Le film du mois

Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 17:03
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Lovely Bones

De Peter Jackson

Avec Saoirse Ronan, Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Stanley Tucci, Susan Sarandon, Rose McIver, Reece Ritchie et Michael Imperioli

Durée : 2h08


Rémi
2chaplinrouge.gifLorsque que le futur seigneur du box-office mondial revenait voler sous nos radars l’année dernière avec la production de District 9, tout laissait présager qu’une fois encore la prise de pouvoir allait s’opérer d’un avenir toujours plus proche. Avec Lovely Bones, Peter Jackson ne freinera peut-être pas son ascension vers les sommets. Néanmoins, s’il est certain que prise de pouvoir il y aura, cette dernière serra ternie par un faux-pas sans précédent dans la carrière du réalisateur néo-zélandais. Ce faux-pas est d’ailleurs d’autant plus étonnant qu’il est pour moi inexplicable. Réalisateur d’œuvres massives, importantes (aussi bien sur la durée que la qualité), Peter Jackson échoue ici complètement dans l’exercice du thriller. Non, attendez, ce serait plutôt l’inverse. En fait, le réalisateur réussi parfaitement son incursion du côté du thriller gentillet, genre minable où tout le monde est beau et coloré sauf le terne et méchant tueur d’enfants (bouh, le méchant). Le réalisateur accorde ainsi ses violons avec son scénario (et surement le livre dont il est tiré) pour livrer un film désespérément creux, où le manichéisme et la morale à deux dollars néo-zélandais n’a d’égal que la niaiserie du propos et des environnements. C’est bien simple, Jackson enfile les clichés comme des perles jusqu'à transformer son film en une ode de tous les instants au mauvais goût. Et même si ce dernier n’a pas laissé tout son talent au placard, puisque la mise en scène reste soignée voir inspirée et que les acteurs sont plutôt bons dans des rôles à la psychologie aussi épaisse qu’une feuille de papier à cigarette, tout ceci ne permet pas de sauver le film du marasme dans lequel il s’est enfoncé. Si Peter Jackson a subit malgré lui une cure d’amaigrissement du fait de son hyperactivité depuis environ dix ans, il est regrettable de constater que son insipide Lovely Bones possède autant de qualité qu’un anorexique possède de graisse.

Vincent
2chaplinrouge.gifAvec ce drame fantastique, Peter Jackson n’emballe guère le spectateur qui reste sur sa fin au bout des 2h08 de film. La faute due, principalement, à un scénario plat qui semble n’avoir même pas été travaillé. Dommage, vu le nombre de thèmes et d’idées soulevés tout au long de l’histoire. Les acteurs ne passent pas à côté de leurs rôles, les effets spéciaux sont esthétiquement très réussis, mais le tout reste entaché, éclaboussé par le pavé de scénario lancé dans la marre de la médiocrité. Bref, un résultat mitigé, même si le film ne pèche réellement que sur un seul gros point. Peter Jackson nous a habitués à mieux. Mention spéciale à Saoirse Ronan et Stanley Tucci pour leur interprétation.

Tsipy
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Le récit, selon moi, est peu original. American Beauty n’est toujours pas égalé dans le genre : je vous raconte les conséquences de ma mort sur mes proches depuis l’au-delà.

L’univers fantastique est esthétique et pas encore assez, les effets spéciaux à la Eternal Sunshine Of The Spotless Mind (on change de paysage à la seconde et le décor s’effondre en miettes devant les personnages) est mal employé. Tout est cliché dans ce monde de l’entre deux, un cliché qui devient de mauvais goût.

Bien que les acteurs jouent très bien, Jackson s’est perdu dans la volonté de tout montrer, tout représenter et c’est l’interprétation qui en paie le prix et cela très fortement.

Le tout dans un monde manichéen, l’assassin est sans pitié et le restera jusqu’à la fin, on ne verra aucune humanité en lui. Les victimes sont et resteront à l’état de victime proche de l’image de la vierge sainte.

Même avec une ouverture tragique, le film nous conduit à un happy-end navrant que l’on voit arriver de très loin mais qui met beaucoup trop de temps à venir (plus de deux heures de film).

Alors que Jackson se défend de la présence d’aucune religion, le film transpire le christianisme. Alors deux solutions : la première étant qu’il se fout de nous, la jeune fille proche du paradis porte deux croix en boucles d’oreilles et je ne vous énumère pas tous les symboles propres à cette religion. La deuxième est qu’il ne s’en est pas rendu compte. Je ne sais laquelle choisir et les deux me semblent tout aussi graves pour un réalisateur comme lui.

Lovely Bones est une déception.


Cyril
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Qu’est t-il arrivé à notre hobbit joufflu ? Dépassé par un sujet aux ambitions quasi-métaphysique, Peter Jackson veut nous faire croire à un paradis fluo et halluciné, où la bonne conscience vous garantie un bonheur eternel.  Non seulement ses personnages sont antipathiques mais en plus ils s’en sortent avec une morale pour le moins douteuse. Deux heures qui vous confronteront à l’insupportable vérité d’un film plus que raté, idiot. Une sitcom.


Etienne

2chaplinrouge.gif Lovely Bones, le dernier bébé de Peter Jackson dort dans les cartons des distributeurs tourné, monté, emballé, depuis maintenant quasiment un an. Annoncé comme un film exceptionnel que Jackson attendait de pouvoir tourner depuis des années quand  la technologie nécessaire serait mise au point (tient ça ne vous rappelle personne ?) Le film est une adaptation du roman éponyme écrit par Alice Sebold.

Et le moins que l’on puisse dire au bout des deux heures de film c’est que le résultat n’est pas à la mesure escomptée. On s’ennuie ferme et c’est un paradoxe que d’associer la notion d’ennui au réalisateur infatigable de la trilogie du Seigneur des anneaux.

Et pourtant le constat est là, Peter Jackson tente une incursion dans le thriller fantastique ou la jeune victime d’un meurtre assiste depuis l’au-delà à la vie de ses proches depuis sa disparition.

On accordera à Jackson et à sa société d’effets spéciaux WETA un travail non négligeable sur l’ensemble de la production design mais tout ce travail est gâché par une mièvrerie qui parcourt l’œuvre de part en part. Si bien qu’au final on se retrouve dans une œuvre destinée a un public adolescent ce qui éloigne d’autant plus le spectateur un peu plus exigeant.

On passera sur la mise en scène et le jeu des acteurs sans véritable faute grave mais qui se trouvent être encore une fois gâché par une volonté évidente de la part de Jackson de faire une œuvre simple et accessible au plus grand nombre se délestant par la même occasion d’une noirceur  qui aurait permis au film d’être plus qu’une chronique de l’au-delà d’une jeune adolescente fraichement assassinée.
Un peu trop coloré et mièvre pour être véritablement une œuvre prépondérante dans un cinéma qui devient de plus en plus politiquement correct.

Lovely Bones restera donc une œuvre mineure dans l’ensemble de la carrière cinématographique de Jackson faisant de ce film là son premier raté. Mais qui n’a jamais dérapé une fois ?

 

 

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Par Etienne - Publié dans : Le film du mois - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 20:59
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Gainsbourg (vie héroïque)

 

 

De Joann Sfar

 

Avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon, Laetitia Casta, Doug Jones, Anna Mouglalis, Phillipe Katerine, Yolande Moreau, Claude Chabrol

Durée 2h10 

 

 

Vincent

3chaplinrouge.gifJoann Sfar a su réaliser avec brio son premier long métrage. Un véritable conte qui met en image un Serge Gainsbourg exceptionnel, tel que le voit le réalisateur. La force du film réside dans la capacité de Sfar à éviter le biopic. Ajoutez à cela l’immense talent du réalisateur/dessinateur qui passe avec une facilité déconcertante du rêve à la réalité.

Eric Elmosnino est tout simplement gigantesque dans le rôle titre, tout comme l’est la flopée d’acteurs et actrices à couper le souffle (à l’image de Laetitia Casta en Brigitte Bardot, Lucy Gordon en Jane Birkin, Anna Mouglalis en Juliette Gréco, etc…). Ce film donne une autre dimension au cinéma français. Espérons qu’il inspirera un nouvel élan cinématographique dans notre pays…Mon seul regret sur le film concerne la dernière demi-heure. Comme si l’aventure s’était finie brutalement pour Gainsbourg, Joann Sfar semble être tombé en panne d’idée sur cette fin, même si la dernière scène (la Marseillaise) offre un rendu filmique exceptionnel.


Rémi

4chaplinrouge.gifIl existe parfois des films dont l’affection unanime ne s’opère pas aux premiers abords mais bien a posteriori. Gainsbourg (vie héroïque) est évidemment de ceux-là, et semble désormais incarner l’élan nouveau d’un cinéma hexagonal moribond. Cet élan se traduit sous la plume de Joann Sfar, conteur et dessinateur d’une œuvre en pleins et en déliés, œuvre virevoltante pour un homme à la fois rêveur et ancré dans la réalité de son monde. Oui, le Serge Gainsbourg sfarien est tout cela, et même plus encore, rendant son personnage quasi mystique, sorte d’évolution finale d’un être humain jusqu’alors inabouti. Et oui, messieurs les darwinistes, le futur de l’homme, c’est l’homme à tête de chou. Trêve de plaisanterie potagère, et n’ayant rien à rajouter de plus que mes brillants compagnons n’aient déjà mentionné, je vais vous laisser avec un dernier conseil, allez voir le premier film de Joann Sfar, tout simplement parce que je vous parie le bonhomme va nous enchanter pendant encore de longues années.


Etienne

4chaplinrouge.gifPour un premier long métrage Joann Sfar passe a..deux cases de bd de réussir un chef d’œuvre. Loin de lui la volonté de faire un Biopic classique sur la vie de Serge Gainsbourg il le transcende. Venant du monde de la B.D Joann Sfar voit le monde et le cinéma en couleur, mais et surtout une manière de raconter et dans le mot raconter, il y a conter, la vie d’un homme.

Il ne raconte pas la vie de Gainsbourg, il conte la vision qu’il a de la vie de Gainsbourg. Joann Sfar nous plonge dans un récit, dans un conte ou Lucien Ginsburg devient Serge Gainsbourg. Joann Sfar a l’intelligence d’opposer à Gainsbourg un Gainsbarre sous la forme d’une gueule (Doug Jones génial).

Tout au long de l’histoire on voit défiler les femmes qui ont côtoyées  l’homme de Gréco à Bardot en passant par Jane Birkin en finissant par Bambou. Et on appréciera les nombreuses apparitions telles que Philipe Katerine en Boris Vian, ou Claude Chabrol en producteur.

De plus on retrouve en permanence la patte du dessinateur Sfar dans le film véritable BD graphique de la vie de Gainsbourg

Impossible également de passer à côté du rôle titre, Eric Elsmonino tout simplement impressionnant de justesse tant sur le physique que sur la voix, que sur les intonations, le jeu,…et pourtant il n’est pas Gainsbourg mai il interprète sa vision de l’homme conté par Sfar.

Un film fleuve qui parcourt l’ensemble de la vie de l’homme de sa jeunesse profondément marqué par l’image du juif, et d’un dégout qu’il a pour lui-même. Homme à tête de chou, séducteur pourtant, Gainsbourg est fait de contradiction et de génie tout comme Joann Sfar qui livre une œuvre presque indescriptible mélancolique et humaniste, enveloppée de la musique des grands jours de Serge mais également de ses ouvres les plus méconnues.

Un petit bémol tout de même a cette œuvre forte, une fin de film en demi teinte qui alourdit un petit peu l’ensemble parce que tout simplement ça se traine un peu trop. Mais pourtant la mise en scène de Sfar lors du concert de Gainsbourg sur sa reprise de la marseillaise est d’une telle justesse, d’une telle maitrise et d’une telle inspiration qu’on ne peut s’empêcher de se dire que l’on devra désormais compter ou conter, l’un ou l’autre les notions sont proches dans le cas présent  sur un cinéaste inattendu mais prometteur Joann Sfar.

Pour finir Gainsbourg (vie héroïque) n’est pas forcément la vraie vie de Serge Gainsbourg  mais c’est le véritable conte de qu’elle aurait pu être.


Tsipy

Joann Sfar, le dessinateur du Chat du rabbin, a eu le culot et le génie de signer son premier film par un biopic sur la vie de Gainsbourg. Il avait toutes les clés pour se casser la tête sur un trop plein d’images d’archives, de chansons, mais Sfar prouve dès son premier film qu’il sait filmer et mettre en image sa vision des choses et des personnes. L’acteur principal est éblouissant, son interprétation est d’un tel mimétisme que l’on en oublie l’acteur. Tout comme Gainsbourg, le film est un film à femmes, les actrices sont toutes plus belles et charismatiques que les personnes réelles, tout en étant différentes, elles font elle aussi part d’une interprétation surprenante. Tout est splendide dans ce film, les acteurs, les décors, la musique…  

Le réalisateur ajoute sa touche d’interprétation et de magie, en créant un conte de la vie de Gainsbourg. Nous avons affaire à un réalisateur français qui filme la musique comme on l’a vu rarement au cinéma. Un cinéma français original, prodigieux qui nous promet de très belles œuvres prochaines (Le Chat du rabbin en juin prochain), un réalisateur qui nous plonge dans son univers comme on le voit rarement en France. Gainsbourg (vie héroïque) est sans doute un des grands films de cette nouvelle année.

Par Etienne - Publié dans : Le film du mois
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 16:12

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Avatar


De James Cameron


Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang,Michelle Rodriguez, Giovanni Ribisi, Joel Moore


Durée : 2h40



Etienne

4chaplinrouge.gifLe voila, le dernier film de James Cameron, 12 ans après TitanicAvatar est le film dont tout le monde parle ? Pourquoi parce qu’il est censé révolutionner LE cinéma, rien que ça. Il faut absolument préciser qu’avatar ne révolutionnera pas le cinéma écrit, c'est-à-dire le scénario. Ici point de recherche effrénée de l’inconnu. James Cameron se cantonne dans du déjà vu (Danse avec les loups en fer de lance). Au niveau de l’image, on pourra saluer les animateurs et la 3D largement responsable du succès du film. Effectivement la 3D est belle, voire plus, Magnifique. En prend plein les mirettes à travers nos belles lunettes 3D (pour ceux qui l’ont vu en 3D), il faut dire que le grand intérêt du film réside là. Sans la 3D le film se révèle sans relief sans mauvais jeu de mot.

Il faut dire que James Cameron est un faiseur de Saga après avoir inventé Terminator, il nous gratifie d’une belle allégorie de la rédemption et de la renaissance.

Les acteurs sont irréprochables Sam Worthington est la nouvelle coqueluche d’Hollywood et Avatar marque le grand retour de Sigourney Weaver dans le genre de la science fiction.

Reste que la 3D et les images (parfois un peu trop visible) ne font pas tout dans le cinéma et dans le fait de raconter des histoires, une grande Histoire. Il manque à Avatar une profondeur, une âme. Les avatars sont des êtres mi humains mi Na’ avis. Les Na ‘avis disent des avatars que ce sont des marcheurs de rêves, des coquilles vides. Je ne dis pas qu’avatar est un marcheur de rêve mais il lui manque une dimension pour en faire véritablement un chef d’œuvre.

S’il ne révolutionnera pas le cinéma (MAJ, même si il est aujourd’hui devenu le film le plus rentable, et de deux marches sur le podium pour J.C 12 ans après Titanic) ouvrira la porte et permettra une vraie révolution cinématographique, sachant qu’une suite est déjà en préparation. En attendant Avatar reste un bon film de 2h41 qui vous fera sans nul doute voyager !!


Rémi

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Au vu du succès rencontré par Avatar et du délai qu’il a fallut à cet avis pour parvenir jusqu’à vous, un cas de figure semble plus que majoritaire : vous avez déjà vu le film. Que puis-je donc ajouter, si ce n’est confronter une opinion maintenant murement réfléchie à l’avis que vous vous êtes fait. Pour les auditeurs, vous remarquerez que la notation placée au début du texte semble peu en adéquation avec l’avis livré en direct sur l’antenne de Radio Campus. La raison de ce changement est simple et résulte d’une intervention radiophonique quasi à chaud alors que cette chronique s’écrit près d’un mois plus tard. Oui, vous avez vu Avatar comme 90 % de la population cinéphile et vous avez probablement aimé. Seulement voilà, quand un film à l’histoire aussi bâclée et à l’originalité proche de zéro est à ce point adulé par quasiment l’ensemble des médias, il est de mon devoir de rééquilibrer la balance, quitte à forcer le trait pour compenser un avis à la base minoritaire. Comme j’ai put le dire auparavant, même ce qui est sensé être le point fort du film, à savoir la technique, a fonctionné chez moi plus comme une barrière, un handicap pour rentrer dans le film plutôt qu’un avantage. Etant donné qu’une fois la prouesse technique enlevée, il ne reste plus rien à Avatar, le constat est vite fait. On ne peut reprocher au public d’aimer le grand spectacle, même si ce dernier semble inconscient du conditionnement émotionnel dont il fait l’objet par le marketing et les médias. Environ un tiers de films de l’année 2009 (si ce n'est plus) sont absolument meilleurs que le dernier James Cameron, films dont les recettes mises bout à bout n’avoisinent même pas la somme astronomique qu’Avatar a consacré à sa promotion et encore moins à ce qu’il a déjà et va encore rapporter. Plus que dans tout autre marché du bien culturel, le cinéma est une industrie où l’argent va à l’argent (même si c’est un peu moins vrai en France), personne ne sera donc choqué d’apprendre l’arrivée prochaine d’un deuxième opus. Cela ne m’empêchera pas, avec d’autres, de continuer à prêcher dans un désert qui semble de plus en plus aride, un désert où les oasis se font de plus en plus rares.


 Vincent

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Ca y est, on y est !! Le film le plus attendu de l’année (surtout grâce aux buzz médiatiques qu’il a engendré) est enfin sur nos écrans, pour notre plus grand plaisir. En effet, Avatar est la plus grosse claque visuelle de l’année. C’est tellement beau que ça en pique les yeux pendant 2h45 non-stop ! James Cameron signe ici un nouveau chef-d’œuvre, 12 ans après Titanic. Avec cette fois-ci un budget de loin supérieur (le plus gros budget de l’histoire du cinéma avec environ 400 millions de dollars), le film est constitué à 60% d’images de synthèses. Pour ceux qui aiment cette technologie, c’est un régal, mais pour ceux qui n’apprécient guère les images de synthèses…et bien c’est pareil. En effet, les effets spéciaux ont atteint un tel niveau maturité technologique qu’on ne les remarques quasiment pas. C’est un réel bonheur que de se faire entraîner dans cet univers de fantasy, coloré à souhait et riche en émotions. Mais la performance ne se limite pas seulement à une imagerie de synthèses impeccable. Il faut dire que James Cameron maîtrise bien son sujet (remarque, ça fait plus de 15 ans qu’il y pense). Mais il faut aussi dire que ce réalisateur n’a quasiment raté aucun film : une vraie machine en sorte (cf. Terminator ^^). Enfin, il est temps de parler des acteurs qui ne déméritent pas, loin de là.  Sam Worthington (une des révélations majeur de l’année) est tout simplement excellent, de même que Zoe Saldana et Sigourney Weaver qui ne font aucun faut pas Même Michelle Rodriguez semble avoir (enfin) trouvé un bon rôle, certes pas différent de ses personnages habituels mais bon quand même. Seules les performances de Stephan Lang et Giovanni Ribisi rabaissent un peu le niveau, mais attention : ils sont un peu moins bons, mais pas mauvais.

Enfin, j’aimerais dire à ceux qui sont rebutés à l’idée d’aller voir un block-buster américain et à grand public qu’il serait dommage de rater cela. Certes Avatar est un film à gros budget, certes il est quasiment 100% américain, mais je peux vous dire que vous ne vous en apercevrez pas du tout au cours de la séance.

Un film à aller voir absolument !!

Par Etienne - Publié dans : Le film du mois
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 17:28

L’imaginarium du Docteur Parnassus

 

De Terry Giliam

 

Avec Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law, Colin Farrell, Christopher Plummer, Lily Cole

 

Durée 2h02

 

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 Rémi

2chaplinrouge.gif Après moult bonnes surprises, il était inévitable que la série prenne fin avec une vraie désillusion. C’est donc enjoué à l’idée d’enfin voir le nouveau film du réalisateur de Brazil et la dernière apparition d’Heath Ledger sur grand écran que j’ai pénétré dans la salle. J’en suis ressorti totalement rincé, abruti, et je vous le garantie, ce n’est pas mon état naturel (ou du moins pas tout le temps). J’ai en effet été parfaitement épuisé par L’imaginarium du docteur Parnassus, ou plutôt par l’improbable monceau d’idées et de lubies toutes plus fantasques les unes que les autres sorties du cerveau fécond et foutraque de Terry Gilliam. Si ce dernier compose un univers (voir plusieurs, dont certains incompatibles) vraiment personnel et presque efficient, le bas blesse dès que l’on essaye de trouver des fils narratifs pour se raccrocher durant cette incroyable chute dans les méandres de l’esprit barré du réalisateur britannique, pour la simple et bonne raison qu’ils sont non pas inexistants mais forment un filet aux mailles tellement larges qu’un éléphant pourrait passer au travers. C’est de ce fait à vous qu’il revient de faire les connexions nécessaires, connexions que le bon vieux Terry a jugé tellement évidentes qu’elles sont donc dispensables. Vous l’aurez compris, j’ai trouvé le gloubi-boulga cinématographique qu’est L’imaginarium du docteur Parnassus plus qu’indigeste et j’ai pourtant l’estomac plutôt bien accroché.

 

 

Etienne

2chaplinrouge.gif Il faut dire que le film était sacrément attendu et très prometteur. Parce que le réalisateur c’est Terry Giliam sans doute le plus célèbre des ex Monthy Pythons. Il est aussi doué que maudit, pour l’un on retiendra Brazil ou Las Vegas Parano, et pour l’autre on citera Don quichotte que le réalisateur ne terminera pas, et enfin l’imaginarium du Docteur Parnassus. Ici à la vue du film on ne pourra s’empecher de se dire a quel point Terry Gilliam est inspiré, de son propre aveu il a réalisé le film pour savoir si il avait encore de l’imagination, et la réponse est certainement oui. Seulement on ne peut s’empêcher de se dire qu’au final le film présente énormément de tableaux, les plans sont surchargés, et le rythme est assez bancal (sans parler du scénario). Une variation sur le thème de Faust légèrement sous acide.

Probablement que la mort d’Heath Ledger (dernière apparition de l’acteur disparu trôt top) a contribué a un déséquilibre dans le film, pourtant on ne peut s’empecher de se dire que le remplacement obligatoire d’heath par 3 acteurs contribue au scénario et renforce la multiple identité de Tony. Mais le film se révèle assez ennuyeux et largement indigeste.

Reste que le dernier film de Gilliam est une entité cinématographique difficilement abordable dont les clés de lecture sont difficilement identifiables. Le film est issu de l’esprit tordu et créatif mais foutraque de Terry Giliam. Une véritable plongée dans l’esprit fouillis de Gilliam qui malheureusement en bloque l’accès.

Par Etienne - Publié dans : Le film du mois
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 20:12

 


Rémi

Si le cinéma est maintenant principalement un divertissement, il lui arrive cependant de redevenir un art dans des cas malheureusement trop rares. Mieux encore, il arrive parfois qu’une sorte de magie inhérente aux films fait que ces derniers arrivent à nous emporter loin de toute subjectivité pour nous renvoyer avec force notre universalité, notre humanité en pleine face, et cela en se jouant de tous les a priori possibles chez le spectateur. Le ruban blanc est de ceux là. Comment expliquer autrement que votre serviteur, réfractaire au cinéma de Michael Haneke, rentré dans la salle à reculons et mentalement dans les starting blocks afin de quitter la salle en trombe à la moindre erreur, comment expliquer que ce cinéphile là ait été submergé dès la première seconde, dès l’inscription du titre blanc sur fond noir pour ne reprendre pied que lorsque les lumières se sont rallumées. Film austère comme sait parfaitement le faire le réalisateur autrichien, Le ruban blanc se distingue par une intensité du plan, une dureté qui fait du spectateur un acteur supplémentaire, victime lui-aussi de l’univers malsain de cette petite ville trop tranquille dans une Allemagne à l’aune de la première Guerre mondiale. En écrire plus sur cette Palme d’Or est sans doute vain, tant il semble évident que Le ruban blanc est un film à vivre, tout simplement, pour peu que la magie opère avec tous.

 

 

 

SeB

Une réussite ce Ruban blanc. Michael Haneke, à l’image de ces précédentes œuvres, réussit à nous plonger dans une histoire qui n’est pas forcément extraordinaire mais qui réussit à nous tenir en haleine pendant prés de 2h30. Il faut bien le dire, il ne se passe pas grand-chose en terme scénaristique mais nous sommes plongés dans une ambiance glaciale (grâce entre autres à l’utilisation du noir et blanc) avec pleins de petits événements qui viennent bousculer les habitudes des gens d’un petit village. Pourquoi, comment, qui ? Nous n’avons aucune réponse à ces questions et ce n’est pas plus mal. Haneke s’applique à nous montrer la jeunesse d’avant guerre en Allemagne, cette jeunesse déjà terrifiante qui suivra, plus tard, Hitler les yeux fermés. Il faut bien le dire l’aspect historique donne encore plus de qualités à ce film qui n’en manque pas.
Il faut aller voir Le ruban blanc pour comprendre ce qu’est le cinéma d’auteur à savoir un cinéma pas forcément très rythmé mais qui sait raconter des événements forts et bouleverser son spectateur.

 

 

 


Par SeBastien - Publié dans : Le film du mois
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 21:49

Hotel Woodstock

 

d‘Ang Lee

 

Avec Emile Hirsh, Demetri Martin, Liv Schreiber, Imelda Stauton, Jeffrey Dean Morgan, Eugene Levy

 

Durée 2h

 

Rémi

Il est parfois bon de se renseigner chez des confrères afin de pouvoir relativiser son point de vue. C’est ce que je fis à la sortie d’Hôtel Woodstock et parmi les critiques positives que j’ai pu entendre, une me glaça le sang. Cette personne (que je ne citerai pas mais qui travaille dans un magazine à la publication nationale) a qualifié le film d’Ang Lee de  « parenthèse enchantée ». J’en ai encore froid dans le dos. Pourquoi ? Parce qu’une personne qui considère ces deux horriblement longues heures, mêlées d’ennui et de consternation, comme un moment où le temps s’est arrêté pour juste laisser place à la douceur de vivre, et bien cette personne a vraiment du connaître la vie la plus terrible, ennuyeuse et triste que l’on puisse imaginer. Sachez donc que je plains sincèrement les personnes qui trouveront ce film agréable, divertissant, ou même sympa, car elles possèdent apparemment une vie pas drôle tous les jours. Remarquez, j’ai connu moi aussi des moments que j’aurais préféré ne jamais vivre. Le dernier en date ? La vision  d’Hôtel Woodstock.

 

Tsipy

Ang Lee, le réalisateur de Tigres et Dragons s’est lancé dans une adaptation d’un livre très moyenne. La psychologie des personnages n’est pas approfondie et cela est fort dommage car ils étaient tous intéressants. Dans Tigres et Dragons les personnages volaient à travers ciel et dans Hôtel Woodstock c’est le réalisateur qui s’est envolé dans une composition beaucoup trop légère.

 

SeB

L’attente, c’est le mot qui qualifie le mieux ce film.
On attend très longtemps que le film démarre, et après s’être aperçu qu’il ne démarrera jamais vraiment, on attend… la fin du film.

C’est vraiment dommage de ressortir avec ce sentiment, d’autant plus que le sujet était intéressant, le casting alléchant et le réalisateur talentueux.
Mais la mayonnaise ne prend à aucun moment. On s’ennuie ferme (pour rester poli) et c’est vraiment dommage.
Alors vivement que Woodstock soit de nouveau abordé au cinéma mais cette fois-ci de manière fraiche, légère et rythmé comme l’était l’époque et comme aurais du l’être ce film.

 

Etienne

Quand on parle de Woodstock on associe cette période charnière comme une période de liberté. Un concert mythique qui rassembla près d’un million de personne en 3 jours. Un sujet très intéressant. Un sujet autant intéressant que le profond ennui que le film procure. Ang Lee s’est perdu dans une description de l’ambiance de l’époque multipliant les personnages sans jamais vraiment leur donner une consistance ni leur laisser la chance  d’exister au sein de ce film.On saluera tout de même la performance des acteurs tel que demetri Martin, Emile Hirsh (en soldat traumatisé du Viet Nam) et Liv Shreiber en transexuel.2h d’espoir, espoir qu’Ang Lee anhile avec toute la force du sujet. On espère que le film nous offre un vent de liberté, une expérience cinématographique mystique qu’a pu procurer Woodstock musicalement à l’époque et le résultat c’est que à l’image de la scène sous acide du film c’est complètement raté.


 


Par SeBastien - Publié dans : Le film du mois
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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 21:13


La nuit au musée 2 (Night at the Muséum2)

De Shawn Lévy

Avec Ben Stiller, Robin Williams, Hank Azaria

Durée 1h45

 

 

Vincent

Après un premier épisode relativement original et drôle, La Nuit au Musée avait lancé la trame d’une histoire originale. Avec ses personnages haut en couleurs et son humour légèrement décalé, ce film avait fait le bonheur des petits comme des grands. Malheureusement, ce deuxième volet ne relance pas le genre. On pourrait même dire qu’il coule le mythe. Un scénario bancal, une redondance dans les gags, des personnages mal exploités et un jeu d’acteurs souvent creux font de ce film une autre perle du cinéma à éviter sous peine de perdre son temps. Même Ben Stiller n’est pas convaincant. Un film dont il n’est pas de raison de s’extasier. Dommage, il y avait des idées.

 

Etienne

 

Par SeBastien - Publié dans : Le film du mois
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 19:33

Good Morning England (The boat that rocked)

 

De Richard Curtis

 

Avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Bill Nighy, Emma Thompson, Nick Frost, Kenneth Branagh, Gemma Arterton, Jack Davenport, Tom Sturridge

Durée 2h15

 

Etienne

Les Français ne cesseront décidemment pas de nous surprendre lorsqu’il s’agit de traduire un titre de film. Après Revolutionnary road (Les Noces rebelles) c’est au tour de the Boat that Rocked qui sera donc « traduit » par Good Morning England.

 À l’origine scénariste brillant lors des années 80 pour la télévision anglaise (la série tv hilarante, Black Adder : La Vipère Noire), Richard Curtis se tourna ensuite vers le grand écran en inventant LA comédie romantique anglaise (ou « romcom »). De 4 Marriages et 1 enterrement à Love Actually en passant par Notting Hill et Le Journal de Bridget Jones, il s’est également avéré (en écoutant les choix musicaux de ces films) que Curtis est un grand fan de musique pop rock anglaise, genre musical auquel il rend hommage dans son nouveau film.

Au milieu des années soixante, pour faire opposition au monopole despotique de la BBC, des radios pirates se dressent au milieu de l’Atlantique sur des bateaux pour diffuser les tubes les plus « HOT »du moment. Au bord du « Radio rock », une bande de DJ vont se faire face, s’affronter et communier le tout sur fond de musique pop rock pendant que les autorités anglaises tenteront de les stopper, jugeant le contenu de ces émissions trop choquant.

Le film s’avère néanmoins plutôt jouissif par de nombreux aspects, à commencer par la BO du film. Jimmy Hendrix, Les Rolling Stones, The Who, The Kinks, Janis Joplin, les Beach Boys, tous y passent. S’étant également amélioré en termes de mise en scène depuis son dernier long-métrage, le film fait notamment preuve d’une certaine énergie conférée d’une part par la musique, mais également par le montage et le découpage des plans tournés en caméra épaule au plus près des acteurs déchaînés qui, manifestement, se sont éclaté comme des petits fous sur le tournage.

Nous en venons donc au casting de luxe auquel s’est servi le cinéaste: Bill Nighy, Philip Seymour Hoffman, Kenneth Branagh, Rhys Ivans, Nick Frost Gemma Arterton et même Emma Thompson en seront de la partie et nous gratifiant d’une flopé de séquences hilarantes (notamment avec Rhys Ifans mais également Nick Frost, acteur de Hot Fuzz et Shaun of the Dead). On retiendra de ce fait la présence et prestation de Kenneth Branagh, impeccable en méchant odieux et n’hésites pas à rajouter une petite couche supplémentaire pour notre plus grand plaisir. Le film s’achève sur un final pour le moins « Cameroniesque » (sans en révéler plus) à la fois drôle, spectaculaire et touchant,

On appréciera l’énergie et la joie de vivre qui se dégage de ce film, pétri d’humour et de musique.

En résumé

Une bande originale génialissime, envoutante, entraînante,

Un film chorale, ou tout les acteurs parviennent à tirer leur épingle du jeu, tous travaillé.

Des acteurs extraordinaires.

Sans doute l’un des meilleurs films de l’année. Un hymne à la liberté, a la vie à la musique. Rock’N’Roll.

 

Rémi

Oh yeah Baby! It’s time to rock! Et quoi de mieux pour travailler son déhanché que le roulis qui fait tanguer les navires. Le bateau dont il est ici question, c’est un peu Rockland, avec un gouvernement des plus éclairés. Huit DJs au goût et à la culture musicale exceptionnelle qui ne vivent que pour la musique et faire chavirer les filles. Comment ne pas déposer son CV pour être embauché à Radio Rock ? Même si ce n’est pas de cette manière là, le jeune Carl va avoir la chance d’intégrer l’équipage du navire le plus cool des sixties et vivre une aventure humaine dont on rêverait tous.

 

Après ce petit exposé du background du film, il est temps de dire que ce film est une véritable réussite, et ceux à tous points de vue. Richard Curtis a aimé sa jeunesse, et il nous transmet parfaitement cet amour dans une comédie très drôle. Drôle tout d’abord dans son écriture, avec une pléthore de personnages à multiples facettes tous exploités, ainsi qu’avec un film très dialogué sans jamais être soulant. Et que dire de la performance collégiale des acteurs, vraiment tous excellents, Philip Seymour Hoffman en tête, mais je tiens à distinguer en particulier Bill Nighy et Jack Davenport, qui sont au sommet de leur forme. Et comme si tout cela n’aurait pas suffit, Richard Curtis rajoute peut-être la meilleure bande-son de ces dernières années voir de tous les temps, truffée de classiques et standards du rock’n’roll.

Avec peut-être le film le plus enthousiasmant de l’année, Richard Curtis nous prouve qu’il n’y a pas d’âge pour la liberté et nous embarque complètement à bord d’un vieux rafiot qui nous fait pourtant rêver.

 

 

Par SeBastien - Publié dans : Le film du mois
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /2009 18:37

Dans la brume électrique (In the electric myst)

 

De Bertrand Tavernier

 

Avec Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sasgaard

Durée 1h57

 

Vincent

Lorsque les réalisateurs français décident de s’exiler aux Etats-Unis, on espère toujours qu’ils arriveront à percer et à revenir en France grandis. Malheureusement ce n’est pas le cas de Bertrand Tavernier. Si Dans la brume électrique est sorti directement en DVD aux USA, ce n’est peut-être pas si étonnant après tout.

Le film est bancal et bourré d’incohérences et de défauts en tous genres. Depuis le cadrage (maladroit)  jusqu’à la bande-son (douteuse), en passant par un scénario creux et incomplet, des personnages superficiels, des dialogues qui sonnent faux et une B.O. qui ne colle en aucune manière avec le film.

Bref, il faut au moins une bonne heure (sur les 2h de film) pour arriver à se mettre dedans. N’étant pas grand fan de Tavernier comme de Tommy Lee Jones, je suis quand même intimement convaincu qu’ils peuvent faire bien mieux que ça. Seuls les acteurs et actrices de seconds rôles tiennent le coup, à l’image de John Goodman et Mary Steenburgen qui prennent leur travail à cœur.

Seul point positif du film : les décors et paysages. Il faut avouer que les films qui s’aventurent à montrer de Louisiane, après le passage de l’ouragan Katrina, sont rares, et pour cela, le film prend enfin un aspect réaliste. Malheureusement, cela ne rattrape pas le reste…

 

Etienne

Le dernier film de Tavernier, est avant tout un film sur la violence, un film d’un classicisme assumé. La Caméra parvient a capturer et immortaliser cette Louisiane encore blessée par l’ouragan Katrina. Un film d’une beauté subtile, offrant au spectateur un film baignant dans la moiteur de la Louisiane.

Ce film au scénario solide et servit par un Tommy Lee Jones impeccable en inspecteur alcoolique désabusé. C’est avant tout un polar atmosphérique et existentiel plus proche d’un Maigret que d’un inspecteur Harry.

Rappelons tout de même Le film s'est vu décerner le Grand Prix du premier festival international du film policier de Beaune en 2009, prenant le relais après les 25 ans d'existence du festival du film policier de Cognac.

Un des plus beaux voyages cinématographiques du moment.

Bertrand Tavernier nous offre ici un film très français dans cet univers américain, il prend le risque de filmer des séquences qui ne sont pas forcément indispensable à l’intrigue. Tavernier parvient à créer un rythme ou un faux rythme un peu déstabilisant au début car l’action n’est pas le sujet. Ce rythme prend tout son sens à la fin du film quand on se le repasse dans sa tête.

Tavernier suis le roman de Burke, un hommage sans précédent a cet auteur américain. Un brin de mysticisme et de surnaturel viennent compléter ce tableau cajun. Une réussite incontestable, entachée de quelques petites incohérences qui ne viennent jamais gâcher le plaisir que l’on éprouve à la vue de ce film.

Incroyable quand on sais qu’entre le réalisateur et son acteur il y’a eu quelques tensions. Incroyable car cela ne se ressent jamais a l’image. Et les séquences ou Tommy Lee Jones est confronté aux soldats confédérés, le surnaturel et le fantastique envahit l’écran, des séquences d’une pure beauté, où les personnages réfléchissent sur le passé. La Louisiane étant un état emprisonné dans son passé qui la hante encore.

Un film d’une beauté cinématographique a vous couper le souffle.

Un voyage cinématographique dans cette partie des Etats-Unis le moins américain.

Tavernier y glisse pleins de sujets et de thèmes contemporains : le racisme, l’ouragan Katrina, la mafia. Dans la Brume électrique est une œuvre dense et complexe.

Quand on sait que les américains, les producteurs n’ont même pas juger bon d’offrir au film une exploitation en salles au film, on se dit que les américains parfois sont incorrigibles….insensible au cinéma indépendant et de qualité. Dès lors que le film ne correspond pas à leur critères, il le mettent de coté et le font sortir en Direct to DVD c’est affligeant et c’est dommage pour le cinéma comme œuvre artistique. Le mal est déjà fait mais espérons que l’œuvre de Tavernier aura droit a une ressortie, ou plutôt a une sortie en salle. Je citerais le groupe de musique Green Day : American idiot !

 

Rémi

Il peut parfois être intéressant d’aller voir un film dont on ne sait rien ou très peu. Ce fut mon cas en ce qui concerne Dans la brume électrique, et ce fut à mon avis une bonne chose. En effet, sans connaissance à priori du sujet et des personnages, je ne suis pas entré dans la salle pour en découdre avec un tueur en série ou encore pour rencontrer le détective Dave Robicheaux. De ce fait, bien plus que la résolution de l’enquête ou les liens entre les différents personnages, qui auraient pu être des attentes possibles, c’est ici l’atmosphère, l’ambiance que distille le film de Tavernier qui a emporté le pas sur tout le reste. Une atmosphère pesante, lourde et humide, un peu à l’image du climat régnant en Louisiane, une atmosphère où il est difficile d’imaginer la vie tant elle semble étroitement liée au passé et à la mort.

Pour ce faire, Bertrand Tavernier s’appuie sur un roman mystique qu’il a décidé de traiter de manière ultra réaliste, teintant ainsi son film d’un fantastique terne et âpre. Sans délaisser l’histoire (ou plutôt les histoires) qui le compose, Dans la brume électrique est un film à la plastique irréprochable et à la réalisation soignée qui préfère nous entraîner non pas dans les méandres de l’esprit torturé d’un malade tueur en série, mais bien dans les méandres d’un bayou chargé d’histoire et hanté par son gardien, qui est lui-même hanté par son passé : Dave Robicheaux. Plus qu’il ne se voit ou se comprend, ce film est organique et trouve donc son intérêt dans le ressenti. En définitif, il semble que Tavernier se soit tellement imprégné de l’atmosphère de la Louisiane que son film lui est similaire : un brouillard permanent englobe toutes les composantes, tel un voile dont les quelques trous nous laissent entrapercevoir la profondeur abyssale du splendide horizon dissimulé derrière.

 

Par SeBastien - Publié dans : Le film du mois
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Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /2009 17:17

La vague (Die Welle)

 

De Dennis GAnsel

 

Avec Jürgen Vogel, Frederick Lau, Max Riemelt

Durée 1h48


Jean-Marie

Que restera-t-il de la vague lorsqu’elle sera passée ? Si ce n’est une remarquable prestation d’acteurs, de la part de jeunes comédiens pleins d’avenir et un Jürgen Vogel qui crève l’écran. L’instant fixe de la caméra donne la plénitude  de l’expressivité des corps et des visages, dans des poses quasi théâtrales, mais sans déroger à l’art du cinéma. Mais le réalisme du jeu d’acteur n’existe plus dans un scénario à la fois trop linéaire et trop brouillon.

L’efficacité de l’histoire s’en ressent. Les plans paroxystiques côtoient sans vergogne des scènes inutiles qui sont posées çà et là sans logique apparente et jouant  les pousses cartons pour les scènes clés. Outre l’intention manichéenne, que le réalisateur endosse pour nous faire croire à une histoire où tout serait blanc ou noir, le rythme du film se déroule comme un ressort qui se tend et se détend en se déformant. Si la mise en scène est soignée pour chaque avatar de l’histoire, le déroulement de ces scènes n’est pas cohérent et de ce fait, le film perd de sa vivacité et de son impact.

L’intention d’une œuvre réussie serait que nous éprouvions de la nausée à la vue du film, quant à son sujet. Or seules quelques impressions de malaise ponctuent cette évocation de la logique du fascisme. D’un cas d’école, sur le décorticage des mécanismes d’une dictature, expérimentée dans le cadre pédagogique d’un enseignement à des lycéens, est certes brillant. Mais le problème du film est qu’il repose sur une dramaturgie qui n’est pas constante, comme si le réalisme du contexte de l’environnement du film, gommait l’œuvre vive de l’intention du réalisateur. Dès lors, il ne reste plus du film que la substance d’un néoréalisme à l’Allemande, quelque peu fatigué.


Par SeBastien - Publié dans : Le film du mois
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