Im(presse)ion sur pellicule

Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 19:15

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            C’est à croire que les bonnes résolutions de début d’année ont cette fois-ci dérogées à la légende et ont été tenues. En effet, après les nombreux abus et festivités inhérente à cette période propice à la joie, il était normal de redouter une baisse de régime de la part de notre bien-aimée presse spécialisée, soignant ainsi sa gueule de bois hivernale pour revenir plus en forme que jamais en février. Que nenni mes amis, puisqu’il faut me faut avouer que ce fut un réel bonheur de retrouver des magazines tous plus en forme que jamais, donnant chacun le meilleur pour se surpasser et faire de ce mois souvent moribond une fête de tous les instants. Parmi les élus de janvier, nous trouvons donc Positif, qui gravi un nouvel échelon dans l’excellence, Brazil, qui s’affirme de plus en plus comme le petit-frère voyou et boulimique de Positif et enfin et surtout, le magazine Première qui a lui aussi tout donner dans un double numéro décembre-janvier, qui c’est véritablement surpassé pour aller puiser au plus profond de ses ressources de médiocrité afin de nous délivrer le magazine le plus pourri du monde. Pari réussi, bravo les gars.

 

            Mais là où Première fait encore plus fort, c’est qu’il ne se contente pas seulement de ses ressources minables, il va aussi chercher ailleurs et embrigade d’innocentes victimes dans ses infâmes méfaits. En effet, écrivain reconnu pour sa cinéphilie, l’américain Douglas Kennedy (écrivain le plus lu en France parmi ceux originaires du pays des burgers et de l’Oncle Sam) fut alpaguer par le magazine pour que celui-ci leur fournisse un bilan de l’année 2009. Si ce dernier offre une rétrospective de l’année écoulé bien écrite et assez intéressante, elle reste tout de même dans la veine Première  puisque parfaitement convenue et sans une once d’originalité. Enfin bon, même s’il s’agit d’un magnifique désaveu de la par de tous les non-journalistes de ce magazine (ils sont obliger d’appeler un écrivain à la rescousse pour écrire un article d’une page et demi), le magazine, conscient des attentes de son public, à bien pris soin de nous mettre l’écrivain américain en gros sur une page, histoire de faire respirer un lecteur qui suffoquerait à l’idée de devoir parcourir toutes ses lettres associées ensemble. Heureusement, ce bilan littéraire est noyé dans un flot de tableaux, de classements et de photos qui constituent la vingtaine de pages du bilan 2009, le vrai bilan à la mode Première. Fait remarquable, un tableau présentant le box-office annuel et ce qu’en à penser la critique, sauf que la critique est ici exclusivement constituer de quotidiens généralistes. Si cette critique est évidemment la plus lue et est écrite pour le coup par de vrais journalistes, elle n’en demeure pas moins la plus minimaliste car relégué au trouzième plan au milieu de toutes les autres informations contenues dans ces quotidiens. Première affiche donc encore une fois sa qualité de rebus absolu, sorte d’énorme ramassis de bribes de critiques dans un magazine sensé être exclusivement consacré au cinéma. Le fait de nous présenter les douze films du premier semestre 2010 en photo double page et mini texte ne fait que renforcer cette vacuité. Seul bon point à souligner, l’importance du cahier critique puisque malgré un double numéro décembre-janvier, le magazine a vu tous les films, même s’il n’en a aimé aucun, propulsant ainsi par défaut Bright Star au rang de film du mois.

 

            Si ce dernier est effectivement le film du mois pour l’ensemble de la presse spécialisée, il ne l’est en revanche pas par défaut et en particulier pour les gens de Postif, le film permettant au magazine d’offrir une de ces plus belles couvertures. Le contenu est évidemment comme toujours au rendez-vous, notamment grâce à des entretiens plus qu’intéressants avec Clint Eastwood, les frères Coen et Jane Campion, une rétrospective Gordon Douglas, un article de fond sur la violence dans le cinéma américain (article qui met en exergue différents thèmes communs à cinq films qui sont No Country For Old Men des frères Coen, There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson, Public Enemies de Michael Mann, Au bout de la nuit de David Ayer et La nuit nous appartient de James Gray) et enfin un dossier sur le cirque au cinéma, dossier ultra complet puisqu’allant de Chaplin à Etaix en passant par Jerry Lewis et son film inédit, The Day The Clown Cried. Mais plus que tout ceci qui est déjà énorme, l’article du mois de janvier revient à Michel Ciment et son édito tout simplement dantesque sur les différent fléaux de la critique cinématographique, fléaux que sont l’élitisme bourgeois et nauséeux des Cahiers du Cinéma mais surtout le populisme à outrance (et oui Première, on parle de vous). Un numéro rempli et qui fait plaisir, mais à la guerre du contenu, c’est cette fois-ci Brazil qui remporte la palme.

 

            En effet, les journalistes de ce denier ont tout simplement vu tous les films du mois de janvier, ont décortiqué toutes les sorties DVD et interviewer pas moins d’une quinzaine de personnalités qui font l’actualité du cinéma ce mois-ci. Parmi eux, on notera notamment un entretien fleuve avec le maitre Coppola ainsi que des interviews intéressantes avec Alden Ehrenreich et Linh-Dan Pham. On retrouve également le classique, mais néanmoins négligé par le reste de la presse, compte-rendu des festivals ainsi qu’un dossier de fort belle facture (20 pages) sur Hayao Miyazaki.

 

            Enfin, puisqu’il est désormais temps de conclure, je me dois de revenir à Première et son double numéro doublement vide. Sans vous faire étalage de toutes les autres inutilités présentes dans l’édition de ce mois-ci (et pourtant Dieu sait si elles sont nombreuses), je me dois de vous conseiller un petit moment de grâce, à savoir le courrier des lecteurs, puisque ce dernier semble nous informer d’un divorce consommé entre les lecteurs et le magazine. En fait, une internaute attentive a remarqué une des nombreuses bévues du magazine et s’est fait le devoir de leur en faire part. La réponse de Première est tout bonnement magique, au croisement de la mauvaise foi, de l’aveu de faiblesse et de l’éclair de lucidité. C’est tout pour ce mois-ci, rendez-vous en février.

Par Rémi - Publié dans : Im(presse)ion sur pellicule
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 16:47

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           Au mois de novembre, il y a quelque chose de nouveau. En plus de la similarité sonore, il apparaît ou tout du moins il semble que novembre ait apporté un vent de fraicheur non exclusivement hivernal à la revue de presse de Pendant ce temps là… et ce sous la forme d’une nouvelle publication jusqu’alors passée entre les mailles du filet critique de cette dernière. En effet, au milieu des désormais classiques et références (chacun dans leur catégorie bien entendu) Studio CinéLive et Positif, trône en ce jour un revenant qui après des années d’exil au sein de Crossroads et un retour en kiosque en 2007 trouve enfin sa place au tableau de chasse d’Im(presse)ion sur pellicule. Je parle du mythique et malmené Brazil, ou plus exactement Brazil2 comme il se nomme désormais depuis son retour en grâce, qui apporte ainsi en ce mois tempétueux un renfort au combien à propos. Pourquoi à propos, me questionnerez-vous ? Est-ce parce que le fait de lire ce magazine donne l’impression d’être allongé sur une plage de sable fin à Hawaï, alors qu’ici on se les gèle sévère ?  Non, il s’agit plutôt d’un renfort salvateur de par sa filiation avec celui qui est qualifié dans l’ours de Brazil de « surréaliste en chef », avec celui qui a réalisé le chef d’œuvre Brazil dont le magazine tire évidemment son nom et surtout avec celui qui est la tête d’affiche cinématographique du mois de novembre grâce à une de ces nombreuses déconvenues qu’il a cette fois-ci réussi à transformer en accomplissement.

 

            Vous l’aurez compris (ou pas), les stars de ce mois-ci pour la presse spécialisé sont bien évidemment Terry Gilliam et son Imaginarium de Docteur Parnassus. Si ces derniers sont donc présents absolument partout, c’est de manière plus qu’évidente que Brazil rafle la mise avec une interview fleuve mais pas forcément toujours passionnante. En même temps, il faut signaler que le magazine constitue quasiment le pied-à-terre français du réalisateur désormais uniquement britannique et que de ce fait, nombreuses familiarités et autres galéjades viennent parfois parasiter le professionnalisme des deux intervenants. Néanmoins, le monstrueux vieillard de 68 ans (non pas par rapport à son âge, il le porte même plutôt très bien, mais plutôt par rapport à ses rôles dans les œuvres monty-pythoniesques) nous prouve qu’il est tout à fait capable de s’exprimer clairement et d’avoir une pensée construite de manière rationnelle et linéaire. Voilà une nouvelle rassurante. L’autre véritable nouvelle est l’annonce par Gilliam de la clôture du budget de Don Quixote et du bouclage prochain du casting avec en ligne de mire un tournage au printemps 2010. Terry Gilliam nous fait même une belle confidence puisqu’il annonce avoir pensé encore une fois à un français pour interpréter le rôle de Don Quichotte : Sim ! Il va falloir penser à le prévenir qu’il risque d’être indisponible. Je plaisante évidemment, puisque l’acteur qui endossera le costume de l’ibérique ne mourra que pendant le tournage suite à un cataclysme qui engloutira l’intégralité du plateau, techniciens compris, comme tout tournage de Terry Gilliam qui se respecte.

 

            Du côté du cinéma français, c’est Micmacs à tire-larigot de « l’incroyablement humble » Jean-Pierre Jeunet qui se taille la par du lion. Bon, c’est vrai, je ne suis pas totalement objectif, mais il arrive un moment où un type qui pue la prétention à ce point là, il ne donne plus envie d’aller voir toujours le même long-métrage toujours filmé avec le même objectif tartiné à l’huile de colza et avec toujours les mêmes acteurs, même s’ils sont excellents. Personne ne peut vous en vouloir de détester Jeunet. En effet, cela revient juste à dire que vous faite de l’allergie alimentaire à l’éternelle bouillie jaunâtre et réchauffée qu’il nous sert presque à chaque fois (Un long dimanche de fiançailles était presque digeste). Cela dit, si une allergie peut provoquer un angiœdème anaphylactique, l’on pourrait se demander si Jeunet n’est pas allergique à son propre cinéma. Rassurez-vous, il va parfaitement bien. Oui, il est incroyablement bouffi, mais c’est juste par son orgueil. Heureusement pour nous, il reste ce mois-ci l’eternel Alain Resnais et ces Herbes folles (ce titre aurait-il un quelconque rapport avec la chevelure de Sabine Azéma ?) pour relever un peu le niveau, avec notamment une interview évidemment fort bien menée, puisque par les journalistes de Positif. Encore une fois (et sans doute pour longtemps) au sommet  de la profession, le royal magazine livre le compte rendu le plus complet de toute la presse spécialisée sur la 66ème Mostra de Venise (contre, juste pour exemple, environ 10 ligne dans Studio CinéLive) ainsi qu’un saisissant dossier sur le cinéma documentaire et sa nouvelle propension à se penser et surtout s’écrire comme une fiction. Réellement passionnant. Autre surprise, et c’en est vraiment une, un film s’est vu attribuer le privilège de deux critiques, l’une plutôt négative et l’autre évidemment positive. Exercice parfaitement inhabituel pour un tel magazine, on pardonne donc cette retranscription scindée en deux parties du débat assurément houleux qu’à provoquer au sein de la rédaction le dernier film de Bruno Dumont, Hadewijch. Preuve s’il en fallait que le cinéma français à des choses à dire et peut faire parler, contrairement à ce que semble penser Studio CinéLive avec un numéro spécial cinéma français se résumant à des tableaux inutiles classant différentes personnalités et des articles dont la globalité du propos n’a d’égal que sa pauvreté.

 

            En conclusion, vous trouvez peut-être que j’ai été un peu dur, voir même que j’ai mangé du lion (du Lion d’Or bien sûr). Néanmoins que faire d’autre quand une certaine presse se concentre sur l’imagination dans ce qu’elle a de plus absolue alors qu’une autre fait la preuve la plus absolue de l’absence de toute imagination. A force de vouloir être perpétuellement en avance (le numéro de décembre sort aujourd’hui même), Studio CinéLive commence à avoir des véritables trains entiers de retard. Attention, tout comme le train, le glas de la médiocrité ne siffle que trois fois. Après il sonne définitivement. Allez, bonne lecture, on se retrouve le mois prochain.
Par Rémi - Publié dans : Im(presse)ion sur pellicule
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /2009 11:32

Je vous avez laissé plein d’espoir le mois dernier, l’espoir d’enfin  voir en octobre la rentrée cinématographique qui nous avez tant fait défaut en septembre alors que nos chères têtes blondes pleuraient à gros bouillon dans les jupons de leur mères, elles-mêmes émues aux larmes de voir l’oisillon quitter le nid si tôt, de le voir entamer trop tôt son parcours du combattant vers l’éducation, vers l’avenir, vers la vie. A l’instar de ces femmes au combien admirables, je pleure. Oui je pleure parce que le monde est trop dur et que l’espoir ni changera rien. Non, cette année encore, la rentrée du cinéma ce n’est pas pour tout de suite, en tout cas pas dans la presse spécialisée. A mon avis, cela ne sert à rien d’espérer pour novembre, mais on a peut-être une chance en janvier. Comme tout mauvais élève qui se respecte, la presse arrive donc toujours quand la cloche a sonné depuis cinq minutes. Ce mois-ci, les diplômés du dernier rang qui ont failli à l’examen d’entrée sont les très suffisants Cahiers du Cinéma (dans le sens « Eh, regarde-moi », mais pas le sens « S’il-te-plait, pitié, regarde-moi ». Plus le sens «Impressionnée hein ? Tu peux regarder, et même toucher si tu veux »), le petit gros MadMovies qui a des capacités mais qui a fait français quatrième langue et enfin le cancre des cancres, le Ang Lee, le Joaquin Phoenix (pas l’acteur, le chanteur), pour faire court le Première en commençant par la fin.

 

Mais commençons plutôt par le début et plus précisément ce qui fait le chou gras de la presse ce mois-ci, en l’occurrence la dernière Palme d’Or cannoise du très prise de chou réalisateur autrichien Michael Haneke. Cependant, Le ruban blanc ne sert pas qu’à marquer la pureté des jeunes enfants puisqu’il semble également bâillonner son réalisateur, ce dernier, déjà peu loquace, n’ayant décidé de ne répondre qu’aux journalistes de Première. Cela dit, ce choix reste tout de même cohérent puisque après tout, quand on n’a pas envie de parler cinéma, c’est toujours à Première qu’il faut s’adresser. Petites preuves à l’appui, juste comme ça, pour le plaisir. Riche d’une nouvelle maquette depuis la rentrée (je suppose), ce fantastique magazine nous propose désormais une sorte d’interview vérité, où la langue de bois n’est pas permise et où les journalistes posent les questions qui dérangent, prouvant ainsi à tous ceux qui en douteraient que pour eux, journaliste est plus qu’un simple métier, c’est un véritable sacerdoce. Nommé L’interview téléphonée, ce petit bijou d’investigation exposé sur un tiers de page consiste à appeler un intermittent du spectacle (acteur, réalisateur, producteur, maquilleuse, traiteur, chauffeur, … bref, tous les gens qui comptent dans ce milieu) pour recueillir la substantifique moelle de son propos en rapport avec son manque quasi total d’actualité. Ce mois-ci, à l’occasion de la sortie d’OSS 117 : Rio ne répond plus en DVD, c’est donc Louise Monot qui répond à l’insolent et frondeur Mathieu Carratier. Et ce dernier fait tout de suite très mal avec sa première question : « T’es où ? » (« Oui, parce que moi je tutoyais tout le monde avant Karl Zéro, ce sale voleur » M.C.). Je vous épargne le reste, mais sachez que si vous voulez savoir ce qu’aurait répondu la sublime Louise à une enquête menée par son opérateur téléphonique (« Ta sonnerie de portable ? Ton fond d’écran ? Forfait bloqué ou hors forfait ? »), et bien Première et Mathieu Carratier sont faits pour vous.

 

Mais revenons plutôt à l’autre évènement de ce mois-ci, c’est-à-dire Funny People. Il était en effet impossible de passer à côté du phénomène comique de la décennie, Judd Apatow, et nous fêtons d’ailleurs cette année les dix ans de son œuvre fondatrice : l’excellente mais incomprise série Freaks and Geeks, qui a révélée entre autres James Franco, Jason Segel, Samm Levine et bien sûr Seth Rogen, en couverture du numéro d’octobre des Cahiers du Cinéma. Mais la tristesse a vite remplacé l’allégresse dans mon cœur puisqu’il s’agit en fait d’une couverture en relation avec un dossier concept : le dossier à charges. En effet, si les Cahiers offre un très large dossier sur Apatow et son humour, ce n’est que pour tout démonter point par point, de l’humour à l’attachement familial en passant par l’idéologie. Le plus dramatique est que si leur point de vue est profondément daté et aigri, il n’en reste pas moins argumenté, preuve une fois encore que le cinéma reste avant tout en art de l’interprétation (celle des acteurs, mais aussi celle des spectateurs). Il est à noter que cette lecture fut donc mouvementée mais surtout de ce fait constitutive d’un tout nouveau sport : le lancer de revue. Dès que vous sentez l’indignation monter à la lecture d’un magazine quel qu’il soit, vous le refermer alors violement et le lancer d’un geste rageur en direction de l’ouverture la plus proche tout en ponctuant le geste d’une injection verbale, du genre « Scandale ! ». Ce sport peut se pratiquer n’importe où et entre amis (et dans ce cas là le sport devient collectif, puisque l’autre peut attraper le magazine au vol, trouver le sujet d’indignation et le retourner à l’envoyeur), avec tout de même une préférence pour les salles d’attente de cabinet médical, qui sont au lancer de magazine ce que le Camp Nou est au football. Si dans la filmo Apatow, seul Sans Sarah, rien ne va ! trouve grâce aux yeux des Cahiers, la rédaction se rattrape et évite une nouvelle séance de lancer de revue avec un joli dossier sur Fellini et la redécouverte de son cinéma cinquante ans après La dolce vita. Mais s’il ne devait rester qu’un dossier voir qu’un magazine ce mois-ci, ce serait sans doute MadMovies avec son dossier consacré à … Avatar. Et oui, quand on vous dit que la rentrée ce n’est pas pour tout de suite. Délaissé par l’actualité du cinéma de genre (juste le corps de Megan Fox à se mettre sous la canine) et honteux de leur mini-dossier du mois dernier, les allumés de MadMovies rattrapent le tir avec un dossier gigantesque et ultra intéressant sur ce qui serra peut-être une révolution. En effet, si l’on comprend bien que James Cameron a mis quatre de sa vie dans un projet qui devient (enfin !) alléchant, la révolution cinématographique tant espérée n’aura véritablement lieu que dans les salles diffusant le format 3D IMAX, c'est-à-dire aucune en France actuellement mis à part la salle de projection du Futuroscope. Qui aurait cru que la révolution démarrerait à Poitiers ?

 

Vous l’aurez compris, encore un mois bien terne du côté de la presse spécialisée, limite en noir et blanc, presque pour rendre hommage à la dernière Palme d’Or. Cela dit, je tire mon chapeau à l’équipe de MadMovies, qui m’a enfin donner envie de voir Avatar (et rien que ça, ça mérite une médaille) et qui surtout s’affirme de plus en plus comme un indispensable au côté du sémillant et royal Positif. Enfin, il reste encore deux mois à patienter avant Noël, alors pour vous faire attendre, laissez moi vous offrir un petit cadeau en forme de devinette. Comment pourrait-on bien décrire l’explosion soudaine d’un artiste à qui tout réussi depuis un certain Bienvenue chez les Ch’tis ? Je crois que le magazine Première a une idée : Dany Boom. Tient, il me semble entendre le bruit de millier de lanceurs de revue en plein effort. A dans un mois.

Par SeBastien - Publié dans : Im(presse)ion sur pellicule
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /2009 23:50

         

Sans vouloir vous faire le débrief total des ces 3 mois estivaux, il est de mon devoir de vous informer de la métamorphose radicale qui s’est opérée durant cette période, métamorphose entrainant la conclusion suivante : Im(presse)ion sur pellicule fait en fait partie des espèces au développement holométabolique, à l’instar par exemple des moro sphinx et autres lépidoptères. Pour tous les non-entomologistes qui nous écoutent, soit approximativement  100% des auditeurs, je parle ici des papillons et de leur développement, constitué comme vous le savez d’une phase larvaire puis nymphal et enfin imaginale (ou adulte si vous préférez).

Il s’est en effet avéré que sans que nous le sachions, Im(presse)ion sur pellicule s’était présenté à nous l’année dernière sous sa forme larvaire. Cependant, après s’être enfermée dans une chrysalide durant tout l’été, la revue de presse de Pendant Ce Temps Là… s’est métamorphosée en un papillon aux couleurs chatoyantes. Tout cela pour vous dire que vous aurez maintenant droit à une vraie revue de presse, puisqu’au lieu de décortiquer un seul magazine par mois, je vous livrerai désormais un panorama complet de la presse cinématographique grâce à un échantillon représentatif composé de trois magazines, chacun luttant dans une catégorie bien particulière : les poids légers (c’est-à-dire les publications grand public), les poids welters (la presse spécialisée ou non-académique) et enfin les poids lourds (les revues destinées aux initiés). Et en ce qui concerne septembre, les champions sont donc respectivement Studio CinéLive, MadMovies et Positif.

          Bon, mais après les insectes et la boxe, si on parlait enfin de cinéma ? Et autant dire que je ne vais pas être à court de sujets puisque j’ai choisi les trois magazines les plus complet, ou qui contiennent tout du moins le plus de contenu de toute la presse. Quoique, il n’y finalement pas tant à dire. En effet, il est désormais des faits totalement indiscutables : il existe un été du cinéma avec sa ribambelle de blockbusters, et si l’opération « La rentrée du cinéma » existe bel et bien dans nôtre verte contrée chaque année au moins de septembre, la véritable rentrée cinématographique ne s’opère dans les salles qu’en octobre. Nous avons donc vécu un mois néfaste et la presse cinématographique n’est pas la pour me contredire, bien au contraire. Si seuls quelques films font véritablement l’unanimité, ils ne représentent pas assez de potentiel d’accroche commerciale pour une couverture. De ce fait, MadMovies préfère Megan Fox et Jennifer’s Body à Neill Blomkamp et District 9, Studio CinéLive fait sa couv sur Angelina Jolie sans aucune, mais vraiment aucune raison si ce n’est celle d’aguicher le primate mâle de base. Seul au champ d’honneur, encore debout, Positif nous présente un visage qu’il va falloir apprendre à connaitre, celui de Tahar Rahim, interprète principal d’Un prophète, incontestablement film du mois pour la presse. Jacques Audiard a en effet donner des interviews pour pas mal de magazines lors de la promotion, et si les réponses se recoupent d’un magazine à l’autre, le discours général est évidemment plus qu’intéressant. L’autre film à faire parler de lui quasiment partout, et bien c’est District 9, qui a fait vibrer les fans de SF mais aussi les autres. On trouve par exemple un dossier plutôt bien fichu sur Neill Blomkamp et son film dans MadMovies. Autre film plébiscité et pourtant sorti en catimini, le film de Cédric Kahn, Les regrets, porté par un Yvan Attal et une Valeria Bruni Tedeschi troublants. En ce qui concerne tous le reste, chaque magazine a fait un peu comme il l’entendait mais surtout ce qu’il pouvait pour boucler la maquette. Certains reviennent en arrière, c’est le cas de Positif, avec un grand témoignage d’Alain Delon par Alain Delon pour Alain Delon sur Alain Delon et sa collaboration avec Joseph Losey, une critique d’Inglourious Basterds écrite à la manière du dialogue d’ouverture de Reservoir Dogs ainsi  qu’une interview intelligente et cinéphile de Quentin Tarantino (la cinquième pour le magazine depuis son premier film), mais aussi et surtout avec un dossier hyper complet sur Robert Aldrich, réalisateur entre autres des Douze Salopards dont on n’a cru que Tarantino allait s’inspirer pour Inglourious alors que ce dernier a finalement lorgné du coté de Lubitsch. D’autre préfère se projeter dans le futur. Studio CinéLive a donc rencontré James Cameron pour le film qui est censé révolutionner le cinéma. Ce mini-dossier et l’interview qu’il contient restent cependant plutôt inintéressants, mais tout comme semble également l’être Avatar. Pour continuer de surfer sur un océan de banalité, le magazine propose un dossier exclusif et inédit sur Hollywood (comme à peu près tous les deux mois) et notamment les tournages des futurs blockbusters Prince of Persia et Iron Man 2. Si cela ce n’est pas novateur. Enfin, certains organise des voyages spatiaux et temporels dans tous les sens, ce qui paraît néanmoins normal pour un magazine spécialisé dans le cinéma fantastico-horrifico-actionnel. MadMovies, nous fait donc saliver avec les futurs slashers sortis de nulle part mais qui vont tout péter dans la baraque ainsi qu’avec les énormes productions à venir, productions aux dents souvent tellement longues qu’elles risquent de rester coincées dans le parquet. D’un autre côté, le magazine nous offre deux interviews vraiment passionnantes sur des figures des effets spéciaux à l’ancienne, avec tout d’abord celle de Douglas Trumbull (2001 : L’odyssée de l’espace, Rencontre du troisième type), mais surtout la première partie de celle réalisée avec  Chris Walas (Les Aventuriers de l’Arche perdu, Le Retour du Jedi, Gremlins, La mouche et j’en passe). Suite au prochain épisode.

           Vous l’aurez compris, ce mois-ci il fallait délaisser l’actuelle pauvreté et aller chercher ailleurs l’info ou autre chose. Il est intéressant devoir qu’un personnage se détache de la masse d’information globale et annonce ainsi son couronnement futur. Producteur de District 9, Peter Jackson a déjà finaliser The Lovely Bones et mène deux énormes projets de front (Bilbo le Hobbit et Tintin), et ce avec des personnes parmi les plus influentes du cinéma (Spielberg, Del Toro), la plus influente étant en passe de devenir lui-même. On attend donc impatiemment octobre pour avoir droit à une vraie rentrée (avec nouveau cartable et stylos), mais aussi et surtout les deux trois prochaines années qui vont faire de la Nouvelle-Zélande le centre du monde cinématographique.

Par SeBastien - Publié dans : Im(presse)ion sur pellicule
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 00:05


Première

 

Juin 2009 : le meilleur est toujours pour la fin

 

C’est avec une émotion non dissimulée que j’entame devant toi, auditeur, ma dernière chronique de la saison. Oui, toi qui nous écoute et que je peux maintenait tutoyer, toi qui est mon ami, sache que nous vivons en ce moment même les derniers instants d’une relation radiophonique entamée il y a maintenant plus de six mois. Il y eut des moments difficiles bien sûr, mais ils semblent au final bien peu nombreux au regard de tous les merveilleux moments partagés en ta compagnie et sous ton oreille complice. Et comme il ne s’agit que d’un au revoir, je te propose de clôturer cette année avec un feu d’artifice qui te ferra te languir de la rentrée prochaine. En ton honneur, j’ai donc sortie l’artillerie lourde, celle qu’on ne rencontre qu’une seule fois dans une vie. Je vais en effet te parler du seul magazine qui traite des trois principaux centres d’intérêts masculins, c’est-à-dire les voitures, les demoiselles venues d’Asie et la baston. Mensuel du cinéphile moderne, The Yakuza Tribune (c’est son nom) constitue ainsi le Graal de tout homme (et aussi des femmes un tant soit peu raffinées), simplement parce qu’il s’agit ni plus ni moins du magazine de cinéma de et par Luc Besson.

 

En couverture de ce bijou de journalisme et surtout de littérature, on retrouve Luc en toute simplicité, assis chez lui dans son fauteuil en or massif, brandissant un sceptre orné de diamants afin de prouver à tous ceux qui oseraient le penser que non, la célébrité ne la pas changée, que oui, il est resté le même, à la fois si grand et si humble. Ceci serra démontré avec encore plus de force dans le portfolio présent dans le magazine, puisque ce dernier se constitue de photos du jeune Luc orné d’une couronne et dégustant avec une extrême distinction une galette des rois, car comme notre dieu à tous le dit si bien : « La vie, c’est comme une galette des rois ; si tu veux être sûr d’avoir la fève, il faut manger la galette en entier !». Oh Luc, grand philosophe devant l’éternel. Après cette couverture digne d’être exposée au Guggenheim, il est temps d’ouvrir cette véritable boite de Pandore cinématographique qu’est The Yakuza Tribune. L’édito poursuit en effet dans la droite lignée d’excellence amorcée par la couverture puisqu’il est écrit par Luc Besson himself qui nous explique, un peu à la manière d’un Jean-Michel Frodon, comment le dernier plan du Transporteur 3 est absolument différent de tous les autres plans du film, et des deux précédents, et de tous les Taxis et de tous les autres films Europa. Comme nous te comprenons Luc ! Comme tu as raison !

 

Après cette mise en bouche légère comme un soufflé au fromage, il est temps de rentrer dans le vif du sujet avec le cahier critique. Alors ne vous inquiétez pas mes amis, dans The Yakuza Tribune, ce ne sont pas les dernières grosses cylindrées cinématographiques qui sont passés à la moulinette, mais bel et bien les vrais cylindrées, celles qui sentent l’huile de vidange et qui sont chaudes du carbu. Oui, Luc a passé au peigne fin toutes les nouvelles voitures qui vont bientôt envahir les plateaux d’Europa Corp. Parmi les critères de notation, la tenue de route, c’est-à-dire le nombre de dérapages que la voiture peut faire sur une ligne droite d’un kilomètre, la sécurité, c’est-à-dire le nombre de Chinois qui peuvent heurter le pare-brise avant que ce dernier ne se fissure, ou encore le confort, c’est -à-dire le nombre de jeunes Asiatiques ou de cadavres qu’on peut ranger dans le coffre. Vous vous en doutez, à l’épreuve du Stathamomètre, ce sont encore une fois les allemandes qui s’en sortent le mieux. Luc décerne notamment une mention spéciale à la future Audi A7 puisqu’elle décroche le record de la plus longue projection de Yakuza avec un jet de 42 mètres après départ arrêté.

 

Ensuite, c’est l’heure de la séquence nostalgie avec la magnifique rubrique Star d’un jour, Star de toujours qui nous présente des acteurs révélés à jamais grâce à une production Besson. Ce mois-ci, Luc est parti rendre visite à Laurent Piemontesi et Charles Perrière. Mais si voyons, Tango et Sitting Bull. Oh, mais enfin, les Yamakasi ! C’est donc avec un réel plaisir que nous retrouvons Laurent, alias Tango, qui est maintenant devenu la star des taxis boys. Pour ceux qui ne sauraient pas en quoi consiste cette profession au combien importante et pourtant sous-estimée, il s’agit de faire danser les demoiselles d’âge mûr dans les bals populaires. On comprend alors que le créateur de l’art du déplacement urbain est décidé d’exercer son art dans les dancings. Quel plus grand challenge pour l’homme qui passe à travers le paysage urbain que de faire virevolter de mamies sur du Bernard Lavilliers. Quand à Charles Perrière, sachez qu’il n’a pas quitté son costume de grand sage, bien au contraire. Il est désormais l’adulte le plus respecté de son immeuble et organise des réunions avec toutes les amies de sa mère chez qui il vit pour les aider à mieux comprendre leurs enfants. De plus, il vient d’achever son manuscrit d’initiation à la philosophie pour les jeunes de banlieue, intitulé de manière très à propos Je crache donc je suis et qui serra publié dans quelques mois.

 

Enfin, après ces émouvantes retrouvailles, la dernière page est sans doute celle qui m’a le plus touchée. Elle présente une œuvre caritative dont on parle trop peu voir pas du tout. Il s’agit du Nacerithon. Le Nacerithon, c’est un organisme parrainé par Luc Besson qui collecte vos dons afin d’avoir toujours une caution d’avance jusqu’à la prochaine interpellation de Samy, interpellation qui serra toujours plus proche qu’on ne le croit. Une plateforme téléphonique est donc disponible toute l’année 24 heures sur 24 pour récolter vos promesses de dons au 7264 mais également par sms en envoyant SAMY au 36 400. Ensemble, sauvons l’auteur shakespearien Samy Naceri pour qu’il puisse enfin y avoir un Taxi 5, et ainsi ensemble, sauvons le cinéma français.

 

Voilà chers auditeurs, c’était ma dernière revue de presse jusqu’à la rentrée prochaine. Je vous souhaite donc de passer un été cinéphile mais aussi et surtout studieux, rempli de nombreuses lectures de la presse cinématographique afin que vous aussi, vous vous fassiez votre propre im(presse)ion sur pellicule.



Vous l’aurez bien sûr compris, cette revue n’existe pas. Cette chronique était une manière de fêter dignement la dernière de la saison.

 

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Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /2009 00:04


Mai 2009 : la vielle école persiste et signe

 

Pour cette dernière revue de presse de l’année, j’ai décidé de m’attaquer à l’institution avec un grand « i », à la référence mondialement connue, à la revue qui fait partie du patrimoine cinématographique français. Entre mes mains fébriles, il se tenait là devant moi, le six-cent-quarante-quatrième numéro des Cahiers du Cinéma. Sur la couverture, Isabelle Huppert, dont la présidence cannoise va bientôt s’achever, a le regard perdu dans le lointain. Ce numéro serra donc consacré à Villa Amalia, le film de Benoît Jacquot, mais également au film Inland de Tariq Teguia. Voilà tout de suite un premier exemple de l’incroyable talent de cette revue pour repousser le client potentiel, et ce dès le premier coup d’œil. Talent qui va s’afficher à de nombreuses reprises tout au long de la publication avec une régularité et une abnégation remarquable. Mais revenons tout de suite à cette couverture, car elle en dit bien plus sur le mensuel que l’on pourrait le penser. En effet, si Isabelle Huppert à le regard dans le vague, sachez que vous connaitrez vous aussi ce moment de flottement pendant la lecture du magazine. Vous savez, ce moment où vôtre cerveau décide de prendre des vacances en plein milieu d’une phrase et vous laisse tout seul avec le mot « ontologie » par exemple.

Eh bien chers amis, sachez qu’au regard du contenu de ce numéro, votre cerveau pourra s’offrir une croisière autours du monde. En effet, il est étonnant de voir tout ce que l’on peut dire en seulement 90 pages. Pour vous donner une idée, il y a autant de texte dans cet unique numéro que dans les 12 numéros annuels du magazine Première. Vous comprendrez donc pourquoi je vous parle du numéro d’avril 2009, puisque comme le dit un de mes amis : « Les Cahiers du Cinéma est un mensuel qui se lit en deux mois ». Ce numéro donne tout de suite le ton avec un édito de Jean-Michel Frodon, seigneur des intellos, sur les frontières qui parcourent le cinéma. Quand votre cerveau sera revenu de son séjour au Club Med, vous pourrez découvrir un courrier des lecteurs poétique mais qui semble ne pouvoir livrer tout son sens que lorsque l’on n’a pas raté les 122 derniers numéros. Puis vient l’heure du film évènement Inland, accompagné d’une interview vraiment déroutante de son réalisateur Tariq Teguia. Et c’est là que tout ce joue. Après cette petite mise en bouche, nous rentrons dans le cœur du magazine : le cahier critique.

A partir de maintenant j’aimerais une attention totale et en particulier de la part des novices sous peine de claquage intellectuel. En premier lieu, on lit la critique. Ensuite, on file vite à la dernière page pour voir la notation à base d’étoiles. Enfin, on relit la critique. Avec beaucoup de courage, de persévérance et en répétant cette procédure plusieurs fois, on peut espérer peut-être avoir une chance de comprendre ce que ces gens écrivent. Je tiens également à préciser à ceux qui espéreraient une bouffée d’oxygène avec les publicités qu’il va falloir prévoir une bouteille de secours. En effet, ces réclames sont absolument incomparables puisqu’elles ventent, par exemple, les mérites de la sortie en DVD de chefs-d’œuvre méconnus du cinéma russe des années trente. Seule la quatrième de couverture est honorée d’une publicité plus traditionnelle, mais c’est bien connu, la quatrième de couverture le vaut bien.

Revenons-en au contenu, avec maintenant le Journal des Cahiers, qui s’occupe avec brio (il faut le dire) de tous ce qui touche de près ou de loin au cinéma parmi les évènements culturels organisés à travers le monde dans les semaines passées ou à venir. Ensuite, c’est le retour du Jedi, puisque Jean-Michel Frodon nous livre un article de 6 pages sur… Bon, je vais être franc, c’est à ce moment précis que mon cerveau à démarrer son tour du monde à la voile en solitaire et sans escale. Plus sérieusement, il s’agit d’un métadiscours sur la notion d’ « ontologie du cinéma » chez André Bazin. Enfin, je crois. Mais tout ceci n’est pas très important puisque nous arrivons au bouquet final (sans ironie), avec en premier lieu une traduction d’un texte de 1933 écrit par le réalisateur Manoel de Oliviera (texte qui trouve une résonnance particulière de nos jours), mais surtout grâce au très grand entretien avec David Chase, créateur de la série Les Sopranos. Cet entretien tout bonnement passionnant est un indispensable pour les fans de la série et donnera aux autres l’envie de se plonger dans l’univers de la mafia du New Jersey et de l’ami Tony.

Il est temps de conclure et de faire preuve de bonne foi. Oui, j’ai légèrement plus appuyé sur les points négatifs de cette publication. Il n’empêche qu’en toute honnêteté, il faut bien avouer que les Cahiers du Cinéma n’est pas un mauvais magazine. Il vous offre une rencontre avec une pensée cinématographique hyper intellectualisée, qui si elle n’est pas la plus digeste et/ou la plus juste, elle a néanmoins le mérite de posséder une histoire et d’avoir changé le cinéma (français et mondial) à jamais. De quoi s’offrir au moins une fois un dépaysement certains.

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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /2009 14:18

Avril 2009 : le temps d’un flirt avec la crise

 

Malgré un marasme économique mondial, des dépressions et récessions en cascade, des conflits sociaux qui se radicalisent, le grand écran fonctionne à plein régime. En fait, c’est peut-être bien à cause de toutes ces difficultés que le cinéma perdure en ce moment, puisqu’il est le seul à pouvoir offrir un dépaysement total pour le prix d’un menu maxi best of (même s’il faut accorder à la restauration rapide le mérite de nous rapprocher à chaque bouchée d’un fabuleux voyage : celui vers l’au-delà). Il est alors tout naturel pour certains de se lancer dans une aventure proche de l’univers cinématographique afin de rapporter quelques deniers. C’est ainsi que tel un champignon qui sort de terre suite à un ciel bleu précédé de nombreuses averses, Rush Mag vient de pointer le bout de sa couverture sur les rayonnages de nos buralistes.

Rush Mag, le cinéma comme on l’aime. Moi personnellement c’est bleu, mais je peux me laisser tenter  par saignant de temps en temps. Non, il va sérieusement falloir penser à arrêter les slogans qui ne veulent rien dire. En parlant de quartier de bœuf, c’est la face ravagé de Mickey Rourke qui fait ici office de couverture, avec comme mise en exergue le retour d’un monstre sacré. Moi, j’aurai plutôt dit le retour de la vache sacré, mais cessons-là la métaphore bovine. Ce qui va immédiatement tapé dans l’œil du collectionneur cinéphile, c’est les 8 fiches collector à découper. On imagine déjà la fébrilité de celui qui, ayant raté un numéro, retrouve sur un site de ventes aux enchères en ligne les 8 fiches manquantes à sa collection. Le gars y peut débourser 5, 6 €, facile. Sans parler des possibilités d’échange entre les différents collectionneurs : « ma fiche Gran Torino contre la tienne ». Quitte à aller jusqu’au bout du revival Hit Machine Magazine, autant offrir un cadeau le scalpel de la dernière opération chirurgicale ratée de Mickey. Dans le prochain numéro, les talonnettes de Tom Cruise ainsi qu’en bonus exclusif un morceau de cloison nasale récupéré après la dernière rhinoplastie de Nicole Kidman.

Mais parlons plutôt du contenu, qui vaut quand même le coup d’œil. En effet, malgré seulement 100 petites pages (couverture et quatrième de couverture comprises) pas forcément toujours bien remplies, le magazine offre une ligne éditoriale originale et intéressante. Vous ne voyez pas tous les films qui sortent ? Rush Mag non plus. Seulement 8 films ont fait l’objet d’une notation, et ce sur la période allant de fin janvier à début mars. En complément, Rush Mag nous livre également son avis sur 12 autres films, soit 3 par semaine, mais parfois sans les avoir vus. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ceci se révèle positif pour le magazine.

Là ou d’autres magazines se prononcent sur toute une flopée de film dans des encarts de 5 lignes dont 4 de résumé, Rush Mag opère des choix mais qu’il peut justifier grâce à une maquette qui offre de la place aux notations. Ces dernières s’étendent ainsi sur plusieurs pages pour chacun des 8 films, et avec des textes remarquables en ce sens que beaucoup plus que des avis, ils sont en fait des argumentaires souvent très bien construits et parfaitement compréhensibles même si le lecteur n’a pas vu le film. De plus, Rush Mag réussi un grand écart plus qu’appréciable que l’on aimerait retrouver plus souvent dans la presse spécialisée : celui de la véritable cinéphilie, de la vraie culture cinéma et de la décontraction. Un magazine qui cite du André Bazin mais qui est également capable de titrer « Mickey Rourke : le retour de la momie » sur une image de The Wrestler, ça ne court malheureusement pas les rues.

Le magazine ne comporte évidemment pas que des critiques (parce que sinon ce serait vraiment court tout de même). Ouvrant sur les traditionnelles news puis sur les dites critiques, le reste se compose d’un coin du gore (apparemment récurent) où l’on nous présente une sélection des dernières galettes sanglantes, des vieux films grindhouse filmés à la truelle aux nouveaux direct video filmés au burin numérique, d’une biographie sélective du master of horror George Romero ainsi que des sorties dvd plus conventionnelles.

Alors, bien sur il y aussi des points noirs au tableau. Un coin des séries plus anecdotique qu’autre chose (et pas forcément nécessaire dans un magazine de cinéma), des articles franchement datés, mais surtout un véritable problème de maquette finale. Des notes différentes entre les fiches et le magazine, une rubrique web ou règne un bordel sans non puisqu’un seul des quatre sites conseillés à eu droit à la bonne photo avec le bon titre et le bon texte. Une copie non corrigée qui ne sera, on l’espère, qu’une erreur de jeunesse.

En résumé et pour conclure, une petite charade : qui note les films sur 5, qui ne les voit pas forcément mais en parle quand même, qui possède une vraie connaissance du cinéma tout en ne disant pas stop mais plutôt encore à la déconne et enfin qui a parfois des bugs mais on pardonne parce que c’est sympa ? Rush Mag mais aussi, et bien oui, Pendant ce temps là, chers auditeurs ! Comme le dirait Orson Welles : « J’appelle ça du plagiat. J’aime pas trop les voleurs et les … ». Mais je vais faire une exception pour Rush Mag. Donc si vous aimez notre émission, soutenez ce jeune mensuel qui en a besoin pour pouvoir continuer et s’améliorer et qui constitue sans le savoir le parfait pendant papier à l’émission radio sur le cinéma que le monde entier nous envie.

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Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /2009 16:44


Mars 2009 : une entrée remarquée


Et oui, depuis février 2009, une nouvelle publication a fait son apparition dans les rayonnages de tous les buralistes de France et de Navarre. Nouvelle ? Pas tout a fait. En effet il s’agit plutôt d’une fusion, d’une compression de personnels entre deux rédactions bien connues des amateurs de la presse spécialisée en cinéma. A ma droite, l’institution, le magazine du glamour, de la classe, du champagne, du caviar, des paillettes, du smoking, du tapis rouge, le champion en titre : STUDIO. A ma gauche, l’irrévérencieux, l’impertinent, le souvent pas pertinent du tout, le pop corn, les chips, l’eau gazeuse, le challenger : CINE LIVE. On aurait put penser que suite à cette association je serai K.O. dès la première reprise, mais non, Studio Ciné Live se révèle être plutôt une bonne surprise.

Tout d’abord une couverture très sobre mais classe et efficace, avec Brad Pitt en gros plan. Cette couverture rappelle un peu celle de Première le mois dernier avec Guillaume Canet, mais en mieux. En même temps faire mieux que Première ; mais je m’égare. Studio Ciné Live annonce donc tout de suite la couleur, celle du « choc Benjamin Button ». Egalement mis en exergue, l’interview hors promo, l’enquête et les différentes rencontres présentes dans ce numéro. Mais la phrase qui tue, c’est quand même le surtitre : « Un nouveau magazine pour tous les cinémas ». Dans le genre phrase qui veut rien dire si ce n’est une magnifique tentative d’aguichage totalement subtile, puisqu’à la fois « Eh, salut toi, le spectateur lambda, ouvre-moi, j’ai tout ce qu’il te faut à l’intérieur », mais également « Bonjour cinéphile confirmé, tu peux regarder mes enquêtes approfondies si tu veux ».

Mais quand est-il du contenu ? Après un édito où Fabrice Leclerc nous explique que cette fusion entre les deux rédactions est sans doute ce qui pouvait arriver de mieux à l’univers cette année, on peut maintenant rentrer dans le vif du sujet. Et c’est partie pour des news qui présentent souvent un intérêt (ce qui est déjà pas mal) mais aussi pour quelques classements et top 5 complètement gratuits qui nous rappelle que Ciné Live fait bien partie de la nouvelle rédaction. Hommage à Claude Berri (comme tout le monde) et petit résumé des Goldens Globes sont également au programme. Le dernier article de cette rubrique est sans aucun doute le plus intéressant puisqu’il s’agit d’un zoom sur la nouvelle institution hollywoodienne qu’est devenu le festival de Sundance.

On regrette juste que ce sujet ne soit pas était traité avec plus de profondeur tant il mériterait que l’on s’y attarde, mais Studio Ciné Live privilégie les films avant le cinéma. Je passe rapidement sur les critiques, la maquette originale de Studio ayant ici été conservée, maquette que j’apprécie plutôt pour ses possibilités de mise en avant, d’argumentation et sa clarté immédiate grâce au célèbre système de notation par étoiles.

Nous arrivons maintenant au cœur du magazine, avec un dossier de 14 pages sur L’étrange histoire de Benjamin Button.

De là à dire que sait gens ont tout compris au cinéma, il y a un pas que je ne franchirai pas, mais tout de même, des gens qui font preuve d’autant de bon goût, c’est appréciable. Agrémenté de très belles photos, dont une ou deux semblent inédites de part leur probable absence dans le film, ce dossier revient sur la carrière de Brad Pitt et comment il a sut gérer son image jusqu’au point d’orgue qu’est Benjamin Button. On trouve ensuite une interview de David Fincher plutôt bien mené par Fabrice Leclerc et pour finir un article sur cet incroyable projet qu’est le film et la quasi vingtaine d’année qu’il aura fallut pour qu’il arrive à terme.

La suite du magazine présente encore de bons moments, avec par exemple l’interview de Maïwenn et Joey Starr, les focus sur la prise de fonction du nouveau pape de Disney Animation et ancien gourou de Pixar John Lasseter et la cinémathèque idéale du très cinéphile Nicolas Saada. On frôle quand même l’escroquerie avec l’interview hors promo de Marion Cotillard, puisque bien que revenant sur une année 2008 haute en couleur et auréolée d’un Oscar, la belle ne se prive pas de rappeler qu’elle a tournée aux Etats-Unis et qu’elle sera bientôt à l’affiche des prochains Michael Mann et Rob Marshall. Idem avec un portfolio magnifique mais sans aucun intérêt des prénommés au César du meilleur espoir.

Mais Studio Ciné Live n’a pas encore tiré toutes ses cartouches, puisqu’il dégaine une enquête sur Tom Cruise et pose la question de sa toute-puissance à Hollywood. On peut déjà raisonnablement penser qu’il n’est pas impuissant (ce qui reste peut-être à vérifier au près de Nicole Kidman et Katie Holmes), le reste des réponses se trouve dans l’article. Présents également, les rapports sur les films en tournage, avec notamment le très alléchant Mr. Nobody et pour ceux qui aiment François Ozon, il nous donne sa leçon de cinéma. J’en passe pour arriver à la fin, constituée du billet d’humeur de Pierre Lescure, intitulé La chronique de Monsieur +. Si ce dernier nous livre un texte pas franchement génial, on espère qu’il va vite trouver ses marques dans ce nouvel exercice.

En conclusion, Studio Ciné Live se révèle être une très bonne surprise de par sa très forte densité et son contenu soigné, à la fois sérieux et décontracté. Un mélange réussi mi-Studio, mi-Ciné Live, et re-mi-Studio derrière qui fait de ce nouveau magazine une référence aussi bien pour les novices que pour les lecteurs cinéphiles à l’exigence modérée.

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Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /2009 14:06

Première

 

Voilà, je suis désormais la nouvelle Joséphine Baker de Pendant Ce Temps Là... (Mais si enfin, la meneuse de revue!) Et pour ma première apparition, je descend donc les marches de la presse spécialisée avec mes plumes et mon magazine du mois qui lui aussi est extrêmement léger. En effet, qui dit première, dit Première. Alors vous allez très vite le comprendre, plutôt que d'effectuer une véritable revue de presse en passant en revue justement de manière assez superficielle les différent magazines existants, je vais m'attacher chaque mois à décortiquer une et une seule publication, en l'occurrence ce mois-ci le trois cent quatre-vingt-troisième numéro du magazine Première.

 

Et dès le début, c'est la joie la plus totale. Il suffit d'observer la couverture et la tronche de six pieds de long que nous tire Guillaume Canet, genre "Regardez, je sais aussi être ténébreux", pour comprendre tout de suite que 2009 ça va être l'année de la teuf! De plus, tous les éléments les plus vendeurs sont là, du pathétique jeu de mots "Quoi de neuf en 2009?" au petit sticker "EXCLUSIF, le poster de Twilight". Après cette fabuleuse première impression, on ne peut que foncer à l'autre bout du rayon du buraliste et feuilleter le dernier et très intéressant Sanglier Magazine. Si, si, ça existe. Enfin, on peut faire ça sauf quand doit faire une revue de presse pour l'émission cinéma de Radio Campus ou qu'on est une jeune fille en fleur et qu'on rêve qu'un Roméo de gouttière ou un Brad Pitt du pauvre vienne nous titiller la carotide avec les dents.

 

Bref, il a fallut lire, ou plutôt regarder. Oui parce que Première, c'est avant tout cent quinze pages pour caser vingt lignes de textes. Mais ne vous inquiéter pas, seul un lecteur hyper tatillon et à l'affût de la moindre ruse de Sioux remarquera l'infime présence de la publicité, puisqu'elle n'occupe qu'une page sur trois, ou encore la profondeur parfois un peu trop abyssale des articles, notamment ceux traités dans des colonnes de vingt centimètres carré perdues au milieu des photos et des titres en police soixante-douze. Parlons d'ailleurs de ces articles, que dis-je, des ces véritables dossiers. Car là, les enfants, on croule sous le nombre puisqu'on en compte une bonne dizaine. Des dossiers exceptionnels, développés chacun de manière complète et totale sur un nombre de pages impressionnant : c'est-à-dire deux, et avec du vrai contenu, des résumés de discussions tendues avec des questions qui dérange du genre "Alors Kate Winslet, vous avez retrouvé Leonardo DiCaprio onze ans après Titanic. Vous vous êtes donné rendez-vous dans dix ans?". Mention spéciale au bilan ciné de l'année 2008, qui se résume à de vulgaires classements, un coup la rédaction, un coup les lecteurs, un coup le box-office annuel, tout ça au milieu de pléthore de photos toutes plus imposantes les unes que les autres.

 

Cependant, certains articles ont tout de même réussi à retenir mon attention, notamment celui où Paolo Sorrentino (réalisateur d'Il Divo) nous explique tout seul, sans l'aide d'aucun journaliste de Première, son rapport avec le cinéma et notamment l'engagement au sein de ce dernier, ou bien celui dans lequel Marie Darrieussecq confronte Isabelle Huppert, qui présidera le jury du prochain festival de Cannes, à sa propension assez particulière à incarner au cinéma des héroïnes de littérature. Enfin, si quelques pages présente une photographie de qualité, il est absolument regrettable qu'elle ne présente d'autre intérêt que la beauté. Là où on atteint quand même franchement la limite du foutage de gueule, c'est que dans un magazine de cinéma, à l'occasion du grand retour de Jean-Paul Belmondo sur les écrans après dix ans d'absence avec la sortie d'Un homme et son chien, remake d'Umberto D. de De Sica, on nous résume les quarante ans de carrière de ce monstre sacrée du cinéma en quatre photos (dont une du film de Francis Huster) et un encart de trois lignes dans chaque.

Je ne vais pas m'attarder sur les critiques du mois qui ne représentent pas grand intérêt du fait de leur non-argumentation et ne constituent finalement que des avis particuliers jetés en pâture aux lecteurs. Preuve en est avec le courrier des lecteurs justement, où l'un de ces derniers envoie son mécontentement suite à son désaccord avec un des journalistes sur sa critique de Max Payne, le dit-journaliste l'ayant déconseillé, et ce plutôt à juste titre (voir le chaplinomètre de Vincent). Le fameux lecteur s'offusque de cet avis défavorable, va même jusqu'à douter de la présence du journaliste à la projection et nous sort cette sublime phrase "Si seuls les films d'auteur trouvent grâce à vos yeux (les yeux des journalistes de Première donc), à quoi nous sert notre abonnement". Je n'ose imaginer la tête de ce lecteur en face ne serait-ce que de l'éditorial des Cahiers du Cinéma et les mauvaises langues dont je fait partie ne se gêneront pas pour dire que l'on a le public qu'on mérite.

 

Bien que la réponse du journaliste (Mathieu Carratier pour ne pas le citer) soit assez jouissive et constitue sûrement le meilleur papier de ce numéro, elle ne sauve évidemment pas le magazine de son affligeante médiocrité. Vous l'aurez donc compris, je me suis régalé avec Première et ce n'est pas prêt de s'arrêter puisque la revue du mois prochain sera consacré à un nouveau magazine très prometteur dont sortira le tout premier numéro : j'ai nommé Studio Ciné Live.

 

Par SeBastien - Publié dans : Im(presse)ion sur pellicule
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /2008 19:47

Chers lecteurs, bonjour !

Cette revue de presse se fera sur deux temps. En premier lieu, un vrai magazine, et en second lieu, quelques sites internet que moi, SPG, geek de force 4 est allée trifouiller dans les fins fond du net...

Mais de quoi nous parle t on dans les magazines ?
Pour vous, j'ai choisi Studio, car simple, clair, accessible à tous, tout comme CineLive. Ces deux magazines nous racontent sensiblement les mêmes choses : James Bond, Coluche, etc ... On nous apprend aussi pourquoi le titre d'un film est important, et un dossier complet sur les présidents américains...

Revue de presse.
Alors, James Bond. Enorme monstre du 7 ème art, produit marketing gargantuesque, l'espion le plus sexy du monde crée un univers à lui tout seul. De la musique archi connue aux bouteilles de coca zéro zéro sept, décryptage d'une machine à fric.
James Bond, c'est avant tout une histoire. Un espion anglais à la sexytude démesurée, il, généralement, sauve le monde des griffes de méchants vilains pas beau, aidé par des gadgets tous invraisemblables les uns que les autres, de créatures de rêves aux corps fantasmatiques, et d'effets spéciaux digne de Lucas Films. On retrouve toujours la même trame : méchant, argent, voitures, sexe torride à en faire pâlir d'envie une none avec Miss Playboy.
Et tout le monde il est content. Les garçons ont leur voitures et nana dénudées, les filles ont leur James bond à moitié nu. Ah, si seulement la vie était si simple !
Mais, si James Bond marche si bien, c'est qu'il a eu le droit à une campagne de pub digne d'une élection présidentielle.
En effet, notre James Blonde, pardon Bond, est sur tout les fronts. Daniel Craig devient un véritable homme sandwich. Ainsi, il devient l'égérie de Louis Vuitton, devient la nouvelle tronche du Coca Zéro, qui va sortir, pour une édition limitée, le Coca Zéro Zéro Sept, ou encore sort avec la célèbre marque Swatch des montres d'agent secret au service de sa majesté la Reine. En bref, la panoplie du parfait fan qui se prend pour son idole.
De son coté, Olga Kurylenko se dénude dans tous les magazines qui la demandent, en racontant combien ce rôle de James Bond Girl était un role épanouissant pour la donzelle. Mes sources ? Les magazine olé olé planqués sous l'matelas de mon frère. Bref, James Bond est devenu un produit marketing en dehors des salles sombres, on voit sa tronche partout, et du coup, on veut aller voir le film tout en sirotant un Coca Zéro Zéro Sept, tout en admirant sa belle montre hors de prix.
Ah ils sont fort.

Changement radical, on nous parle des présidents américains. Est ce à cause des élections présidentielles prochaines, évinçant du coup le président le plus crétin du monde ? D'ailleurs, il n'y a pas moins de deux films qui sortiront sur lui, c'est dire si le cinéma aime les abrutis. Aaah, les présidents américains. Ils inspirent le courage, le glam, pensez à JFK,  la réussite, les bourdes, les scandales, bref, le rêve américain.
Mais pourquoi parle t on de ces politiciens verreux ? Eh bien, Hollywood a très souvent été le vecteur de la suprématie américaine. Quand on y pense, on voit très très souvent des drapeaux flotter fièrement dans les films à gros budget ( souvenez vous de Spiderman 3, quand il passe héroïquement  devant un drapeau après avoir terrassé son ennemi ).
Pour amplifier ce symbole du président héros, Hollywood crée des films ou evidemment le personnage est beau ( Harrisson Ford, Mickeal Douglas, Jeff Bridges, Bill Pullman et autre) mais lui donne ce coté de petit père du peuple, qui aime profondément sa nation et ferait tout pour la sauver. Hollywood et la propagande nationale...
Seulment, voilà. Depuis que Bill Clinton a fait ramasser son stylo tombé sous la table par Monica Lewinsky en 1998, il est permis de tout faire avec le président américain ! Il est un coup carrément mégalo et loufoque, et se fait buter dans Mars Attack!, on refait surgir Nixon, le président scandaleux, on a même un président noir ( un signe prémonitoire pour Barack Obama ? )
C'est au tour du président le plus lamentable de l'histoire des états unis d'apparaitre dans des films. Ainsi, George Bush apparait dans pas moins de 3 films, dont bientot deux qui sortent en même temps, W, l'improbable président, d'Oliver Stone, et Being W, de Karl Zero...

Tout ça, c'est bien beau, mais comment le cinéma américain fait il pour attirer autant de monde ? En partie grâce au titre de ses films. En effet, tout est dans le titre ! Un film américain dont le titre reste anglais fait beaucoup plus classe qu'un film américain avec un titre français... Prenez Independance Day. Si on le traduit, ca fait Le Jour de L'Indépendance. Bof, hein, pas terrible. Si on prend, tenez, le dernier James Bond. Quantum of Solace, littéralement Tranche de temps de consolation, tout de suite, ça fait nettement moins bien.
Mais, pourquoi ? La langue de Molière ne vaut elle pas moins que la langue de Shakespeare ? Diantre, non !
Tout simplement, voilà. Après la deuxième guerre mondiale, les américains passe un contrat avec la France : ils réduisent leurs dette, et en contre partie, nos voisins outre atlantique inondent nos écrans de ciné avec leurs films hollywoodiens. C'est la victoire cinématographiques des ricains. Du coup, le public français voit de plus en plus de films américains, s'américanisent, mange macdo, et ne veut plus regarder que des films américains. Or, il se trouve qu'avec cette américanisation, tout ce qui vient du pays du far west devient immanquablement cool et in. Du coup, tout le monde parle anglais, on laisse les titres en anglais, ça fait plus accrocheur. Et puis, bon, il ne faut pas être mauvaise langue. Les studios hollywoodiens font quand même des bons film, et un titre anglais est une garantie que le spectateur en aura pour son fric...

Son nom est Bond, James Bond, et bon sang, qu'est ce qu'il est balèze en marketing !


Passons à une autre sorte de média. Internet ...
Prenons trois choses que j'aime bien : internet, le cinéma et l'humour.
Youtube est mon ami.
en lançant quelques mots de recherches, je tombe sur ... les 5 seconds movies.
Le principe ?
On prend un film ARCHI connu et on le résume à 5 secondes. Et c'est carrément hilarrant. Tout y passe. Star Wars, Batman, Titanic, Le Roi Lion, Braveheart, il y en a pour tout les goûts.
Mais alors, qui est à l'origine de ce concept ? C'est un internaute dont le pseudo est that guy with the glasses, littéralement, ce mec avec les lunettes, qui, passionné de cinéma, décide d'amuser la galerie. Car, c'est bien connu, quand on aime beaucoup un film, on rigole des parodies de ce même film.
Cet internaute prend alors les moments les plus forts du film, les mets cote à cote et envoie le tout sur Youtube.. Et ca marche !
Fort de son succès, il crée un site internet, www.thatguywiththeglasses.com, ou l'on peut voir pas moins de 101 films qu'il a ainsi remanié à sa sauce....
Je vous conseille celui d'American Beauty, de Titanic, du Roi Lion, Du Seigneur des Anneaux, de Narnia et de Kill Bill ...

Voilà, c'était la Revue de Presse/Web SPGienne pour Radio Campus !

Par SeBastien - Publié dans : Im(presse)ion sur pellicule
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