Lovely Bones
De Peter Jackson
Avec Saoirse Ronan, Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Stanley Tucci, Susan Sarandon, Rose McIver, Reece Ritchie et Michael Imperioli
Durée : 2h08
Rémi
Vincent
Tsipy
Le récit, selon moi, est peu original. American Beauty n’est toujours pas égalé dans le genre : je vous raconte les conséquences de ma mort sur mes proches depuis l’au-delà.
L’univers fantastique est esthétique et pas encore assez, les effets spéciaux à la Eternal Sunshine Of The Spotless Mind (on change de paysage à la seconde et le décor s’effondre en miettes devant les personnages) est mal employé. Tout est cliché dans ce monde de l’entre deux, un cliché qui devient de mauvais goût.
Bien que les acteurs jouent très bien, Jackson s’est perdu dans la volonté de tout montrer, tout représenter et c’est l’interprétation qui en paie le prix et cela très fortement.
Le tout dans un monde manichéen, l’assassin est sans pitié et le restera jusqu’à la fin, on ne verra aucune humanité en lui. Les victimes sont et resteront à l’état de victime proche de l’image de la vierge sainte.
Même avec une ouverture tragique, le film nous conduit à un happy-end navrant que l’on voit arriver de très loin mais qui met beaucoup trop de temps à venir (plus de deux heures de film).
Alors que Jackson se défend de la présence d’aucune religion, le film transpire le christianisme. Alors deux solutions : la première étant qu’il se fout de nous, la jeune fille proche du paradis porte deux croix en boucles d’oreilles et je ne vous énumère pas tous les symboles propres à cette religion. La deuxième est qu’il ne s’en est pas rendu compte. Je ne sais laquelle choisir et les deux me semblent tout aussi graves pour un réalisateur comme lui.
Lovely Bones est une déception.
Cyril
Qu’est t-il arrivé à notre hobbit joufflu ? Dépassé par un sujet aux ambitions quasi-métaphysique, Peter Jackson veut nous faire croire à un paradis fluo et halluciné, où la bonne conscience vous garantie un bonheur eternel. Non seulement ses personnages sont antipathiques mais en plus ils s’en sortent avec une morale pour le moins douteuse. Deux heures qui vous confronteront à l’insupportable vérité d’un film plus que raté, idiot. Une sitcom.
Etienne
Lovely Bones, le dernier bébé de Peter Jackson dort dans les cartons des
distributeurs tourné, monté, emballé, depuis maintenant quasiment un an. Annoncé comme un film exceptionnel que Jackson attendait de pouvoir tourner depuis des années quand la technologie
nécessaire serait mise au point (tient ça ne vous rappelle personne ?) Le film est une adaptation du roman éponyme écrit par Alice Sebold.
Et le moins que l’on puisse dire au bout des deux heures de film c’est que le résultat n’est pas à
la mesure escomptée. On s’ennuie ferme et c’est un paradoxe que d’associer la notion d’ennui au réalisateur infatigable de la trilogie du Seigneur des
anneaux.
Et pourtant le constat est là, Peter Jackson tente une incursion dans le thriller fantastique ou la jeune victime d’un meurtre assiste depuis l’au-delà à la vie de ses proches depuis sa disparition.
On accordera à Jackson et à sa société d’effets spéciaux WETA un travail non négligeable sur l’ensemble de la production design mais tout ce travail est gâché par une mièvrerie qui parcourt l’œuvre de part en part. Si bien qu’au final on se retrouve dans une œuvre destinée a un public adolescent ce qui éloigne d’autant plus le spectateur un peu plus exigeant.
On passera sur la mise en scène et le jeu des acteurs sans véritable faute grave mais qui se
trouvent être encore une fois gâché par une volonté évidente de la part de Jackson de faire une œuvre simple et accessible au plus grand nombre se délestant par la même occasion d’une noirceur
qui aurait permis au film d’être plus qu’une chronique de l’au-delà d’une jeune adolescente fraichement assassinée.
Un peu trop coloré et mièvre pour être véritablement une œuvre prépondérante dans un cinéma qui devient de plus en plus politiquement correct.
Lovely Bones restera donc une œuvre mineure dans l’ensemble de la carrière cinématographique de Jackson faisant de ce film là son premier raté. Mais qui n’a jamais dérapé une fois ?
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