril
De Lone Scherfig
Avec Peter Sarsagaard, Carey Mulligan, Alfred Molina
Il est toujours un peu sale de dénigrer un premier film. La découverte ne pouvant être associée à
la déception il serait un peu cruel d'abattre un défilé de reproches à un cinéaste dont la personnalité peut avoir du mal à s'affirmer au sein de la grande entreprise que
représente la réalisation d'un film, sans l'expérience de ses moyens d'expression. C'est don bien ennuyé que je sortais de la projection de Une éducation avec la conviction que le second
film de Scherfig, s'il y avait, ne pouvait être que mieux. Mais tout de même avec le sentiment amer de la manipulation médiatique, attisée par la ribambelle de nominations récoltées aux
Sattellite, British Independant Film Award, à Sundance, aux Oscars etc..
Mais que faire de cette encombrante unanimité?
Quel soulagement quand j'appris finalement que c'était bien le second film de la réalisatrice
danoise, qui plus est près Italien for beginners, film s'appuyant lourdement sur le très inspirant « Dogme 95 ». Amusant n'est t-il pas de voir que la réalisatrice, après une
absence de dix ans, renverse les partis pris radicaux de Vinterberg et Von Trier et notamment leur bras d'honneur à l'esthétisme et à l'artifice en général, au profit de l'austérité des moyens au
nom du refus de principe des superproductions anglo-saxonnes. Une décennie plus tard, pondre une chronique sociale aussi romantique et maniérée constitue un retournement de veste curieux, peut
être un aveux d'échec ?
Quand on sait que Vinterberg est resté l'homme d'un seul film et que VonTrier film aujourd'hui le sexe à 200 images secondes comme des pubs pour machine à laver, il n'est pas interdit de l'envisager.
Rentrons donc avec appétit dans cette éducation et convertissons l'indifférence suscitée en véritables reproches. Car quand quatorze films sortent le même mercredi c'est bien le rôle du critique de ne pas seulement partager une information de sortie, mais surtout d'élaguer les métrages mineurs pour mieux vous encourager à aller voir ailleurs. L'éducation en question est celle de Jenny, pimpante violoncelliste de 16 ans, et de ses sentiments contrastées lorsqu'elle rencontre un trentenaire success-man qui tombe amoureux d'elle.
La suite nous montrera que ce dernier sous couvert du faste qu'il veut fournir à cette jeune
érudite, n'est qu'un maniaque, marié et récidiviste à embarquer les jeunes lolitas crédules auprès de ses amis fortunés, tout cela jusqu'à ce que sa femme l'y reprenne, invariablement. Jenny va
donc quitter son lycée, abandonner ses examens et s'opposer au pater qui veut avant out sa réussite sociale.
Car oui on l'a compris, Jenny est rebelle, elle a faim de vie, d'art et d'indépendance, tout ce
que peut avoir de lourdement prophétique les aspirations d'une jeune anglaise au début des années 60. Seulement ce rapport à la culture constamment appuyé et référencé, n'est pas vu comme
une ouverture pour l'esprit, avant coureur d'une époque faste aux changements des mœurs.
Non, les virées de Jenny ne sont qu'exiles temporaires, une panoplie de sons et de couleurs, d'atmosphères criardes et irritantes, dont le personnage ne retire rien d'autre que la satisfaction de pouvoir retourner auprès de ses copines de classe, moutons hébétés totalement hystériques, pour mieux leur faire effleurer ce qu'elles ne pourront jamais saisir dans leur doigts boudinés ; la grande Culture. Ce que l'on nous montre, à contrario du discours intellectuel imposé, c'est davantage l'abandon à la consommation dans lequel peut se vautrer à présent Jenny.
A l'heure des grandes vérités, alors que les tourtereaux se sont fiancés, Jenny s'en retournera
d'autant plus rapidement à ses études et ses grandes interrogations sur la vie : Pourquoi donc je risque de finir prof alors que je n'aime pas l'école? Vaste question dont la mise en scène,
interminable et répétitive nous livre tout l'ennuie possible.
Ajouté à cela la rigidité cadavérique des situations et le rôle souverain du dialogue en toute circonstance. Foulez donc si vous le voulez mais plutôt du pied gauche si possible ce second film vers lesquels seuls quelques boulets rouges de la critique ont osé poindre leur canons. Triste constat quand n'apparait finalement à l'écran qu'une fausse comédie romantique, molle et consensuelle.
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