Les navets du mois

Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /2009 23:45

Harry Potter et le Prince de sang mêlé

 

De David Yates

Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson et Bonnie Wright

 

Genre cinématographique : saga interminable qui s’épuise.

 

Comme si un succès littéraire pouvait augurer de la perrénité du succès de son avatar cinématographique !. Loin s’en faut, si l’on considère la huitième aventure d’Harry Potter.

Avant toute critique acerbe, débarrassons-nous de tout ce qui est particulièrement réussi dans cette œuvre :

-          Pour ce qui est d’une mise en scène particulièrement soignée, avec des décors léchés dans les moindres détails

-          Pour ce qui est de la qualité de l’image, autant sur la couleur que sur les plans de la caméra.

-          Pour ce qui est des effets spéciaux particulièrement déliés et qui sont d’une remarquable visibilité.

Tout était réuni techniquement pour voir un film agréable. Las ! Le scénario en a décidé autrement. Quatre-vingt pour cent du film est exclusivement constitué de scènes qui n’ont aucun rapport avec la thématique de l’épisode qui est celle de dévoiler le rôle trouble que joue Cyrus Rogue, qui est le préfet des études au collège de Puddlar. Le film manque singulièrement de rythme dans l’aboutissement des actions, comme si la profusion des scènes surchargées de détails et celles-ci alliées à une multitude de plans-séquences lents ou fixes, ralentissait le jeu des acteurs et diluait l’intensité de l’intrigue. Les aspects de la vie quotidienne des apprentis sorciers de puddlar sont choses connues et rebattues tout au long des épisodes précédents. Il était fort peu judicieux d’en faire un étalage dispendieux supplémentaire. Au total, nous avons bien deux heurs trente d’un étalage d’images inutiles et de bavardages inconsistants, pour égayer un verbiage de scènes qui confinent à l’ennui ou à l’impatience de voir enfin démarrer le film de l’action. Pour cela, vous attendrez une bonne heure. L’intrigue est chétive ; qui est le suppôt de Voldemort au collège de Puddlar ?.

Pour connaître la réponse, vous attendrez la fin du film sans que celle-ci ne soit vraiment convaincante. Dans cette prosopopée, le non-dit est magique par essence. Ici, il est soporifique, car il ne réussit pas à provoquer les questions essentielles de l’histoire d’Harry Potter, ni l’histoire de ce collège pour sorciers. Tout n’est dévoilé qu’avec une parcimonie qui confine à l’indigence, laissant sur sa faim notre imaginaire. La magie est bien éteinte. À ce titre, les personnages et leurs acteurs suivent l’extinction du genre. Ils ont l’air fatigué de jouer un rôle où ils n’ont plus la fraîcheur de la nouveauté. Daniel Radcliffe, vieillissant sous son masque lisse d’éternel empoté, ne joue plus techniquement. Il est le spectateur de sa propre mort annoncée dans le dernier tome de ses aventures. Les autres protagonistes jouent sur la lancée des épisodes précédents, avec un ras- le bol visible sur leur visage et qu’ils ne parviennent pas à dissimuler.

Alors, est-ce la mort de la magie du personnage ?. Sûrement celle qui a prévalu lors du premier opus. On attend donc le sursaut du Phénix et non pas celui de la dernière image de ce film qui est bien décevant.

 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 19:41

Le navet de l’été : Molard et Glaviau (The Touchables ; Les Ripouilles)

 

Sur ce fastueux nanar, dont la date de sortie se fera à l’improviste et d’une manière anonyme, mais néanmoins retentissante dans les milieux interlopes concernés, je ne tarirai pas les éloges dithyrambiques que j’octroie à ce chef-d’œuvre.

Cependant, pour des raisons évidentes de sécurité nationale, puisque le film relate des sujets classés  « confidentiel défense », je ne citerai que les noms d’emprunt ou les noms de scène de tous les protagonistes du film. Patrick Pénot et ses enquêtes de Monsieur X auront donc du grain à moudre à la rentrée. Ce préambule considéré, attachons nous à l’œuvre.

 


Molard et Glaviau

Réalisateurs : Nicolas Molard et Gautier Glaviot

Genre cinématographique : polar spaghetti

Le genre est une invention en soi : les deux réalisateurs nous présentent un film à sketches, qui mélange le polar urbain graisseux avec l’humour grotesque sous la forme d’ultras poncifs, pour une satire sociale larmoyante de désuétude et des images dignes d’un vieux roman photo, dont quelques feuillets ornent encore certaines latrines de fond de jardin. Cette œuvre s’inspire résolument du néo-polar ; le roman de la dénonciation ( celle du racisme, des inégalités sociales, des magouilles du pouvoir, du thème de l’ultra sécurité véhiculée par les médias). Le genre à été popularisé par d’illustres écrivains comme Jean Vautrin ou Didier Deaninckx.

 

La genèse du film

Le film est l’aboutissement de trois « home movies » cafardeux d’ennui dans lesquels les protagonistes faisaient la sieste entre deux tueries ; le tout étant filmé sur un fond de gueule de bois généralisé et poussé à l’extrême. Le génie récurrent des deux réalisateurs était pour cette occasion, de pouvoir se regarder faire la sieste et dans un élan de déprime glauque, de la faire pendant qu’il visionnait leur œuvre. Une telle transcendance de l’art cinématographique ne pouvait s’arrêter là. Les deux réalisateurs, Molard et Glaviau décidèrent de faire un film à partir de leur série télévisuelle.

 

Molard et glaviau : le film

 

Le pitch du film :

Paris, années 1980, à l'époque de la guerre des polices et des affaires troubles du pouvoir. Les deux inspecteurs de la Sûreté Nationale, Molard et Glaviau, enquêtent sur le meurtre de Mouïse, un dealer notoire qui fournissait Molard en cocaïne. La brigade des stups commencent à monter un dossier sur les relations de Molard avec le milieu de la drogue. L'indic de Molard soupçonne Glaviau, qui surveille de près l'enquête menée par les laborantins, maladroits au point de détruire toutes les preuves. Glaviau enterre l'affaire, mais le Commissaire divisionnaire Mattéi met la pression sur Molard qui, illuminé par un trait de cocaïne, comprend enfin la machination. Lui et le Commissaire tendent un piège à Glaviau en lui faisant croire que Judas, l'indic, connaît l'assassin. Ils se rendent dans la maison close que fréquente Judas. Glaviau, qui est parvenu à semer un instant ses collègues, l'élimine, de peur d'être découvert. Le lendemain, le Commissaire ordonne l'arrestation de Glaviau. Mais c'est alors que la brigade des stups informe le Commissaire de l'addiction de Molard à la drogue, et tandis que Wilkinson, un mercenaire qui travaille pour Mattéi, montre à ce dernier une photo qu'il possède de Glaviau le montrant en train de forniquer avec sa femme, Germaine. Les deux flics doivent alors partir en cavale, poursuivis par le commissaire cocufié en quête d’une terrible vengeance.

 

L’option du tournage :

Comment faire un chef-d’œuvre lorsque vous êtes complètement fauché ?. Vous faites un Nanar !. Examinons l’éthique : l’industrie cinématographique ne produit que trop rarement des navets intentionnels, capables de vous endormir au bout de trente secondes. Le créneau est donc porteur. Examinons le budget : il est égal à zéro Euro. Leur banquier est en prison pour cent cinquante ans, suite à une condamnation pour une légère escroquerie. Compte tenu de ces deux paramètres, les deux réalisateurs ont choisi l’option d’exécuter un navet intégral, volontaire et forcené dans les moyens et dans les techniques de réalisation. Savourons ce catalogue :

-                       La caméra  est une Baulieu à manivelle, prêtée par un musée.

-                       La pellicule en noir et blanc est constituée de chutes récupérées dans les poubelles de l’I.N.A.

-                       Le film sera colorisé en jaune délavé, façon pisse.

-                       Le montage se fera au ciseau, avec du scotch, en s’ingéniant à ce que les raccords soient bien visibles lors de la projection du film.

-                       Les décors sont à minima et brillent par leur indigence : un studio fatigué avec six mois de loyers impayés et quinze jours de vaisselle sale, une cave humide, deux annuaires et une machine à écrire mécanique Japy, un portrait du général De Gaulle. Le parc automobile est constitué d’un Vespacar de livraison, prêté par l’épicier du coin.

-                       Pour la prise de son, un dictaphone à cassette est utilisé. La synchro et la post-synchro sont aléatoires

 

Le scénario

Il est le fruit du hasard ; construit au gré des happenings et des errances quotidiennes des deux réalisateurs, bâti sur leurs mouvements d’humeur de l’instant et sur leur méforme systématique. L’ordre et la logique des scènes dans leur enchaînement restent un facteur négligeable, voire inconnu. La mise en scène défie toute filmographie ; vous ne verrez tout au long du film que des pieds, des têtes ou des troncs, mais jamais les trois en même temps, le champ de la caméra ne s’y prêtant pas. Les dialogues se réduisent à des onomatopées, à des bruits corporels incongrus ou au mieux, à des citations de l’almanach Vermot.

 

Les acteurs

Les acteurs ne sont pas payés. Le seul cachet notable offert par la production est une sucrette allouée a l’un des acteurs, car il est diabétique. Bien que les acteurs se connaissent tous entre eux, les réalisateurs ont intentionnellement réuni des gens qui se détestent cordialement, afin de rendre leur jeu le plus laborieux possible. D’une manière systématique, le jeu d’acteur relève du saut du lit au petit matin ou de la sortie d’une cellule de dégrisement. Ce n’est donc pas un film de copains. Les protagonistes du film sont nombreux, contrairement à ce que l’inexistence du budget le laisserait le supposer. La toponymie des personnages et imagée, mais ne concerne qu’une seule série de sociopathes.Citons quelques noms de personnages : Molard, Glaviau, commissaire Mattéi, Judas, Wilkinson, Le Bleu, Le Tigre, les deux laborantins, Mouïse, Néri. La faune est donc connotée au mitant. Vous ajouterez un patron de bar consensuel, quelques badauds de passages et quelques ivrognes, cuvant leur vin sur la voie publique, et vous aurez une distribution parfaite pour réaliser le navet parfait.

 

Que dire de cette œuvre en devenir ? Plus qu’une boutade, c’est sûrement un cas d’école dans un cours d’art cinématographique, non pas pour les erreurs à ne pas commettre lors de la réalisation d’un film, car aucun réalisateur ne ferait de telles bourdes si elles n’étaient pas intentionnelles, mais plutôt pour le privilège d’avoir un autre regard sur le cinéma. Attendons donc avec impatience la sortie de MOLARD et GLAVIAU.

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /2009 11:59

La pesante légèreté des femmes au cinéma prend souvent des aspects inattendus et parfois inquiétants dans la malfaçon cinématographique. De la comédie légère de « THE WOMEN » à l’exercice fastidieux de « NE TE RETOURNE PAS », le superficiel prend du poids chez les dames dans le domaine facile et néanmoins ardu du mauvais film où l’on s’ennuie. À mon grand regret, l’apanage du navet n’est plus une panacée masculine et en faisant déroger cette règle, vous vous exposez, Mesdames aux ricanements misogynes de quelques critiques avisées.

 

 

 

Ne te retourne pas

 

De Marina De Van

Avec Sophie Marceau, Monica Bellucci, Andrea Di Stephano, Thierry Neuvic

 

Genre cinématographique : introspection à la Houelbecq.

 


Le talent de la réalisatrice est de ne pas avoir choisi clairement le genre cinématographique de son œuvre. Le film oscille constamment entre le mode fantastique et le fantasme psychiatrique du dédoublement de la personnalité. Quatre acteurs talentueux pour incarner deux personnages sans envergure, plongés dans les affres du quotidien ; telle est la donne de départ pour un film qui n’en est plus un, à la fin, mais qui relève d’un assemblage maladroit de quatre historiettes. L’écheveau de l’histoire est compliqué. Une femme voit sa réalité se déformer et son corps se transformer à l’insu de son entourage pour une autre réalité et pour une autre personne, en des lieux et des espaces différents, dans une course où le présent et le passé du personnage ne se rencontrent jamais, tout en se côtoyant. Le dénouement de l’intrigue tombe sur la réunion de deux sœurs que le destin a séparées. Le personnage et son double se promènent dans une réalité qui elle aussi est schizophrène. Vous ajouterez quelques effets de maquillage et de caméra pour lier le scénario et vous aurez une intrigue tirée par les cheveux, dont vous aurez bien du mal à suivre le fil.

Le scénario est confus. L’évolution et la transformation du personnage vers son double n’ont pas un déroulement cohérent. Les scènes ne sont pas liées, mais collées, elles ne se découlent pas d’entre elles. L’installation de l’intrigue est trop longue. Il faut attendre dix minutes pour que l’intrigue démarre enfin. Les rebours non explicatifs sont fréquents et tombent chaque fois comme un cheveux dans la soupe. Si le thème de l’enfance traumatisée est récurrent, sous la forme d’une fillette errante et qui apparaît sous la forme d’hallucinations, au gré des vaticinations du personnage de Jeanne, on ne découvre qu’à la fin du film, ce qu’elle représente comme réalité oubliée. La juxtaposition de deux actrices si dissemblables telles que Sophie Marceau et Monica Bellucci pour le même personnage, rajoute à la confusion de l’histoire et le passage de l’une à l’autre n’est guère convaincant pour la compréhension de l’intrigue. On remarquera le même défaut pour les rôles masculins de Théo, le compagnon potiche de Jeanne.

L’interprétation du personnage de Jeanne et de son double est de bonne facture. L’ambiguïté  psychologique et le réalisme de la folie sont finement joués par Sophie Marceau et Monica Belucci. À ceci près, que le traitement de l’univers de la schizophrénie reste dans le domaine du superficiel sous sa forme symptomatique la plus commune. Ne faisant pas une œuvre de psychiatre, la réalisatrice n’a pas cherché la crédibilité du personnage, mais elle a plutôt privilégié l’errance intuitive de la psychologie féminine. On notera au passage l’utilisation fréquente des miroirs qui déforment la réalité des choses et des personnages, comme des pis-aller à l’avancement de l’action et cela tout au long du film. Le procédé est facile, mais il n’apporte rien à la compréhension de l’histoire.

  La photo est belle, mais si elle est une qualité pour d’autres œuvres, ici le souci du détail ou du gros plan qui traîne, nuit singulièrement au rythme du film. Pour ce qui est de donner des reflets esthétisants à la folie, cela atténue l’aspect dramatique du film et renforce son côté digressif. Ici la caméra est à contre-emploi et dilue l’intensité de l’action.

Pour une histoire de femme, je n’ose imaginer une telle complexité de scénario sans avoir la profondeur des personnages dans leur cérébralité, ce qui aurait rendu le film crédible, si elle avait été présente. J’aurais aimé une sensitivité rythmée, ordonné dans une logique implacable du cheminement vers la folie pour l’héroïne du film. Pour le fantastique, j’aurais aimé la présence des portes qui permettent de franchir les réalités. Je n’ai rien eu de tout cela.

 

The women

 

De Diane English

 

Avec Meg Ryan, Candice Bergen, Annette Bening, Eva Mendes, Jada Pinkett Smith et Debra Messing

 

Genre cinématographique : film de copines, dictionnaire imagé à l’usage des misogynes

 


Il y a t-il un homme dans ce film ? non, pas un seul !. Même les chiens sont des chiennes. Le distribution du film est exclusivement féminine, des actrices aux figurantes.

Il y a t-il des femmes dans la salle pour regarder le film ?. Non, pas une seule !. le public est exclusivement masculin, à l’image de vieux barbons pas propre sur eux, ou à la mine de puceaux attardés. Au mieux, ils ont une tête de célibataires renfrognés et ils prennent des notes.

De quoi parle le film ?. Des femmes ?. Sûrement pas !. Il évoquerait plutôt leurs petites manies, leurs petits travers, leurs petites préoccupations, leurs petites affaires, leurs petits shoppings, leur petite beauté, leurs petits amours, leurs petits maris, leurs petites amies, leurs petits riens, leur petit tout. En fait le film n’évoque rien, si ce n’est l’existence diserte et futile d’une communauté de femmes s’acharnant à sauver le mariage d’une des leurs. Au travers de ce prétexte, la réalisatrice, Diane English, dresse le portrait de la femme moderne au moyen de toute la clichetterie et de tous les poncifs caractérisant la femme américaine branchée de luxe.

Au trait forcé de l’exagération, cette comédie légère confine très vite à la balourdise. Aux répétitions des mêmes scènes, aux mêmes tons, au même comique de situations, les sourires se font très vite rares et font très tôt place à l’ennui et à la grimace de déplaisir.

Je soupçonne volontiers la réalisatrice d’avoir dépeint un poulailler rempli de volailles caquetantes, où le coq est absent. Si tel est le cas, l’exercice est réussi. Cependant le maniement du superficiel requiert tout un art de la mise en scène. Or ici, il n’existe pas et le film n’est jamais rien d’autre qu’un feuilleton télévisuel dont on aurait rassemblé les tranches de saucisson.

Que dire de la prestation des actrices ?. Si ce n’est un jeu facile, convenu et à dessein caricatural, il ne relève pas de la performance.

Que dire de la photo, si ce n’est une caméra baladeuse aux plans bâclés qui se promène au gré des happenings d’une mise en scène approximative.

Trouver une qualité à ce film reste une gageure qui demanderait plusieurs visionnages et des efforts de patience titanesque, sachant que j’ai eu beaucoup de mal à rester jusqu’à la fin de la projection.

 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /2009 14:59

Les soldes de Pâcques : Les  héros nous prennent pour des cloches

PRÉAMBULE

Les enterrements ont ceci de particulier ; ils se ressemblent tous ! .Au risque de pleurer pour la comédie, je prononce l’éloge funèbre du genre dont la dernière trouvaille remonte au temps de l’invention du fil à couper le beurre. Tout n’est que resucées qui ne se lassent pas de se ressasser. Et c’est bien le cas avec ‘LE MISSIONNAIRE’ et ‘ 17 ANS ENCORE’ .

 

LE MISSIONNAIRE

Réalisateur : Roger Delattre

Acteurs : Jean-Marie Bigard, David Straymaster

Genre cinématographique : farce rustique qui pue des pieds

L’humour dans cette œuvre frise les 70 ans d’age, tout comme l’age des spectateurs dans la salle, lorsque j’assistais à la projection du filam. Autant dire que ce mélange étrange de comique troupier et du petit monde de don Camillo est en adéquation avec l’âge et la culture populaire de son public, dans l’art de la farce grotesque de cloche merle. La balourdise des gags et des situations risibles au premier degré ont forcé mon admiration sur la capacité du réalisateur à accumuler les poncifs. Ils sont légions :

Vous avez droit au petit monde de Don Bigard, singeant le curé de campagne, façon Fernandel avec ses vieilles bigotes, ses crapauds de bénitier et qui veille au salut de leurs âmes et de la fin de leurs ennuis, Dieu étant absent puisque le personnage central du film n’a rien d’un pasteur. Les redondances issues de la réalisation de Julien Duvivier sont nombreuses, comme les confessions menées en bastonnades ou les résolutions simplistes des amours contrariés. Sauf que dans le missionnaire, l’humour n’est pas le descriptif d’un village plongé dans la modernité, si ce n’est celle datant d’il y a cinquante ans. Que dire encore de la confrontation d’un vrai curé avec son faux-semblant, copiant ainsi sans vergogne les scènes du ‘retour de Don Camillo’. Le havre de finesse relative que sont les œuvres de Carmine Gallone n’est pas comparable avec le comique rugueux et vulgaire que nous impose Roger Delattre.

- Entre autres resucées qui vous seront infligées, vous aurez droit au descriptif détaillé de l’univers d’une gendarmerie et des gendarmes ruraux dont  les seules occupations dans le film relève de la saoulerie et du passage à tabac en règle. On ri bien une minute, mais les scènes d’ivrognerie violente deviennent vite fastidieuses. La recette sempiternelle qui consiste à décrire un univers peuplé de crétins demeurés atteint, très vite dans ce film  sa limite comique.

Pour faire bonne mesure, le réalisateur vous sert quelques pastiches forcés issus du milieu de la grande truanderie, avec son parrain gâteux et soupe au lait, tout droit sorti d’un ‘milieu’ marseillais en carton-pâte ou ‘ritalien’ d’infortune.

Si la majeure partie des acteurs est lisse, même dans leur propre rôle, du fait qu’ils forcent à outrance leur personnage et en cela, ils n’apportent rien au comique de situation, la prestation de Jean-Marie Bigard dans son personnage de curé truand, se fourvoie dans la typologie du prêtre de hasard. Visiblement, il ne croit pas à son personnage de faux curé un seul instant et les hésitations feintes pour le rôle, sont véritablement celles de son jeu d’acteur.

Seul David Straymaster attitré dans le personnage du frère évêque du faux prêtre taulard, semble tirer son épingle du jeu. Avec un faux air à la Élie Kakou, il joue avec délices les affres d’un prêtre plongé dans la luxure et le crime organisé.

Le scénario qui n’a aucune originalité, sinon celle d’un saupoudrage issu d’autres œuvres de la comédie comique, tient cependant de la cohérence dans sa logique et l’on ne risque pas de  perdre des neurones en attendant le dénouement d’un film à la saveur d’un pain quelque peu rassit.

 

17 ANS ENCORE

Réalisateur : Burr Steers

Acteurs : Zac Efron, Matthew Perry

Genre cinématographique : American Pie à la naphtaline.

 Où l’on ressort les vieux costards des films américains sur l’adolescence, les relations père fille, père fils, de ces fabuleux collèges américains dotés de fastueux gymnases peuplés de surpuissants crétins de la baballe, le tout dans l’asepsie de valeurs convenues et puritaines qui dénoncent insidieusement le préservatif et la relation hors mariage et à côté duquel le pontificat de Benoît XVI, ressemble à un ministère ultra-progressiste.

Il s’agit bien d’une œuvre destinée à l’éducation des jeunes filles et le réalisateur a réussi sa gageure, si je considérais la horde pubère des spectatrices de ce film. 17 ans encore, ce n’était pas tout à fait l’age moyen de l’assistance qui aspirait visiblement aux émois de cet âge.

Pour ce qui se dégage de la comédie, nous avons bien les sucettes convenues des problèmes de l’adolescence, avec le papa qui ne comprend pas sa fille, qui ne comprend pas son fils, qui est forcément divorcé, qui est obligatoirement au chômage, et qui invariablement se réfugie dans la garçonnière d’un copain adorateur d’accessoires liés à l’Heroic Fantasy. Et tout ceci, pour faire reluire le lobby du grand enfant américain. Comme tout est de la faute du père, parce qu’il a préféré dans sa jeunesse sacrifier sa carrière à son amour, qu’il a engrossé accidentellement, Dieu, dans son infinie bonté de technicien de surface, lui redonne ses dix-sept ans. Et là !, les ennuis commencent pour le spectateur que je suis. Outre la lamentable palinodie des conflits des générations annoncées dans le film, où l’acteur ayant l’age de ses artères essaie en vain de résonner comme un quadragénaire, on vous sert toute la panoplie de l’infantilisme à l’Américaine. En prime, on vous farcit la tête avec la kyrielle de bons sentiments, sortis tout droit de l’imagerie Disneyenne d’après la lettre.

Mais le film présente d’autres défauts. Le scénario est longuet ; les scènes préliminaires traînent interminablement pendant vingt minutes avant que l’intrigue ne commence. Les scènes capitales sont curieusement courtes au profit de scènes anodines à l’humour banal, qui elles, perdurent dans un ennui sans fin. Ce scénario déséquilibré donne très vite l’impression d’une action qui se déroule lamentablement, au point de vous faire quitter votre fauteuil prématurément. Le tout est renforcé par le fait que l’acteur n’a plus l’âge du rôle. Hésitant, dans son jeu à singer intellectuellement un quadragénaire, il est mal à l’aise dans la peau d’un homme de vingt ans. Si le réalisateur voulait marquer la distanciation entre les personnages, il se serait aperçu que son personnage principal jouait à contre-emploi.

Au final, vous assisterez à une œuvre faite à la va-vite, avec des bouts de ficelles et singulièrement bâclée dans sa typologie de redites et de déjà-vu suranné. 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /2009 19:14

Dragon Ball Evolution

 

Réalisateur : James Wong

Acteur : Justin Chatwin, Emmy Rossum, Chow Yun Fat

 

Genre cinématographique : guimauve insipide

Ce film ne convient pas aux enfants, ni aux adolescents et encore moins aux adultes. Son seul usage est son emploi en tant que test de crétinisme pour tout organisme humain déficient et incapable d’accéder à une séance de cinéma !. Je ne m’étonne guère de l’avoir vu en séance quasi privée dans une salle vide et le fait que vous apprécierez cette œuvre, vous vaudra sans doute une place gratuite dans un établissement de soins spécialisé.

Dans le cadre de la redite cinématographique à bon compte, ce film est un chef-d’œuvre. Tous les ingrédients y sont présents. J’énumère :

La légende à cinq balles sortie du nouvel an chinois avec un dragon de papier et des décors en carton-pâte, les pétards mouillés des rebondissements d’un scénario digne d’une arrivée annoncée d’un train en gare, avec les effets spéciaux concoctés par un logiciel informatique antédiluvien, piloté par un balayeur.

La salade « Hong Kong », orient et occident où l’adolescent boutonneux américain fricote avec la petite chinoise délurée dans les détours d’une intrigue institutionnelle de : « il faut sauver le monde ! », dénote de la restauration cinématographique de course. La « malbouffe » au cinéma existe et ici s’apparente au fast-food chinois.

Les ineffables scènes de combat d’arts martiaux ; boxe, karaté, kung-fu et autres fantaisies corporelles, font parties de la scénographie obligatoire, avec le contrepoint de la dualité sempiternelle du maître et de l’apprenti.

La bluette sentimentale de rigueur où le baiser pudique à la chinoise surpasse en mièvrerie les contes de Walt Disney ou comme dans un curieux parallèle, l’histoire de blanche neige s’apparenterait à une pornographie torride.

Enfin, la lasserie obligatoire du combat entre le bien et le mal, stigmatisée par la jeunesse angélique pour le bien et des adultes difformes pour le mal, sert de fond de toile convenu, à ce qu’il faille bien appeler une foirade de cinéma, qu’a bien voulu nous servir le réalisateur.

Passés ces simples constats d’usage, le film est particulièrement bâclé.

Le scénario est haché, avec de fréquents ajouts de circonstance explicative pour une histoire qui nous ennuie dès le départ et qui ne progresse que péniblement sous la forme d’un « manga » raté.

Le jeu d’acteur, quand il n’est pas surfait, relève de l’inexistence. Pas un seul instant, les personnages du film relève de la crédibilité, tant la prestation scénique est en de ça de ce que devrait être une fantaisie héroïque. Force est de constater le regard incrédule des acteurs sur leur propre jeu, à l’image de James Marsters fourvoyé dans son rôle de méchant habituel, qui même sous son déguisement semble rire de son personnage.

Alors, si cette œuvre n’offre rien pour les yeux et vous endort l’âme, que restera t-il pour la recette d’un navet que vous n’irez sûrement pas voir, au risque d’affamer les producteurs du film. 

 


FAST AND FURIOUS 4

 

Réalisateur : Justin lin

Acteurs : Vin Diesel, Paul Walker

 

Genre cinématographique : film pour garagiste.

Les « marcels » sont de sortie, le cambouis aussi, mais on ne le voit que dans le scénario. Pour le reste, tout semble propret ; les grosses cylindrées sont rutilantes, les gros culbuteurs sont bien chromés, les muscles huilés sont bien saillants et les courses-poursuites sont réglées au millimètre près pour la casse et les effets spéciaux. L’esprit du film se résume bien à des gros plans sur des compte-tours et des suralimentations de cylindrées d’un Mad Max amélioré. Pour ce qui est de la compréhension de l’histoire, elle se résume péniblement à une obscure vengeance dont la trame profonde se situerait dans les ineptes opus précédents de cette saga de la mécanique pour abrutis. Ce que vous garantit le constructeur du film, est bien l’effort surhumain que vous allez déployer, et cela au risque de rayer la carrosserie de vos neurones, pour rassembler les pièces détachées d’un scénario, qui tourne dans un tête-à-queue permanent et où les personnages apparaissent et disparaissent sans raison apparente, si ce n’est celle de tenir un volant.

Le réalisateur aurait voulu faire une œuvre culte de la brutalité bestiale, qu’il aurait dû s’y prendre autrement, car somme toute, il est difficile de s’émouvoir pour des scènes trop conventionnelles pour un film d’action ou pour de la prise de vue à sensations.

Que dire de plus, sur la psychologie des personnages campés dans des stéréotypes du bon, de la brute et du truand méchant, affublés de dialogues relatifs à des décérébrés alpha et où le borborygme le dispute à la périphrase. J’ai bien noté la seule phrase structurée prononcée dans cette œuvre aux dialogues désertiques : « ceux qui tournent au nitro-méthane sous leur capot, sont des pétasses ». cette philosophie sentencieuse du personnage principal du film résume l’inexpressivité de l’opus. Il reste le visuel que l’on a trop l’habitude de voir ; de la scène d’action gratuite et des acteurs qui cantinent à la perfection désabusée, leur rôle de crétins

 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /2009 23:07

Vers une définition du navet

Ce mois-ci : Ces humoristes qui font des toiles qui ressemblent a des croûtes

 

Cinématographiques, s’entend !. La comédie n’est pas un genre mineur dans le cinéma. Une bonne comédie se distingue  par un scénario logique et cohérent, accompagné par des dialogues qui servent un comique de situation. L’humour peut être plus ou moins lourd à dessein ou à contrario plus ou moins fin, si l’on veut couvrir plusieurs degrés dans la comédie. La parodie et le burlesque ne peuvent se contenter de la facilité d’un jeu d’acteur ou de plan-séquence relevant de l’à peu près. De cet art difficile de nous faire rire, les humoristes de la scène sont-ils les plus qualifiés lorsqu’ils passent sur le grand écran ?. Peut s’en faut pour nos humoristes français, pour qui faire une œuvre cinématographique, relève d’une mode qui peut rapporter gros ; une gloire facile et des fins de mois juteuses. Sauf que les procédés de l’humour transcrit à l’image, ne sont pas les mêmes que ceux que l’on installe sur les planches. Le secret réside  sans doute dans l’appréciation de la distanciation du personnage par rapport à un espace qui passe de trois dimensions à deux. L’humoriste de cabaret joue avec le public et s’amuse de la salle. L’acteur au cinéma est seul devant la caméra et doit rendre de ce fait la totalité de son personnage. Si le comédien est seul sur la scène dans l’intériorité de son personnage, l’acteur au cinéma fait partie d’un tout et ne peut pas jouer seul. Et c’est hélas le gros défaut de ces gloires de la scène parisienne qui se contentent de se faire filmer dans des outrances de sketches, tournés en plans-séquences ou en tableaux, comme au théâtre. À l’écran, on ne voit qu’eux par ce qu’ils veulent que l’on ne voie qu’eux, comme sur les planches ; ego oblige !. Ce n’est pas suffisant pour faire un bon film. Si le miracle du cinéma est l’ubiquité de l’œuvre, celle-ci ne dialogue pas avec le public lorsqu’elle est projetée. L’interactivité réelle d’un spectacle de cinéma n’existe pas, sauf entre le public, pour peu que le film soit parfait.

Les promos du printemps ; les héros vendent de la gnognotte

 

COCO

 Réalisateur : Gad Elmaleh

Acteurs : Gad Elmaleh, Pascale Arbillot, Manu Payet, Jean Benguigui

 

Réalisé, scénarisé, écrit et mis en scène par Gad Elmaleh et pour Gad Elmaleh, le personnage n’a jamais été aussi bien servi que par lui-même et au risque d’être nourri que par un seul talent, l’œuvre n’a pas de talent si ce n’est que d’arracher une risette chez le spectateur que je suis et rien de plus.

Peut-on dire que cette œuvre décrit des travers communautaires ?. Oui, comme tant d’autres, si l’on considère qu’il faut bien un sujet et un thème pour faire une comédie et que le genre socioculturel est un prétexte facile à la saynète ; Si la majorité des acteurs sont juifs, l’humour, lui, ne l’est pas et se cantonne à l’accent « pieds-noirs » des protagonistes du film. Si ce n’est que quelques broutilles de la clichetterie sociale communautaire, tournées en des facéties qui feraient se lamenter Popeck, l’esbroufe du personnage, et de l’acteur ne prend pas, si le public ne participe pas. De cette systématisation du spectacle de planche porté  à l’écran, Gad Elmaleh a peut-être réalisé un coup de maître dans le cadre de la comédie dite « populaire ». Les chiffres des entrées le diront sûrement. De l’aveu du réalisateur, le succès du cabaret doit être le même qu’à l’image d’une œuvre cinématographique. Si l’instant à la réalisation est délicat, car le quitte ou double final de l’épreuve du public peut transformer un chef-d’œuvre en navet, l’idée de Gad Elmaleh d’adapter son humour au cinéma, si elle n’est pas nouvelle, reste intéressante. Pour se faire, il a mis tous les atouts de son côté. Dotés d’un budget colossal, les décors et les scènes de tournage sont à l’image de la mégalomanie du personnage de CoCo. Les plans faits par la caméra sont soignés. Si le scénario se tient dans son ensemble, on ne peut s’empêcher de sentir des trous dans le rythme du film. Les rares apartés dans le film, où le personnage principal n’apparaît pas, casse la respiration du film. Le jeu frénétique de l’acteur principal tranche sur la mollesse des seconds rôles. À ce titre, la typologie du film qui tourne au « one man show », oblige les autres acteurs à faire les potiches et les faire valoir sans reliefs.

Au risque du rire facile, vous verrez un film mono rôle, d’une faible épaisseur cinématographique et au sortir de la salle une fringale de voir autre chose.

 

OSS 117, RIO NE RÉPOND PLUS

 

Réalisateur : Michel Hazanavicius

Acteur : Jean Dujardin

 

Brice de Nice, où es-tu ?. Où est la belle époque où Jean Dujardin était encore frais, quand il croyait à la comédie pétillante, à la belle époque où il savait faire de l’humour acide et manier le burlesque aéré, et où les personnages sous un costume parodique avaient encore une dimension humaine ?.

Ce temps est terminé avec la dernière farce cinématographique commise par Michel Hazanavicius dans les aventures devenues palinodiques d’un oss 117 resuçé. Rio ne répond plus et mon cerveau non plus. Ce film réalisé pour des encéphalogrammes plats, ne dépasse pas le premier degré de l’humour potache. C’est encore un spectacle dit « populaire »  qui tourne au « show case » permanent du jeu monomaniaque d’un acteur à l’écran. Il n’est pas une scène où Jean Dujardin n’apparaît pas. Il ne partage rien et les seconds rôles sont autant de béquilles qui supporte un jeu d’acteur sans conviction réduit  à une suite ininterrompue de clins d’oeil sur son propre personnage dans une série télé bien connue. La thématique du film est basée sur une parodie balourde des univers cinématographiques de l’espionnage. Dans l’ordre et surtout dans le désordre du scénario, nous avons la parodie indigeste de James Bond, de OSS 117, Le Squale, avec en corollaire la contrefaçon de « Y a-t-il quelqu’un pour sauver le président ? ». Tout au moins, pouvait-on espérer une autre adaptation de San Antonio dans le meilleur des comiques troupiers. S’il est vrai que l ‘accumulation des gags à un rythme très rapide, ait pu me distraire pendant la première demi-heure du film, la redondance continue de ces mêmes sketches avec les mêmes personnages à savoir : les chinois perfides, les nazis grandiloquents, les traîtres américains, les pimbêches ingénues, rendent l’exercice de ce film, pénible à voir. Que dire de mon long ennui à la vue de cette singerie interminable ?. Que de constater la présence d’un scénario exclusivement construit sur des copié- collé pastichés des classiques du film d’espionnage. Que les personnages sont insipides dans leur humour, parce le jeu d’acteur est plat et que l’artifice central de la comédie tourne autour de leur dentition d’une blancheur éblouissante.

Encore une fois, la gnognotte à gros budget tient lieu de film à gros succès futurs au titre de la recette et peut-être au titre de l’anthologie des Nanars.  

 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /2009 20:25

Vers une définition du navet

 

Ce mois-ci : La comédie à deux balles

 

La comédie est sans doute un genre cinématographique pour rien, où l’on doit rire à bon compte et s’il est par excellence un spectacle familial, il souffre d’une tare quasi universelle ; celle de l’ennui, quand le film est mal fait ou mal conçu. Je parle évidemment des comédies actuelles dont le genre s’essouffle de par leur uniformité. Le sujet de ces comédies est invariablement cantonné en France au couple, en famille ou dans sa vie sociale. Les recettes sont toujours les mêmes. Sur la trame d’un vaudeville de boulevard, l’effet comique de situation est traité avec une accumulation de clichés ou de poncifs, qui à force d’êtres reproduits, finissent par susciter chez le spectateur une grimace en place et lieu d’un rire franc et spontané. La comédie facile oblige souvent le spectateur à convenir au difficile exercice sado-masochiste, d’assister à une parodie de lui-même, dans un scénario improbable, aux recettes convenues des renversements des situations qui feraient pleurer Georges Courteline. L’illogisme des scénarios le dispute à l’à peu près des mises en scènes. L’art du quiproquo est toujours traité au premier degré et la prestation d’acteur relève souvent de l’art du gentil organisateur d’un Club Méditerranée. Mais le cinéma français n’a pas le monopole de ces films pour vacanciers. Les comédies américaines ne sont pas en reste. Tout juste, le genre est-il différent, puisque la comédie d’outre-atlantique se complait dans des films d’actions ou policiers avec leurs tandems mixtes raciaux. Si en France, nous avons les incontournables Gérard Depardieu et Christian Clavier, L’Amérique regorge d’Eddie Murphy, de Jackie Chang ou de Charlie Sheen de supermarché.

Ce genre alimentaire du cinéma peut aussi se décliner dans tous les sujets possibles, du septième art. De la comédie de mœurs à la reconstitution historique, en passant par les pochades spatiales ou les westerns impossibles, pour peu que vous ayez un petit creux à l’estomac,   vous pourrez toujours grignoter en salle ces malbouffes du cinéma. Au grand dam que je regrette, de ne plus pouvoir jeter mes épluchures de mon panier-repas à la face de ces œuvres lamentables, comme je le faisais jadis, en ces belles matinées de la Scala de Milan.

 

 


LES PROMOS DE PRINTEMPS : Les héros sont lessivés

 

Envoyés très spéciaux

 

De Frédéric Auburtin


Avec Gérard Lanvin, Gérard Jugnot et Omar Sy

 


Genre cinématographique : arnaque cinématographique

Si le thème du film est une arnaque au reportage, l’intention du réalisateur, pour caricaturer le milieu des reporters de terrain est pour le moins spécieuse, sinon dégoûtante. Rire de tout, en forçant la note et les traits, est devenu dans le genre de la comédie à la française, un exercice de style où tout est permis.

L’intrigue est simpliste. Deux reporters de radio perdent les fonds destinés à leur reportage en Irak. Ils ne trouvent pas d’autres solutions, que d’inventer un reportage, qui, au rythme de leurs bévues, se transforme en prise d’otage fictive dont ils sont les supposées victimes.

Si le cadre de l’action se passe dans un hammam de Barbes, ce film de Gérards nous montre avant tout  les travers habituels des acteurs fétiche pour ce genre de comédie. Ce duo où le reporter chevronné est affublé d’un boulet comme assistant n’est pas sans rappeler d’autres redites du genre et, pour le compte, ce film paraît fastidieux. Outre les mimiques sempiternelles de Gérard Jugnot dans son rôle de lourdaud gaffeur et les allures de routard de presse chevronné qu’incarne Gérard Lanvin, le film n’est qu’une caricature volontaire de la prise d’otage avec le pathos de circonstance tourné en dérision. Cette palinodie frise le mauvais goût, surtout quand la débrouillardise légendaire du journaliste est déclinée en petites combines.

Hélas le film a d’autres défauts. Le scénario est lent, l’action traîne. Il est truffé d’intrigues parasites qui n’offrent rien de plus au sujet du film, si ce n’est que pour renforcer le coté lamentable des protagonistes. Dans l’intention du réalisateur, nous n’avons plus affaire à une comédie, mais plutôt au regard d’une peinture d’un drame dévoyé



Les seigneurs de la guerre

 

De Peter Chan


Avec Jet Li, Andy Lau, Takeshi Kaneshiro et Jinglei Xu

 


Genre cinématographique : carnage grandiloquent

Une heure cinquante minutes de mise en scène de  tueries, interrompues tous les quarts d’heure par une bluette sentimentale ou le silence règne : tel est le film qui a fait le box-office de l’Asie. Les Seigneurs de La Guerre s’en donnent à cœur joie, force tranchoirs, pertuisanes et mousquets. Outre le peu d’intérêt cinématographique de l’œuvre, réduit en l’occurrence à l’art et la manière d’embrocher son prochain, ce film n’offre aucun regard historique quant au contexte géopolitique des guerres civiles, qui déchirèrent la Chine du XIX° siècle, se résumant dans l’œuvre aux combines de trois mandarins. Le réalisateur a utilisé toutes les recettes et les artifices du genre. J’énumère.

Les gros plans sur les combats sont détaillés avec minutie, dans la gestuelle et l’expressivité des corps et des visages. Certes l’esthétique du sang versé est soignée, mais elle est systématisée dans tout le film, et cela devient vite lassant, surtout quand les héros mettent un temps infini pour passer l’arme à gauche.

L’intrigue est basée sur le principe sempiternel du serment, de la trahison et de la fidélité, où le jeu politique et le jeu amoureux font part égale en insignifiance. Le scénario est linéaire et est rythmé uniquement par l’épopée des batailles. Si elles sont orchestrées dans leur totalité, de la préparation à la conclusion, elles absorbent tout le film, pour ne laisser au cadre de l’intrigue, que des miettes et déséquilibrant ainsi toute l’œuvre.

La photo est irréprochable et les décors sont authentiques, pour ce qui est de la Cité Interdite, ou des fortifications. Les costumes sont réalistes. La musique l’est beaucoup moins et se cantonne aux chevauchées ou aux assauts.

Le dernier artifice utilisé par le réalisateur, réside dans le choix des acteurs. L’incontournable Jet Li, acteur-phare pour le genre de l’épopée épique à la chinoise, a pris quelques kilos pour incarner un général chinois dans la force de l’âge et de la sagesse. Comme d’habitude, il ne rit pas et lorsqu’il sourit, c’est toujours avec une grimace. Andy lau n’est pas en reste dans son personnage incarnant une fidélité abrupte. Mais la rusticité affichée par les acteurs semble bien trop édulcorée pour être crédible, même si dans le film, ils prennent parfois des allures de « poilus ».

Alors si vous aimez la logorrhée guerrière, vous pouvez vous tailler une tranche de ce fardeau cinématographique, qui ne m’a laissé qu’un souvenir plus que périssable.

 

 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 12:08

Vers une définition du navet

 

Ce mois-ci : Une valeur sûre de la médiocrité cinématographique : Le Chinois Volant

 


La chine est aussi une grande nation pour ce qui est des films de course. Ils sont nombreux et ils s’exportent très bien. Le navet asiatique revêt plusieurs aspects.

Les choix thématiques s’orientent invariablement sur le patrimoine culturel, géographique, social et légendaire d’un autre temps de la chine ; celle d’avant le communisme. C’est obligatoirement un film d’action et de préférence une histoire où des armées pléthoriques se massacrent gaillardement. Les protagonistes de ces épopées sont tous des experts en arts martiaux aériens, mais pas aérés. Les acteurs virevoltent dans tous les coins et dans tous les sens, courent aux plafonds, volent sur les toits et gravissent les murs au pas de course, quand ils ne planent pas sur les montagnes, sabre au vent. Ils s’arment tous d’un rien pour combattre dans une gestuelle supersonique dont la grâce la dispute à la vélocité. Le héro chinois est résistant. Il prend et donne des coups sans souffrir et avec le sourire. La trilogie des protagonistes est toujours la même ; il y a le méchant, le juste et son apprenti. Le scénario tourne systématiquement à l’éternel thématique du combat du bien contre le mal, de la trahison contre la rédemption. Le pivot central est le respect de la parole donnée et du culte des ancêtres. Le navet chinois n’est pas sexiste ; les femmes ont autant de valeur que les hommes lorsqu’il s’agit de se battre, mais lorsqu’il s’agit de sexe ou de montrer le sang, ces œuvres sont singulièrement pudiques.

Parfois le réalisateur n’est pas natif de HongKong, il se peut qu’il soit Américain. Il s’agit alors d’un navet américain, à la sauce chinoise, et cela afin de pimenter la vie des adolescents déçus par Walt Disney. Les décors s’apparentent souvent à du carton-pâte ou à de l’image de synthèse et les cascades les plus élaborées ne sont pas des goinfres budgétivores. Ces productions peu onéreuses en matière grise et en coût de main-d’œuvre peuvent rapporter beaucoup. Certains acteurs phares du cinéma asiatique, comme Jacky Chang ou Jet Li, n’hésitent pas de mettre la main à la caisse pour figurer au casting. On dit alors qu’ils sont en vacances. Mais j’arrête de médire sur le navet chinois et je vais aller me consoler en allant voir dès sa sortie, Les seigneurs de la guerre de Peter Chang



Tout sauf en famille

 

De Seth Gordon


Avec Vince Vaughn et Reese Witherspoon

 


Genre cinématographique : comédie plate

Le sujet tient en une seule paraphrase ; un couple d’épicuriens se croit obligé de passer ensemble leur fête de Noël dans leurs familles respectives. De cette mornitude cinématographique, tout sonne faux du début jusqu'à la fin du film ; et cela pour le scénario, pour la peinture sociale, pour le jeu d’acteur et cela pour autant que le réalisateur ait voulu dans son intention, nous faire passer un bon moment. Détaillons.

Le scénario est bancal dès le début par ce qu’il est servi par une intrigue inexistante. Le film se résume en une succession de tableaux descriptifs de familles américaines de la classe moyenne. Le seul lien qui relie les différends épisodes de la description est le trajet automobile entre les différentes familles où il ne se passe strictement rien entre le couple, si ce n’est que quelques tentatives de scènes de ménages. Or lorsque le scénario est inconsistant, le film est bavard, et, dans cette œuvre, vous êtes servis. Les dialogues sont creux et ils ne font pas avancer l’action. Ils ne sont là que pour induire un humour peuplé de poncifs sur le couple ou la famille américaine. Fuir sa famille pour les fêtes de Noël et y être contraint d’y aller, parce qu’une caméra indiscrète vous a piégé, témoigne d’un prétexte ténu pour aborder une histoire qui au final n’en est pas une. Les prémices de l’ennui me guettaient à la minute cinq du film.

La peinture de la famille américaine tend vers la caricature sans l’atteindre et donc sans déclencher le rire. Entre la famille de « beaufs » castagneurs ou celle de la bigote marmailleuse, entre les mamans couches-culottes et les grands-pères éteints dans leur fauteuil, les traits ne sont pas assez marqués, les situations ne sont pas assez contrastées, pas assez tranchées. Et l’on ressent très vite la fadeur et la platitude, au fur à mesure que le film avance. Le mythe de la famille divorcée et recomposée si chère à l’Amérique est traité dans la superficialité d’un ton badin, imposé par le principe de la comédie. De même que sur le thème de la maternité ou de son refus, le réalisateur n’a pas su nous faire rire, tellement les dialogues sont plats et les situations convenues.

Comment faire rire sur des sujets éminemment tristes, si on ne prend pas le contre-pied résolu de ce qui nous fait pleurer. Le réalisateur n’a pas su faire et n’a fait œuvre que de platitudes aseptisées et lassantes. De ce fait, le jeu des acteurs s’en ressent ; il est appliqué et laborieux. Ils donnent la sordide impression qu’ils répètent la scène au lieu de la jouer et avec ce regard interrogateur tourné vers la caméra, comme pour lui demander si le jeu convient ou pas. Pour ma part, je suis sorti de la salle, convenu d’ennui.



The spirit

 

De Frank Miller


Avec Gabriel Macht, Samuel L. Jackson, Scarlett Johansson et Eva Mendes

 


Genre cinématographique : pastiche de comics book

De cette adaptation de bande dessinée de Wild Eisner, on ne retiendra que le graphisme et la photo « vintage » de l’image. Pour le reste, l’exercice reste bien pâle dans la démesure d’un comics. Si la trame du scénario de la bande dessinée est respectée, les éléments employés pour la traiter, ressemblent à un vaste bric à brac de clichés empruntés au monde de l’héroïc fantasy américaine.

La première maladresse de Franck Miller est d’avoir traitée l’œuvre de Will Eisner, à la façon d’un roman noir américain des années cinquante, à la James Ellroy. Certes les deux auteurs sont contemporains, ils parlent du crime organisé, mais ils ne le font pas de la même façon. Transfigurer le héro de la bande dessinée en Dick Tracy ou en Nestor Burma au grand écran, si cela relève d’une parodie volontaire, dans le cas présent, cela ne sert qu’à masquer les insuffisances du scénario qui se résume à un face à face permanent entre deux personnages, entourés d’artefacts grotesques. Les effets quitschs sont légions :

-Dans le jeu des acteurs, le super héro est un bellâtre batifolant en danseuse sur les toits de la ville. La collection de femmes, gravure de mode des années cinquante, au romantisme énamouré est saisissante de ridicule. Les dialogues sont d’une niaiserie confondante dans leur manichéisme du combat entre le bien et le mal, de sorte que tous les personnages s’en trouvent vidés de leur substance. Les contre-emplois aguicheurs ou provocateurs sont largement utilisés : un Noir en uniforme de SS, flanqué d’une flopée de mutants trisomiques, feraient retourner Himmler dans sa tombe et rigoler quelques néo-conservateurs américains. Dans le film, le gentil, le super- héro, c’est  le Blanc, et le méchant, le super- vilain, c’est le Noir ; ce qui relève d’un contre-emploi fâcheux dans l’air du temps de l’Amérique actuelle.

Outre le fait que les protagonistes de l’histoire s’entre-tuent avec une opiniâtreté laborieuse et à l’aide de tout ce qui leur tombe sous la main, le réalisateur n’a pas hésité à les faire évoluer dans des décors du type fourre-tout. Les carrosses américains des années cinquante côtoient sans complexe les hélicoptères d’assaut de la dernière génération et les vieilles pétoires de calibre 38 rivalisent avec les mitrailleuses portatives de calibre 50. Le sang d’hercule et la toison d’or sont aussi les invités d’une mythologie grecques de circonstance, afin d’étayer un scénario quelque peu flapi.

Si Franck Miller a voulu ressusciter l’atmosphère de la bande dessinée, il est loin du compte. Il n’y a ni angoisse, ni magie, dans l’interprétation qu’il fait de celle-ci. Mais s’il ne s’était pas pris au sérieux, et s’il avait exagéré quelque peu ses outrances, il se serait fendu d’un superbe Nanar. Hélas, il s’est pris au sérieux et il nous a pondu un navet. 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /2008 18:05

Vers une définition du navet

 

Ce mois-ci : Grandeurs et décadences des versions françaises et de la post synchronisation

 

 

Combien de versions françaises de bandes originales de films ont elles transformée des chef-d’œuvres potentiels du septième art en des navets insipides et où la traduction en français se révèle à contre-emploi dans l’idée même du film.

Outre les problèmes de traduction dus aux particularités des langues et notamment dans le domaine argotique, les translations en français ont très souvent le don d’enlever de la saveur aux dialogues par le fait même qu’il n’existe pas de traduction appropriée aux langages originaux. Les intonations et les toniques du langage qui accompagnent les scènes et qui font ressortir toutes les didascalies de l’œuvre, ne sont jamais rendues avec exactitude. Au pire, les dialogues dans la version française, expriment exactement le contraire de l’intention de l’auteur. Pour une réplique qui ferait rire dans une version originale, elle tombe à plat dans la version française, et cela est particulier aux œuvres anglo-saxonnes, compte tenu de leurs formes d’humour si particulières, parce que liées aux jeux de mots de la langue courante.

Si le problème de la traduction est fréquemment inévitable sans que l’œuvre perde véritablement son âme et en cela on reconnaît un bon film, il existe des bévues cinématographiques dues à la postsynchronisation, inhérentes à des insuffisances de traduction. Imaginez vous un acteur parlant alors qu’il a la bouche fermée !. Ou mieux encore et cela est beaucoup plus craquant, vous pouvez à l’occasion voir ledit  acteur faire la carpe à l’écran, pour la bonne raison que la traduction française de la bande originale est plus courte et plus seyante.

À l’inverse les traductions françaises peuvent rehausser des films ternes dans leurs langues originelles et les rendent crédibles aux yeux des spectateurs. De l’état de navet, nous passons alors au statut de « nanar », avec leur cortège de répliques « qui tuent », dont la loufoquerie et l’absurdité nous ravissent dans leur non-sens.

Vous comprendrez que le talent du traducteur est essentiel, pour retranscrire une œuvre d’une langue à l’autre, sans que le film perde son identité, sa portée et sa puissance. Si cette petite main ne se substitue pas au réalisateur, elle mérite le titre de co-réalisateur pour le motif que son œuvre soit perceptible à un public étranger.

 

 

 

LES PROMOS DE NOEL : Les héros ne sont pas des cadeaux !

 

Le transporteur III

 

De Olivier Mégaton


Avec Jason Statham, Natalya Rudakova, Robert Knepper et François Berleand

 


Genre cinématographique : film de cascadeurs.

Et c’est sûrement la seule vertu de cette œuvre pour ce qui est de l’efficacité des scènes d’action qui sont très élaborées et très largement filmées par une caméra qui s’ingénie à prendre tous les plans d’enchaînements dans les scènes de combats ou de poursuites automobiles. Hélas, le montage des scènes laisse à désirer. Pour un souci d’esthétique, le réalisateur n’a pas hésité à procéder à des accélérations ou des ralentissements d’images qui donnent des plans saccadés, hachés et qui nous suggèrent l’impression d’assister à un cours didactique pour des cascadeurs. C’est le défaut classique du « trop bien faire » du film d’action, qui fait ressembler le film à une œuvre d’amateur besogneux.

Le transporteur III est l’histoire d’une longue course-poursuite :

- Celle d’un scénario improbable et particulièrement mal ficelé. Pour une histoire de kidnapping, doublée d’une prise d’otage, triplée sur un fond de bombe humaine, quadruplée par un chantage à la catastrophe écologique, quintuplée par des scènes de règlements de comptes sanglants, sextuplées par un road movie interminable, septuplée par un jeu de magouilles politiques internationale, octuplée par une idylle façon bluette entre le transporteur et son colis humain, nonuplée par des poursuites automobiles effrénées et frénétiques et enfin décuplée par des bains de sang, scandés par des mitraillages et des flingueries dans tous les sens et dans tous les coins. Autant dire qu’il y a dans cette œuvre, de quoi boire et manger pour les yeux, et cela à satiété.

Le danger d’une telle complexité dans le scénario est qu’il comporte de nombreuses incohérences dans son assemblage. Par exemple, on ne comprend pas, comment nous passons d’un transporteur à l’autre sans la scène de recrutement. Certains tiroirs du scénario sont vides et les rebours explicatifs de l’intrigue sont souvent mal placés dans la progression du film et  ils sont parfois tirés par les cheveux.

Le tout est servi par une musique qui comble les rares scènes où il ne se passe rien, ou qui remplace l’absence des rares dialogues du film. J’ai rarement vu une œuvre où les personnages parlent si peu. S’il n’y avait pas eu cette musique obsédante pendant les silences des personnages, le film aurait gagné en intensité dramatique. C’est sûrement le « loupé » final du réalisateur qui nous a servi un caviardage de violence sans intérêt pour une distraction assez plate.



Hello GoodBye

 

De Graham Guit


Avec Fanny Ardant, Gérard Depardieu, Jean Benguigui et Manu Payet


 

Genre cinématographique : comédie sans humour.

Les thèmes principaux particulièrement maltraités dans cette œuvre sont :

- Le thème du retour à la mère patrie de ses origines culturelles et dans le cas présent, l’expérience de l’ALLIAS, ou le retour en terre d’ISRAËL. La terre promise n’a jamais été aussi galvaudée dans ce film, pour le compte que le mythe n’est évoqué que par quelques détails et le petit bout de la lorgnette. Certes, il s’agit de faire une comédie et non pas un psychodrame dans l’intention du réalisateur. Mais dans les deux cas, il échoue lamentablement dans son entreprise, de par la superficialité des situations, des personnages et des dialogues. Comment faire une comédie dans un univers gris avec quelques images de cartes postales ?. Que la réalité du retour en ISRAËL ne soit pas à la hauteur du rêve, cela nous le savions déjà. Mais qu’il soit traités avec quelques poncifs grotesques sur le chômage, le logement et l’insertion difficile dans la société israélienne, cela  ne nous donne pas le sens de la tragi-comédie qui serait de circonstance pour cette œuvre. La psychologie des personnages est bâclée ; autant sur les migrants que sur les natifs pour lesquels le réalisateur ne livre que quelques clichés fatigués.

- Le mythe de la judéité est traité comme tel, avec un tombereau de poncifs ineptes qui relèvent d’un humour d’avant-guerre plus que douteux. Dans les lourdeurs, nous citerons ; la mère juive qui ne veut pas être juif aux yeux de la société, mais qui veut l’être dans la famille, la circoncision, les rabbins et le communautarisme juif dans ses généralités les plus obsolètes et les plus incomprises. Nous ne manquerons pas d’évoquer les lamentables palinodies sur l’humour juif qui ferait pleurer un séfarade et manger son chapeau à un ashkénaze. En cela l’humour du réalisateur n’a rien à voir avec l’anthologie de l’humour juif que vous pourriez trouver, entre autres, dans le recueil de Dory Rotnemer.

Alors que reste-t-il de ce film pour touristes palestiniens, si ce n’est un scénario linéaire où les rebondissements sont attendus, où le jeu des acteurs est à la fois compassé et convenu, avec la seule conviction de l’ennui perceptible à l’écran ,de jouer de tels rôles ?

 

 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /2008 12:36

Vers une définition du navet

 

Ce mois-ci : Splendeurs et miséres du navet technique


 

Lorsqu’un film vous ennuie, au point que vous vous attachiez à regarder les points de détails de sa construction, vous trouverez souvent là une bonne raison de le détester, pour le fait qu’il soit mal construit.

Les fautes de facture d’un film concernent tout ce qui est la prise d’image, le son, les décors et les costumes. Les erreurs de montage sont l’apanage des navets. Toutes ces coquilles ou ces bévues, indépendamment de l’intention du réalisateur, peuvent rendre mauvais un film acceptable. C’est la définition du navet technique.

Passons sur ces plans coupés où l’on ne voit que le dos, sans la tête, ni les jambes d’un personnage ou les hypothétiques cadrages qui ne vous laissent apercevoir que des images floues aux contours indécis en arrière-plan. Oublions ces travellings qui n’arrivent pas à rattraper  les acteurs dans leur jeu ou dans leur course d’action. Que dire encore de ces images qui brutalement passent de la couleur en noir et blanc, sans l’artifice d’une fondue enchaînée. Vous vous délecterez sans doute en voyant deux plans sur la même image, avec deux pellicules de grain différent.

Nous éviterons de vous parler de ce son, ou inaudible ou soudain tonitruant qui fait pleurer tous les projectionnistes. Évoquons encore toutes ces musiques mal choisies qui détruisent l’atmosphère d’une œuvre ou qui dénature l’action d’un personnage, au point de transformer un drame Shakespearien en une comédie Bollywoodienne.

Ne nous attardons pas sur ces décors en images de synthèses, plus fausse que nature, qui grâce à une pixellisation mal maîtrisée, ils rendent au carton-pâte d’antan un brevet d’authenticité qui ferait pâlir d’envie un décor naturel. Mais rassurez vous, vous ne verrez plus des portes avions faisant irruption dans la préhistoire, juste seulement des soucoupes volantes.

Nous apprécierons à leur juste valeur, ces costumes hétéroclites oscillant entre dix époques de l’Histoire, avec des mises approximatives où l’on voit des cow-boys trop bien rasés et des foules médiévales trop sales sur elles.

Si bien souvent, la documentation reste imprécise, l’intention du réalisateur et la concordance des budgets ne coïncident pas. Si bien que beaucoup de caractéristiques techniques dans une œuvre sont bâclées ou sont bouclées avec des bouts de ficelles pour l’ensemble des décors, ou des bouts de chandelles pour l’image.

Mais l’inexcusable reste encore à venir ; c’est-à-dire l’option du montage mal fait. Pour des scènes qui s’enchaînent sans liens apparents, pour des époques et des temps de l’action qui s’entrecroisent dans une chronologie approximative, dans des rebours anarchiques, nous tannerons le réalisateur. Mais que dire encore des scènes coupées pour des raisons de « timing’ , qui font que l’intrigue tourne court, ou que le scénario ressemble à un non-sens. Bien souvent le réalisateur ne maîtrise pas son sujet et se retrouve avec des bouts de pellicules, qu’il ne sait comment assembler.


 

LES SOLDES DE L’AUTOMNE : Ces zéros qui nous ennuient !

Mon espion préféré 
 

De George Gallo


Avec Antonio Banderas, Meg Ryan et Colin Hanks


 

Genre cinématographique : comédie alimentaire à la sauce américaine.

Où l’on revient gaillardement, avec cette œuvre, sur les poncifs pudibonds et aseptisés de la comédie américaine, en comparaison de laquelle, les films de W.C. Fields sont des chef-d’œuvres de l’humour trash.

Les thèmes revisités dans ce film sont nombreux, ils sont galvaudés dans un humour sans saveur, lisse et expédié :

- L’Amérique qui mange !. Il ne se passe pas une action ou une scène sans que, au moins un des protagoniste de l’histoire ne mastique, ou des chips, ou des cacahuètes, ou une quelconque nourriture exotique plus ou moins avouable. Pour comble de malheur, mon voisin de fauteuil n’a pas eu de cesse de grignoter tout au long de la projection. J’ai donc bénéficié d’un bruit de  mandibules en stéréophonie.

- L’Amérique boit, tout et n’importe quoi, à n’importe quelle occasion et à toute heure !. Avec un contenant à la main à chaque scène, les acteurs m’ont fait revivre les heures de gloire de la série « Dallas ». Sauf que !, dans ce film, la cigarette y est bannie ; le politiquement correct est respecté. L’Amérique ne fume plus.

- L’Amérique et ses espions : le classicisme en humour est de rigueur, avec des agents du F.B.I tantôt benêts et prudes, tantôt gaffeurs et maladroits. Toute la gamme de la parodie des planques et des surveillances est à l’écran, avec en prime, le mythe du suspect imaginaire. Nous avons droit à l’agent de la C.I.A retord et séducteur, qui est censé tirer toutes les ficelles. Enfin, pour compléter le tableau, nous avons les inévitables cambrioleurs de haut vol, affublés de leur attirail de circonstance de haute technologie. Comme d’habitude, vous avez droit au méchant français avec sa sale gueule habituelle. Les poncifs ont la vie dure même s’ils appartiennent au registre de la dérision.

- L’Amérique et son mythe de la femme éternellement belle, qui passe son temps à faire l’amour et à s’éclater avec le premier venu, qu’il soit « Latin Lover » ou un étudiant boutonneux.

Pour le reste, l’intrigue tient en une phrase : un agent du F.B.I est chargé de surveiller sa mère qui est soupçonnée de fricoter avec un cambrioleur d’œuvre d’art. De la pauvreté de l’histoire, on ne pouvait supposer une comédie élaborée, avec un humour solide. Ici le réalisateur fait œuvre d’une parodie facile et convenue de certains mythes de l’Amérique.

Pour ce qui est des acteurs, leur jeu s’apparente à une prestation à minima, tournant volontiers en dérision leurs rôles du passé. Antonio Banderas est toujours l’éternel séducteur avec un pistolet dans chaque main et Meg Ryan joue toujours la femme Américaine délirante.

L’ennui général que dégage cette œuvre est renforcé par une musique quasi omniprésente, qui laisse le sentiment que le réalisateur a tenté vainement d’atténuer la fadeur de son film.


Bouquet final 
 

De Michel Delgado


Avec Didier Bourdon, Bérénice Béjo et Marc-André Grondin
 

 

Genre cinématographique : comédie d’enterrement.

Peut-on rire de tout et de n’importe qui ?. Oui !. Mais pas n’importe comment, dirai-je en paraphrasant Pierre Desproges.

Ce film est un véritable sinistre, avouerait mon assureur chargé de ma convention obsèques.

- En premier lieu pour les dialogues qui tiennent lieu de scénario. Les jeux de mots sur la profession de croque-morts y sont légions et semblent rythmer toutes les scènes du film. À croire que toute l’œuvre a été bâtie autour de ces jeux de mots. Que dire de ces derniers, si ce n’est qu’ils ont la lourdeur d’un cercueil rempli de poncifs sur lequel on y aurait dressé la couronne mortuaire de l’humour.

De cette lamentable palinodie sur le milieu des pompes funèbres, il ne manquait que les pleureuses. Las !, trois fois Hélas, elles étaient dans la salle et regardaient le film. Outre le fait que le réalisateur peine à nous arracher un sourire pour un comique de situation convenu et rebattu, il ne nous distrait guère en greffant sur son œuvre une ossature d’un vaudeville des plus ordinaires. L’histoire est grotesque : un apprenti croque-mort maladroit, chaperonné par un mentor dépressif et suicidaire, essaye de cacher son inavouable profession à sa dulcinée, pour le fait qu’il aurait escroqué un parent de la belle lors d’un décès. Mais ici l’intrigue ne sert de prétexte que pour une suite de gags éculés sensés nous faire rire.

Le jeu des acteurs n’aide en rien cette œuvre dans sa finalité comique. Les rôles de composition sont laborieux. Didier Bourdon est souvent en de ça ou au-delà de son rôle, en nous donnant une impression de comique forcé. Marc André Grondin finit très vite par être lassant dans son rôle de jeune premier éternellement niais, confronté au sujet des obsèques à travers toutes les catégories sociales. Gérard Depardieu continu à jouer les retraités, avec un manque de conviction manifeste. Dans son rôle de papa-gateaux, il nous donne l’impression d’être totalement lisse. Bérénice Béjo est la seule à tirer son épingle du jeu en jouant au naturel le seul personnage empreint de maturité, sans pour cela déroger du registre de la comédie.

Pour couronner le tout, le réalisateur vous sert une musique qui n’est pas toujours bien choisie et qui ressemble à un flocage, pour agrémenter une comédie bien terne.

 

Par SeBastien - Publié dans : Les navets du mois
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