Chaplinomètre

Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 17:29

 

3chap avec affichedaybreakers Daybreakers     by Etienne

 

De Michael Spierig, Peter Spierig

 

Avec Ethan Hawke, Sam Neil, Willem Dafoe

Je suis donc allé voir pour vous chers auditeurs le film Daybreakers réalisé par les frangins Spierig inconnus pour avoir réalisé le série B Direct to DVD Undead où ils officiaient en 2004 aux postes de réalisateur, scénariste, producteur, monteur, rien que ça. Et ils nous reviennent en 2010 pour nous livrer un nouveau film de vampires étant donné que la vague des suceurs de sang aux canines bien pointues marche bien ces derniers temps. Rassure toi cher auditeur apeuré c’est tout de même bien meilleur que le fade Twilight.

Bref avec près d’un an de retard par rapport a sa sortie américaine, Daybreakers va tenter de se frayer une petite place au soleil….ou pas.

En 2019, les vampires ont pris le contrôle de notre planète. Les humains ne sont plus qu'une petite minorité, entretenue uniquement pour nourrir la population dominante. Edward Dalton est un vampire qui travaille dans la recherche. Il refuse de se nourrir de sang humain et œuvre sans relâche à la mise au point d'un substitut qui pourrait à la fois nourrir ses semblables et sauver les derniers spécimens d'hommes. Lorsqu'il rencontre Audrey, une jeune survivante humaine, il va découvrir un secret biologique qui peut tout changer. Désormais, fort d'un savoir que vampires et humains veulent s'approprier à tout prix, Edward va se retrouver au centre d'un affrontement absolu dont l'enjeu décidera de l'avenir des deux espèces...

Et lorsque l’on regarde le casting ainsi que le pitch, on se dit que les frangins, réals, scénaristes, monteurs, réalisateurs cherchent a surfer sur un peu tout les domaines, Mr Jurassik Park (Sam Neil), en grand chef de la société distributrice de sang, Mr Gattaca (Ethan Hawke) en vampire scientifique humaniste…(mouais bof) et un Willem Dafoe en leader de la résistance humaine. Au vu de tous ces éléments le petit Daybreakers s’annonce plutôt mal…

Tout de suite on pouvait et on était en droit de s’attendre au plus pur exercice de style de la série B ou des stars cherchent un second souffle pour leur carrière (n’est ce pas Mr Neil ?).

Et pourtant a eux trois on les retrouve dans Platoon, l’antre de la folie, et Gattaca.

Il est pourtant évident que les frères Spierig ne manquent pas d’idées, et ne rechigne pas à aller repiquer quelques idées ici et là. Comme la phrase d’accroche de l’affiche le dit : « Prenez Matrix et 28 jours plus tard et vous aurez Daybreakers ».

Et l’on pourra même pendant le premier quart d’heure avoir l’impression d’assister a une resucée de Gattaca tant les choix de cadrage de plans, de lumière, d’idées de scénarios et même d’acteur emprunte a son illustre ancêtre.

Pourtant dès que les bases sont posés et l’élément déclencheur enclenché, on ne boude pas son plaisir face a ce film dont la maitrise aussi bien technique que graphique remplis a la perfection son rôle. Malgré une évidente production a moindre budget, le film ne s’en tire pas mal du tout présentant même ici un film de bonne facture.

Le film déroule les poncifs du genre vampirique transposé en 2019, et mettant en avant une idée peu exploitée, celle de la suprématie de la race vampire sur la terre. Les habitants de la terre sont quasi essentiellement des vampires, et les derniers humains servant de garde manger.

Le film alterne intelligemment entre ce déroulement des poncifs des films de vampires, avec une mythologie Moyen âgeuse alliée aux technologies High Tech, voitures aux vitres fumées pour sortir le jour.

Les scènes d’actions et de poursuites restent crédibles et marchent plutôt bien

En ce qui concerne le jeu des acteurs on appréciera le jeu d’Ethan Hawke toujours aussi sobre et puissant face à un Sam Neil froid et macabre. En revanche on peut se demander ce qu’est venu foutre Willem Dafoe, bouffon vert spidermanien en chasseur de vampire a l’arbalète.

Il en fait trop ce qui rend pénible ses scènes ce qui altère la qualité générale du long métrage. Jusqu’ici le film revêtait un habit sombre et inquiétant et a partir de son arrivée on vire dans le film plus jouissifs presque proche du Tallahasse de Woody Harrelson dans Bienvenue à Zombieland.

Daybreakers place Ethan Hawke en sauveur de l’humanité, sacrifiant son frère et trahissant sa race pour rejoindre le camp des hommes.

La machinerie du film révélera des rouages peu subtils qui plombent au final un récit pourtant ponctué de séquences vraiment originales.

On aura apprécié notamment la course poursuite entre l'armée vampire et la voiture anti-UV de Hawke en plein jour durant laquelle les rayons du soleil filtrent par les trous des impacts de balles dans les vitres fumées avec un Ethan Hawke se faisant rôtir par les sillons de lumière.

 Difficile pour autant d’élever Daybreakers au-delà de ce qu’il est (un bon film fantastique mais qui s’arrête là) la faute évident et grossière a un final granguignolesque qui saborde définitivement la finesse des débuts du film très portée sur la froideur et la maîtrise graphique du cadre ce que les réalisateurs on l’air d’avoir complètement mis de côté à la fin nous laissant sur une scène digne de Roméro.

Sur un postulat véritablement original doublement intéressant, Daybreakers s'offre quelques biens belles intentions et séquences malheureusement vite ternies par un scénario trop simpliste et irrégulier. Dommage, tant le début du film offrait de bien belles promesses pour la suite du métrage et nous laisser presque augurer être face à La bonne surprise de ce début d’année.

 

1 chap avec affichenine


Nine by Rémi

 

De Rob Marshall

 

Avec Daniel Day Lewis, Marion Cotilalrd, Penélope Cruz, Sophia Loren, Nicole Kidman, Judi Dench, Kate Hudson,

 

 

A venir

 

 

 


 

3chap avec affichesans laisser de traces

Sans laisser de traces by Etienne

 

De Grégoire Vigneron

 

Avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison, Julie Gayet.




C’est donc la première fois que Grégoire Vigneron le réalisateur saute le pas en tant que chef d’orchestre sur un film. Et lui qui vient plutôt du monde de la comédie (avec son alter ego Laurent Tirard) s’essaye au thriller et il s’en sort pas trop mal. Les acteurs sont crédibles et on sent que les thèmes abordés dans le film, comme la deuxième chance, ou la culpabilité sont des thèmes chers au réalisateur.

Ce sans laisser de traces est un pur thriller policer, ce qui est une référence française, ce film là a les défauts de ses qualités et manque un peu de profondeur dramatique, mais ce premier essai est véritablement encourageant. On souhaite à Grégoire Vigneron de continuer sur cette lancée et a défaut de son personnage de laisser des traces dans le cinéma français.




1 chap avec afficheuneeducation

Une éducation    by  Cyril

 

De Lone Scherfig

 

Avec  Peter Sarsagaard, Carey Mulligan, Alfred Molina

Il est toujours un peu sale de dénigrer un premier film. La découverte ne pouvant être associée à la déception il serait un peu cruel d'abattre un défilé de reproches  à un cinéaste dont la personnalité peut avoir du mal à s'affirmer  au sein  de la grande entreprise que représente la réalisation d'un film, sans l'expérience de ses moyens d'expression. C'est don bien ennuyé que je sortais de la projection de Une éducation avec la conviction que le second film de Scherfig, s'il y avait, ne pouvait être que mieux. Mais tout de même avec le sentiment amer de la manipulation médiatique, attisée par la ribambelle de nominations récoltées aux Sattellite, British Independant Film Award, à Sundance, aux Oscars etc..

Mais que faire de cette encombrante unanimité?

Quel soulagement quand j'appris finalement que c'était bien le second film de la réalisatrice danoise, qui plus est près Italien for beginners, film s'appuyant lourdement sur le très inspirant « Dogme 95 ». Amusant n'est t-il pas de voir que la réalisatrice, après une absence de dix ans, renverse les partis pris radicaux de Vinterberg et Von Trier et notamment leur bras d'honneur à l'esthétisme et à l'artifice en général, au profit de l'austérité des moyens au nom du refus de principe des superproductions anglo-saxonnes. Une décennie plus tard, pondre une chronique sociale aussi romantique et maniérée constitue un retournement de veste curieux, peut être un aveux d'échec ?

Quand on sait que Vinterberg est resté l'homme d'un seul film et que VonTrier film aujourd'hui le sexe à 200 images secondes comme des pubs pour machine à laver, il n'est pas interdit de l'envisager.

Rentrons donc avec appétit dans cette éducation et convertissons l'indifférence suscitée en véritables reproches. Car quand quatorze films sortent le même mercredi c'est bien le rôle du critique de ne pas seulement partager une information de sortie, mais surtout d'élaguer  les métrages mineurs pour mieux vous encourager à aller voir ailleurs. L'éducation en question est celle de Jenny, pimpante violoncelliste de 16 ans, et de ses sentiments contrastées lorsqu'elle rencontre un trentenaire success-man qui tombe amoureux d'elle.

La suite nous montrera que ce dernier sous couvert du faste qu'il veut fournir à cette jeune érudite, n'est qu'un maniaque, marié et récidiviste à embarquer les jeunes lolitas crédules auprès de ses amis fortunés, tout cela jusqu'à ce que sa femme l'y reprenne, invariablement. Jenny va donc quitter son lycée, abandonner ses examens et s'opposer au pater qui veut avant out sa réussite sociale.

Car oui on l'a compris, Jenny est rebelle, elle a faim de vie, d'art et d'indépendance, tout ce que peut avoir de lourdement prophétique les aspirations d'une jeune anglaise au début des années 60.  Seulement ce rapport à la culture constamment appuyé et référencé, n'est pas vu comme une ouverture pour l'esprit, avant coureur d'une époque faste aux changements des mœurs.

Non, les virées de Jenny ne sont qu'exiles temporaires, une panoplie de sons et de couleurs, d'atmosphères criardes et irritantes, dont le personnage ne retire rien d'autre que la satisfaction de pouvoir retourner auprès de ses copines de classe, moutons hébétés totalement hystériques, pour mieux leur faire effleurer ce qu'elles ne pourront jamais saisir dans leur doigts boudinés ; la grande Culture. Ce que l'on nous montre, à contrario du discours intellectuel imposé, c'est davantage l'abandon à la consommation dans lequel peut se vautrer à présent Jenny.

A l'heure des grandes vérités, alors que les tourtereaux se sont fiancés, Jenny s'en retournera d'autant plus rapidement à ses études et ses grandes interrogations sur la vie : Pourquoi donc je risque de finir prof alors que je n'aime pas l'école? Vaste question dont la mise en scène, interminable et répétitive nous livre tout l'ennuie possible.

Ajouté à cela la rigidité cadavérique des situations et le rôle souverain du dialogue en toute circonstance. Foulez  donc si vous le voulez mais plutôt du pied gauche si possible ce second film vers lesquels seuls quelques boulets rouges de la critique ont osé poindre leur canons. Triste constat quand n'apparait finalement à l'écran  qu'une fausse comédie romantique, molle et consensuelle.

 

 

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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /2010 16:52

 

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Liberté    by Cyril

 

De Tony Gatlif

 


Avec Marc Lavoine, Marie Josée Croze, James Thiérée

Au sein d'une actualité ultra-chargée, un peu plombée par les nouveaux films des superstars de l'ex-nouvel Hollywood Scorsese et Polanski, émerge la nouveau œuvre du gitan buriné, Tony Gatlif. Dans un nouvel exercice pour lui, pour lequel il s'est de nouveau mis à l'épreuve puisqu'il signe un premier film historique, sobrement intitulé Liberté et qui a pour contexte des conséquences précises de la déjà-ultra visité-deuxième guerre en France, précédant en cela le-déjà-regrettable, je retiens mon venin sur celui-ci, chaque chose en son temps, La Rafle. Un sujet qui peut prêter au bégaiement donc étant donné la forte production passée et donc présente qu'il a suscité.

Mais le Gatlif compositeur a l'oreille musicale et c'est d'avantage une baffe aux canons moralisateurs recasés qu'il administre en évoquant un fragment d'Histoire pas seulement oublié mais surtout totalement ignoré.

Le film de Gatlif s'installe dans la campagne française dite « libre » de 1942, alors que l'état français de Vichy tente de faire respecter sa nouvelle législation et notamment sa difficile application sur le peuple gitan qui se retrouve au milieu d'une guerre à laquelle ils n'ont jamais pris part mais dont ils vont être les victimes collatérales. La principale loi à laquelle est tenue la population est l'adresse fixe qu'elle doit délivrer aux autorités afin de pouvoir être localisée rapidement. Gatlif par son origine apparaît le témoin idéal pour raconter ces pérégrinations contrariées, révélateur d'un besoin de vivre supérieur, que le titre exutoire évoque. Le premier plan ainsi est sublime.

D'épais fils barbelés, rappelant les camps nazis, sont agités hors champ alors que des notes, tristement accordées au mouvement, murmure la plainte de la séquestration de leur auteur. Sublime. La suite nous entraine évidemment sur les routes. Il est question d'une fuite perpétuelle, d'un orphelin qui a quitter l'assistance sociale ,de survie, d'un couple de français résolu à ne pas accepter l'acharnement de la milice à enfermer ce clan dans les camps où s'entasse leur peuple. Et au milieu de ce tableau entendu, la bouillonnante vie du clan. Car la véritable valeur du film est d'avoir réussi à extraire cex moment de vie alors que les tziganes n'ont jamais construit de transmission à leur histoire, en effet ceux-ci brûlent tout ce qui appartient aux morts, par crainte du démon.

Une histoire similaire accompagne le récit de la mort de Django Reinhardt, à qui on avait brulé tout le travail qu'il avait commencé mais n'avait pu finir. Seul son statut de génie incontesté a permis de conserver le reste de ses affaires. On prend également connaissance de l'existence des fiches anthropométriques. De 1912 à 1969, la population tziganes était référencée, photos et écrits à l'appuie afin de connaître leur déplacement et leur activité. Un réglemente infecte, pas si lointain, dont on veut encore aujourd'hui nous offrir dans les narines les relents déplorables. Difficile de ne pas parler ainsi de film engagé! Le personnage symptomatique de James Thiérrée, Taloche, pourtant le seul acteur non rom du clan, éclabousse sa folie aux quatre coins du pays qu'il habite.

Quand il pénètre dans la maison cossue des français, il ouvre les robinets pour libérer l'eau qu'il voit prisonnière, une obsession de l'indépendance qui finit tragiquement. James Thiérrée, petit fils de Charly Chaplin dont il est possible de remarquer l'affiliation, d'ailleurs le personnage de Charlot n'est pas loin de ce caractère extravagant et foncièrement libre. Fatalement les deux français ont l'air totalement étrangers à l'action, leur courage ne révélant rien d'autre qu'une passivité muée en héroïsme par une culpabilité un peu bête. Ce film finalement consolide Gatlif comme le cinéaste de l'anti-misérabilisme, celui de l'anti contre-plongée, un vrai faux documentariste. 

C'est donc un très beau film, avant tout sincère et avec un cœur énorme que nous offre Gatlif. Peut être pas son plus mémorable mais auquel on peut confier la valeur de témoignage d'un destin méconnu, souvent transmis par les bourreaux. Ce qui rend Liberté d'autant plus nécessaire.


 

 

4chap-avec-affiche-copieshutterisland.jpg Shutter Island    by Vincent

 

De Martin Scorsese

 

Avec Leonardo Dicaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley

 


En 1954, le marshal Teddy Daniels et son équipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a mystérieusement disparue. Le seul indice retrouvé dans se cellule est une feuille de papier sur laquelle est inscrite une suite de chiffres et de lettres, sans signification apparente. Daniels va alors tenter d’éclaircir les agissements étranges perpétrés sur l’île, mais il va également devoir faire face à ses démons…

            D’abord annoncé pour début octobre 2009 au cinéma, puis repoussé jusqu’en février 2010, alors que sa production s’est achevée en 2008, le petit dernier de la famille Scorsese montre enfin le bout de son nez. Et c’est avec impatience que l’on attendait le retour du  fameux tandem Scorsese-DiCaprio, désormais culte depuis Aviator et Gangs of New-York. Et je dois dire que, pour ma part, je ne suis pas déçu.

Tout d’abord, il faut dire que l’affiche était plutôt alléchante, puisqu’elle proposait un casting particulièrement fournit. J’attaque peut-être un petit peu brutalement en rentrant aussi vite dans le vif du sujet, mais pendant qu’on en est au casting, autant y aller franchement. A commencer par le sieur DiCaprio, qui, une fois de plus, crève l’écran dans son rôle de marshal perturbé, torturé par un passé qui le rattrape… Malheureusement, je ne peux pas en dire plus, sous peine de vous infliger un terrible spoiler qui pourrait bien vous gâcher la séance. Enfin bref, tout ça pour dire que DiCaprio fait encore des merveilles (à mon sens) et qu’il n’est pas près de tomber dans l’oubli aussi facilement. Le reste du casting également apparaître 4 grands noms du cinéma, qui malheureusement sont assez méconnus du grand public. A commencer par Mark Ruffalo (Windtalkers, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Zodiac), qui interprète l’équipier de Leonardo DiCaprio. On retrouve également Ben Kingsley (Suspect Zero et Oliver Twist) et Max von Sydow (Minority Report, L'exorciste, Le Scaphandre et le Papillon, Un homme et son chien) dans des rôles de psychiatres troublants, enfin, la touche féminine du film avec Michelle Williams (Brokeback Mountain) dans le rôle de la défunte femme du marshal Daniels.

            Venons-en au scénario. Ce dernier est adapté d’un roman de Dennis Lehane, qui a déjà vu 2 de ses œuvres adaptés sur  grand écran : Gone Baby Gone et Mystic River. Certes, dans Shutter Island, il n’y a pas de quoi tomber par terre. Rien d’innovant, rien d’original. Mais il faut quand même avouer que le film de Scorsese a de quoi vous retourner la tête un certain nombre de fois. Les personnages sont très travaillés, ambigus, voire carrément décalées par moments, mais, après tout, on en dans le monde de la psychiatrie ! Bref, l’ambiance est au rendez-vous, et certaines scènes sont tout simplement exceptionnelles tant l’ambiance est malsaine. De plus, les décors offrent un aperçu extrêmement réaliste du milieu carcéral en hôpital psychiatrique, au milieu des années 50. Pour info, le film a été tourné dans un véritable hôpital désaffecté du Massachussetts.

Pour ce qui est de la mise en scène, j’ai trouvé cela très intéressant. Scorsese a parfaitement su la mettre en adéquation avec le scénario. Seul hic, les effets spéciaux traités en images de synthèses qui se distinguent très nettement à l’écran et qui mettent en évidence l’utilisation des fonds verts par moments.

            En somme, je vous conseille vivement d’aller voir Shutter Island sur grand écran. En attendant le prochain Scorsese, celui cale aisément la dent creuse (même s’il ne s’agit pas du meilleur de sa filmographie, loin de là). Mes avis qu’une prochaine coopération entre le réalisateur et l’acteur ne devrait pas tarder…



 

1-chap-avec-afficheasingleman.jpg A Single man    by Rémi


De Tom Ford

 

Avec Colin Firth, Julianne Moore, Nicolas Hoult

 


            Si elle n’est pas forcément connue du grand public, la relation entre la mode et le cinéma existe bel et bien et autrement que part l’entremise de couturiers célèbres créant les costumes pour une œuvre cinématographique. En effet, cette relation est beaucoup plus profonde, à vrai dire elle l’est pratiquement autant que celle entre publicité et cinéma, la mode passant régulièrement par ce médium particulier tout en piochant dans le réservoir cinématographique, en l’occurrence tout un panel de réalisateurs allant de l’illustre inconnu au vieux routard du métier. Bien que la plupart des grandes maisons aient choisi de promouvoir leur ligne cosmétique plus que leur ligne prêt-à-non-porter-a-moins-que-vous-sortiez-des-camps, certaines d’entre elle ont en revanche prolongé cette étroite collaboration avec le cinéma, allant jusqu'à financé des courts-métrages dans lesquels n’apparaissent de ce fait que leur griffe. Posons maintenant un postulat de départ simple mais pourtant non évident : la haute-couture fait partie de la grande famille des arts, peut-être pas au même titre que le cinéma, mais quand même. Ainsi, quand Tom Ford, styliste et créateur de mode, passe derrière la caméra pour un long métrage, devons-nous redouter que naisse de cette incestueuse relation un rejeton pas tout-à-fait fini voir même carrément monstrueux ? Et bien sachez qu’il faut savoir s’alarmer plutôt deux fois qu’une tant le bien né A Single Man est un ramassis d’immondices et préfigure pour Tom Ford une filmographie avec a single movie, ou tout de moins je l’espère.

 

            Que dire face à une telle débauche d’incompétences, face à un tel festival de nullités alors que les trois quarts de la presse spécialisé soutient le film ? Aurais-je était le seul à voir que Tom Ford est un écolier brouillon dont les leçons trop vite et trop mal apprises font de son récital une rédaction d’une heure quarante sans la moindre idée et où trois pauvres figures de styles répétées à outrance ne font que rendre encore moins digeste ce sombre navet qu’est A Single Man ? Et bien tant pis, s’il n’en reste qu’un, je serais celui-là. Premièrement parce que récompensé Colin Firth qui prolonge ici son coming out entrevue dans Mamma Mia !, c’est avant tout de la politique, c’est donner un os à ronger au chien avant qu’il vous bouffe. J’ai beau apprécié Colin Firth, le pousser à persévérer dans des rôles aussi plats est juste condamnable. Et j’entends déjà les cris de la meute venant me chercher. Mais voyons, ce professeur d’université bien sous tout rapport ayant perdu son compagnon il y huit mois n’a pas de profondeur. Cette dernière n’est qu’un trompe-l’œil peint sur la surface lisse et plane qu’est réellement le personnage de George Falconer. Fade à en pleurer, il fallait forcément que ce dernier soit homosexuel, histoire de bien rajouter un nœud dramatique, mais vous savez, un de ces nœuds de magicien. On souffle et hop, y’a plus de nœud. Je ne m’étendrais pas plus sur les acteurs, hormis peut-être la performance pitoyable de Julianne Moore qui joue faux de bout en bout et le plaisir que j’ai eu de voir Lee Pace, ce dernier tenant à peu près ces 20 secondes face caméra. Il en effet désormais d’attaquer le nœud du problème, en l’occurrence Tom Ford, et croyez-moi, cette fois-ci souffler dessus ne suffira pas à le faire disparaitre. La mise en scène est inexistante ou outrageusement voyante, pour la simple et bonne raison que Ford possède une iconographie de publiciste (rapport avec l’introduction). On a donc droit à des scènes bien ralenties, bien dramatisées à grand renforts de musique classique (souvent en totale inadéquation avec l’image) et l’on s’imagine ainsi voir débarquer en bas de l’écran un logo de parfum toute les cinq minutes. Ce cher Ford est tellement soumis aux lois de la pub qu’il va même jusqu’à faire du playboy Levi’s (jean slim, petit t-shirt blanc, cigarette) la représentation absolue du désir homosexuel, du fantasme parfait. Si nous avons donc d’un côté l’écœurant Tom le styliste, de l’autre c’est Tommy le simplet qui est aux manettes, ce dernier ne nous épargnant rien, de la scène « comique » dans les toilettes aux plans d’horloges récurrents et inutiles. Enfin, une petite ligne sur le scénario qui n’est pas en reste (totalement réécrit par Tom Ford), avec par exemple des dialogues existentialistes qui frôlent la philosophie de sous-sol et une fin, mais alors une fin absolument scandaleuse, ce qui soit-dit en passant, est ainsi raccord avec le début, et puis aussi le milieu tant qu’à faire.

 

            Voilà, le facétieux trublion que je suis aurait sans doute put résumer le premier film de Tom Ford en disant qu’il était Gucci-gucca. Mais je préfère vous dire que ce film, récompensé à la Mostra du Queer Lion (prix décerné par un jury parallèle au meilleur film traitant de l'homosexualité) m’a tout de même laissé une phrase. George Falconer, dans un grand moment lyrique, nous confie qu’il aime ces moments de lucidité où tout est juste, où tout est clair. Je regrette sincèrement de ne pas avoir vécu un de ces moments quand j’achetais ma place.

 

 

 

 

 

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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 17:18

4chap-avec-affichefantasticmrfox-copie-1.jpg Fantastic Mr. Fox    by Rémi

 

De Wes Anderson

 

Avec  George Clooney, Meryl Streep, Jason Schwartzman, Bill Murray, Willem Dafoe, Adrien Brody

 


           
Wes Anderson est le vrai pape du cinéma indépendant. Voilà, c’est dit et Robert Redford peut bien vouloir nous en mettre plein la vue avec son festival perdu au milieu du l’Utah, les cinéphiles avertis que nous sommes savons bien que Sundance n’est que poudre aux yeux et vaste pantalonnade. Pour ceux qui ne comprendrait pas ou ne partagerait pas mon avis, je me permets de faire remarquer que la moitié des films présentés à Sundance sont déjà intégrés dans les systèmes des majors américaines puisque produits par leurs départements consacrés au cinéma « différent », quand à l’autre moitié, elle attend juste d’être choisie par une de ces majors afin d’obtenir une distribution nationale voir internationale, les majors pariant elles sur des films au budget infime et qui peuvent finalement rapporter gros. De plus, si j’ai parlé de « cinéma différent », il faut bien admettre que cette distinction ne fonctionne qu’au Etats-Unis puisque tous les films présentés à Sundance depuis les dix dernières années ont des déterminations et des enjeux absolument similaires, à l’instar de tous ce que l’on nous vend sous le label indépendant, devenu ainsi à la fois gage de « qualité » et genre à part entière, en particulier du fait de dénoncer les travers de l’Amérique d’aujourd’hui et de toujours. Pour être réellement indépendant aux Etats-Unis, deux solutions s’offrent alors. La première, la lynchienne, c’est tout simplement de partir chercher des producteurs en Europe. L’autre, plus répandue, est d’avoir roulé sa bosse dans le métier, d’être assez respecté et surtout prêt à perdre de l’argent pour faire les films que l’ont a envie de faire, tactique qui peut se résumer sous le nom de méthode coppolienne. Et puis il y a l’extraterrestre, le dandy, Wes Anderson, 40 ans, 7 films en 14 ans et une liberté de ton, une liberté tout court, une indépendance qui force l’admiration et qui lui permet, à l’heure où l’on nous rebat les oreilles des prouesses techniques, numériques et tridimensionnelles d’Avatar, de faire un film en stop-motion version old-school en adaptant un roman de Roald Dahl pour finalement parvenir à un résultat tout simplement fantastique.

 

            Voilà, après ce très long préambule qui était nécessaire pour comprendre l’importance du bonhomme, nous pouvons aborder le film en lui-même, mais si vous avez compris ce qui a été annoncé peu avant, la teneur de ce qui va suivre n’aura rien d’étonnant tant Fantastic Mr. Fox est représentatif de l’esprit Wes Anderson, l’animation permettant au réalisateur de pousser plus loin encore ces envies de liberté, de différence. Revenant aux sources (et notamment au film Le roman de Renart de 1930, déjà réalisé en stop-motion), Anderson a pris le pari d’une animation visible (la fourrure des animaux change d’un plan à l’autre), d’une animation saccadée dans les moments rapides, bref d’une animation ancienne mais qui donne au film une touche de sophistication, presque de noblesse, tout ceci étant en parfaite adéquation avec le personnage de Fox mais aussi surtout de Wes Anderson. Ce dernier teinte son film avec une très belle touche de nostalgie qui se conjugue parfaitement à l’univers dahlien et rajoute à cela des dialogues ciselés dans le marbre. C’est bien simple, les dialogues font mouche à chaque fois, les silences fonctionnent parfaitement et même mieux que certaines chutes dialoguées, et que dire des expressions faciales des différents protagonistes, à la fois tout à fait crédibles et pourtant complètement fantasques (les personnages ne clignent par exemple jamais des yeux). Pour renforcer la crédibilité, on peut compter sur les interprètes qui sont justes impeccables et en particulier George Clooney, qui est donc bien meilleur avec une tête de renard qu’avec la sienne. Autre très grosse performance, une mise en scène plutôt incroyable pour du stop-motion, avec notamment le travelling typique chez Anderson là encore présent pour montrer tous les personnages dans leur situation quotidienne, véritable tour de force pour un film en animation image par image.

 

            Pour conclure, il me semble que Wes Anderson pourrait décrocher la timbale de la meilleure comédie de l’année, et ce malgré la très très forte concurrence des frères Cohen et de leur Serious Man. Si ces derniers gravissaient encore un échelon dans l’absurdité du quotidien, Wes Anderson gravit lui aussi un nouveau palier mais du côté de l’extraordinaire, de la fantaisie et ce grâce à la classe toute britannique émanant de cet épatant renard. Fantastic Mr. Fox est donc un plaisir de tous les instants, une sorte de festin, d’immense poulailler offert en cadeau aux canines rieuses des rusés spectateurs qui auront fait le choix suivre Wes Anderson dans son terrier.

 

 


4chap-avec-affiche-copieblackdynamite.jpg Black Dynamite     by Cyril

 

De Scott Sanders

 

Avec Michael Jai White, Tommy Davidson, Salli Richardson

 

A tous les enfoirés environnants, un nouveau film débarque pour vous sur le plus cool des ex-agents de la CIA, reconverti en défenseur des oppressés. Au programme des bagnoles  de ouf, des flingues plus longs que ton avant bras et des costards à paillettes que t’arrives même pas à les regarder en face tellement ils t’éblouissent. Son objectif, nettoyer la communauté de la merde qui la fait succomber : l’héroïne. Il est super cool et il connait le kung-fu. C’est ça Black Dynamite !

Black Dynamite ou la renaissance tel quelle, c'est-à-dire sans un rond, de la plus cheap des blaxploitation avec dans le rôle titre du Chevalier Black, Michael Jai White, le Gambol de The Dark Knight, le caïd déjà trop baraqué pour ses costumes. Ici ce n’est pas pour jouer les gangsters mais plutôt les redresseurs de tord du ghetto, qu’il va arborer une superbe coupe afro et  l’épaisse moustache sur laquelle se base presque entièrement la promotion.

Alors oui, encore un film sur les regrettées années 70, mais pour ce qu’elles ont apportées de mieux dans la dérision. Sans gonfler leurs limites aux effets spéciaux à la façon Rodriguez Tarantino, le véritable atout du film est l’utilisation d’un super 16 bien pourri et contrasté, qui  donne cette apparence authentique tout droit sortie des cartons.

Dailleurs quant est t-il de ce scénario écris sur un coin de table d’un coffee-shop d’Inglewood. Après l’assassinat de son frère, Dynamite part à la poursuite de gangsters dealant de l’héroïne dans le ghetto. Le but de tout cela étant la réduction de la taille du sexe de la population noire commanditée  par le machiavélique Nixon, et cela Black Dynamite ne peut l’accepter.

Michael Jai White tient le rôle de la bête humaine que vous connaissez sans savoir, car ayant joué une Tortue dans le premier Tortue Ninja 2, Spawn dans l’adaptation raté du comics, Universal Soldiers et la fameuse scène coupée de Kill Bill vol.2.

O aurait certes pu se passer de la séquence sur l’île du docteur Woo, ou l’on rit un peu jaune. A noter le retour sur le devant de la scène d’un acteur que le scandale avait coupé en plein élan, Tricky Dick Nixon, 37e président des Etats-Unis, après Watchmen et Frost Nixon fait un nouveau retour musclé aux affaires dans une scène de kung-fu épique.

On l’oublie un peu mais la blaxploitation aurait sauvé Hollywood de la faillite dans les années 70. Avant l’ère du blockbuster uniforme, beaucoup de producteurs se sont lancés dans la création de mythes blacks, sensés fédérer le public noir et relancer les recettes d’un secteur moribond après le flower-power.

Ainsi, suite au bide outre atlantique, et s’il y a peu de chances de revoir Jai White en Dynamite sur grand écran,  malgré la volonté du réalisateur, va être développé un dessin animé qui va reprendre graphiquement certains passages du film, notamment une scène de Kâma-Sûtra tout en menu détails. Au-delà du simple hommage, Black Dynamite s’avère un véritable témoignage d’une époque révolue. Et n’oubliez pas que s’il est implacable et téméraire, il est super-cool et il connait le kung-fu.

Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 16:58

4chap-avec-affiche-copieiloveyouphilipmorris.jpg I Love You Phillip Morris by Vincent

 

De Glenn Ficarra, John Requa

 

Avec  Jim Carrey, Ewan McGregor, Leslie Mann

 

I Love You Phillip Morris raconte l’histoire vraie de Steven Russell, ex-flic, ex-mari, ex-arnaqueur aux assurances, ex-prisonnier modèle et éternel amant du codétenu Phillip Morris. Cet homme incroyable est prêt à tout pour ne jamais être séparé de l’homme de sa vie. Ce qui le pousse à s’évader de prison un nombre incalculable de fois.  Jusqu’où peut aller l’amour ? Très loin si on en croit l’histoire incroyable de Steven Russell, un génie de l’évasion rattrapé par son romantisme.

            Drôle, émouvant et sensationnel. C’est tout ce qu’il y a à retenir de ce film incroyable qui adapte à l’écran la vie du véritable Steven Russell, un homme doté d’un QI de 169, et qui purge encore une peine de 144 années de prison, en demeurant 23 heures par jour dans sa cellule. Et pour incarner cet homme extraordinaire, les réalisateurs ont fait appel à un acteur extraordinaire : Jim Carrey, qui décidemment épate de plus en plus en diversifiant ses rôles à volonté. Je sais que certain le trouvent grossier, voire lourd selon les films (c’est vrai qu’il a participé à quelques navets…), mais laissez-moi vous dire que ce n’est absolument pas le cas dans I Love You Phillip Morris. Le film reste principalement axé sur l’humour des situations que le personnage de Steven Russell rencontre tout au long du film, avec sa sexualité et avec son compagnon : Phillip Morris. Ce dernier est incarné par Ewan McGregor qui se révèle être un des acteurs hollywoodiens les plus actifs du moment. D’un côté, Jim Carrey représente la folie, l’extravagance et la volonté ; de l’autre, McGregor incarne l’amour, la fragilité et la passion. Un deuxième aspect du film, qui a sans doute permis son succès, est le thème de l’homosexualité, qui, pour une fois, est relégué au second plan. Cela permet aux réalisateurs de se centrer plus sur une histoire passionnelle entre deux être plutôt que de mettre en avant une lutte introspective quant  à la condition des homosexuels dans le milieu carcéral. Une double-casquette qui permet au film de se rendre accessible à (presque) tous.

            Du côté de la réalisation et de la mise en scène, le travail est épatant. Glenn Ficarra et John Requa, bien qu’ayant peut de films à leur actif, semble maîtriser leur sujet de bout en bout. Ajoutez à cela des décors et des costumes en adéquation totale avec la passion dégagée par le scénario et la réalisation. Et en plus, les français sont à l’honneur, puisque  le film est financé par Luc Besson (producteur délégué sur le film), via Europacorp, sans qui le film n’aurait jamais vu le jour (faute aux refus essuyés par les réalisateurs auprès des financiers américains, réticents à l’idée d’un film sur des homosexuels).

            En bref, il faut impérativement voir ce film drôle et touchant qu’est I Love You Phillip Morris. Une valeur sûre de la comédie.

 

 

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Anvil     by Rémi

 

De Sacha Gervasi

 

Avec Steve Kudlow, Robb Reiner, Kevin Goocher

 

            Je vais être franc avec vous : je ne suis pas un metalleux. Même pendant ma période capillaire douteuse et mon époque jean baggy, je n’ai jamais fait parti de la fascinante tribu des chevelus hocheurs de tête. En ce qui concerne le genre musical, c’est un peu pareil, puisque si je n’y suis pas réfractaire, je dois bien admettre ne pas me diriger naturellement vers le metal, sauf avec des groupes qui le possèdent comme une facette parmi leurs nombreuses influences (Tenacious D et surtout Led Zeppelin, ces derniers étant plus à l’origine du genre que l’inverse). Et bien malgré tout cela, j’étais impatient de voir Anvil, d’une part à cause des bons papiers qu’il récolte dans toute la presse mais aussi et surtout pour son sujet, à savoir la passion jusqu’au bout, jusqu’à l’absurde, en l’occurrence ici croire que l’on va percer dans le milieu musical 30 ans après ses débuts.

 

            Si cette dernière phrase peut faire transparaitre une certaine forme d’immodestie et de pathos, le film de Sacha Gervasi nous montre tout le contraire, soit deux mecs, deux amis, deux frères jusqu’à la mort qui ne vivent que pour leur musique et qui attendent depuis 30 ans, faute de mieux, une reconnaissance méritée tant de leur talent que de leur statut de pionniers du heavy metal. Steve Kudlow, alias Lips, véritable bête de scène qui avait par exemple, volé la vedette à John Bon Jovi entre autres lors d’un festival rock au Japon dans les années 80, chanteur et guitariste exceptionnel dans son maniement de l’instrument puisque capable de troquer son médiator pour un godemichet qu’il brandit furieusement dans sa tenue sado-maso, est aussi livreur pour les cantines scolaire de la ville de Toronto. S’il a rangé sa panoplie SM, ce n’est pas le cas en ce qui concerne sa longue chevelure (désormais menacée par la calvitie) et son besoin de faire du metal en compagnie de son pote de toujours. Ce frère, c’est Robb Reiner, peintre amateur et batteur hors-normes puisque adoubé et reconnu par Slash lui-même comme meilleur batteur de rock à l’époque où Anvil débutait et qui laissait ainsi présager un avenir radieux pour le groupe canadien. Seulement voilà, si les trois premiers albums se vendent à peu près (en particulier Metal On Metal, album qui tire son nom de la chanson phare du groupe, véritable standard du genre), les neuf suivants sortent dans un anonymat quasi-total, tout comme le groupe qui passe des énormes festivals aux petites prestations dans les caves de l’Ontario. Voilà, après ce prologue, on retrouve nos deux compères pour le 50ème anniversaire de Lips avec un petit concert improvisé où l’on découvre les deux seuls fans du groupe (qui eux aussi ont 50 ans et de belles têtes de vainqueurs), pour finalement les suivre dans une tournée européenne de folie puisqu’elle a été organisée n’importe comment par une italienne, groupie qui va réaliser son rêve, c'est-à-dire se taper le guitariste. On découvre donc de vrais natures, des gens humbles, passionnés et drôle. On rit en effet pas mal, surtout avec Lips, sorte d’Al Bundy qui aurait troqué ses chaussures pour des guitares électriques, on pleure aussi en côtoyant ses deux héros au travers de leur vie mouvementée, presque uniquement constituée de galères qui s’enchainent, galères qui n’entament que rarement le moral des troupes.

Le film tient donc principalement par les personnages qu’il présente, mais il faut tout de même noter quelques qualités de mises en scène, puisque qu’après avoir été fan et assistant du groupe lors d’une tournée, Sacha Gervasi s’est intéressé au cinéma. Après des cours à l’UCLA Film School, il écrira le scénario du Terminal de Spielberg. Si son premier film n’est pas vraiment surprenant ou expérimental et n’offre pas une esthétique léchée, certains petits moments méritent tout de même le détour, en particulier le retour de nos compères au Japon avec un moment de calme et de méditation dans un jardin nippon, en contraste absolu avec tout le reste du film puisque sans gros son mais aussi avec des mouvements de caméra aériens et rapides. Mais il faut bien avouer que si le réalisateur ne dessert évidemment pas son sujet, le sujet (ou plutôt les sujets) sont tellement exceptionnels qu’ils prennent le pas sur tout le reste, qu’il écrase le film de leur masse capillaire et de leur présence hors du commun.

 

            Le cinéma documentaire a principalement vocation à nous faire découvrir des univers qui nous sont exotiques, et Anvil rempli en ce sens parfaitement son office chez moi. Rien que cela aurait put être suffisant, mais voilà, en s’intéressant à des rockeurs aussi peu communs, Sacha Gervasi a choisi des protagonistes extrêmement attachants et qu’il a suivi en se laissant porter pour au final livrer sans aucun doute un des meilleurs documentaires de l’année et surtout une des plus belles vengeances à la fatalité en remettant sur le devant de la scène un groupe qui vous donne envie d’aménager votre garage en studio musical.


 

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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /2010 14:45

3chap-avec-afficheplanete51-copie-1.jpg Planète 51    by  Vincent

 

De Jorge Blanco

 

Avec  Vincent Cassel, Dimitri Rataud, Sara Martins

 

Tout est normal sur la Planète 51. Le ciel est bleu, les habitants sont vert pomme et les Cadillacs volent. Lem, un brave et courageux lycéen, vient de décrocher un emploi au planétarium. C’est à ce moment que Chuck, un astronaute terrien aussi malin qu’une huître, atterrit sur la Planète 51. Tout de suite, c’est la panique. Tout le monde pense qu’il s’agit d’une attaque des envahisseurs extra-terrestres. Les forces de l’ordre encadrent rapidement le périmètre. Chuck se retrouve alors coincé, sur la planète, alors qu’il doit rejoindre son vaisseau qui repart sur Terre dans 76h. Il va avoir besoin de l’aide de Lem, qui va devoir prendre son courage à deux mains et apprendre à faire des choix pour gagner le cœur de sa belle.

            Pour son premier essai dans la réalisation, Jorge Blanco s’attaque à un film d’animation, et c’est plutôt concluant. Je n’étais pas spécialement enthousiaste à l’idée de devoir affronter un énième film d’animation dans la veine de Shrek. Mais j’ai été agréablement surpris. D’une part, parce que le film se veut à la hauteur des grosses productions américaines, et d’autre part parce que l’humour et l’esthétisme n’en sont pas affectés. Sur le plan graphique, Planète 51 est très plaisant à voir. Pas de gros mirages à se mettre dans les yeux, mais la qualité est au rendez-vous. En tout cas, ce film place la barre au moins au même niveau qu’un Shrek. Le bouquet est assez haut en couleur, et l’image est bourrée d’une multitude de petits détails qui viennent s’ajouter à l’humour du film. A ce sujet, Planète 51 se veut meilleur que son rival vert américain. C’est moins gras et moins lourd que tout ce que l’on a l’habitude de voir. Enfin, on en finit avec les concours de pets et de rots à répétition et toute cette clique qui ne fait rire que nos confrères outre-Atlantique. Ici, c’est plus subtil, plus « européen » si on peut dire. On joue plus sur le comique de situation et sur les références qui y sont incluses. D’ailleurs, en parlant de référence, le film fait la différence en multipliant les citations et les copies de scènes cultes des plus grands films de science-fiction. Depuis E.T., jusqu’à District 9, en passant par Star Wars et Invaders From Outer Space, le film ne cesse de nous faire rigoler.

Ceci nous amène tout naturellement au scénario signé Joe Stillman, déjà scénariste de Shrek et Shrek 2. Bref, vous l’aurez compris, personnages débiles et situations déjantés sont au rendez-vous dans cette histoire simple mais attachante, et tout cela pour notre plus grand plaisir.

            Bref, Planète 51 est donc un film tout gentillet qui fera rire petits et grands, mais qui reste quand même un peu trop sage et classique.

 

 

3chap-avec-affichesherlockholmes.jpg Sherlock Holmes     by Cyril

 

De Guy Ritchie

 

Avec Robert Downey Jr, Jude Law, Mark Strong

 

Le nouveau film du réalisateur de Snatch ou l’art délicat de combiner l’œuvre de sir Conan Doyle avec une production Joël Silver, ce qui donnait déjà  le vertige. Un businessman que l’on peut considérer aux cotés des frères Weinstein comme l’archétype du producteur boulimique au sens professionnel (60 films en 30 ans tout de même) mais également calorique. Ce lui qui a conduit les Die Hard, les Armes fatales et les Matrix et qui reste connu pour sa citation inspirée sur le plateau de Streets of fire en 1984 : « Je veux une explosion de la taille de Cleveland ». La ville bien sûr et non le sympathique  quoique gras voisin afro-américain de Peter Griffin. Un  meneur d’hommes certains donc, mais dont la présence au générique de ce Sherlock Holmes peut faire tiquer étant donner sa vision artistique que l’on peut légitimement considérer limitée.

Heureusement les 2h08 de bonne facture vont contrarier cette appréhension de départ car sans analyser les antécédents d’adaptation, énumérés avec talent par Etienne la semaine dernière, il est clair que le rapport direct avec la figure du détective flegmatique était dur à établir au premier abord.  Que nenni ! Après une première scène  qui fait peur (Ritchie semble avoir vu et aimer le Watchmen de Zack Snyder), le réalisateur anglais va aborder avec sérieux, rythme et parfois talent l’enquête qui conduit le tandem Holmes/Watson sur les traces de Lord Blackwood, un noble qui a troqué ses week-end chasse et croquet contre un manuel de magie noire. Les desseins du salopard étant, oh surprise, de conquérir le monde. Il ne faut donc pas compter sur l’originalité du scénario mais davantage sur des personnages savoureux car le couple Robert Downey Jr. / Jude Law est véritablement emballant. Servis par des dialogues mordants « so british », les deux acolytes ont l’air vraiment de s’éclater, ce qui a presque toujours pour conséquence un plaisir mutuel du spectateur. Superbe reconstitution également du Londres de 1891, complexifiée par le bouillonnement de la cité au moment de sa forte expansion industrielle, les rues sont superbement rendues et la multitude de courses poursuite est vécue vraiment de l’intérieur. Une visite touristique qui nous conduit même à Westminster ou sur le Tower Bridge en construction dans une ardente scène finale.

On pardonnera volontiers la présence un peu fade du méchant, le mal nommé Mark Strong, éclipsé par les personnages féminins. Kelly Reilly, la Wendy des Poupées Russes, oui et non celle de l’Auberge Espagnole car vous allez  vous en rendre compte la mutation est achevée. Et Rachel Mc Adams, ou serait-ce Kate Bosworth je ne sais plus très bien, actrice interchangeable mais néanmoins piquante dans le rôle de Irène Adler, la compagne de Holmes. Le gros reproche reste quand même le coté invulnérable du Sherlock, qui outre la permanente réplique qui tue, n’est finalement qu’un gros terminator, capable d’envoyer n’importe quel malabar au tapis, en diagnostiquant au préalable : les blessures administrées, la période de récupération de son amour-propre, le tout le corps huilé dans un agaçant slow-motion fragmenté (j’avance, je ralentis…), un effet vraiment tout pourri,  placé  sur l’autel de la mode mort-née.

Dommage, car ce Sherlock fera date, non pour son action, finalement un peu déjà vue, mais pour son autodérision. En effet durant le tournage, Robert Downey Jr. A véritablement été mis accidentellement KO par Robert Maillet, qui joue Dredger, 2m09, 149kg, ce qui a véritablement du lui enseigner la modestie. Un film donc largement au dessus du niveau du blockbuster moyen et dont la suite est déjà dans les tuyaux et avec des  armes nouvelles, et de poids. Car si la présence de Brad Pitt sur le tournage a été démentie dans le rôle de Moriarty, il semble bien qu’il s’agisse de la voix du comédien qui accompagne ce personnage de l’ombre. Et avec déjà 400 millions de dollars de recettes, Joël Silver peut encore  se frotter les mains, sa cuillère d’argent bien callée dans la bouche.




5chap-avec-affichelebanon.jpg Lebanon   by Tsipy

 

De Samuel Maoz

 

Avec Yoav Donat, Itay Tiran, Oshiri Cohen


Un film fabuleux, époustouflant qu’il faut absolument voir pour sa prouesse technique mais aussi esthétique, Samuel Maoz, signe son premier film et reçoit le Lion d’Or au festival international de Venise, un réalisateur à surveiller et surtout à ne pas oublier.
Première guerre du Liban, 1982, un tank et son unité partent en reconnaissance dans une ville du Liban déjà « nettoyée » par les « oiseaux sauvages » israéliens. C’est maintenant à cette équipe nommée : Rhino, de vivre sa guerre. A bord de ce tank, quatre hommes, tous jeunes et inexpérimentés à vivre l’horreur qui les attend.

Samuel Maoz s’est inspiré de sa propre vie pour écrire et filmer Lebanon. C’est dans la vague de Valse avec Bachir, que les cinéastes israéliens commencent à exorciser cette guerre et cherchent à définir le nouveau citoyen d’Israël.

 

            La mise en scène, très subjective, enferme le spectateur dans ce tank. Pendant tout le récit, nous sommes dans ce véhicule, et l’on ressent l’angoisse des soldats grâce aux gros plans sur leurs yeux. C’est avec un huit clos très respecté, en effet, la caméra ne quitte pas l’intérieur du tank, que le réalisateur réussit à nous montrer sa guerre.  Un procédé efficace qui plonge le spectateur dans la claustrophobie et l’angoisse des personnages. Tout cela est très bien travaillé car si la guerre ne peut être esthétique, Samuel Maoz rend son film à la fois très esthétique mais à une certaine limite. Les seuls plans qui vont nous permettent de voir l’extérieur, sont vus à travers le viseur du tank, on adopte alors seulement le point de vue de ce soldat. Le réalisateur ne nous demande pas d’émettre de jugement et c’est en cela qu’il peut être désagréable, certains critiques français veulent absolument détenir le pouvoir de juger et donc de condamner. Mais il me semble, que c’est de là qu’il tire sa puissance, nous ne sommes pas des juges mais uniquement des spectateurs. Nous sommes parmi eux, un soldat qui ne saisit pas les enjeux, et contrairement aux autres nous sommes consentants, nous avons souhaité être là. Et c’est dans cette passivité et incompréhension générale que le réalisateur élève l’intrigue du récit et accroche le spectateur à son siège. Le leit motiv des gros plans sur les yeux est au départ un peu agaçant, mais Maoz instaure une symbolique à ces plans dans la dernière partie du film qui nous permet de mieux comprendre les personnages et le réalisateur. Seulement deux plans extérieur jour d’une beauté et d’une simplicité ouvrent et ferment le film. Si l’on peut voir dans ce champ de tournesol, un plan cliché, il peut à lui seul résumé le vécu de ces jeunes soldats, leurs lieux de naissance et de mort, l’absurdité de cette guerre.

La musique très archaïque est introduite lorsqu’il le faut, sans trop être présente, elle se confond dans le son, reflétant l’angoisse et la peur, elle n’est pas accompagnatrice, mais un moyen de rendre sonore le ressentit des personnages. Le son quant à lui est extrêmement travaillé. Lorsque la caméra peut paraître superficielle, dans le sens où elle reste fixe et garde une esthétique particulière, le son remet les choses dans leur contexte, plus rien n’est audible excepté le brouhaha du moteur, les cris des soldats, les tirs … Vice-versa, la caméra et le son se complètent sans donner de beauté à cette guerre, ils la rendent de façon juste visible et audible.

Les acteurs sont tous sans exception extraordinaires, un réel travail d’interprétation explose à l’écran. Tous israéliens, ils ont été des soldats, cette guerre, ils l’a connaissent sans l’avoir vécu, en effet la guerre du Liban de 1982 a été un traumatisme pour les soldats mais aussi pour les générations qui on suivi car elle a eu et a énormément de conséquences en Israël. Leur interprétation se limite aux expressions du visage mais surtout à leurs regards, tout est crédible voire plus que crédible. Leur façon de parler est entre le discours militaire et celui d’un adolescent, ils reflètent bien, même à leur apparence, le jeune soldat de 19 ans terrorisé et fataliste face à une guerre dont il ne comprend ni les tenants ni les aboutissants, que l’on a mis ici sans même lui expliquer le pourquoi et le comment. 

 

Si Lebanon ne plait pas c’est justement avec son aspect de film expérimental et la place qu’il prend pour représenter la guerre, très court (1h30mn), on en ressort angoissé, bouleversé… Maoz réussit à nous faire vivre ce qu’il a vécu et non pas la guerre dans sa totalité. Il me semble que Lebanon est loin d’être un film prétentieux, sans rien imaginer, inventer ou recréer, il met en image sa propre guerre, celle qui a duré 24 heures mais qu’il n’a jamais vraiment quitté.

Depuis quelques années, une vague de jeunes cinéastes israéliens, première génération à être née en Israël, fait son apparition pour mettre en art l’Histoire de leur pays, et plus particulièrement la première guerre du Liban, et ne trouvent aucuns des procédés classiques pour mettre en image justement leurs histoires, ils n’ont qu’une solution : inventer un genre.




3chap-avec-affichebrothers-copie-1.jpg Brothers   by Etienne

 

De Jim Sheridan

 

Avec Jake Gyllenhaal, Tobey Maguire, Nathalie Portman

 

Après Réussir ou mourir (Get Rich or Die tryin) datant de 2006  Jim Sheridan revient à ses thématiques sociales et familiales avec Brothers, film qui traite de l’Amérique contemporaine par le biais d’un foyer bouleversé par la mort supposée en Afghanistan du père.

Sam (Tobey Maguire) & Grace (Nathalie Portman) forment un couple parfait et sont les parents de deux petites filles. Sam est envoyé par l'ONU en Afghanistan. Lorsque Sam est porté disparu et présumé mort, Tommy (Jake Gyllenhaal) son frère tout juste sorti de prison et Grace se rapprochent contre toute attente. C'est alors que contre toute attente Sam revient du front...

 Le réalisateur d’Au nom du père revient donc avec une histoire qui traite des valeurs familiales et des dommages collatéraux dues aux guerres.

Le réalisateur filme avec pudeur et de loin la lente reconstruction de cette famille suite à la disparition de Sam. Le film suit donc en parallèle la descente aux enfers de Sam en Afghanistan et la réhabilitation de Tommy dans la société. Tommy se rachète une conduite en s’occupant de la famille de son frère. Mais, et comme le dira Grace en confession a Tommy aux coins du feu en écoutant du U2 elle est une banalité ambulante (pom pom girl marié a un sportif militaire), et a l’instar de Grace le film malheureusement  véhicule de nombreuses banalités.

J’attendais ce film avec une certaine impatience non dissimulée, en effet le film avait un pitch intéressant s’attardant sur cette relation ambigüe entre le frère devenu l’homme de la maison.

Seulement voila le film s’enterre dans un montage alterné ou l’on suit les deux histoires (celle du mari prisonnier chez les afghans et celle du frère dans cette famille).

Dans la catégorie banalité ambulante on retrouve le père des deux frères en vétéran de la guerre du Viet Nam.

Brothers répond au programme mélodramatique de bon nombre de productions hollywoodiennes à succès, sans jamais chercher à s’éloigner de son scénario et du film original, qu’il recopie laborieusement, en effet car derrière Brothers il y a Brothers le film danois original sur lequel le film de Sheridan est basé.

Les séquences se déroulant en Afghanistan son également maladroite avec une vision toujours caricaturale des guerriers afghans représentés en barbus sadiques, avec un chef chaussé de petite lunettes afin d’appuyer son statut de chef stratège.

Si le véritable intérêt réside alors dans l’interprétation des acteurs Maguire, Gyllenhaal et Portman sont brillants, ils sont prisonniers de ce scénario et de cette mise en scène sans véritable inspirations du réalisateur.

Il faut néanmoins saluer la performance de Tobey Maguire, pas avant son départ mais à son retour. J’ai toujours eu du mal a voir cet acteur dans des rôles sérieux, et la de le voir en haut gradé militaire était difficilement envisageable.

Cette expression qui traverse en permanence son visage et qui fait de lui un pauvre gars un peu paumé.

Enfin bref à son retour donc sa performance est décuplée due à  un SPT (syndrome post traumatique) le bon patriarche retrouve peu à peu sa place, tout en reléguant son frère, le fils indigne au second plan. Le soldat, pris de folie du a son  passage en Asie Centrale.

Enfin pour finir on passera sur une non fin de film avec une quasi disparition à l’écran du frère rebelle au retour du vétéran. Maguire se révèle véritablement dans cette dernière partie du film en devenant un militaire traumatisé, errant la nuit armé, paranoiaque et n'hésitant pas a accuser son frère d'avoir profité de la situation.

Maguire devient véritablement inquiétant et donne au role une dimension plus effrayante.

Sheridan pourtant réalisateur inspiré des émotions et des passions humaines. Réalisateur de films aux histoires souvent difficiles et bouleversante, fait ici du sur place sans jamais véritablement profiter au maximum du magnifique trio d’acteurs sur lequel le film repose.

On espèrera que Jim pour les intimes revienne à des films plus personnels et surtout plus engagés tel qu’un Au nom du père traitant des attentats terroristes a Guilford en Angletterre par les membres de l'IRA.

 

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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 16:12

4chap-avec-affichelaprincesseetlagrenouille.jpg La princesse et la grenouille     by Vincent

 

De Ron Clements, John Musker

 

Avec  China Moses, Liane Foly, Anthony Kavahagh

 

Le Prince Naveen de Maldonia est transformé en grenouille par le Dr. Facilier, un terrifiant magicien vaudou. Afin de retrouver sa forme humaine à l'aide d'un baiser, Naveen décide de trouver une princesse et tombe sur Tiana, qui n'est en fait qu'une jeune serveuse.

Cette erreur de la part du prince Naveen fait que le baiser a pour seul effet de transformer Tiana en grenouille. Tous les deux décident donc de partir dans les marais de la Louisiane à la recherche de Mama Odie, grande prêtresse vaudou aveugle de 197 ans, qui est la seule à pouvoir briser le sort. Dans cette aventure ils seront aidés par Louis, un alligator trompettiste ainsi que par Ray, une luciole désespérément romantique et folle d'amour pour une certaine Evangeline.

Je suis heureux, très heureux, car les studios Disney ont enfin retrouvé leur âme d’antan. Depuis combien d’années n’avions nous pas eu un bon dessin animé 2D sorti tout droit des studios de Mickey ? Je pense que l’on peut remonter au moins à Mulan, ce qui fait plus de dix ans. Dans La Princesse et la Grenouille, les studios Disney se sont attaqués à très vieux conte de la mythologie slave : La Princesse Grenouille. Après quelques modifications pour adapter ce fabuleux conte à leur sauce, les créateurs nous apportent une magnifique histoire comme on les aime. Autant dire que ce film procurera autant de plaisir aux grands qu’aux petits. Cette aventure riche en couleurs nous entraine dans un contexte historique, puisque l’histoire prend place dans un célèbre quartier français de la Nouvelle-Orléans, à l’époque des « années folles ». Sur une musique très jazz, les créateurs nous entraînent dans une aventure qui soulèvent une multitude de thèmes encore inexploités par les studios Disney. A commencer par la première apparition d’une princesse noire, la seule qui n’avait encore jamais eu droit à sa part du chapitre dans la mythologie des studios de notre ami Walt. Attention à ce qui aurait le malheur de dire que ce film est inspiré de la récente nomination de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, puisque le projet de La Princesse et la Grenouille a débuté il y a 4 ans, donc bien avant les élections américaines. Les studios Disney se sont également penchés sur un nouveau thème de la magie : le vodou. Tout en gardant des thèmes « traditionnels » de la mythologie de Mickey (amour, amitié, etc…), ce film met en avant la musique et appelle le spectateur à une vie équilibrée entre le travail et l’amusement. Bref, un beau message de « comment réussir sa vie ».

Si vous ne l’avez pas vu, ou si vous craignez de perdre votre temps et votre argent pour un dessin animé, laissez-moi vous dire que ce film est une vraie réussite et qu’il mérite d’être vu, histoire de redorer le blason Mickey qui avait perdu son bel éclat depuis plus d’une décennie.

 

 

4chap-avec-afficheaseriousman.jpg A Serious Man     by Cyril

 

De Joel et Ethan Cohen

 

Avec Michael Stuhlbarg, Sari Lennick, Richard Kind, Adam Arkin

 

 Si on devait chercher actuellement réalisateurs plus prolifiques encore que le vieux Clint, on pourrait légitimement se tourner vers ces diables de Coen qui, après une très dense doublette en 2008 composée de No County For Old Men et Burn After Reading, enchaînent avec A Serious man dans un genre encore différent, un genre qui reste encore à cerner, je préviens.

Mais contrairement à l’ex-blondin ratatiné ce ne sera pas pour diriger aux frangins suractifs un doigt accusateur mais plutôt pour apprécier l’honneur qu’ils nous font de gratter nos têtes de cinéphiles aux certitudes une nouvelle fois ébranlées. Mais qui est donc cet homme sérieux, juché en haut d’une toiture, ce bien portant à l’allure gauche que nous montre l’affiche du film et surtout que regarde t-il ? L’homme sérieux est confortablement installé dans la banlieue du Minneapolis de 1967. L’homme sérieux poursuit avec succès sa carrière d’enseignant scientifique dans l’espoir d’une titularisation imminente. L’homme sérieux a construit paisiblement un foyer familial à l’abri du besoin. Mais surtout Larry Gopnik est un juif ordinaire du mid-west fréquentant assidûment sa synagogue et s’apprêtant à célébrer la bar-mitsvah du petit Danny. Danny étant, à 13 ans, un fumeur de marijuana très débrouillard.

Car oui ce tableau idyllique  initial a un hic et de taille. En guise de prologue nous assistons à l’évocation d’un conte yiddish totalement dépourvu de liens avec le Minnesota  et l’histoire qui va suivre. Un conte absurde où le fantastique se mêle à l’inanité la plus totale. Dans la Pologne du XIXe siècle un vieillard prétendument mort depuis plusieurs années rend visite à un couple dont l’épouse n’entend pas accueillir le démon (dybbouk). Frappé en plein cœur, celui-ci s’en retourne, n’accablant pas plus que ça sa meurtrière, il disparait par la porte laissant le mystère de sa présence total.

Si ce prologue ne renseigne en rien, il possède en tout cas le don de donner le ton. Car oui, le monde de Larry est promis à la ruine pièce par pièce et c’est avec un plaisir délectable et un féroce 1er degré que nous assistons à la destruction des certitudes de Larry. Car au travers du divorce réclamé par sa femme, des menaces  d’un étudiant coréen qui tente de l’acheter, d’une famille qui perd la boule, Larry cherche ses réponses dans les signes que pourrait lui donner son dieu,  son univers perd toute logique. Dans la bande-annonce qui était déjà un petit chef-d’œuvre, le veuf qui se tape sa femme et lui impose ses conditions de divorce, tente de le raisonner dans un de ses rêves. Mais Larry est perdu, ses seules pensées le portent vers sa bombe sexuelle de voisine.

La force du film est son humour mêlant cynisme et désenchantement. Dans cet univers aseptisé, les rabbins, les rabbins, porteurs de conseils, ne feront successivement qu’épaissir le mystère de Larry. A noter une hilarante scène de dentiste examinant un goy et révélant un message en yiddish à l’intérieur de ses quenottes. Aucune aide palpable dans ce récit longué, rythmé par la guitare stridente de Hendrix, un pur moment de comédie au milieu du chaos.

Vous l’aurez compris difficile de parler de véritable propos mais plus d’une ambiance hantée par la présence de la mort et son inévitable croche patte imbécile. On est finalement pas si loin de la mythologie de Mc Carthy couplé à la misère du Dude.

Au final cette nage entre comédie et thriller, aux racines profondément personnelles, intimement et culturellement, enrobe le film d’une noirceur indéfinissable. Cette recherche constante d’une narration nouvelle sert parfaitement l’humour noir terrible du film toujours accompagnée d’une inquiétude constante. Car même écrasé par des siècles de tradition, Larry doit se rendre à l’évidence, il ne contrôle rien.  Il n’est que la contradiction inutilement acharnée du proverbe yiddish qui ouvre le film et que vérifie le dybbouk. « Reçois avec simplicité tout ce qu’il t’arrive. »

 

 

 

2chap-avec-affiche-copie-2.jpg City Island   by Tsipy

 

De Raymond de Felitta

 

Avec Andy Garcia, Julianna Margulies, Steven Strait


Vince Rizzo est gardien de prison ou plutôt agent pénitencier. Marié depuis 20 années, il éprouve toujours le même amour pour sa femme que le premier jour, Père de deux enfants, son aînée est étudiante en première année et son fils encore au lycée. Tout peut paraître très normal dans cette famille, mais elle a quelque chose de particulier, tout n’est que mensonge. Personne ne se dit la vérité. Pour commencer, ils fument tous en cachette, chaque matin, tout le monde fuit pour aller griller sa première clope ; le fils sur le toit, le père dans la salle de bain, la mère sur la terrasse et la fille dans le jardin. Mais si cela s’arrêtait à cela :

La fille s’est vue supprimer sa bourse, de peur de l’annoncer à ses parents, elle finance ses études en étant stripteaseuse. Le fils fantasme sur les obèses jusqu’à en épier sa voisine.  Quant à Vince, il préfère faire croire à sa femme, qu’il va jouer au poker plutôt que lui dire qu’il suit des cours de comédie. Bien sûr sa femme pense qu’il a une maîtresse mais préfère faire semblant de ne pas le voir.

Les repas sont catastrophiques, si ce n’est pas les enfants qui s’insultent, c’est au tour des parents de se dénigrer.

Alors que Vince fait l’appel du soir à la prison, il reconnaît le fils qu’il a abandonné lorsqu’il était jeune. Seule solution de le sortir, une personne de sa famille doit l’héberger. Tony débarque alors dans la famille sans que personne sache qui il est ni même lui. Tout d’abord en tant que spectateur, il finit par se faire une place et découvre les secrets de chacun. Le but de tous, préserver son secret, il faudra le révéler mais le plus tard possible.

Tout le film est un aller-retour entre New-York et la petite ville, d’une façon très rythmé, le réalisateur fait avancer le récit avec des plans simples. Jamais, il va se rapprocher trop près des visages des acteurs, une certaine pudeur est présente et on l’apprécie.

Les acteurs sont tous exceptionnels, la performance d’Andy Garcia est juste et attachante. Tous les acteurs arrivent à nous faire rire et à nous émouvoir dans la même scène, il est pourtant pas facile d’incarner les personnages atypiques du film. À souligné l’interprétation d’Emily Mortimer qui est époustouflante. Un peu dans la veine des comédies sociales (Juno), ce film est sans prétention, il peint une famille enfermée dans ses secrets et l’on peut se retrouver dans certains des secrets.

Un film très court : 1H40, très rythmé et très agréable où l’on ne s’ennuie pas. Raymond De Felitta signe ici sa première réalisation et le fait de façon très bien, une explosion d’émotion inattendue a lieu.

Je regrette notamment les derniers plans où Dieu s’immisce dans l’histoire, nous sommes bien en Amérique et il est dommage que Dieu s’incruste dans cette famille, là où à mon avis il n’avait rien à faire. 

 

 

3chap-avec-afficheintheair.jpg In the Air   by Rémi

 

De Jason Reitman

 

Avec George Clooney, Anna Kendrick, Jason Bateman, Vera Farminga, Zach Galifianakis, J.K Simmons

 

            J’aime bien les intuitions. Pour moi, elles sont rarement trompeuses et je peux ainsi souvent me fier à ce sixième sens cinématographique pour éviter de tomber dans les pièges de la médiocrité. Seulement, écouter son intuition peut parfois être plus difficile et il faut des fois l’aide du film lui-même pour vous prévenir du danger. En effet, j’ai beau adorer Tony Scott, j’ai volontairement esquivé L’attaque du métro 123, intuition salvatrice qui m’a surement permis de conserver ce réalisateur dans mon estime. Fort d’un précédent aussi exceptionnel que l’était Juno, il était certain que j’irais voir le prochain film de Jason Reitman les yeux fermés mais également l’oreille sourde à cette petite voix qui avait commencé à se faire entendre depuis quelques temps, répétant inlassablement : « Ca sent un petit peu la merde. » Il est triste d’avouer qu’encore une fois, elle ne s’était pas trompée. Sans être une immonde bouse, il faut admettre qu’In The Air marquera la carrière du fils d’Ivan Reitman comme un décollage raté dans le monde des grosses productions.

 

            Il existe plusieurs raisons à cet échec. La première se situe dans le scénario, puisqu’il se construit en s’éloignant de plus en plus de son très intéressant sujet de fond (à savoir l’importance du travail dans la société actuelle et le désarroi provoqué par un licenciement, surtout quand ce dernier semble annihiler l’humanité de la personne concernée) pour se centrer sur son personnage principal, qui s’il est plutôt sympathique au demeurant, présente une psychologie aussi opaque qu’une plaque de plexiglas. Personnage sans surprise, Ryan Bingham est également sans saveur car interprété par un George Clooney de plus en plus cabot (ce qui reste regrettable pour un acteur qui a du chien). On a donc la désagréable impression d’avoir assisté à une célèbre pub dans une version de deux heures, et croyez-moi le café laisse finalement un goût plutôt amer. Le film constitue d’ailleurs une véritable publicité de deux heures, mais pour les compagnies Hilton, Hertz et surtout American Airlines, dont le partenariat a permis à Jason Reitman d’obtenir les autorisations de tournage dans les aéroports. Le placement produit l’emporte ainsi sur les acteurs, qui sont malheureusement tous abonnés à des rôles hyper-caricaturaux, en particulier Jason Bateman dans le tout petit costume du patron déconneur et incompétent. Les deux principaux rôles féminins n’arrangent rien, en particulier celui interprété par Anna Kendrick, sorte de peste arriviste mais sympa quand même.

            N’y aurait-il donc rien à sauver ? Si, et même le principal puisque malgré une histoire en bois, le réalisateur nous livre une mise en scène punchy et efficace, tout en sachant se laisser aller à la contemplation dans les moments plus posées. Le générique représente d’ailleurs de ce point de vue un vrai plaisir. En effet, ce dernier est constitué de splitscreens réussis de vues aériennes sur une musique funky, rendant ainsi ces images cool et plaisantes, chose que nous ne croyions plus possible depuis Yann Arthus-Bertrand. Dans le même ordre d’idée, la présence de plan hyper serrés et récurrent mettent parfaitement en avant ce cérémonial, ce rituel codifié de Ryan à chacun de ses voyages. Autre bon point, si l’humour est parfois franchement lourd (en particulier avec le personnage de Jason Bateman), il lui arrive de connaitre aussi des bons moments d’autodérision et d’absurde, en particulier la ridicule philosophie de sac-à-dos, philosophie tellement bidon que même son auteur finira par ne plus y croire, ce qui se voyait néanmoins comme le nez au milieu de la figure depuis trois bon quarts d’heure. Si Ryan traverse les Etats-Unis sans jamais véritablement se poser, In The Air reprend la même trajectoire, papillonnant de droite à gauche entre comédie absurde, comédie romantique et drame tout en survolant copieusement son sujet le plus pertinent, le licenciement économique. Les seules escales de Jason Reitman dans cette ville désolée sont pourtant remarquables, au confluent du documentaire et de la fiction, avec de vrais licenciés cherchant à comprendre ce qu’il leur arrive.

 

            En conclusion, je dois bien admettre que j’ai bien cru que mon intuition s’était cette fois-ci fourvoyée lorsque le film a débuté. Bonne musique, mise en scène inspirée, personnage atypique. Seulement voilà, In The Air est un long courrier qui explose en plein vol au-dessus des eaux troubles du mélo pour s’enfoncer dans le triangle des Bermudes de la comédie romantique à deux dollars. Malgré une dernière tentative de Jason Reitman de redresser l’appareil, c’est trop peu trop tard, comme dirait George Eddy. En bref et pour continuer à paraphraser la superstar des commentateurs sportifs, In The Air ressemble plus à un double-pas de grand-mère qu’à un shoot stratosphérique.


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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 16:55

4chap-avec-affichebrightstar.jpg Bright Star   by Cyril

 

De Jane Campion

 

Avec Abbie Cornish, Ben Wishaw, Paul Schneider

 

Le nouveau film de la réalisatrice néo-zélandaise que l’on avait plus vu depuis In The Cut en 2003. Campion qui reste à ce jour la seule femme à avoir reçu la palme d’or, c’était pour La leçon de piano en 93 et qui nous revient avec le récit des dernières années de la vie du poète romantique anglais John Keats et de l’éclatant amour qu’il vécut avec Fanny Brawne, une jeune bourgeoise qui deviendra sa muse et qui est passée maître dans l’art de la couture et de la mode. Ce dernier point pourrait s’avérer un détail mais dans Bright Star les détails ont valeurs d’oracles, de moyen d’expression le plus pur.

Je m’explique, l’Angleterre de 1817 c’est le pays de Dickens où la condition sociale est un héritage familial. Keats est orphelin et désœuvré, il vit auprès de son ami, lui-même poète, Charles Brown duquel il dépend et qui le considère à ses cotés car il est au fait de son talent. Or ce n’est pas le cas de tous, le poète anglais dans son entité à l’époque, a un statut particulier. Les mots sont chéris plus que tout, la création nécessite un état de quiétude qu’il ne faut pas troubler, les critiques pèsent lourdement sur la réussite d’un artiste.

Keats n’étant pas reconnu à la mesure de sa postérité, l’écriture devient une nécessité chez lui et son infortune le contraint à la vie de bohème. Fanny Brawne, fille de famille aisée tombe sous le charme un peu enfantin de Keats mais rien n’est montré de ce moment. Chaque palpitation et élans du cœur n’est pas l’objet d’une exubérance mais plutôt un fardeau à porter tantôt lourd tantôt plus léger, tout est vécu à travers les sensations physiques et visuelles que leur procure leur environnement.

Les plus belles scènes du film sont silencieuses, le vent qui soulève le rideau de la chambre de Fanny, étendue, et ballait les plis de sa robe ; Keats qui se hisse au sommet d’un arbre pour s’allonger sur sa cime. Ces moments de pur félicité ne sont pas gratuits, ils ne sont que le répit d’un amour continuellement en sursis. Marqué par la convention financière que je citais et les limites de la sensibilisation au Beau, qui serait innée chez le poète, Fanny comprend l’impossibilité de son apprentissage.

Le personnage de Brown est symptomatique de cet état de solitude, inhérent au poète, cet intime échange avec le monde qui le prive de sa liberté ordinaire. Brown agace tout le long du film, il irrite par son coté pédant qui écarte Fanny de leur compagnie pour privilégier leur création. Il ne voit en la demoiselle qu’un amusement paresseux de Keats. Or à la fin du film il trahit auprès d’elle l’amour profond et sincère qu’il portait à son compagnon et fait tomber le cynisme de façade qu’il démontrait jusque alors.

Brown est joué par Paul Schneider, extraordinaire comédien tout en contradictions et que l’on avait déjà vu dans le Jesse James d’Andrew Dominik. Parlons-en justement de la distribution, Ben Wishaw, le Jean-Baptiste Grenouille de Süskind qui, après I’m not there et son incarnation d’Arthur Rimbaud, reprend le rôle d’un poète maudit avec réussite. Du coté féminin Abbie Cornish est également très juste en Fanny Brawne, mais paradoxalement ce sont les ainés, cantonnés aux seconds rôles qui obsèdent. Paul Schneider mais également Kerry Fox, tenant le rôle de la mère de Fanny, est troublante.

Personnage ambiguë qui retient sa fille de ce Keats sans argent et la laisse se consumer quand elle sait Keats condamné, tout cela malgré toute la bienveillance qu’elle accorde à ce dernier.

Alors oui je me perds en éloges, les bémols seraient vicieux mais ils se trouvent en cherchant bien. Le rythme du récit, posé, contient cette contemplation un peu béate et la multiplication des plans sublimes noie un peu le poisson. La règle tacite actuelle qui veut qu’un grand film fasse ses deux heures ne joue pas vraiment en faveur de celui-ci.  Voit-on aujourd’hui souvent une histoire d’amour sans sexe ou seules surgissent fugacement dans cette passion quelques baisers mesurés.

Un peu de mauvaise foi pour calmer l’enivrante récréation de cette sortie, peu être le meilleur film de ce début d’année et qui entraine un constat en forme d’interrogation. Le film d’époque serait-t-il le mieux à même de relayer ce mysticisme de l’amour, délesté de la complexité contemporaine et de ses chimères.  Car s’il ne vous touche pas au cœur, dévorez tout de même ce Bright Star des yeux, l’un de ses arguments incontestables.

 

 

 


 


3chap-avec-affiche-le-livre-deli.jpg Le Livre d’Eli     by Vincent

 

De Albert Hugues et Allen Hugues

 

Avec Denzel Washington, Mila Kunis, Gary Oldman

 

Dans un futur proche, le monde n'est plus qu'une terre désolée dont les villes sont des ruines et les routes autant de pièges infestés de bandes criminelles. Depuis des années, Eli voyage seul, se protégeant des attaques et se battant pour trouver de quoi survivre. Mais plus que ça, Eli protège un précieux livre depuis plus de 30 ans, au péril de sa vie. Lorsqu'il arrive dans ce qui fut autrefois la Californie, Eli se heurte au redoutable Carnegie, un homme qui ne recule devant rien pour imposer sa volonté à la petite communauté qu'il contrôle. Eli fait aussi la connaissance de la belle Solara et découvre que Carnegie compte bien étendre sa domination à toute la région. Mais ce dernier, en découvrant l’existence du livre d’Eli, décide de mettre tout en œuvre pour se l’approprier…


            Entre Mad Max et Ken, le Survivant, le dernier film des frères Hughes ne mérite pas les huées de la presse écrite. Certes ce n’est pas le film de l’année, mais de là à dire qu’il est mauvais, il y a une marge. Le Livre d’Eli est le cinquième film des frères Hughes, dont le dernier succès en date est From Hell avec Johnny Depp. L’action du film se déroule dans un futur alternatif proche, sur un Terre ravagée depuis une trentaine d’années. On en apprend peut sur les origines de la guerre qui aurait provoquée le « Flash » qui dévasta la Terre. C’est d’ailleurs un des points forts du film : le mystère sur les évènements qui ont réduits la planète à cet état désertique. Les dialogues évoquent vaguement la dévastation de la planète par une guerre qui aurait « ouvert le ciel », ce qui aurait anéantit la quasi-totalité de l’espèce humaine. Rares sont les survivants du Cataclysme. D’ailleurs, on apprend qu’il reste très peu de « gens d’avant ». Les personnages incarnés par Denzel Washington et Gary Oldman, sont des survivants de cette catastrophe. Le scénario est donc très travaillé, surtout sur la mise en place de la nouvelle civilisation humaine et la remise en question de l’homme quand à son rapport avec son entourage. Cependant, le film pêche par son côté parfois trop moralisateur quant à nos comportements actuels (gâchis de nourriture et de matières premières) et surtout par son côté ultra américain-conservateur religieux. A mon sens, c’est le seul gros point faible du scénario. Ce qui est d’ailleurs dommage, car sans ce côté chrétien, le film serait excellent. Afin de ne pas spoiler, je n’en dis pas plus.

           Du côté de la mise en scène et de la réalisation, le film est tout simplement magnifique. Les frères Hughes se sont appliqués à produire une image dure et froide, en adéquation avec le mythe du film. L’image est terne, ce qui renforce le côté post-apocalyptique du film. On est à un niveau bien au-delà de Mad Max. Ajoutez à cela de superbes plans d’ensemble et plans séquences. Les scènes d’action ne sont pas très nombreuses, ni très longues, ce qui permet au spectateur d’apprécier l’histoire à sa juste valeur. On regrettera seulement quelques scènes trop dans l’esprit américain, à mon goût. En gros, on peut dire que Jason Statham n’aurait jamais eu sa place dans un tel film.

De plus, les décors sont très réussis. Le film fait presque penser à une BD tant le rendu graphique a été travaillé.

           Passons maintenant du côté des acteurs pour retrouver un Denzel Washington encore une fois remarquable. On sent qu’il est imprégné du personnage. Dommage que le côté religieux de son personnage vienne ternir sa prestation. De son côté, Gary Oldman fait encore des merveilles dans son rôle de méchant calculateur ambitieux et perfide. A croire que cet homme est né pour incarner les forces du Mal. En revanche, Mila Kunis ne crève pas l’écran. Elle s’en tient à son modeste rôle, ni plus, ni moins et paraît même décevante en tout fin de film lorsqu’elle doit reprendre le flambeau d’Eli. Mais on admettra tout de même qu’elle a un joli minois. Enfin, c’est avec plaisir, lors d’une scène de règlement de compte à O.K. Corral, que l’on retrouve l’acteur Michael Gambon et l’actrice Frances de la Tour, que l’on a pu voir dans les Harry Potter.


            Voilà pour ce film. Le Livre d’Eli est un donc un bon film de SF qui pourrait très bien relancer le genre du « western post-apocalyptique », pour le plus grand bonheur des fans du genre (dont je fais partie). Seul point négatif : l’empreinte ultra-américaine, qui décidément pourri tout à chaque fois qu’on y a affaire.

 

 

 

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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 16:23

1-chap-avec-afficheBlindes.jpg Blindés    by  Vincent

 

De Nimrod Antal

 

Avec  Matt Dillon, Colombus Short, Jean Reno

 

Après la mort de ses parents, Ty rentre d’Irak où il était soldat, pour s’occuper de son petit frère. Pour faire face aux factures, il accepte de travailler comme convoyeur de fonds pour la société qui employait son père. Au dernier jour d’essai, Ty se voit proposer par Cochrane, son chef d’équipe, de voler 42 millions de dollars qu’ils doivent bientôt transporter. Le plan est simple : pas d’armes, pas de victimes, pas de violence et aucune preuve…Toute l’équipe est dans le coup. D’abord réticent, Ty finit par accepter. Le jour J, le plan se déroule sans accros, jusqu’à ce qu’un imprévu fasse tout déraper…

S’il y a bien un film qu’il faut ABSOLUMENT éviter, c’est bien Blindés. Je vous avoue avoir grandement souffert lors de la projection. Mais avec un peu de recul, on peut faire passer cela pour une séance comique. Tout d’abord, il faut noter l’absence d’un grand héros du cinéma d’action, qui a une place particulière dans notre émission. Je veux bien sûr parler de l’incontournable Jason Statham…Mais ne soyez pas déçus, fans de Mr Cellule-grise, le film Blindés apporte largement son lot d’acteurs dépourvus de finesse. A commencer par le désormais célèbre Matt Dillon, qui n’a jamais rien fait d’autre que ce genre de rôles et qui semble à chaque fois plus mauvais que la fois précédente. Dans Blindés, il incarne le chef de l’équipe des convoyeurs de fonds. Bref, une interprétation minable pour un rôle creux. J’ai juste envie de dire : Bravo ! Mais si cela avait été le pire, le film aurait pu passer. Mais non ! Il a fallut qu’ils nous collent le grand Laurence Fishburne. L’homme qui n’a été capable de remplir correctement qu’un seul rôle dans toute sa carrière : celui de Morpheus dans Matrix (et encore, s’il avait été convaincant…). Et là, vous devez penser que j’en ai finit avec un casting décidemment pourri. Mais encore une fois, non ! C’était sans compter sur notre Jean Reno national, qui se révèle parfaitement inutile et quasi-muet (peut-être la seule bonne initiative du film. Afin de terminer cette vision d’horreur, ajoutez un Amaury Nolasco (Prison Break) inutile et fade au possible et Columbus Short dans le rôle principal, qui nous offre une profondeur de personnage aussi profond que le contenu d’une cuillère à café.

Mais j’en oublie de parler du film avec tout ça. Et me voilà face à un nouveau dilemme : le film. Qu’est-il possible d’en dire ? Rien. Absolument rien si ce n’est un scénario fade et stupide au possible. Passe encore l’idée d’un détournement de fond orchestré par une équipe de convoyeurs. Passe encore que l’un des convoyeurs se rebelle contre ses collègues pour des questions d’éthique. Mais que les 1h30 de film tourne autour d’un mec enfermé dans son propre camion pendant que les autres (qui veulent lui faire la peau) s’acharnent sur 2 pauvres charnières de portes, alors là non ! 

Enfin bref, Blindés est un film minable dont le niveau n’est même pas relevé par les décors (un hangar désaffecté, super original et esthétique…) et surtout pas par sa bande-son (on passera sur ce sujet). Avec des dialogues d’une profondeur extrême et dont la phrase la plus marquante est (accrochez-vous !) digne des grands philosophes : « Si vous pensez arriver en retard, arrivez en avance ». C’est dans le film, c’est véridique. Un film nul à l’image de la nullité de son réalisateur qui nous promet encore un chef-d’œuvre cette année avec la réalisation de Predators dans le courant de l’année.

 

 

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Mr. Nobody  by Etienne

 

De Jaco Von Dormael

 

Avec Jared Leto, Sarah Polley, Diane Kruger, Rhys Ifans

 

Six mois de tournage, un budget de 33 millions d’euros, un an de montage et une sortie sans cesse repoussée, la réputation du dernier film de Jaco Van Dormael le précédait de beaucoup. Un film dont la production est un événement en soi puisque le film compte parmi les plus importants projets cinématographiques mis en place en Europe depuis des années.

Un film international : français, britannique, belge, et canadien.

Un film qui pousse encore Jared Leto à jouer les caméléons, lui qui affectionne les défis dramatiques comme il l’avait déjà prouvé dans Chapitre 27 (film sur Mark Chapman, l’assassin de John Lenon). Un comédien alternant toujours entre cinéma indépendant et grosses machines hollywoodiennes et pour qui Mr. Nobody constituera sans doute l’une de pierres angulaires de sa filmographie.

En 2092, un centenaire du nom de Nobody (Jared Leto) se trouve être le dernier mortel sur Terre. Au terme de son existence, l'homme raconte sa vie mouvementée à un journaliste en quête de réponses. Mais le récit de Nobody ne cesse de se contredire en partant de la séparation entre ses parents ? Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d'être vécues. De hasards en rencontres, le destin de Nobody devient de plus en plus nébuleux. 

Plonger dans Mr. Nobody, c’est explorer la vie, des vies, celles de Nemo Nobody, l’homme sans identité, le Monsieur Tout-le-Monde devenu à 118 ans le doyen d’une humanité qui a trouvé la recette pour échapper à la mort et est ainsi devenu la bête de foire des journalistes, d'un monde qui retient son souffle pour mieux observer le dernier de ce Nobody.

Le parti pris de ce Mr. Nobody est celui de donner à voir la vie comme une gigantesque arborescence de possibilités, de rencontres, de choix. Les thématiques y sont multiples, tant  qu’elles finiraient presque par étouffer le récit sous une montagne d’idées et d’envies. Récit sur l’amour, la physique quantique, l’effet papillon, le temps, la mort, le scénario de Van Dormael est tout ça à la fois. Une sorte d’effet papillon poétique et lyrique.

Sans doute que le fait que la version que nous ayons ne rend pas justice et grâce au fourmillement artistique a l’œuvre de Jaco Von Dormael, (la version Director's Cut dure 3h).

Pourtant les récits filmiques sur les probabilités et le temps ne date pas d’hier, on se souvient de Cours Lola Cours de Tom Tykwer, Eternal Sunshine Of The Spotless Mind de Michel Gondry ou encore The Fountain de Darren Aronofsky. Mais Mr. Nobody est à voir comme une boite en carton dans laquelle Jaco Van Dormael aurait tassé le plus possible de choses. Un film parfois redondant et minutieux qui pourra rebuter plus d’un spectateur par sa forme étirée qui allonge un scénario où évidement l’action n’est pas le maitre mot.

La mise en scène et le montage de ce Mr. Nobody sont à la hauteur des sept ans de préparation, chaque plan paraît longuement mûri, pesé au maximum. Car aucune des vies de Nobody ne pourrait exister visuellement sans les autres, tant Van Dormael joue à trouver la transition la plus efficace, à briser les codes narratifs éclatant son récit sur un temps indéterminé, à utiliser sa caméra de manière la plus parlante possible.

Une démonstration théorique portée par des séquences splendides, un découpage millimétré.

Un film où les acteurs ont la part belle, une belle prestation de Jared Leto qui confirme tout le talent qu’il a, aussi crédible à 30 ans qu’à 120 ans. L’acteur qui joue son rôle adolescent est promis a un véritable et brillant avenir cinématographique tant sa performance éblouie !

Des seconds rôles investit tels que Rhys Ifans (Good Morning England), ou encore Sarah Polley.

Mister Nobody est un magma visuel et émotionnel, le film nous laisse avec l'étrange impression d'avoir visionné un film trop plein ou finalement trop vide. On y voit un poème filmique magnifique extrêmement inspiré mais aussi une coquille meublée d'un best of graphique résultant des dix dernières années de cinéma. Oscillant entre la simplicité d'une histoire d'amour et le grandiose d'une réflexion sur la création, Mr. Nobody n'est pas pour autant un film malade, plutôt une expérimentation audacieuse sur la narration. Quelle véritable interprétation est la bonne pour Mister Nobody ? Quelle voie choisir ? Comme le dit Nemo Nobody : elles sont toutes les bonnes. Et elle vous conseille ardemment d’aller apprécier ce film peut être rebutant par sa structure mais d’une telle réflexion philosophique sur la création et la vie que l’on est prêt a pardonner a Jaco les quelques longueurs ou les quelques absences scénaristiques qui ponctuent le récit ! Probablement encore que la version Director’s Cut sera nécessaire pour appréhender aux dimensions réelles la qualité de cette œuvre philosophique.

 


3chap-avec-afficheinvictus.jpg Invictus by Tsipy

 

De Clint Eastwood

 

Avec Morgan Freeman, Matt Damon

 

Et voilà, le dernier Clint Eastwood sort dans nos salles alors que le dernier s’installe tout juste dans les kiosques (Gran Torino). Il est décidemment un réalisateur hyperactif, (30 films) et de ceux qui arrive à sortir deux films par an et toujours de grande qualité.

Clint Eastwood quitte son Amérique profonde et pour mon plus grand plaisir, Gran Torino m’avait beaucoup déçu avec son image christique. Il met donc en scène la coupe du Monde de rugby de 1995 en Afrique du Sud sous la présidence de Nelson Mandela. Loin d’être un biopic « à la mode » sur le Président mythique, il met en scène comment l’équipe nationale est arrivée à la victoire et comment le tout nouveau Président vit cette compétition.

Dans cette frénésie de réalisation, se dessine le héro à la Clint Eastwood. Un héro bien particulier que l’on aime sans l’adorer, que l’on pardonne sans vraiment comprendre pourquoi. Un peu à l’image du cow-boy des westerns dans lequel l’acteur a brillé, le héro du réalisateur est un solitaire malgré lui. En passant par Gran Torino, Sur la route de Madison, Million Dollars Baby et Invictus, son héros est un écorché vif, éloigné de femme et enfant(s). Pas tout jeune, son histoire reste une énigme dont il ne donnera que quelques clés. Toujours un peu grincheux et brute de décoffrage, il semble vouloir se faire pardonner en se donnant à l’autre. Malgré tout, cet homme restera toujours seul, mais repartira avec un sentiment de satisfaction.

Le film est sans nul doute, signé Clint Eastwood. On retrouve ces notes aiguës de Million Dollars Baby, la musque étant signé Clint Eastwood et Kyle Eastwood tout comme dans Gran Torino. Une musique pas envahissante mais qui révèle certaines parties importantes du récit.

Sans être très dur avec ce réalisateur que j’admire, j’ai depuis Million Dollars Baby, été déçue par ce metteur en scène, qui nous avait habitué à mettre l’émotion au premier plan de son film. Dans L’échange, le rouge à lèvre et le mascara d’Angelina Jolie étaient passés avant. Dans Gran Torino, où la musique transportait le spectateur, le grognement de l’acteur et l’image finale christique m’avaient désenchanté. Bien que nous ayons ici un changement majeur de style, il s’attaque aux faits et aux hommes historiques, mais l’explosion d’émotion ne fonctionne pas. Bien que Morgan Freeman joue un Mandela plus que semblable, on en oublie son visage, sans ajouter l’interprétation très juste de Matt Damon en capitaine et de tous les acteurs, ils livrent tous de très belles prestations. Mais, le réalisateur s’éparpille entre l’Histoire, les matchs et les histoires. L’ouverture du film qui débute avec les gardes du corps de Mandela était très prometteur mais on s’en échappe, on passe très vite sur Mandela et sa solitude puis ce côté s’envole et la caméra va faire un tour vers le capitaine. Il a, selon mon avis, tout voulu filmer sans pouvoir faire de choix au montage. Le récit se retrouve multiple sans que cela semble être l’intention de l’auteur. Un film qui avait un humanisme poignant se retrouve être un ensemble de confettis qui perd de son but. De plus, le réalisateur ne nous avait pas habitué à cela, on retrouve une foule de clichés : l’apartheid prend fin dès la victoire de son équipe nationale, les policiers blancs prennent des enfants noirs dans leurs bras… 

Mais Clint Eastwood en relatant une histoire vieille de 15 ans, prouve que le sport est indéniablement lié à la politique. L’actualité, hélas, appuie son propos, 2 footballeurs togolais sont morts suite à une fusillade de leur bus, alors qu’il se rendait à un match.

Par Rémi - Publié dans : Chaplinomètre
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 17:33

3chap-avec-affichebliss.jpg Bliss   by  Tsipy

 

De Drew Barrymore

 

Avec Ellen Page, Drew Barrymore, Juliette Lewis

 

Bliss est une jeune fille adorable, jolie, loin d’être la plus populaire du lycée, néanmoins, elle n’est pas « la bizut de service », elle est juste une de celle dont on ne se souvient pas aux réunions d’anciens élèves. Venant d’un village paumé au fin fond du Texas, là où rien ne se passe, excepté un bus une fois par jour, et où l’on ne devient personne. Bliss, elle ne veut pas être mère au foyer et rêve de devenir quelqu’un d’autre que sa mère.

Pour faire plaisir à sa mère, Bliss participe au concours de beauté dont elle a horreur. La journée, elle travaille au fast-food du village avec sa meilleure amie. C’est décidemment la vie qu’elle redoutait qu’elle est en train d’approcher. Alors que sa meilleure amie ne rêve que de l’université, Bliss découvre le roller-derby, un sport de combat en roller uniquement féminin. Un univers où elle semble être elle-même et laisser place à sa vraie personnalité, auxquelles elle veut à tout prix appartenir même si ses parents n’approuvent pas. Elle entre alors dans une équipe de looseuses attachantes coachées par un entraîneur sans charisme. Chaque soir, elle troque son tablier pour ses rollers, la petite Bliss à sa maman devient alors Barbie Destroy.

Voilà donc le scénario du premier film de l’actrice Drew Barrymore, qui a eu l’intelligence de se doter de l’excellente Ellen Page mais qui a su donner, comme de nombreux films d’actrices, une place importante aux seconds rôles. Bien que tout le récit tourne autour de Bliss, les personnages secondaires sont très travaillés et les actrices (et le peu d’acteurs) sont remarquables. En passant par la mère qui vit son rêve à travers sa fille, la jeune pom-pom girl que personne ne comprend, la casse-cou bagarreuse qui arrive toujours en retard, la meilleure amie un peu allumeuse, la jeune mère… Il est vrai qu’il s’agit en grosse majorité de vie de femme et d’un film de femme. Chaque personnage féminin est l’héroïne d’une autre. Mais Drew Barrymore soigne aussi les hommes avec l’image des pères héroïques avec le père et l’entraîneur. Au fond personne ne domine personne, chacun et chacune à leur manière triomphe sans écraser l’autre.

Le récit est bien construit, tout découle quoique sans grande surprise avec délicatesse. Les décors du Texas, en passant par le village, le restaurant, le terrain, la maison, les rues et véhicule… tout est extrêmement travaillé. Chaque détail a son importance, les couleurs sont à la fois vives et pastelles.

Pas de voyeurisme dans la caméra de la réalisatrice, les scènes d’amour sont filmées avec pudeur et même les personnages. On n’en sait pas plus que ce qui est utile au scénario, reste au spectateur de faire travailler son imagination. Et c’est de là que vient la force du film, on nous laisse nous faire les dix autres films où chaque personnage est l’héroïne.

Quoique bien gentillet, le film est pétillant, loin d’être surprenant, Drew Barrymore est resté dans ce premier film un peu timide, mais promet un second film plus explosif. 

 

 

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Agora     by Vincent

 

De Alejandro Amenabar

 

Avec Rachel Weisz, Max Minghella, Oscar Isaac, Ashraf Barhom et Rupert Evans.

 

Au IVème siècle après J.C., L’Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande Bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l'aide de ses disciples. Parmi eux, deux hommes se disputent l'amour d'Hypatie : Oreste et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants...

Ce film, trop sous-estimé à mon goût, est un véritable plaisir et il mérite d’être reconsidéré. On disait, avant sa sortie, qu’un péplum traitant de la christianisation et dont le personnage principal était une femme, serait forcément mauvais. Mais qui ose dire ça ? Qui peut dire cela sans avoir vu le film ? Des ignares. Il n’y a pas d’autres mots. Agora est un film aux antipodes des ses prédécesseurs, dans le genre du péplum. Ici, pas de grands champs de bataille avec des milliers de soldats réunis dans le seul but de s’écharper la gueule entre copains. Agora est un film plus historique qu’épique. Le scénario est basé sur des faits réels : la révolte et la prise de pouvoir des chrétiens à Alexandrie. Avec adresse, le réalisateur Alejandro Amenábar nous entraîne dans cette guerre religieuse entre les païens et les chrétiens, en suivant la vie d’Hypatie, une célèbre mathématicienne et philosophe grecque. Cette dernière n’a que faire des religions et prône l’éveil aux sciences et à la philosophie. Notre héroïne se retrouve impliquée dans cette guerre ethnique contre son grès et fait également l’objet des convoitises de son élève Oreste (futur préfet d’Alexandrie) et de son esclave Davus, qui va devenir un fanatique religieux eu service de chrétienté.

Les thèmes sont vraiment très bien traités. Le film met en avant la soif de pouvoir et l’extrémisme fanatique de cette religion qu’est la culture du Christ. C’est à penser que le Christianisme n’a plus vraiment la cote au cinéma (cf. la chronique sur [REC 2]).

Pour ce qui est des acteurs, ils sont tout simplement excellents. A commencer par Rachel Weisz qui est tout à fait sublime dans le rôle d’Hypatie (alors que c’est Nicole Kidman qui avait été pressentie), et que nous retrouverons à l’affiche du prochain film de Peter Jackson : Lovely Bones. Agora est également l’occasion de révéler 3 talents très prometteurs que sont Max Minghella (l’esclave/fanatique Davus), Oscar Isaac (Oreste) et le surprenant Ashraf Barhom (Ammonius le fanatique). Enfin, il faut saluer les performances de Rupert Evans (Synesius), que l’on a pu voir dans Hellboy, qui ressemble étrangement à Brad Pitt (en plus jeune) dans le film, et aussi Sami Samir (Munich) qui incarne le terrible évêque Cyril.

Enfin, j’aimerai ajouter un petit mot sur les décors qui sont tout simplement magnifiques. Il faut beaucoup de talent et de savoir faire pour reconstituer ainsi la Grande Bibliothèque d’Alexandrie.

Mes seuls regrets résident dans l’utilisation de certains plans vu de l’espace (ce qui nous fait penser à un film de Nicolas Hulot) et les plusieurs erreurs historiques, volontaires et involontaires, présents dans le film. Comme, par exemple, le fait qu’Hypatie meurt aux environs de la quarantaine alors qu’en réalité elle a vécue jusqu’à 65 ans ; le fait que Synesius survive à Hypatie, alors que l’Histoire nous dit qu’il est décédé 2 ans avant elle ; enfin, le fait qu’Hypatie soit décrite comme une astronome alors qu’elle était surtout connue pour ses travaux en mathématiques et en philosophie.

           En bref, Agora est un très bon film historique qui mérite d’être vu, ne serait-ce que pour la culture générale, mais surtout parce qu’il y a fort à parier qu’Alejandro Amenábar (déjà réalisateur du film The Others, avec Nicole Kidman) nous réserve un avenir prometteur.

 

 

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Les chats persans by Rémi

 

De Bahman Ghobadi

 

Avec Negar Shaghaghi, Ashkan Koshanejad, Hamed Behdad

 

                Le cinéma peut avoir nombre de vertus, la principale pour la plupart des gens étant celle de faire voyager le spectateur vers l’inconnu, de le confronter à un exotisme qu’il serait incapable d’atteindre pour la (pas si modique que ça) somme de 8 €. Si cette vertu n’est pas ma favorite, il faut néanmoins lui reconnaitre le mérite de parfois permettre à des films plus ou moins réussis et plus ou moins réfléchis d’offrir de véritable bons moments de cinéma, moments marqués par une vision qui n’est forcément pas la nôtre. Vainqueur du prix spécial Un certain regard à Cannes en 2009, le dernier film de Bahman Ghobadi est évidemment de ceux-là, mais c’est avant tout pour un voyage musical dans Téhéran et de fait à travers l’Iran que nous entraîne Les chats persans.

 

Sans trop entrer dans les détails, le film relate l’histoire de deux jeunes Iraniens, Negar et Ashkan, musiciens qui cherche à monter un groupe d’indie rock et surtout à quitter l’Iran pour commencer une carrière dans la musique, cette dernière étant plus qu’encadrée par le régime. Cette dernière phrase est bien évidemment un euphémisme et il suffit de voir le film pour le comprendre, film qui s’est lui-même tourner dans le dos de l’Etat, musique et cinéma étant logés à la même enseigne dans la République islamique du Président Mahmoud Ahmadinejad. Les chats persans est donc marqué par cette urgence de tous les instants, aussi bien narrativement que formellement, et c’est bien ce niveau formel qui va nous intéressé le plus puisque pour un film tourné sans autorisation et donc avec cette menace permanente liée à la clandestinité, Bahman Ghobadi parvient néanmoins à donner un rythme et une atmosphère au film en totale adéquation avec son sujet, mais surtout il le dote d’une grande beauté esthétique, ce qui constitue un véritable tour de force pour un tournage de 17 jours. Les acteurs entre dans ce même ordre d’idée puisque jouant plus ou moins leur propre rôle mais toujours avec cette urgence, cette appréhension (réelle) sur le visage sauf quand il s’exprime à travers le musique, comportement paradoxal dut à un axe à la fois dangereux et libérateur. Il me faut absolument souligner la prestation d’Hamed Behdad, tout simplement incroyable dans ce rôle d’agent foufou et courage incarné par cet Eric Bana à l’iranienne. C’est donc avec un réel plaisir que nous suivons les pérégrinations de ce trio à la recherche de musiciens susceptibles de les rejoindre, découvrant ainsi un Téhéran vibrant des ses soubassements jusqu’à la campagne grâce à des styles musicaux à chaque fois différents. Dans ces moments musicaux, le film devient clip, et si le genre musical change à chaque fois, l’Iran qui nous est présenté l’est également, se révélant comme pays aux multiples facettes. Véritables respirations, prises de recul dans une narration emprisonnée dans les méandres de la médina, ces séquences clip sont véritablement très réussies.

 

                Le film n’est évidemment pas exempt de défauts, et notamment cette réalisation qui perdure même lors des séquences narratives. Néanmoins, Les chats persans de Bahman Ghobadi possède nombre de mérites surpassant bien vite ses petits défauts pour finalement les annihiler a posteriori. Un film à voir, sans hésiter, ne serait que pour comprendre en quoi le cinéma est avant tout un certain regard.










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Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 15:26

4chap-avec-affichetetro.jpg Tetro     by Rémi

 

De Francis Ford Coppola

 

Avec  Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu

 

            Parmi les réalisateurs du Nouvel Hollywood, il en est un qui ces dernières années fut un peu moins prolifique qu’un Scorsese et surtout qui avait axé sa carrière de façon moins blockbusterienne qu’un Spielberg. De ce fait, et au grand malheur de certains dont je fais partie, Francis Ford Coppola s’est fait peu à peu oublié, est devenu un producteur touche-à-tout et surtout un réalisateur plus rare a l’instar de son public depuis la trilogie du Parrain. Après dix ans d’absence et un retour en 2007 avec L’homme sans âge, un amer constat financier s’impose : le réalisateur d’Apocalypse Now ne fait plus recette. Cette vérité est d’autant plus effrayante que Francis Ford Coppola fait parti des ces grands chefs de la cuisine cinématographique, connaissant toutes les recettes sur le bout des doigts et pourtant capable de les réinventer à chaque fois. C’est dans cette dynamique d’inspirations multiples et de création totalement originale que Tetro se pose comme chef d’œuvre.

 

            Le dernier film de Francis Ford Coppola est tout simplement incroyable et dès les premières minutes nous plonge dans un univers esthétique à couper le souffle. Une photographie véritablement exceptionnelle et le plus beau noir et blanc que je n’ai jamais vu donne à Tetro une atmosphère particulière, comme une réécriture de tous les classiques hollywoodiens. Bennie marchant dans les rues de Buenos Aires, c’est Orson Welles dans La soif du mal, c’est Brando Sur les quais, c’est Bogart arpentant les rues de Casablanca. Si la couleur est devenu le standard au cinéma, il est troublant de voir à quel point le noir et blanc lui est encore supérieur aujourd’hui en terme de simple beauté esthétique mais surtout de narration. Choisir de tourner un film en noir et blanc, c’est déjà raconter une histoire, c’est se revendiquer du même cinéma que Kazan ou Antonioni, réalisateurs dont Francis Ford Coppola s’est esthétiquement inspiré. Après Rusty James, Coppola revient donc sur des terres sans couleurs mais où le cadre est au millimètre et surtout la lumière, sublime, est avant tout là pour renforcer la présence de l’ombre. La lumière est même tellement importante qu’elle arrive à contaminer le jeu des acteurs, puisque pour ma part j’ai vu Vincent Gallo pousser l’intensité de son interprétation jusqu’au niveau de dilatation de ses pupilles. Bon, j’ai sans doute était le seul le voir, mais il n’empêche que le casting est impressionnant, avec un Vincent Gallo lunaire dans le rôle de Tetro (rôle à l’origine écrit pour Matt Dillon, le Rusty James) mais surtout un Alden Ehrenreich extraordinaire dans le rôle de Bennie, frère de Tetro qu’il retrouve à Buenos Aires après que ce dernier est coupé les ponts il y dix ans avec toute sa famille et en particulier son père, chef d’orchestre génial et parent incapable. Pour son premier long-métrage, le jeune acteur de 20 ans crève littéralement l’écran à la manière de ce qu’a put faire James Dean dans La fureur de vivre, effet qui était recherché par Francis Ford Coppola. Nous lui souhaitons évidemment un moins funeste destin. S’il présente des personnages hauts en couleurs et des acteurs de qualité, le reste du casting, principalement argentin, reste tout de même un ton en deçà des deux acteurs principaux.

            Premier scénario original écrit par Coppola depuis Conversation secrète sorti en 1974, vainqueur de la Palme d’Or à Cannes et qui à cette occasion ressort aujourd’hui en France dans deux cinémas, Tetro rassemble tous les thèmes chers à son auteur, en particulier la rivalité et la famille. C’est en cherchant à comprendre, à découvrir son passé que Bennie va rouvrir les plaies non cicatrisées de Tetro. C’est par ce même biais que le spectateur apprendra l’histoire de cette famille et les raisons du départ de Tetro. Scénario à tiroirs dont la forme semble sans cesse se répéter, l’histoire de Tetro s’organise comme une réflexion sur le lien unissant les frères ainsi que la propension de temps à se répéter inlassablement, refaisant à l’infini les mêmes erreurs.

 

            L’on peut évidemment critiquer le système hollywoodien qui veut que les réalisateurs doivent d’abord réaliser des films de commande, autrement dit ce que les studios supposent comme une attente de la part des spectateurs. On peut  déplorer que ce système fonctionne à terme comme une essoreuse renouvelant de plus en plus rapidement le cheptel de réalisateurs. Mais quand l’un d’entre eux survit à tout ça, il devient intouchable et peut enfin réaliser les films qu’il voulait faire à ses débuts. Vu l’ambition et la profondeur dont Tetro fait preuve, je ne peux finalement que saluer le système hollywoodien. Je pense en effet que c’est grâce à ce parcours quelque peu chaotique et à ce recul dernièrement prit par Francis Ford Coppola que ce dernier peut nous livrer aujourd’hui un film à la fois personnel et universel, un film qui ne livre pas tout dès la première vision, un film qui doit être muri par le spectateur autant qu’il le fut par son auteur. En d’autres termes, un grand film à aller voir d’urgence si ce n’est pas déjà fait.

 

 

 

1-chap-avec-affiche-copie-3.jpg Alvin et les chipmunks 2     by Etienne

 

De Betty Thomas

 

Avec Jason Lee, Justin Long, Jesse McCartney, Zachary Levi, Matthew Gray Gubbler, Anna Faris

 

 

 «À cause d’un accident impliquant Alvin et Dave Seville, ils vont vivre chez Toby le cousin cool de Dave Seville. Les Chipmunks doivent s’inscrire à l’école comme chaque enfant, ce qui présente de nouveaux défis à ces rock stars, comme traiter avec leur pair, la pression, le sport scolaire et bien sûr, des filles! Par « filles » nous voulons dire les Chipettes qui sont gérées par Ian Hawke, l’ancien manager avide Des Chipmunks qui veut les faire accéder au sommet. Dès lors, le trio de chanteurs devra faire face à des rivales très séduisantes pour remporter les 25 000 dollars qui sont à la clé pour sauver le programme de musique de leur établissement en participant au concours.

Voilà je vous livre le scénario de ce nouvel opus sans présentation et surtout sans ménagement, et là j’en suis peut être un peu plus coupable…

Personne ne les attendait. Et pourtant, les voici qui reviennent. Plus insupportables que jamais. Le premier épisode fit son apparition sur nos écrans il y a maintenant deux ans, sous la direction de Tim Hill, véritable spécialiste en la matière puisqu'il signa également Bob l'éponge le film en 2005, puis Garfield 2 en 2006. Et contre toute-attente, Alvin et les chipmunks rencontra un certain succès, toutefois aléatoire selon les pays il eu plus de succès auprès des petits français que les américains (incroyable non ?)

Ainsi donc, une suite semblait inévitable. Mais la charge en revient désormais à Betty Thomas, ancienne productrice devenue réalisatrice, notamment en 2006 avec John Tucker doit mourir qui est une véritable référence cinématographique….

On a beau savoir que le film s'adresse principalement aux enfants, on ne peut que pleurer devant tant de médiocrité et de simplicité. Alvin et les chipmunks 2 ne raconte rien.

Pire encore, il accumule les clichés les plus éhontés généralement propre à une suite indigne de ce nom.

Après avoir consacré un long-métrage aux trois petits écureuils dont on se serait bien passé, voici qu'on les affuble de tous nouveaux partenaires, qui plus est de sexe opposé. Car l'histoire ne présente qu'une succession de séquences « musicales », durant lesquelles les Chipmunks et les Chipettes poussent la chansonnette.

Difficile de s'en contenter. Bien sûr, les puristes nous rappelleront que ce film pourrait en fait apparaître comme un hommage, puisqu'à l'origine ces personnages ont « véritablement » existé, créés dans les années 50, et qu'une trentaine d'albums sortirent sur leur nom, connaissant alors un immense succès. Leur particularité était d'avoir une voix très aiguë, résultat d'une accélération des enregistrements des comédiens les doublant (aujourd'hui Justin Long, Jesse McCartney, Matthew Gray Gubler, Anna Faris, Christina Applegate et Amy Poehler prennent le relais). Ils s'en servaient alors pour détourner des chansons à succès sur un ton bien évidemment humoristique.

Sur ce même principe, Alvin et les chipmunks 2propose une série de tubes plus ou moins récents, de Stayin' Alive à No One (d’alia Keys).

Le long-métrage se présente alors comme un dérivé, certes plus enfantin, des récents Dance et autre High School Musical, où l'on découvre nos écureuils chanter et danser sous les yeux ébahis de centaines de fans.

Au delà de ce scénario inexistant, on ne retiendra que la performance des animateurs qui permet d’intégrer les Chipmunks aux images dites réelles.

Mais le jeu des dits vrais acteurs est a chaque fois exaspérant. David Cross joue de nouveau le méchant de service avec un manque de conviction et de crédibilité toujours aussi déconcertant. De son côté, Jason Lee, également présent dans le précédent épisode, retrouve son personnage de « Papa des Chipmunks » mais n'offre ici que le minimum syndical (victime d'un accident, il apparaît dans trois scènes (du a un accident il se retrouve bloqué à l'hôpital, quel idée scénaristique majeure !!) tandis que Zachary Levi (l’acteur inspiré et hilarant « Chuck » devient la « star humaine » de ce nouvel opus pour un rôle hélas sans saveur (il incarne un jeune looser traumatisé par l'école), aussi insipide et fade qu’un rôle d’Anna Faris (tient ce n’est pas elle qui double une des Chipettes… ?).

Un film d’une platitude consternante qui ne parvient a aucun moment à sauver quoi que ce soit de l’intérêt inexistant de cette niaiserie intersidérale.

A noter que ce film prendra une place importante dans ma filmographie, oui il fera partie de l’un des très rare film devant lequel je me sois endormi un moment (peut être que la nuit blanche de la veille y est pour quelque chose, je me demande si l’intérêt immense de ce film aurait pu m’endormir quand même.

Le soucis principal est que ce genre de film destiné au plus jeunes cinéphiles de la population risque d’attirer un nombre suffisant d’entrées pour pousser des producteurs aussi intéressés et inspirés que le « méchant de service » pour lancer la production d’un troisième opus.

Par Etienne - Publié dans : Chaplinomètre
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